
Matin, suis allée chercher médicaments, ce qui ne compte guère, et j'ai rencontré, chez Ducastel de nouvelles toiles d'un peintre pour lequel, contre toute attente, j'ai très fort goût

et, dans la pénombre d'un coin de la galerie, un corps recueilli dans son bien-être,

j'ai rencontré un petit coin de calme dans l'ombre d'un jour d'été, avec des meubles un peu défraîchis, comme je les aime, mais j'ai dû gommer la rue, les camionnettes et voir un pré sous des poiriers,
un étrange masque, évasif et rayonnant, qui m'a fascinée un court instant,

et une très civilisée et étrange basse-cour.

Soir, suis partie

sous bonne-garde vers le palais vieux et, par la cour du cloître,
vers le grand tinel où se donnait le concert (gratuit) de clôture du festival de cor organisé chaque année par Eric Sombret cor solo de l'orchestre d'Avignon, professeur au conservatoire et semble-t-il musicien et homme chaleureux, avec un programme Mozart,
comprenant deux ouvertures, les 4 concerti pour cor et orchestre (l'orchestre dirigé par Jérôme Pillement) interprétés par 4 solistes de belle trempe et le rondo joué par Eric Sombret.
Pour le premier concerto, une jeune femme en robe bustier noir qui tenait, quand elle ne jouait pas, son instrument comme un bouquet de fleurs en écoutant comme en rêve et jouait avec une belle fermeté.
Pour le deuxième, un blond gabier, ou qui le semblait,au large cou qui a entraîné l'orchestre à sa suite dans le formidable 3ème mouvement.
Pour le troisième, un homme courtois, un instrumentiste au son moelleux, tout de musicalité et d'intelligence, et le très beau second mouvement.
J'avais boudé les chaises et m'était assise sur le banc de pierre d'une fenêtre et je voyais le soir muer doucement au rose au dessus des toits.
Une ambiance décontractée, presque familiale et agréable. Et après l'entracte le dernier concerto, le rondo, et des applaudissements heureux.