lundi, octobre 13, 2014

Premier passage sur le Parcours de l'art – 1 (déjà trop)

Matin bleu ou gris d'un moment à l'autre, vent modéré dansant dans le bambou, lavage de cheveux et diverses activités tranquilles

Profonde sieste, et me forcer – parce que tout de même l'envie était là – à m'en aller, un peu après 16 heures, titubant de sommeil dans les petites rafales, pour une première incursion dans le Parcours de l'art http://www.parcoursdelart.com qui investit Avignon jusqu'au 25 octobre, en commençant rituellement par le Cloître Saint Louis
En approchant de la porte qui s'ouvre sur la salle du rez-de-chaussée, penser à un écho magnifié de la sculpture anarchique rencontrée dans la rue, en devinant la première oeuvre coulant du mur,
et puis pénétrer dans la salle, regarder, apprécier le travail de Jacqueline Matteoda
Il ne s’agit pas de transformer les matières que je récupère mais de leur faire dire quelque chose.
Lorsque je tricote des carrés de papier journal, je commence par tordre le fil des nouvelles et j’enferme les mauvaises dans mes mailles. J’entasse les carrés contre un mur ou, comme ici, dans une armoire, j’empile, je bourre, je tasse, ça tombe, je bourre à nouveau et je suis peut-être la seule à entendre le vacarme. J’ai enregistré le son du papier découpé, froissé, enroulé puis torturé afin de former les mailles.
avancer dans le domaine de Piotr Klemensievicz, entre ses interventions sur les belles photos de Carole Campbell, peinture qui se mêle au paysage, sans s'ancrer dans le sol, contraignant ses couleurs à s’évanouir dans un espace illusionniste qu’on pourrait situer au-dessus du sol, faisant ainsi flotter cet objet pictural élémentaire, ce « signe d’essence », dans un espace qui interdit toute interprétation sculpturale ou réaliste des bandes raclées... (Brice Matthieussent dans catalogue « Nuance »
ed. ArchiBooks)
et, en contrepoint, en face à face, ses grands panneaux
et parvenir, au fond de la salle, au travail, qui m'a fascinée, de Xavier Spatafora, (dont je découvre qu'il est avignonnais, importé lui aussi, mais depuis Nouméa) qui intervient sur des affiches lacérées, mais en s'intéressant à l'envers, découpant, modelant parfois, et traitant, au stylo bille, le verso pastel de l'image d'origine http://www.mac-a.org/article-dans-l-atelier-de-xavier-spatafora-119856614.html
une oeuvre qui, à tort ou à raison, m'a intéressée, séduite (retrouvée au deuxième étage).
Trouver que l'exposition commencer bien, grimper, pénétrer dans la salle du 1er étage
Sur le mur du fond, quatre ou cinq éléments de la gravure sur linoléum «les restes du jour» de Marie-Noëlle Deverre
http://www.marienoelledeverre.com/marienoelledeverregravure.html
et sur la cloison entre salle et couloir ses petites gravures, aux douces couleurs et à la légère ironie..
Aimé la richesse du travail de Marcelle Benhamou (sur le mur extérieur) «soldats et fillettes»
J’ai imaginé pour le cloître une installation spécifique « Soldats et fillettes », série de travaux issus de mes recherches à base de photographies anciennes.
De factures diamétralement opposées, ils se répondent, narrent divers moments d’une même histoire.
Fragiles fillettes évanescentes, voilées de calques, entourées de sombres soldats, quatorze, violents, picturaux. Seules, orphelines rêvant du père absent, au centre des soldats protecteurs... ou ennemis ?
Mais, surtout pour les fillettes, la délicatesse des tons des petits dessins sur calque venant se superposer aux teintes légères des photos travaillées me défiaient (voir sur son site http://www.marcellebenhamou.com l'estampe de «la fillette et l'enfant» c'est ce qui s'approche le plus de certaines des oeuvres exposées)
La salle finit sur une installation de Jean-François Auber, ce qu'il nomme Dessin Massif, « Benday » dessins sur papier, marouflés sur toile, rythmés à coup de marqueurs d’encre noire. Les traits se superposent, s’orientent, se multiplient et apparaissent sous forme de trame d’une intensité des plus profonde au blanc du papier.
technique que l'on retrouve dans les grands panneaux exposés dans le couloir
avant les belles (mais impossibles à reproduire) photos de Xavier Blondeau «présence obscure» - à voir sur http://xbphotographe.com/presence-obscure-2/
Dans la grande salle du 2ème étage, l'oeil est tout de suite attiré par les trois grandes taches blanches
des oeuvres de Sarah Barré (encore une avignonnaise)
La pratique sculpturale de Sarah Barré s’origine dans une exploration du geste fondée sur la répétition ainsi que sur l’utilisation de « matériaux feuilles » - tissu, papier, fibre de verre, feuille de cuivre, calque. Les formes qu’elle va leur donner ne sont jamais définies à l’avance. Elles découlent précisément de la réitération d’un même geste. (…)
À son retour de Chine, Sarah Barré a choisi de questionner la notion d’armure et de carapace animale, ce qui l’a conduite à concevoir « Armure », une spirale en cuivre qu’enrobe une fragile corolle de feutre blanc. C’est le cuivre, son caractère conducteur, sa matérialité que Sarah Barré a ici voulu «protéger». (catalogue)
Tous les murs de la salle étant occupés par les photos, regroupées (à une exception près) pour imaginer des sortes de poèmes, de Dolorès Marat, qui ont, elles aussi, défié avec succès mon appareil. http://www.doloresmarat.fr/photographe/accueil.php
comme, dans le couloir, après avoir retrouvé Xavier Spatafora,
le travail, les séries de Nicolas Espinasse http://www.nespinasse.com
L’artiste français développe depuis plusieurs années un travail centré autour de la prise de vue photographique puisant volontiers dans les procédés de reproduction dits alternatifs, associant techniques de gravure et procédés photographiques.
De la photographie on retrouve une façon de traiter l’image : esprit voyageur et travail de thématique en série, empreint de culture orientale, traces indélébiles laissées par un premier séjour au Japon à l’âge de 20 ans. La représentation du paysage dans sa globalité est la ligne directrice. Depuis les premières photographies en couleur, quasi topographiques, jusqu’aux dernières œuvres en noir et blanc, parfois recolorées de pigments, et empruntant aux arts plastiques, la valeur descriptive s’atténue : le paysage est décontextualisé, fragmenté.
A la place, une oeuvre de Brigitte Célérier – on fait ce qu'on peut…
avant de redescendre dans la cour, de regarder se mouvoir lentement, vibrer doucement, les lames de Bernard Autin (une autre sculpture, rouge, de l'autre côté de la fontaine) http://www.bernardautin.com/artiste_sculpteur_contemporain_Nice_cote_d_azur.html
de regarder chantonner le dôme de feuilles soufrantes des platanes, en se demandant ce que ferai ensuite
de décider que n'avais plus beaucoup de temps, mais que j'avais envie sur le chemin du retour, de faire une pause à Saint Martial pour regarder ce que propose l'Atelier Marie Laurencin (installé dans l'Hôpital de Montfavet)
trouver dans le hall quatre grands tableaux (dont ces deux de Marina Puissant), s'y intéresser modérément, et monter, monter, un escalier jusqu'à une salle voûtée, pour découvrir ce que je garde pour demain.

11 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour ce dimanche en Art et pour tous les liens. On attend le plaisir de monter les marches sur vos pas et de découvrir de nouvelles surprises derrière la porte...

brigitte celerier a dit…

grand merci d'être passée, et de ne pas vous être découragée

Dominique Hasselmann a dit…

Beau parcours et belles photos...

arlettart a dit…

Ravie de retrouver Spatafora que je connais et qui se renouvelle avec bonheur Aime les pliages - armure de S Barré
Merci pour ce parcours inventif et mention pour l'oeuvre de B Célérier !

Nana Marton a dit…

Quelle chance rare, bien confortable devant son thé du matin, de pouvoir découvrir après vous, mais avec vous encore, de nouvelles propositions artistiques !
j'ai été frappée par l'homogénéité de l'accrochage, bien mis en valeur par de grandes salles (vides, malheureusement) et l'éclairage.
merci pour les liens qui mènent aux artistes.

brigitte celerier a dit…

merci
et beau flop me semble-t-il, mais qu'importe ?

jeandler a dit…

j'ai craint au départ que les poubelles soient devenues une forme de street art ! Heureusement et bellement, il n'en fut rien. J'attends la numéro 2.

Christine Simon a dit…

Rien flop à mon avis,
même les images qui résistent ne vous résistent pas.
Est-ce votre regard, Brigitte, ou l'intention du parcours de l'art cette sensation d'une grande convergence des oeuvres ?

brigitte celerier a dit…

trouvé que c'était un très bon cru

Gérard a dit…

Que de choses intéressantes, photos bien sur et sculptures

Françoise Dumon a dit…

Je n'ai pas le temps de m'y promener autant que je voudrais cette année, mais je trouve aussi que c'est un bon cru, une réussite pour son 20ème anniversaire.