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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, janvier 01, 2011

«Ce jour n'est pas le plus heureux que je puisse concevoir, il me faudrait avoir vu le spectacle à côté de Victorine m'aimant comme je l'aime et avec une fortune assurée, 6.000 francs de rente par exemple. Alors il n'y aurait eu que mon léger mouvement de fièvre qui m'eût gêné, mais probablement alors il n'eût pas existé, le bonheur l'aurait chassé, comme le mal-être, je crois, le fait naître.

Ce jour est donc d'une superbe médiocrité de bonheur...» Stendhal – 10 nivôse, dernier jour de l'année 1804 - «Journal»

«Là, devant moi, s'étalent les épreuves , les placards qui doivent partir aujourd'hui. J'ai l'impression de traverser un champ d'orties brûlantes. Je n'ai même pas envie d'en parler dans ce journal.

Je suis peut-être de nouveau sur un de ces sommets où j'écrirai deux ou trois petits livres, rapidement, avant de m'offrir une autre interruption. Du moins je possède assez d'expérience pour continuer. Aucun vide en moi. Et pour le prouver, je vais rentrer à la maison, me mettre en quête de mes notes sur Gibbon, et commencer à dresser soigneusement le plan de l'article.» Virginia Woolf – 31 décembre 1936 - «Journal d'un écrivain»

«Levé à quatre heures et demie. La pluie crépite sur le toit. Je taille dans le vif de ce que j'avais écrit, écarte généralités et pédanteries, me détache, à grand-peine, de ce qui était fait, écrit, acquis (apparemment) pour repartir à nouveau frais, en suivant l'ordre naturel, laborieusement dégagé, des idées. À la difficulté de la tache s'ajoute celle qu'on «éprouve à sacrifier des pages qu'on avait âprement disputées à la confusion où les choses sont ensevelies aussi longtemps qu'on n'y a pas fait âprement réflexion. Cela m'occupera jusqu'à midi avec, toutefois, un petit intermède manuel. De deux poupées ashanti, fabriquées il y a cinq ou six ans et pareillement ratées, j'en tire une seule, correcte, après avoir rectifié la tête, ellipsoïde, de la première que je rends discoïde et greffe sur le col de la seconde.» Pierre Bergounioux tel qu'en lui-même– 31 décembre 1997 – «carnet de notes»

«Plus tard, Nathan avait fini par aller se coucher vers onze heures, excédé de fatigue. A minuit, nous nous sommes embrassés sous un rameau de gui, et comme les pétards nous y invitaient dans la rue, j'ai mis son manteau à Madeleine et nous sommes allés faire un tour dans le quartier, nous avons croisé une bande de jeunes qui faisaient claquer quelques pétards et feux de Bengale, nous nous sommes souhaités la bonne année, eux surpris qu'un adulte promène sa petite fille blonde dans les rues et moi surpris par leur politesse à notre égard, des poignées de main que l'on devrait se donner plus souvent.» Philippe de Jonckeere - 31 décembre 2004 «Désordre – un journal» http://www.publie.net/fr/ebook/9782814500112/désordre-un-journal

Temps mou. Jacinthes s'écroulant sur elles-mêmes sur la table de la cour. Rien, sereinement rien. Petite chasse aux 31 décembre les plus proches de ma main et ma mémoire. Piste, patate douce, chocolats presque sublimes avec recueillement et interrogation interne. «Litanie» de Daniel Bourrion

«... chapelets durs et tellement longs dans les soirées du mois de mai dehors c’était l’éveil du monde et nous dans la chapelle à nous meurtrir genoux

... au moins par les vitraux on devinait la belle lumière jouant sans nous

... à avoir froid aussi les murs épais retenaient l’hiver manière de pénitence..»

programme pas sans charme, si l'on excepte la patate douce. Bigetoun ou Brigitte Célérier – 31 décembre 2010.

et pour l'avenir, pour le monde, l'Europe, la France, je souhaite qu'il ne soit pas trop déterminé par notre récent passé, pour moi, pour nous, je vous laisse le choix des rêves. Dans ce faux suspens du temps que nous avons créé avec le calendrier, où nous voulons croire que la réalité est flexible.