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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, juillet 11, 2026

Fest 7 - le cloître et deux spectacles


 Me bousculer un peu ce vendredi matin pour pouvoir sortir bien vêtue et équipée sauf mon chapeau (ne jamais oublier d’oublier malheureusement)

vers le Cloître Saint Louis pour attendre (assise entre deux femmes d’âges différents mais également charmantes) au Café des idées à 10 heures 




Titré ce jour « Pourquoi est-il urgent de se poser les bonnes questions ? »avec comme invité, présenté par Tiago Rodrigues et Jérome Saddier (président du Crédit Coopératif), Patrick Boucheron historien et professeur au Collège de France (et j’ose le dire un de mes phares) et ce fut une heure et presque et demi d’un dire intéressant, important avec quelques petites touches d’humour et sa bonhomie habituelle… 



j’ai laissé ma place et me suis promené une seconde dans le cloître pour la partie échange avec les auditeurs 



avant de prendre le chemin du retour achetant au passage des petites serviettes, des pinces pour mes cheveux (mal choisies finalement tant pis) une chemise large et courte de gros coton blanc à broderies noires un rien trop grande même si de la taille la plus petite pour les femmes et un cookie

Vie normale, avec plus pu moins de sottises dans l’antre et sur internet (j’ai des problèmes avec l’affichage des photos sur twitter depuis ce matin) 



un thé et départ ver dix huit heures dix avec cette fois une robe au lieu de l’ensemble pantalon chemise, mon chapeau et tout le nécessaire vers le Théâtre des Halles pour voir, dans la salle du Chapitre, respectant l’horaire du billet « la prochaine fois que tu mors la poussière » de Paul Pascot d’après le roman de Panayotis Pascot publié chez Stock, interprété par Romeo Mariani et Yann Pradal (après m’être offert un délicieux jus d’orange dans le jardin et un piapia dans la file d’attente 



où on est venu me chercher pour me mettre à l’abri et m’éviter la queue (étions trois dans ce cas)… Piapia repris ma « camarade » belle et élégante dame juste un peu plus jeune venant s’asseoir à coté de moi avec laquelle avons passé en revue les spectacles vus en attendant que le spectacle commence 



Spectacle ainsi présenté sous la photo ©Paul Pascot

Paul Pascot adapte et met en scène le roman de son frère, Panayotis Pascot, faisant résonner le face-à-face, intime et universel, entre un fils et son père. Dans l’attente d’une fin annoncée, au cœur des urgences d’un hôpital hors du temps, le fils revisite leur histoire commune. Il convoque souvenirs, silences, maladresses, pudeurs, éclats d’humour, et démonte avec précision les mécanismes d’une relation empêchée. À voix haute, il cherche à comprendre ce qui se joue entre eux, ce qui s’est transmis ou tu, et comment se construit une identité. Une traversée sensible, urgente et poignante, où affleurent les vérités longtemps refoulées.

Dernière phrase qui résume tout à fait mes impressions que je crois partagée par une grande partie de la salle (les gradins étaient lent pleins



Retour dans le quasi calme et le fort reste de chaleur. Préparer ceci, 



et ressortir un peu avant 21 heures 50 pour traverser la place et aller assister (j’avais acheté un billet en partant) à « La Vague » qui se donne à 22 heures 05 au Théâtre de l’ourle de l’autre coté de la place (mais places non numérotées) spectacle d’après Ron Jones et Todd Strasser dans une adaptation et mise en scène de  Marion Conejero donné par la Compagnie les Chiens Andalous

Dans une salle de classe, un professeur d’histoire propose à ses élèves une expérience pour comprendre comment naissent les régimes autoritaires. Discipline, communauté, action : très vite, le jeu s’organise, séduit et rassemble. Mais ce qui n’était au départ qu’un simple exercice pédagogique échappe progressivement à tout contrôle. En quelques jours, la classe se transforme, les esprits s’échauffent, l’individu s’efface derrière la force du groupe et le mouvement prend une ampleur inquiétante.

Inspirée d’une histoire vraie survenue dans un lycée californien en 1967, La Vague met en lumière la mécanique implacable de l’embrigadement et la fascination qu’exercent les mouvements autoritaires, en particulier sur une jeunesse en quête de repères. Entre tension collective et basculement progressif, le spectacle révèle avec une troublante efficacité à quelle vitesse un simple jeu peut devenir une expérience dangereuse.

Dans un monde où le fascisme est de plus en plus à nos portes, La Vague nous tend un miroir dérangeant et pose une question vertigineuse : et vous, qu’auriez-vous fait ?

Alors… une leçon peut être un peu sommaire mais efficace… je crains seulement que certains pensent que des dérives moins marquées (ils en viennent à l’idée de la disparition de l’opposante) soient moins graves… et l’importance du capital qui s’allie naturellement à ces appels à l’ordre, la discipline et la « communauté » 

vendredi, juillet 10, 2026

Fest 6 - La Parabole du Seum

 


Matin réveil un rien brumeux… je me rendors et lambine assez pour ne pas aller après avoir changé mes draps ce qui me prend du temps et me lasse (configuration des lieux) à la Maison de Villar écouter de 11 heures 30 à 12 heures 30 écouter Lamine Diagne d’extraits de romans et de poésies inédites de McKay. (en rapport avec le spectacle que le Théâtre des Halles n’a pas donné pour moi seul l’autre soir deux heures avant l’horaire normal… en serai quitte pour prendre un nouveau billet dans la seconde partie du festival)

Précautions extrêmes avec carcasse, m’habituer à mes cheveux, ne rien faire de bien sérieux, ce qui m’a été facilité par le fait que Tous les théâtres de mon quartier faisaient relâche…



Partir vers 21 heures quinze vers le Cloître des Célestins



pour un spectacle choisi en avril en n’ayant d’autre précision que ce lieu tant aimé, un titre « La Parabole du Seum » et un nom : Rébecca Chaillon qui ne me disait rien (à tort, je le découvre) avec une légère crainte non exempte de curiosité (toujours agréable) en découvrant cette note qui lui est réservée sur le programme Ce spectacle contient des scènes à caractère sexuel et des récits de violences grossophobes, queerphobes, racistes, islamophobes, transphobes, sexistes et sexuelles.



Spectacle donc de Rébecca Chaillon (2 heures 30) dont, sous une des photos de Christophe Raynaud de Lage, je reprends la présentation sur le programme

Le point de départ de « La Parabole du Seum », c’est la Peur et l’obligation qu’elle provoque de s’organiser pour y survivre. Pour sa nouvelle création, la performeuse –qui a marqué l’édition 2023 avec « Carte noire nommée désir »– a souhaité rassembler des performers qui habitent quotidiennement la marge et s’emparent du futur et de ses (im)possibles. RébeccaChaillon remue le Ciel et la Terre, en passant par son territoire de la Seine-Saint-Denis, pour ouvrir de nouveaux horizons. Elle compose une œuvre à la fois astronomique et astrologique, mêlant texte, performances, images visuelles et sonores: une parabole du venin et de la colère qui cherche à susciter le rêve, le rire, l’empathie et la révolte contre le fascisme qui vient. 

Ainsi que ces passages de l’entretien donné par l’auteur qui figure sur le programme de salle

Cette pièce s’ancre dans un territoire que je connais intimement, car j’y suis née et j’y vis: la Seine-Saint-Denis. C’est un département extrêmement stigmatisé, sur lequel se projettent violences et préjugés. Dans ce conte, j’invite des personnes minorisées par leur race, leur religion, leur genre, leur orientation sexuelle, leur poids, leur état de santé, à se rassembler pour lutter contre le fascisme et l’écophagie –qui est la destruction, la dévoration de notre écosystème. Il s’agit de personnes dont on refuse qu’elles fassent communauté, tout en les isolant du reste de la société

Et plus loin, à propos de « La Parabole du Semeur » d’Octavia E.Butler  qui a été une de ses sources d’inspiration 

Au début, je me disais que ce type de littérature n’était pas pour moi. Puis, très vite, j’ai été happée. À force d’entendre dire que la fin du monde est proche, on finit par se dire que la science-fiction n’est pas si éloignée du réel. Dans La Parabole du semeur, publié en 1993, OctaviaE.Butler projette son récit en 2024, au milieu d’une société américaine en plein effondrement, minée par le changement climatique et les inégalités croissantes. Nous y suivons Lauren, 15ans, fille de prêcheur. À la recherche d’un lieu propice au refuge, elle se lance dans une traversée des États-Unis, et rencontre sur sa route de nombreux rescapés comme elle avec qui elle tente de fabriquer une communauté dont elle écrit les principes, une sorte de nouvelle Bible. Je retiens de cet ouvrage l’idée du mouvement perpétuel, de faire chemin commun guidé par la nécessité de survivre. Cette découverte de l’œuvre d’OctaviaE.Butler a été un véritable point de bascule. Elle m’a conduite à explorer plus largement la science-fiction écrite par des femmes ou personnes trans noires américaines comme N.K.Jemisin, NnediOkorafor ou RiversSolomon mais aussi par des auteurs et autrices caribéens comme KettySteward, MichaelRoch, IsisLabeau-Caberia. Et puis l’autrice MegEllison, qui dans ses nouvelles manipule la grossophobie et la S.F….

Alors beau courage des deux hommes et des femmes sur scène (rien de vraiment choquant sauf des nudités obèses, la colère oui, de l’humour, de la douleur physique morale ou sentimentale ou un mélange de cela, de la beauté aussi etc…), plutôt un mélange d’anarchie et d’une certaine sophistication qui ne rend pas toujours l’accès aisés et dans mon cas, malgré des émotions sincères et qui souvent n’était pas provoquées par ce qui était mis le plus en avant, à la longue j’ai commencé à m’ennuyer donc à avoir mal ou le contraire 



et comme est intervenue une césure pour revendiquer la lutte pour le théâtre vivant avec signature d’une pétition via un code affiché et les smartphones des spectateurs qui le désiraient  (ce que je ne pouvais bien entendu pas faire, même si vous chercher la dite pétition et voir si je peux la signer) j’en ai profité pour m’éclipser… (j'ai manqué presque 3/4 d'heure et j'en ai un peu honte)



Retour dans les rues qui vibraient pour la Coupe du monde.

jeudi, juillet 09, 2026

Fest 5 - chaleur, Villeneuve, nouvelle gueule, jardin de Mons


 Bien vérifier les horaires et durées des spectacles du jour (marre de mes erreurs) prendre billets, canne, chapeau, appareil photo, vérifier, sortir en belle fournaise vers 11 heures quinze

et franchir la porte de l’Oulle juste à temps pour voir le bus de Villeneuve en train de charger des voyageurs majoritairement festivaliers



Flâner un peu sur un trajet légèrement différent de l’aimable troupeau cultivé (j’avais fait pipais avec un couple lui debout, nous les femmes assises, pendant le trajet)  jusqu’à la Chartreuse.



J’avais un peu trop tardé et la file d’attente dans le cloître était longue… mes voisins d’arrière file insistent pour que je m’impose dans les premiers pour avoir une place avec bonne vision (ce que nous ne savions pas c’est que de toute façon le tiens était cette fois équipé d’un gradin à belle pe net assurant bonne vision)… je refuse en me disant certaine que je me débrouillerai…

en effet j’ai inauguré un strapontin au second rang, parfait (et les strapontins suivants ont fait le bonheur d’imitateurs) et nous avons attendu le début de ce spectacle auquel je tenais tout spécialement pour raison personnelle « Mon frère » spectacle de François Gremaud…



Sous la photo de Christophe Raynaud de Lage prélevée sur le site du festival je reprends la présentation 

Pour Christian Gremaud, prendre sa place dans un monde d’entendants n’a rien d’évident. Sourd, il a grandi en faisant face aux violences et aux exclusions que cela implique. Parce que son théâtre profondément corporel doit beaucoup à son frère, François Gremaud a conçu pour lui cette pièce en forme d’hommage. D’abord porté par un désir de justice, Mon Frère dépasse le témoignage pour devenir un lieu de partage, un hymne à l’égalité, une expérience mêlant poésie, humour et puissance expressive de la Langue des Signes Française. Sur un plateau dépouillé, les deux frères entrent en résistance, partageant leur amour et leur appétit de vivre. 

Ainsi que deux passages de l’entretien donné par François Gremaud et figurant sur le programme de salle

À l’origine, il y a le projet politique. Parce qu’il est Sourd de naissance, Christian a vécu une série d’expériences professionnelles extraordinairement douloureuses. Il a grandi dans un monde qui ne lui a pas laissé la place qu’il méritait. C’est d’autant plus violent qu’il est très engagé politiquement dans la défense de sa communauté…. 

Au départ, je pensais raconter son histoire et celle de la LSF, avec leurs lots de discriminations. Au fil de l’eau, je me suis mis à écrire une troisième histoire qui est celle de ce spectacle, à œuvrer pour une égalité réelle en essayant d’éviter le regard de l’entendant «majoritaire»sur le Sourd. Mon Frère est le fruit d’une expérience qui conjugue poésie, humour et puissance expressive de la LSF et s’adresse à la fois aux Sourds et aux entendants.



Alors bien entendu la raison de mon tout particulier intérêt pour ce spectacle (ma famiglia et petite soeur bien aimée) ne correspond pas complètement à l’histoire des deux frères mais j’ai retrouvé la force; l’humour, les peines , la joie et l’amour. 



Ce qui m’a fait partir, me laissant quelques minutes pour sortir de cet état, un peu en retard sur les plus fringants et marcher seule, avançant en peinant dans la fournaise qui se faisait terrible, cherchant sans succès si un des restaurants de Villeneuve proposait quelque chose me convenant, penchée en avant avec l’impression de devoir fracturer la tôle surchauffée qu’était l’air… Partagé en riant avec une contemporaine un siège… vérifié l’heure du rendez-vous avec la coiffeuse… perdu du temps pour le déjeuner… 



le finir en me pressant juste à temps pour être à seize heures trente chez elle et me laisser persuader de couper radicalement ma toison (pas certaine d’avoir eu raison mais ma foi c’est fait… Vais bouffer mes cheveux)

Retour dans l’antre, préparer ceci, vaquer doucement, boire verre d’eau sur verre d’eau



Partir à neuf heures et demi vers le Jardin de Mons pour assister au spectacle de Gwenaël Morin (une des raisons de mon attente parce que bon souvenir) « Le deuil sied à Electre d’après Eugène O’Neill (3 heures 30)



Sous une des photos de Christophe Raynaud de Lage je recopie la présentation que donne le programme

Passionné par la figure d’Électre, Gwenaël Morin a choisi la pièce homonyme d’Eugene O'Neill pour clore son cycle avignonnais “Démonter les remparts pour finir le pont”. Dans Le deuil sied à Électre, le dramaturge américain reprend le mythe des Atrides – du meurtre d’Agamemnon à la vengeance d’Oreste – en le transposant aux États-Unis, au sortir de la Guerre de Sécession, dans un monde qui contient en germe l’Amérique actuelle. Gwenaël Morin avoue avoir toujours été fasciné par les scènes de crise – ce moment où le drame bascule. Trouvant chez O’Neill de quoi étancher sa soif, il se jette à corps perdu dans cet univers, dont l’architecture fragile et virtuose repose sur la psychologie des personnages. Jouant de la proximité anglaise entre les mots mourning (deuil) et morning (matin), le metteur en scène s’interroge sur le deuil et sur la promesse secrète qu’il recèle d’une aube à venir.

Ainsi que des passages de l’entretien donné par Morin figurant sur le programme de salle

J’avais le projet de mettre en scène la tragédie d’Électre dans les versions d’Eschyle, Sophocle et Euripide, car il se trouve que le mythe traverse les œuvres de ces trois dramaturges. D’une certaine façon, je voulais les mettre en concurrence, étant entendu que ces auteurs se sont souvent retrouvés en situation de concours à leur époque, mais le projet a dérivé progressivement et m’a amené vers ce texte pour lequel j’ai eu un coup de foudre et –chose rare– j’ai décidé de m’y fier…

Il transpose le mythe au sortir de la guerre de Sécession, dans le contexte de l’abolition de l’esclavage qui va devenir un événement fondateur de ce que sont les États-Unis aujourd’hui. Vous savez, quand Trump a été réélu, certains commentateurs y ont vu un backlash consécutif à la lutte pour les droits des minorités: cette idée selon laquelle on paierait pour être allé trop loin dans le progressisme. C’est bien sûr totalement absurde mais l’histoire de ce pays se nourrit de cet imaginaire, de luttes pour les droits suivies de réactions violentes. O’Neill écrit en 1931: c’est une quinzaine d’années après Naissance d’une nation, ce film dystopique et suprémaciste qui revient sur la guerre de Sécession en présentant les personnes esclavagisées comme une horde sauvage et le Ku Klux Klan comme une armée de libération christique du pays. 

Une place pas si mauvaise… une ambiance  : troupe, ouvreurs et ouvreuses, public, agréable… Et cette façon qu’a Gwenaël Morin de demander aux acteurs (qui de toutes façons restent toujours plus ou moins en vie même quand ils ne sont pas dans l’action, de rester plantés et de dire le texte avec un soin d’exactitude si apparent qu’u début ils semblent jouer faux et qu’une fois que nous sommes bien surs d’être devant des acteurs jouant des personnages que nous apprenons à connaitre, l’incarnation se fait peu à peu… leur jeu s’assouplissant - jusqu’à ces moments où des rires complices nous viennent…



Bon il était temps que les trois heures et plus s’achèvent parce que mon attention était là mais la courbure vers l’avant de ma nuque également.