La température maximale de ce jeudi était inférieure de un degré à la moyenne pour ce jour en Avignon, et la minimale supérieure de trois degrés… j’ai constaté que nous étions sortis de la canicule, ai constaté aussi que j’avais à nouveau perdu deux cents grammes et décidé que devais vraiment insister sur mes efforts pour engraisser. J’ai humecté les plantes, donné un coup de balai rapide à la cour, me suis douchée, ai enfilé un jean de femme qui me rappelait mon poids en menaçant de me quitter, mis un tee shirt de gros coton, bataillé pour changer mes draps, pris un quart d’heure de repos, ai décidé que j’étais en forme, ai coiffé tignasse, ai enfoncé chapeau, ai enfilé veste de toile, ai mis mon appareil photo dans sa poche, ai pendu à mon épaule le sac contenant les draps sales et une robe blanche à petites fleurs, pris ma canne, suis sortie
et je suis partie vers la blanchisserie/teinturerie d’un pas qui se voulait conquérant. En fait mes jambes avaient des idées d’indépendance que j’ai calmées peu à peu à l’aide de ma canne et un petit vent jouait à tenter d’arracher mon chapeau.
Je suis ressortie de la boutique avec deux draps propres dans mon sac. Je suis rentrée par le bout de la rue des Fourbisseurs et la rue des Marchands en m’arrêtant au magasin U pour acheter des crevettes, un plat roboratif de linguines et bouts de poulet grillés en sauce tomate aux herbes et un cookie passable… continuant par la rue Saint Agricol jusqu’à descendre vers l’antre.
Un peu d’internet, une bonne sieste. J’ai repris les poètes de la Méditerranée. J’ai lu les Maghrébins en cherchant le mot pluie que je n’ai trouvé qu’en Tunisie chez
Mohammed al-Sghaier Ouled Ahmed
… J’ai maintenant à reprendre mes larmes
Du fleuve
De la mer
De sa joue
Des trente années passées sans joie
De l’épi humide
Je n’ai pas de problème
Les cieux
S’ils sont sept
Ou s’ils sont cinq
La pluie viendra…
et en Algérie chez
Rabia Djelti
… De l’exil de la tendresse et de la détresse nous revenons
Ô Oran !
Des sanglots des blessures
Et des éclairs de balles
De l’apogée du ciel et des débarcadères surchargés
Sans trêve
Les palmiers de la mer sont à nous
Les bergères de basilic sont à nous
Les chevaux de l’orage sont revenus
Et nous sommes de retour…
Selles ouvragée
Pluie lactée et rivières dorées
Instants d’éclairage et d’allégresse
Edelweiss enneigé
Chefs-d-oeuvre de légendes
Baisers de chanson…
J’ai continué et comme en Tunisie et en Algérie j’ai, au Maroc, parcouru les poèmes et textes écrits en français ou traduits mais sans rencontrer le mot pluie et je me suis arrêtée au détroit face à la rive nord et à la péninsule ibérique.






















































