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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération
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vendredi, août 22, 2025

Charrois pour à l’aller et retour à vide matin, paresse ou repos et le prix fait du Couronnement de la vierge

 




Réveil tardif après nuit médiocrement agitée selon habitudes actuelles de carcasse, un peu d’internet et des retours allongés, petite lessive, un peu de repassage, changement de draps et préparation sac pour charroi (quatre draps, un pantalon et trois robes… pas grand chose mais carcasse est douloureuse ces jours-ci, ça lui passera) et départ un peu avant dix heures vers la blanchisserie/teinturerie qui venait d’ouvrir avec trottant dans le crâne ce qui était sans doute la cause principale du refus de carcasse : le retour avec six draps et un pantalon… En fait la fermeture aidant rien n’était près et je suis revenue le sac sous le bras… Il me faudra une valise la semaine prochaine ou fractionné les rapatriements de linge…. Déjeuner modéré mais sans grand appétit et cependant très longue sieste d’où j’émerge, au moment où je tape ceci, à dix neuf heures et deux minutes.



Comme j’ai feuilleté par instants le livre acheté hier au Musée Pierre de Luxembourg, sans avoir temps de me plonger dedans, de me démêler des attributions des oeuvres d’Enguerrand Quarton (je me refuse à, admettre la contestation de celle de ma chère Pieta d’Avignon), des considérations sur les rapports des Chartreux depuis l’origine avec l’art et la richesse et autres considérations je me borne, parce que j’en ai eu l’idée depuis hier à recopier, tout en écoutant Michel Pastoureau parler de la symbolique et la sensibilité médiévale, le prix-fait du 24 avril 1453 (selon le protocole du notaire Jean Morel figurant dans le fonds de Maître Giraudy-Martin aux archives du Vaucluse) en m’appliquant à ne pas le recopier sur la notice Wikipedia à laquelle j’emprunte l’image ci-dessus… qui la reprend, pas certaine que cela intéresse quiconque (m’est savoureux et sert d’exercice difficile à mes mains et pour forcer Page à admettre l’orthographe d’époque et ses variations)

« S’ensuit l’ordonnance du retable que messire Jehan de Montagnac, chapelain, fait faire par Maistre Enguerrant, peintre, pour mettre en l’église des Chartreux des Villeneuve lez Avignon en l’autier de la Sainte Trinité.

1 - Premièrement y doit estre la forme de paradiz, et en ce paradiz doit estre la sainte-trinité, et du père au filz ne doit avoir nulle différence, et le saint espérit en forme d’une colombe, et notre dame devant, selon qu’il semblera mieulx audit Maistre Enguerrand ; à laquelle Notre Dame la Sainte Trinité mettra la couronne sur la teste.

2 - Item, les vestements doivent estre riches , celui de Notre Dame doit estre de drap de Damas blanc figuré selon d’avidz dudit maistre  Enguerrand, et alentour de la Sainte Trinité doivent estre chérubins et séraphins.

3 - Item, du cousté de Notre Dame doit estre l’ange Gabriel avec certaine quantité d’anges, et de l’autre cousté Saint Michel, aussi avec aucune quantité d’anges, selon qu’il semblera mieulx audit Maistre Enguerrand.

4 - Item, de l’autre part, Saint Jehan Baptiste aux autres patriarches et prophètes, selon l’avidz dudit Maistre Enguerrand.

5 - Item, du cousté droit devient estre Saint Pierre et Saint Pol avec certaine quantité d’autre apostres.

6 - Item, cousté Saint Pirttr doit estre ung pape martire auquel l’ange tiendra la tierre sur la teste, ensemble saint Estienne et Saint Laurens en habit de dyacres cardinaux, avec aussi d’autres sains martirs à l’ordonnance dudit maistre.

7 - Item, du cousté Saint Jehan Baptiste seront les confesseurs c’est assavoir saint Grégoire en la forme d’un pape comme dessus, et deux saints cardinaulx, ung vieil et ung jeune, et saint Agricol et saint Hugues evesque, saint Hugues en habit de chartreulx, et autres sains selon l’avidz dudit maistre Enguerrand.

8 - Item, du cousté saint Pierre doit estre sainte Catenne avec certaines autres vierges selon l’avidz dudit maistre Enguerrand.

9 - Iem, la part saint Jehan Baptiste la Magdalene et les deux Maries Jacoli er Salome, chacune d’icelles tenant es mains ce tenir y doit, ensemble autres vefves selon l’avidz dudit maistre Enguerrand.

10 - Item, doit avoir en paradiz dessudit de tous estas du monde à l’ordonnance dudit mestre Enguerrand.

11 - Item, dessus ledit paradiz doit estre le ciel auquel sera le soleil et la lune selon l’avidz dudit maistre Enguerrand.

12 - Item, après le ciel, le monde ou quel se doit monstrer une partie de la cité de Romme.

13 - Item, du costé su soleil couchant doit estre la forme de l’église Saint Pierre de Romme, et devant ladite église a l’issue a une pome de ping de cuivre, et d’ilec on descend par grans degrez en une grande place tirant au pont Sainte Ange.

14 - Item, du cousté senestre de ladite place a une partie de la muraille de Romme, et de l’autre cousté sont maisons et boutiques de toutes manières de gens ; au bout de ladicte place est le Chastel Saint-Ange et ung pont sur le Timbre qui tire en ladicte cité de Romme.  

15 - Item, en ladicte cité a beaucoup d’églises entre lesquelles est l’église de Sainte Croix de Jherusalem, où sainct Gregoire célébra et lui apparut Nostre Seigneur en forme de pitié, en laquelle église sera painte l’istoire selon l’ordonnance dudit maistre Enguerant, en laquelle ystoire sera saint Hugue charteux assistant audit saint Gregoire avec autres prelatz Elon l’avidz dudit maistre Enguerrand.

16 - Item, au partir de Romme se doit monstrer le Timbre entrant en la mer et en la mer aura certaine quantité de galées et navires.

17 - Item, outre la mer sera une partie de Jhérusalem : premièrement, le mont oliver où sera la croix Nostre Seigneur et au pic dicelle aura ung priant chartreux, et ung poy loing sera là le monument Nostre Seigneur et ung ange dessus disant : Surrexit, non est hic, ecce locus ubi posuerunt eum.

18 - Item, au pié du monument seront deux prians : du cousté doit la valee de Josaphat entre deux montagnes, en laquelle vallee a une église où est le monument de Nostre Dame et ung ange dessus en disant : Assumpta est Maria ad etherum thalarum in quo Rex Regum stellato sedet solio ; et au pié d’icellui monument, ung priant.

19 - Item, du costé senestre aura une valée en laquelle seront troiz persones toutes d’un eaige , de toutes troiz partira rais de soleil, et là sera Abraham saillant de son tabernacle et adorant lesdictes troiz personnes et disant : Domine, si invent gratiam in oculis tuis (là je n’arrive pas à éliminer les points), ne transeas servum tuum sed afferam paululum aque et laventur pedes vestri.

20 - Item, en la seconde montagne sera Moyses avecques ses brebiz et ung jeune fiz menant la musette, et là apparut audit Moyses Nostre Seigneur en forme de feu du milieu d’ung buisson, et dira Notre Seigneur : Moyses, Moyses ; et Moyses respondra : Assum.

21 - Item, de la part droite sera Purgatoire où les ames meneront joyes voyant que d’ilec s’en vont en Paradis, dont les deables mèneront grande tristesse.

22 - Item du cousté senestre, et entre Purgatoire et Enfert aura une montagne, et de la part de Purgatoire au dessus de la montagne aura ung ange reconfortant les ames du Purgatoire, et de la part de l’Enfer aura ung deable sur la montagne très défiguré tornant le dos à l’ange et guettant certaines ames en Enfert, lui sont baillées par autres deable.

23 - Item, en Purgatoire et en Enfer aura de tous estas, selon l’avicz dudit maistre Enguerrand.

24 - Item, ledit retable doit estre fait tout à fines couleurs d’uille, et l’azur dit estre fin azur d’Acre, excepté celui qu’on mettra en la bordure, lequel doit estre de fin asur d’Alamaigne, et l’or que y entrera tant en la bordure comme entour le retable doit estre fin or et bruny.

25 - Item, ledit maistre Enguerrant monstrera toute sa science en la Sainte Trinité et en la benoite Vierge Marie, et du demourant selon sa conscience.

26 - Item, le renvers du retable sera peint d’ung fin drap de damas cremosin tout figuré de fleurs de liz.

PS me suis relue et je crois (sait-on jamais) avoir respecté les majuscules ou minuscules qui se contredisent d’un mot à l’autre, l’orthographe fluctuante d’Enguerrand, les maistres mestres ou autres et ces moments où la ponctuation et les accents deviennent normaux ou à peu près et où brusquement on passe de Paradiz à Paradis ou d’Enfert à Enfer.

jeudi, août 21, 2025

Villeneuve, le musée, quelques pas dans la collégiale, un véritable orage

 

Matin, après une nuit un peu agitée suivie d’une somnolence à l’heure habituelle du réveil, j’ai ouvert tardivement les volets sur les dalles humides qui le redevenaient régulièrement sous des averses de petite pluie fine, et après avoir tourné en rond entre lessive, repassage, idées, je m’en suis allée dans cette bienveillante fraîcheur acheter des collants, du dentifrice (suis vraiment étourdie) et le Canard enchainé.



Le musée installé dans ce qui fut la Livrée cardinalice  du 14ème siècle où se succédèrent entre autres le cardinal Annibal de Ceccano, Pierre de Selve de  Monteruc cardinal de Pampelune et Pierre de Luxembourg qui y serait mort en 1387 (et qui a donné son nom au Musée peut-être parce que ce membre de la Maison de Luxembourg qui régnait alors sur le Saint-Empire Romain Germanique, ce fils de Guy de Luxembourg comte de Ligny en Barrois, cet ancien chanoine de Paris puis de Cambrai, devenu après une carrière épiscopale cardinal nommé par Clément VII, logé et mort dans cette livrée, s’il ne fut jamais canonisé mais simplement béatifié en 1527) il est considéré comme saint en Provence)… La livrée fut ensuite achetée au dix-septième siècle par la veuve de Louis de Cavière baron de Boucoiran qui la fit restaurer et aménager en 1663 par Louis-François de Royers de la Valfrenière… d’où une façade classique assez ingrate et un escalier d’honneur menant au premier étage (les suivants sont desservis par un petit escalier contre le mur mitoyen à gauche)



Dans la grande salle du rez-de-chaussée qui est réservée aux expositions provisoires se tient une exposition d’un peintre nommé Roger Lorance fini présentée sur le site du Musée : « Vivantes, colorées, joyeuses et parfois troublantes, les œuvres de Roger Lorance (1925-2018) présentées au musée Pierre-de-Luxembourg ont été directement inspirées par le Couronnement de la Vierge d'Enguerrand Quarton » et il est de fait que son interprétation ne manque pas d’audace… J’avoue que j’aimais assez mais n’ai pris que peu de photos, plus occupée à écouter le dialogue assez savoureux entre un petit garçon et son grand-père passablement gêné… On retrouve des panneaux regroupant d’autres oeuvres de Roger Lorance dans les autres salles du musée ce qui m’a permis de découvrir qu’il est également un portraitiste assez intéressant (mais là aussi je me contentais surtout de louper les photos des grands peintres anciens.


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Peintres anciens que j’ai découvert (et photos loupées surtout celle de l’oeuvre phare) dès le premier étage après avoir ravis l’escalier d’honneur du dix-septième siècle (vais enchaîner les oeuvres sans mention de l’étage ou de la salle en suivant l’ordre de mes prises de vue... et certaine sortent de l'alignement sur le billet je vous invite à considérer comme moi que telle était leur fantaisie)



Philippe de Champaigne « le Christ en croix »



Nicolas Mignard « Jésus au temple »



Ici venait, en honneur au premier étage, la Joconde du Musée, une des deux plus belles (avec un de mes deux tableaux chéris lors de ma première visite au Louvre à sept ou huit ans, « la Piéta d’Avignon ») d’Enguerrand Quarton « le Couronnement de la Vierge » mais la photo était sans doute la plus désastreuse et comme il n’était pas question qu’elle ne figure pas ici j’ai photographié l’image au centre de la couverture du beau livre d’Alain Girard que je me suis offert en sortant et qui me semble, en commençant à le feuilleter, passionnant… pour le tableau, la commande, les détails et la philosophie des chartreux..



Simon de Châlons « la mise au tombeau »



Pierre II Mignard « Sainte Césarie »



Nicolas Mignard « l’Annonciation avec Saint Charles Borromée »



Nicolas Mignard « Sainte Anne, la Vierge et un chartreux »



Philippe de Champaigne « la visitation »



Reynaud Levieux « la crucifixion » un peintre dont je l'avoue j'ignorais l'existence auquel je trouve un style très sulpicien avant l'heure



un Saint François d’Assise en bois provenant du couvent des soeurs franciscaines de Sainte Elizabeth à Villeneuve lès Avignon



Jacques-Ignace Parrocel « Saint Antoine de Padoue et l’Enfant Jésus »



L’armoire du trésor de la Chartreuse



Reynaud Levieux « la déploration du Christ par les anges »



Nicolas Mignard « le mariage mystique de Sainte Catherine » (en fait je l'avais oubliée elle venait plus tôt.. tant pis)



Reynaud Levieux « la sainte famille »



Roger Lorance pour terminer avec lui



Je suis sortie sous un ciel qui redevenait menaçant, j’ai décidé comme visiblement tout le monde aux grognements et à l’odeur de souffre qui disaient « gare je suis un orage » en pensant « tu ne nous l’a fait plus » et j’ai fait quelques pas dans la collégiale que n’avais jamais eu la curiosité d’aller voir, j’ai échangé avec la très gentille dame qui est sortie de derrière son comptoir, je sais qu’il y a de belles choses à voir et beaucoup à apprendre, j’ai salué le presque saint Pierre de Luxembourg, j’ai donné rendez-vous à la collégiale et à son cloître pour je ne sais trop quand mais pas tout de suite, et je suis partie riant de l’orage comme les autres vers le Syndicat d’initiative et l’arrêt de bus, puis plus du tout en riant et me suis blottie sous l’abri qui ne protégeait qu’en partie (je tenais le livre dans mes bras comme un enfant en essayant de trouver assez de papier sec pour le protéger) l’orage s’est calmé pour me laisse faire trajet entre arrêt et l’antre, a repris tout de suite après puis s’est calmé… on verra demain.

mardi, août 19, 2025

Trop d’images pour Villeneuve une exposition pas terrible à mon goût et bien d’autres choses

 


Matinée avec réveil tardif, petits tours internet, cuisine, déjeuner, sieste lourde, comme d’ordinaire et départ vers Villeneuve dans l’après-midi.


J’hésitais entre la Chartreuse etle Musée Pierre de Luxembourg que je préférais parce que je ne l’ai pas visité depuis plus d’une dizaine d’années je crois (et ça aurait préférable parce qu’il est plus petit et que les oeuvres qu’il contient pour remarquables qu’elles soient sont en nombre limité mais ce ne faut pas lui parce que la vieille idiote n’avait pas fait attention au fait navrant qu’il est fermé le lundi)… J’ai donc continué vers la Chartreuse me réjouissant du fait que je n’avais eu aucune hésitation cette fois sur le trajet.. pas plus que n’en aurai par la suite dans la chartreuse


J’ai passé l’entrée puis le porche de la Chartreuse, j’ai suivie l’allée des Muriers vers la caisse d’accueil, j’ai appris qu’il n’y avait cette fois qu’une exposition qui bien entendu se tenait dans la bugade..


J’ai commencé la visite par une petite errance dans l’église conventuelle, en négligeant le tombeau d’Innocent VI et donc je ne recopie que le reste du texte trouvé dur le site « L'église Saint-Jean-Baptiste puis Sainte-Marie fut édifiée par le pape Innocent VI pour les offices de chœur de la communauté.

Son état actuel est assez éloigné de celui de 1356-1362. L'espace primitif était beaucoup plus réduit, puisqu'il n'y avait que trois travées et suffisait aux douze pères de la première fondation et au chœur des frères.

 

Le bâtiment se distinguait par sa très grande sobriété conforme à l'Ordre des chartreux et à sa volonté d'austérité. Ce dépouillement est aussi celui de l'architecture gothique méridionale au moment même où le Palais des papes d'Avignon devient somptueux. Alors que le gothique septentrional privilégie les piliers et les vitraux pour laisser entrer la lumière, le gothique méridional se caractérise par des murs pleins, la ligne pure des voûtes, le contrôle de la lumière, des contreforts massifs. La sobriété de l’architecture renvoie à la méditation vers le for intérieur. Le lien à Dieu relève de l'intime.

 

Le pape, deux ans avant sa mort, fait agrandir l'église en accolant au chœur la chapelle de la Sainte-Trinité, dans le but de s'y faire inhumer et d'y placer son tombeau. Cela fait partie des nombreux privilèges et particularités de la chartreuse de Villeneuve lez Avignon d'accueillir la sépulture d'un pape. Alors que les pères et les frères chartreux étaient enterrés à même la terre, sur un tertre, avec pour seule marque une croix de bois sans aucune inscription, le faste qu'impliquait la sépulture d'un pape contrastait avec cette sobriété et dérogeait à la règle qui prohibait l'inhumation de toute personne extérieure à l'Ordre. Plus tard, l'église accueillera d'autres sépultures d'imminents personnages, dont les neveux du pape ou encore le Prince de Conti.

 

À la mort du pape, ses neveux veillent à la continuité de l'œuvre. Pierre Selva de Monteruc double l'effectif d'origine de la communauté. Cela nécessite entre autres de construire une travée supplémentaire et un mur de séparation dans l'église pour délimiter le chœur des pères de celui des frères. 

 

Au cours des siècles, l'église deviendra un véritable écrin, témoin de la puissance et richesse des chartreux et de leur goût pour l'art.

Au XVIIsiècle, une magnifique porte sculptée, réalisée d'après un dessin de François de Royers de la Valfenière marque son entrée et fait partie des travaux d'embellissement alors réalisés, comme le portail de clôture du monastère dessiné par le même architecte. Le symbole de l'Ordre - un cercle surmonté d'une croix - figure sur la porte dans un cartouche. La porte, telle qu'on la voit aujourd'hui est une reproduction. L'originale est exposée au musée Pierre-de-Luxembourg. 

Au XVIIe et XVIIIe siècles, la chartreuse est à l'apogée de sa puissance. Elle est devenue la plus riche chartreuse du royaume.

Les temps ont changé. L'iconographie intransigeante a cédé la place à une conception de l'image stimulant la prière et la contemplation intérieures. Le Couronnement de la Vierge - chef d'œuvre désormais incontournable de l'histoire de l'art - commandé en 1453 à Enguerrand Quarton, témoignait déjà de cette évolution. Le concile de Trente renforcera la tendance. Il faut alors imaginer l'église colorée, resplendissant de dorures, revêtue de lambris, de retables de bois ou de marbre polychrome.* Elle est ornée des magnifiques tableaux commandés aux peintres les plus en vue du moment ou offerts en dons. Une partie de ces œuvres sont aujourd'hui au musée Pierre-de-Luxembourg. La visite du musée est donc un riche contrepoint à celle de la chartreuse. 

 

L'édifice éventré a aujourd'hui perdu son sanctuaire. La brèche date du XIXsiècle alors que le monastère, laissé à l'abandon après la Révolution, avait été investi par les villageois comme quartier de Villeneuve. C'est ainsi que le tombeau d'Innocent VI servit de clapier à lapins et que l'abside, transformée en grange s'est effondrée sous les charges que le paysan suspendait  à sa voûte. Les turpitudes de l'histoire de la chartreuse laisse paradoxalement l'ouverture éblouissante et étonnante de cette église sur le mont Andaon et le fort Saint-André…. »



De là je suis passée dans le grand cloître « Le grand cloître est un promenoir qui réunit les cellules des douze moines de la première fondation. Les cellules actuelles résultent d'une réfection de 1610, elles ont remplacé les premières vraisemblablement en bois. Chaque habitation de moine a sa marque individualisée par un signe alphabétique et son guichet passe-plat pour la distribution des repas.  On peut visiter une cellule "témoin" vers l'angle sud-est du cloître. 

 

Le cloître est aussi un espace vert. Dans sa partie la plus au sud, près de l'église, les religieux trouvaient sépulture et étaient enterrés à même la terre. C'est la raison pour laquelle on trouve en bordure de ce cimetière, une petite chapelle, dite "chapelle des morts" (datant du XVIIIsiècle) et que ce grand cloître est aussi dénommé cloître du cimetière ou cloître des morts. (On aperçoit sur une des photos, là où un bâtiment s'avance sur le cloître, le toit de la chapelle des morts.)

 

Les cellules de moines accueillent aujourd'hui des auteurs de théâtre, des acteurs ou metteurs en scène invités en résidence par le Centre national des écritures du spectacle. »



J’ai avancé jusqu’au bout de la galerie de droite qui mène à la bugade où se tenait cette fois l’exposition, intitulée « étranges pulpes » d’oeuvres de Jimmy Richer




« La bugade est un terme d'origine provençale (bugado) qui désigne la grande lessive du linge de maison et par extension le lieu où on faisait la lessive.

 

Équipée d’un puits et d’une vaste cheminée, les frères chartreux y lavaient donc le linge.

 

L'espace, tel qu'on le visite aujourd'hui, a été l'objet d'une réfection au XVIIIe siècle. La belle voûte d’arêtes constitue un exemple remarquable de savoir-faire des tailleurs de pierre de l’école d’Avignon au XVIIIe siècle.

 

 

La prison
Les prisons sont traditionnelles dans les chartreuses du Moyen Âge. Elles perdurent jusqu'à la Révolution de 1789 malgré les limitations des édits royaux. Dans toutes les chartreuses réoccupées après la Révolution, les prisons ont été détruites : la justice seule dorénavant se reconnaissant le droit de mettre en prison.

On s'est longuement interrogé au sujet de la proximité de la bugade et de la prison. Plusieurs hypothèses ont été émises : les chartreux emprisonnés bénéficiaient ainsi de la chaleur de la bugade, ou de la lointaine compagnie des frères chargés de la lessive ou encore de leur surveillance quasiment constante.

Étaient passibles de prison les frères ou pères coupables de manquements graves à la Règle : sortir sans autorisation, arriver en retard à l'office, s’adonner à l'alchimie et pour les frères qui ne vivaient pas l'isolement comme les pères, avoir de l'argent sur soi ou des relations avec les femmes.

La prison pouvait aussi servir d’asile pour les déficients mentaux.

 

Les sept cellules de prisonniers se répartissent sur deux niveaux : trois au rez-de-chaussée, attenantes à la bugade et quatre à l'étage. L'espace est étroit, 12 m2 environ. Le pénitent avait à sa disposition une table et un lit.

Dans chaque cellule, une lucarne dirigée vers l'autel situé à l'étage permet aux reclus de suivre l'office sans sortir. »

L’exposition : « est une exposition imaginée comme un voyage intérieur. L’espace de la Bugade, ancienne prison de la Chartreuse, se transforme en une architecture anatomique et introspective. Exposition hommage et référence à la science-fiction des années 60, le spectateur devient ici un vaisseau mobile, tel le Proteus du Voyage fantastique de Richard Fleischer en 1966. L’intrigue reste banale dans une époque marquée par la Guerre Froide : à bord d’un vaisseau miniaturisé dans un corps humain dans le but de guérir un scientifique d’une maladie en 60 minutes (détruire un caillot de sang à l’aide d’un laser), les méchants communistes tentent de saboter l’opération de sauvetage. En revanche, les décors spectaculaires pour l’époque (Oscar des meilleurs effets spéciaux), soulèvent un véritable enthousiasme pour la découverte de ce nouveau territoire. Le corps y est présenté avec une dimension pop, psychédélique et joyeuse (presque une soirée en discothèque). Finalement, ce voyage anatomique s’apparente plus à une quête du sensible, plaisir des yeux dans la découverte de nouveaux paysages, que d’une mission de sauvetage anecdotique. À une époque où les regards étaient rivés vers l’infiniment lointain, ce film nous marque encore aujourd’hui grâce à sa caméra tournée vers l’intérieur où le corps devient une fête pour les yeux.

Étranges Pulpes regroupe plus de 57 dessins réalisés entre 2021 et 2025, des fresques, 5 nouvelles de science fiction, 23 impressions sur vitres, ainsi que du décor anatomique textile.
Dans un esprit cinématographique, l’exposition invite le visiteur au voyage dans un espace clos, celui de l’ancienne prison. L’exposition débute avec Orsée pharmakon, série de plantes vénéneuses, qui savamment dosées, peuvent devenir des antidotes (ou des psychotropes). Le voyage peut alors commencer : compositions carnées mystiques (Osraisons), assemblages animistes (Le(s) génie(s) naturel(s)), visions apocalyptiques (Ouf l’espèce est sauve, Entropia), créatures de l’ancien monde (Ohlo Ehler Ahlav), origine de l’humanité (Le spectre de Dieu).

Jimmy Richer : « (né en 1989 àMontpellier, France) vit et travaille à Montpellier & Marseille. Diplômé en 2014 de l'École des Beaux-Arts de Montpellier, il participe à l'exposition Horizons d'Eaux, au Frac Languedoc Roussillon (2017) et Possédé.e.s, MO.CO Panacée (2020) ; Il bénéficie d'expositions personnelle… etc

Le travail de Jimmy Richer embrasse le dessin sous toutes ses formes : sur papier, en fresque ou installation, par l’édition et, plus récemment, par le tatouage et la performance. Ses projets s’articulent en allers-retours entre les différents supports du dessin, sans qu’aucune hiérarchie soit établie entre eux.Cette horizontalité habite également son univers, où les références à la culture antique côtoient les récits de science-fiction, l’iconographie médiévale dialogue avec la bande-dessinée et l’imaginaire naturaliste du XVIIe siècle jouxte les représentations de tarots anciens. Jimmy Richer manie ces références avec fluidité, grâce aux associations d’idées et aux correspondances rocambolesques, et les restitue sous forme d’interventions foisonnantes, à l’échelle des lieux où il travaille et en résonance avec les contextes où il se glisse en visiteur furtif. Dans son processus de travail, la recherche et l’observation constituent une base solide de départ, à laquelle l’artiste se livre en glanant les histoires les plus curieuses, souvent plus proches de la fiction que de la réalité historique, avec une exubérance narrative à laquelle la prolifération opulente de son dessin fait parfaitement écho.


Je suis désolée j'en reste là... manquent des photos de l'exposition ainsi que mon bien aimé cloître Saint Jean... peut-être pourrais-je terminer demain du moins pour les images de l'exposition et pour remettre en place les images qui se baladent hors de leur alignement mais là je suis vraiment à bout de forces, de patience  et d'espoir.. si je ne le peux je vous remercie d'avance pour votre indulgence... il a suffit que je note ceci pour que j'arrive à mettre en ligne les photos de l'exposition, pour la suite : la chapelle des fresques et le cloître Saint Jean cela venait en surplus et j'y renonce volontiers... par contre je n'ai pas pu discipliner les images vagabondes... tant pis, cela restera ainsi.