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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

dimanche, mars 08, 2026

Le rite et le Decameron

 


Matin, après les préparatifs pagaille habituels, sans oublier de souhaiter l’anniversaire de mon grand petit frère, m’en suis allée protégée par mon long imperméable contre une pluie qui n’était qu’en suspens 



vers le marché de la rue Carnot qui est toujours (lassitude, crainte de la pluie ?) assez clairsemé même s’il avait ce matin joyeuse animation à travers laquelle les distributeurs de slogans des candidats se faufilaient sans grand succès



jusqu’à la place des Carmes… ou discrète, distraite, fatiguée… j’ai surtout photographié un de mes doigts chez la fleuriste



avant de revenir, achetant au passage un peu de cuisine vietnamienne pour mes repas du jour, vers les halles



es fleurs en vente devant l’entrée (ai fait petite moisson de photos).



Je suis entrée dans les halles, j’ai fait petite récolte de légumes anciens qui ont rejoint les asperges achetées sur mon trajet.



J’ai pleuré intérieurement en sortant devant ce qui reste des deux grands platanes même si les souches donnent raison aux massacreurs



et suis revenue vers l’antre, achetant au passage un bouquet de tulipes jaunes



installées dans un vase avant de m’intéresser  au  rangement, à un tour internet, à la cuisine. Ai déjeuné, dormi un peu, le temps a passé…




Un peu avant sept heures et demi me suis vêtue en dadame et suis montée sous une pluie plus réelle vers l'opéra



puis ma très très mauvaise place du troisième balcon, espérant voir un peu de ce qui se passait sur le plateau, et attentive à la musique écrite par Matteo Franceschini par l’opéra « Décaméron » sur un livret de Stefano Simone Pintor (d’après Boccace bien entendu) dont c’était ce soir la première mondiale, présenté ainsi sur le programme de l’Opéra (j’ai fini par me tenir debout derrière les sièges un peu plus près du centre pour avoir meilleure place et auparavant au pire il me restait le musique)

Dix jeunes dans un théâtre abandonné. Dehors, le chaos, mais dedans, un pacte : raconter des histoires, pour se souvenir que la vie continue ; comme autrefois Boccace qui écrivit Le Décaméron pour conjurer la peste et la peur. Alors dans ce huis-clos, peu importent les moyens : seule compte l’urgence de créer.

Chef-d’œuvre du Moyen-âge, Le Décaméron fut le premier grand best-seller populaire, un tourbillon d’histoires grivoises, romanesques, cruelles ou burlesques, un théâtre du monde où se croisent princes et pirates, ruses et désirs, illusions et vérités. Mais ici, pas de reconstitution : juste dix corps pour tout incarner.

Car cette création bouscule les codes de l’opéra. Pas d’orchestre, pas de hiérarchie entre les disciplines : tout d’abord une fête théâtrale, abolissant les frontières entre le chant, la parole et le jeu. Matteo Franceschini et Caroline Leboutte impulsent à leur sujet une énergie de troupe, rythmée par une partition organique qui efface les frontières entre les styles.

Raconter des histoires, c’est déjà résister ; et se retrouver, c’est déjà choisir l’espoir. Le Décaméron ne juge pas, ne tranche pas. Il provoque, amuse, dérange parfois ; il célèbre ce qui nous lie, et défie ce qui nous divise. Et il nous rappelle surtout une chose essentielle : au cœur de la tourmente, c’est bien du collectif que provient le salut.



Ma foi, malgré l’inconfort (la place et ma carcasse) j’ai aimé, j’ai aimé la tendresse et les moments de gouaille populaire, j’ai aimé que, comme le dit Franceschini dans le petit livre qu’on donne dans la salle après le passage rituel au Civid et à ce que nous avons vécu et convenu : La mort rôde, l’odeur de la peste flotte dans l’air, mais rien n’empêche ces conteurs.euses de rêver, de festoyer, de danser et de célébrer la beauté avec une vitalité indestructible (vitalité le mot est faible, nous sommes aux niveaux des fabliaux ou « contes » les plus risqués)… L’espace scénique es conçu comme une partition à part entière, organisée selon une logique musicale où le son structure le mouvement…Oui, j’aime  que : La diversité linguistique occupe une place centrale dans ma recherche. Les langues n’y sont pas envisagées uniquement comme des vecteurs de sens, mais comme de véritables matières sonores, dont les rythmes, les textures et les inflexions nourrissent directement l’écriture musicale…

Et J’ai tout spécialement aimé le moment où plus particulièrement, sans qu’il s’agisse d’une copie se glisse le résultat de l’étude approfondie des répertoires du XIVe siècle… (souvenir de Boccace)… Les « parfums musicaux » de la fin du Moyen-Age et de la première Renaissance apparaissent de manière filtrée et transformée, comme des traces ou des réminiscences. Ils  génèrent des symboles, des gestes… des références harmoniques appelées à se métamorphoser .. vers un présent en devenir — électronique comprise.

samedi, mars 07, 2026

Ce vendredi


 La matinée de ce vendredi était vouée à un ménage un peu plus poussé avec aspirateur, lavage de sol, argenterie (abandonné ce point, en suis restée à une friction insistante des objets) et cire des meubles avec odeurs diverses, plus ou moins agréables telles que vinaigre blanc, eau de javel, crème à l’olivier, savon de sol à l’huile de lin et cire d’abeille, avec aussi une satanée fatigue.



J’avais prévu pour la fin d’après-midi le film sur Orwell, unanimement salué et qui, même sans cela, me tente fortement, mais j’ai constaté en préparant les médicaments du jour que le renouvellement était plus urgent (c’est à dire nécessaire pour demain pour celui qui est sans doute le principal) et j’ai repoussé cette découverte du film de Raoul Peck à un autre jour… Cuisine vraie, déjeuner, sieston et un départ sous ce qui n’était pas vraiment de la pluie  | pour rendre inutile mon long imperméable | mes yeux et mes pensées errant, cherchant plaisir ce qui a multiplié les photos



Suis revenue avec les médicaments (ai plaidé puisque avec la difficulté des rencontres entre moi et le toubib mon ordonnance était périmée de quelques jours, mais comme j’ai rendez-vous dans dix jours… ça a été admis) et de belles serviettes en papier (en suis gourmande).

vendredi, mars 06, 2026

Charroi et images

 


Matin avec un jour de retard ai repris la bataille ordinaire avec la malaisé changement de draps (compte tenu du peu de place pour mouvoir le lit et Brigetoun et cette bien trop grande couverture à discipliner presque pour équiper mon lot d’une personne), ai enfilé trois quart bleu, enfoncé bonnet, pris canne et le sac de draps



salué en sortant les tabourets des années 30 le croisement de leurs massifs pieds que j’aime tant, et le reste de ce que propose actuellement l’antiquaire du rez-de-chaussée (dont une assez splendide forme en bois)



et m’en suis allée échanger une paire de draps sales (ou utilisés) contre une paire de draps propreset m’en suis allée échanger une paire de draps sales (ou utilisés) contre une paire de draps propreset m’en suis allée échanger une paire de draps sales (ou utilisés) contre une paire de draps propres



avec lesquels je suis rentrée vers l’antre en faisant un détour pour allonger ma marche…

Pour l’après midi, après déjeuner, sieste, un peu d’internet, un peu de lecture, pas mal de tri dans mes papiers je me suis contentée d’aller aux remparts jeter un sac d’ordures et un grand sac gonflé d’emballages et de papiers.

jeudi, mars 05, 2026

J’ai bien marché

 


Je pensais marcher fort peu parce que je me préparais à changer mes draps avec la bataille habituelle pour leur charroi et que je savais par expérience que je n’aurai ensuite, après l’aller et retour qui n’est pourtant pas si fatigant ni très long, plus envie de sortir… j’ai pioché dans le coffre les draps choisis et le sac destiné à les porter mais avant de m’y mettre, en allant tirer le lit pour préparer l’opération je me suis assise un instant devant l’ordinateur pour envoyer ma photo de fleurs rituelle (gros plan sur des tulipes rouges) et régler le son de France Culture, constatant au moment de l’envoi que la courtière avait tenu parole et que j’avais six fichiers plus ou moins importants (en tout 130 feuilles) à installer sir clé USB avec laquelle partir rue des Fournisseurs pour faire imprimer deux exemplaires du tout… me suis préparée aussi vite que possible et m’en suis allée juste avant dix heures dans les rues qui s’éveillaient.



Un moment d’émotion parce que le bonhomme n’arrivait pas à ouvrir la clé.. un soulagement quand il y est arrivée, une relativement jolie somme pour le payer et compte tenu de la masse l’ai installée dans un sac de courses avant de repartir en achetant au passage le Canard Enchaîné. Un tour rapide internet.. me suis installée pour rétablir l’ordre des feuilles un peu perturbé par la façon dont j’avais enfoncé le Canard dans le bloc, sortir une chemise pour mon dossier personnel et parapher toutes les pages (en signant et approuvant celles qui devaient porter ces mentions) que j’ai enfermées dans une grande enveloppe tout juste suffisante. Comme il était impossible de la faire entrer dans la boite aux lettres de la place, comme surtout je me doutais que les timbres dont je disposais ne suffiraient pas à payer le port, j’ai bricolé un déjeuner solide mais rapidement absorbé (il était déjà un peu plus de treize heures) me suis allongée pour une brève presque sieste 



avant de m’en aller, aux alentours de quinze heures, vers la grande poste près de la porte des remparts face à la gare - l’enveloppe ne parviendra que dans 48 heures ce qui m’ennuie mais pour qu’elle le soit jeudi il me fallait le numéro de téléphone de mon courtier que je n’avais pas pensé à noter…



Retour en faisant quelques courses… efforts pour ne pas m’endormir tout en me détendant  sans trop recourir au tabac (sourire).