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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

lundi, mars 01, 2010

«Là : parfaitement calme,

- du creux des rocs que la mer ronge

les marins jaillirent, ils tranchèrent qui les maintenaient au rivage

les cordes. La mer, qu'on tète et celle qui tue les vierges,

les filles scolopendre la frappèrent, filles aux beaux yeux du plat des rames

filles bateaux du mont Chauve, les filles blanches-noires, écumes-coraux, cigognes

au delà des Kalydnes paraissaient les voiles qui brillaient

en poupe la figure liée et les bras étendus, les étoffes

planantes par les souffles qui viennent du nord suivant le monde des étoiles, de la violence d'un vent qui brûle. C'est à ce moment là -»

Lycophron «Alexandra», traduction de Pascal Quignard

«Ob-scurus», c'est ce qui se tient là, devant, toujours déjà : devant. C'est ce qui se tient là, devant, comme en forêt, le couvert des feuilles plus loin et de telle sorte : l'éclaircie, la clairière. Obscur comme toujours de l'air, des lèvres au voeu d'un tutoiement.... Obscur comme en saillie et Dit du retrait même, littoral toujours déjà franchi dévastant la Terre la soulevant en Monde : les lèvres d'une plaie. Obscur de tous côtés et nulle part en deçà. Rien qu'ici : déjà-ourlet de la bouche de la voix et des mots avant toute parole en excédant le pli...»

Pascal Quignard «préface de 1971»

«Le mot de baguette, le mot de jambon n'arriveraient plus à franchir mes lèvres après tant de silence, après tant de mots morts, exceptés, tronçonnés, déshabillés, épluchés, après tant de supplices infernaux, tant de héros qui s'enlisaient dans l'eau stagnante de l'Achéron, tant de fantasmes que je repoussais parce que je n'étais pas capable de les mettre en oeuvre alors, tant d'ombres impuissantes à remonter du monde noir, à s'agripper au silence, à hisser la tête en s'accrochant aux racines des arbres et aux arêtes tranchantes des pierres..»

Pascal Quignard «Postface de 2009»

et Brigetoun, ses pieds de lectrice ayant repris appui sur le labeur du traducteur, sans continuer préface ni postface, ni effleurer « Zétès » le texte de Quignard qui suit et accompagne le poème de Lycophon dans ce recueil de Poésie-Gallimard dont Poezibao lui avait donné désir, a repris sa plongée, dans la nuit, debout à côté de la table où attendaient morue, patate écrasée, bouteille d'huile et banon épuisé.

«Il retiendra le lion hors du festin, il réprimera la possibilité de son empreinte, son pied sera tressé noué par les tiges flexibles l'osier

afin que n'adviennent pas au visible l'arrachement de l'épi jusqu'à la racine

et la tonsure et la moisson par ses dents sa mâchoire déchirante.


Je vois, il y a si longtemps la dissémination dans l'enroulement de la spirale, des navires malheur qu'on tire pour descendre à la mer...»

et avant d'être emportée, ravie et sans pensées, dans le flot superbe des mots, parce qu'un peu plus loin mon oeil avait saisi ce nom «Cadmos» comme un repère, un amer, une île qui donnerait sens, orienterait la nappe des phrases, parce que j'avais faim et que ma montre disait «une heure», j'ai glissé entre les pages le billet du dernier spectacle loupé, j'ai pris un Wodehouse et me suis installée pour dîner avec la merveilleuse idiotie de Bertie Wooster.