oeil ouvert - petit tour - oeil refermé, sur l'idée que je n'allais pas au tribunal puisque le procès de Patrick Mohr est reporté - oeil rouvert, et pendant que la radio parlait de la crise, des remèdes apportés, etc... ouvert ma boite pour trouver la carte d'automne de Dalloyau
décidé, fermement, dans les ruminations du petit matin, que je m'abstiendrai cette année de me faire remplacer par des colis d'icelui aux différentes tables de la famille (et je le regrette déjà, avec mon amour du luxe, plus encore pour ceux que j'aime.S'y arracher, rentrer, faire un peu de cuisine, prendre le téléphone pour contacter les banques et une infirmière, et constater qu'il est mort.
une heure et demie et une quinzaine d'appels au 1013 - dont un permettant d'obtenir une conseillère qui me dit "patientez un instant, je vous donne un rendez-vous" avant que la communication soit coupée à nouveau. Un quart d'heure d'énervement et un message bref "rappelez nous pour le rendez-vous" suivi d'une dizaine de nouvelles tentatives. Un courriel - et dans une exaspération me rendant inapte à tout, attente infructueuse de ce rendez-vous qui conditionne tout autre déplacement.
Tourné en rond, fulminé, déploré que le téléphone du service dépannage de France Télécom ne fonctionne pas , décidé de résilier mon abonnement...
Et voilà que finalement j'en parle, du moins un peu - en complément, ceci, dans la présentation "Cette histoire du prisonnier Mìssios, c’est lui-même qui la raconte, pendant toute une nuit, dans un déferlement de mémoire où les époques se bousculent, à l’un de ses camarades qui, lui, par chance, est « mort avant » — avant d’avoir connu la prison, mais aussi le pire : le naufrage de l’idéal communiste. C’est la première fois que la guerre civile grecque est racontée ainsi. D’autres ont déjà décrit ses horreurs, mais Mìssios est le premier ex-communiste à oser montrer le Parti tout nu : ses martyrs admirables, d’un dévouement total, mais aussi ses dirigeants, rendus souvent aveugles et sourds par l’égoïsme et la bêtise, plus dangereux pour leur cause que l’ennemi lui-même. Si les Grecs se sont rués sur ce livre — il s’est vendu à plus de cent mille exemplaires, événement rarissime là-bas —, c’est d’abord qu’il a brisé un tabou, rouvert la vieille plaie infectée"
mais au delà, ou en plus, il y a le texte - au hasard, ce que je viens de lire : "Ces amoureux de la liberté qui veulent jouir de leur vie à tout prix. Seulement voilà, quand ils rentrent au Parti, ils se transforment en dames et demoiselles bien comme il faut... Quand je pense à eux, je me rappelle toujours ce vers d'un de nos grands poètes, Embirikos
Ils ont changé en vie la crainte de la mort
Cette beauté de l'homme libre comme l'animal, qui n'accepte aucune dépendance, aucun devoir, qui tâche de puiser la joie et le plaisir de vivre dans tout instant, à tout prix..."
et outre l'énoncé, mise en place de sa philosophie, il y a, dans les récits atrocement ou joyeusement picaresques des luttes dans la prison ou les camps, et dans le soupçon du lâchage dont ils ont été victimes, une certaine parenté avec les jeunes oustachis ou palestiniens de "Zone".