mardi, septembre 18, 2018

Errance dans les rues et les lectures

Matin, dans un temps aimable mais un peu frais (Brigetoun en dessous de 30° éternue) partie sans réflexion dans les rues portant sac à rendre au sallon de thé fournisseur de tartes qui ouvre à 11 heures mardi, se cassant le nez par deux fois, revenant pourtant avec du produit vaisselle et du pistou
et pour mémoire reprenant traces de ses lectures de dimanche
avec dans l'après-midi la belle sensualité de Cor de Lionel-Edouard Martin chez Publie_net https://www.publie.net/livre/cor-lionel-edouard-martin/ jusqu'à :
Cor ne l'apprécie guère - bien sûr Clarinette, mais pas que, s'il n'y avait pas Clarinette ce serait pareil, Cor aime qu'on soit jovial, qu'on habite un bonheur même s'il manque des choses, même si les automnes pluvieux, froids, pourrissent les grappes de la treille, même si on a pour tout horizon des fermes et des bois de chêneaux. Mais le coup de vin gris qu'on boit sur les châtaignes, la goutte dans le verre de café, la soupe à la citrouille, dormir dans des draps rêches et propres; et la musique aux lèvres, la musique. Toréador ne connaît rien de ces petits plaisirs, pas sûr qu'il ait jamais soufflé dans le moindre pipeau ni serré le brin d'herbe entre ses pouces pour lui donner d'un épanchement d'haleine cette vibration résonante et verte qu'on module de la paume - les mains sont, quand on sait les prendre, de minuscules orchestres et font chanter le monde.
En début de soirée, replonger, retrouver, avec plaisir, passion, intérêt renouvelé, oeil neuf dans le début de l'édition finale de Refonder de Fred Griot au Dernier Télégramme jusqu'à
Ce qui au travers des matières, au travers des faits, passe, lie, tisse, invisible, et finalement, vraiment donne sens.
Entre un homme et ses rêves, ses objets, son environnement, ce ne sont pas les faits, les matériaux, les situations (en soi) qui tissent sa réalité, sa position, ses aspirations, ses peurs, mais ce qui passe entre, ce qui se lie entre, ce qui se joue entre. Ce ne sont pas les faits et les objets, mais les rapports qui vraiment emplissent son monde, qui vraiment lui donnent une consis- tante existence. 

Et puis, dans la douceur de la nuit reprendre les chroniques, assez inégales, mais le plus souvent délectables, et réactionnaires comme le suis, de la fin de vie de Giono regroupées sous le titre de la chasse au bonheur où n'ai pas trouvé ce que je cherchais mais cet assez long moment de plaisir (par flemme de le recopier... je l'ai un tantinet massacré...)