lundi, septembre 20, 2010

Non-journées-du-patrimoine

Suis passée dimanche matin à l'hôtel de ville, pour prendre le programme des journées du patrimoine que je connaissais, marchant dans petit mistral, ou essai de mistral, un peu frissonnante en jupe et veste de toile sur polo à manche courte, à la vue des gens que je croisais dans leurs tenues automnales.
Regardé les grandes photos de Fabrice Sabre, les panneaux en liaison avec l'exposition en cours au Mont-de-piété pour ses 400 ans (un des titres de gloire de la ville, cet âge) où je compte bien aller parce que l'endroit me fascine.

Regardé en passant Dominique Carru, archéologue départemental, planté devant son auditoire sur un des restes de l'enceinte très rétrécie de la fin de l'époque romaine, ou d'un bâtiment juste derrière elle, je le suppose puisqu'elle s'appuyait semblait-il, selon ce que je lis dans l'»Evocation du vieil Avignon» de Joseph Girard, premier livre acheté ici, sur les arcades de la Fustrerie (restes en haut de la rue Saint-Etienne – une photo sur paumée à la fin du billet du 17 septembre – et dissimulés dans les bâtiments de la rue de la petite Fustrerie jusqu'à Saint Agricol) et «tournait à angle droit» le long de la rue Félicien-David. Et moi et mon antre aurions été dans le Rhône.
Pour les arcades de la Fustrerie, les avis divergent sur le bâtiment ou ouvrage d'art dont elles faisaient partie. Calvet avait compté, entiers ou non, trente-trois arceaux.
«M.Mouton, jeune et habile architecte de Paris, qui passait par Avignon en allant à l'Académie de Rome où il était reçu..., dit-il, me fournit le plan géométral et l'élévation mesurée qu'il prit sous mes yeux de ce superbe édifice..»
Merveille, ces bourgeois érudits du 19ème siècle et leur passion pour l'histoire de leurs villes.

Me suis arrêtée un moment (si j'avais été plus vaillante j'aurais certainement suivi cette visite d'Avignon antique), à l'écart, dans le soleil, pour l'écouter.
Il n'en était pas encore là, et parlait de l'époque où Avignon, avant les romains, était déjà une des principales villes des Cavares, où les Marseillais avaient tant d'établissements qu'elle faisait partie des «villes de Marseille», et frappait une monnaie, quand elle avait assez grandi pour descendre du rocher sur les pentes inclinées vers le Rhône.
Et puis, l'ai laissé, ai pris la rue-fente qui conduit sur le parvis de Saint-Agricol,

ai constaté que la porte était ouverte (je croyais qu'elle ne le serait que plus tard) et suis entrée pour quelques pas, en voisine,

en photographiant plus ou moins bien (et parfois très mal, mon tiot appareil, mon étourderie quand il s'agit d'utiliser le flash, ma désinvolture, la crasse et la dégradation des pierres, parfois, et l'obscurité n'aidant pas) ce que j'aime bien, en dehors des tableaux dont on connaît l'existence plus qu'on ne les voit.

Et sont mieux venus, et me plaisent davantage, la cuve baptismale du 15ème siècle


ou le beau et pur bénitier,


que les petits anges baroques, qui cachaient dans le noir leur blessure, ou se noyaient dans lumière floue derrière des barreaux,

la délicatesse 18ème de la chapelle des Brantes,

ou le grand couronnement de la vierge de Simon de Châlons, que je trouve fort beau, que j'ai parfaitement loupé.



Et suis rentrée, me suis fait un programme, très sage, très limité de visites pour l'après-midi en même temps qu'une grosse écuelle de pâtes submergées de sauce, mélet, morue effeuillée, poire, et tomates en pommade, ai sombré dans sommeil et en suis sortie très tard et sans plus aucune envie de bouger,


malgré la gloire du ciel et la chute du vent.

Alors, j'ai balayé à grands coups et gratouillé une terre bien ancienne et durcie sans la sauver
Voilà, voilà.
(et le ciel tient à basculer)

11 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

Comment expliquer l'émotion que j'ai ressentie par ce brillant résumé du patrimoine d'Avignon? Et ces photos. Pour ne pas paraître excessif, je dirai simplement toute la joie que m'a fait vivre ce beau tour de ville. Merci. Avignon a trouvé en vous le meilleur ambassadeur qu'il pouvait espérer. Je m'arrête ici. Avec peine ;-)

Lautreje a dit…

Magnifique cette cuve baptismale, magnifique !

D. Hasselmann a dit…

Chapelle des Brantes : bien jolie en effet. La coupole du ciel, à la fin, y renvoie.

fardoise a dit…

J'ai assisté à cette visite des ruines romaines l'an dernier, il s'agit en fait d'un passage couvert qui menait vers le Rhône, à l'époque il passait là où est située l'actuelle rue Joseph Vernet. Une visite intéressante pour comprendre la ville future.

Avignon a dit…

Oui, de belles choses.

Frustration : Fusterie (fût) et non Frustrerie !

brigetoun a dit…

j'ai cru que je m'étais trompée
Merci Fardoise du renseignement

micheline a dit…

merci pour ce superbe tour en images qui termine ma journée sans patrimoine

arlettart a dit…

Bel et simplement dit .....n'aime pas ces grands déballages obligatoires
Suis restée aussi "sans patrimoine"
Merci à vous

Gérard Méry a dit…

Regardé les grandes photos de Fabrice Sabre...ben sont où ?????

brigetoun a dit…

sur les colonnes ?

Wictoria a dit…

sont très bien ces photos qui fleurent le hasard et la nécessité