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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

jeudi, juillet 30, 2026

Je vais faire une pause

 


J’ai constaté matin que j’avais presque rattrapé le poids perdu pendant le festival, mais ne me sentais pas encore au mieux de ma forme et comme je l’avais décidé j’ai remis à jeudi matin le changement et charroi des draps. Ai mis un pantalon rayé bleu et blanc, un tee-shirt bleu, enfoncé mon chapeau



et m’en suis allée vers Monoprix...



J'en suis revenue une heure et demi plus tard avec les blocs notes prévus, deux petites salades, un cookie, la satisfaction d’avoir résisté à des tentations au rayon solde et la certitude après un moment désagréable que je devais fermer Paumée et n’avoir au mieux sur internet si e c!de à la tentation d’y passer qu’une présence muette pour une quinzaine de jours le temps d’une pause. Recharger batterie.

mercredi, juillet 29, 2026

Mardi paresseux

 


J’ai démarré un peu trop tôt ma journée parce que carcasse en avait décidé ainsi et que je ne voulais risquer de me rendormir trop longtemps pour que carcasse et l’antre soit prêts pour l’arrivée du maçon prévue pour neuf heures et demi… heure à laquelle la sonnette a retenti chez moi et chez mon voisin, le postier se mélangeant les doigts, et où j’ai attendu en haut des marches que plusieurs enveloppes me parviennent avec un paquet contenant le livre que Giovanni Merloni m’avait annoncé, son roman français comme il le nomme, « Petit océan tranquille dont j’ai feuilleté quelque pages et lu les premières

Ça y est, on nous a rejetés ! Le projet de pont sur la Garonne entre les Quinconces et le quai des Queyries, à la Bastide, dont nous sommes les concepteurs Gérard Arago et moi, a été refusé. Cela s’est passé hier dans la matinée au terme d’une interminable discussion auprès de la mairie, qui a pris l’allure d’une séance d’examen, à cause de l’attitude on ne peut plus hostile de Bruno Lagarde. Ce professeur émérite des Arts et Métiers a d’ailleurs profité de l’absence du rapporteur, Louis Lassalle, son collègue l’Ecole des beaux-arts. Après cela, j’éprouve un étrange sentiment de soulagement, se mêlant par à-coups à la gêne de l’échec et du temps perdu… »

avant que le maçon arrive vers onze heures… s’active à donner la dernière couche et reparte avec le pot de produit et ses outils, laissant ce qui était souillé dans ma poubelle, me laissant la consigne d’attendre vendredi pour mettre les pieds sur la surface mais me laissant aussi le bac et ses poussières de plâtre et plantes sèches (avec la promesse très vite énoncé de venir l’installer dans la cour devenue plus solide dans une quinzaine de jours) et me laissant, ce que je n’ai constaté qu’après coup, les volets grands ouverts… J’ai travaillé avec le manche de mon balai pendant une bonne dizaine de minutes à en refermer un mais ce triomphe ne s’est reproduit pour l’autre que quand j’ai mis le bout de mon soulier sur la surface molle y laissant une minuscule trace (ce que j’assume, et zut)… je peux donc les entrebâiller pour éviter de laisser la calor s’inviter à l'intérieur. 



Un déjeuner tranquille, une courte sieste, je suis sortie pour jeter la poubelle aux remparts vers seize heures avant de partir à Monoprix pour refaire provision de blocs à petits carreaux… mais le ciel bleu mort, la lumière tuée par la chaleur, le souvenir de ma fatigue et l’envie de me conter m’a fait en rester à l’achat d’un cookie chez La Tropéziennne et un tour du pâté maisons (alors que j’étais sans aucun doute capa le de davantage)… Le livre de Giovanni Merloni a pris place dans la pile à lire et je vais reprendre ce soir Lucrèce que j’ai quitté cette nuit un peu après cette sage réflexion (sourire) 

« Quant aux Centaures, ils ne vécurent jamais, et ne peuvent jamais vivre. Il est impossible que cette double nature, ce double corps, et cet assemblage de membres hétérogènes qui combinent leur double puissance, demeurent en équilibre. Voici de quoi convaincre les plus épaisses intelligences. 

Trois ans à peine révolus, le cheval impétueux est dans toute sa fleur ; mais non pas l’enfant : à cet âge, que de fois il cherche encore dans ses rêves les mamelles gonflées de lait ! Puis, sitôt que le cheval, au bout de ses forces, au déclin de ses années, voit défaillir ses membres languissants que la vie abandonne, alors seulement l’enfance fleurit aux approches de sa jeunesse, et un tendre duvet ombrage ses joues. Ne va donc pas croire qu’un homme mêlé à la semence du cheval robuste puisse engendrer un Centaure capable de vivre,  ou des Scylles au corps à demi marin, entourés de chiens furieux, et tous les monstres pareils, dont les membres offrent une discorde si éclatante. Car ils ne gagnent ensemble ni la fleur des ans, ni la cime des forces, ni le terme de la vieillesse ; la même Vénus ne les embrase pas : leurs habitudes diffèrent[…] »

mardi, juillet 28, 2026

Avignon lundi matin

 


Comme je n’avais pas de nouvelles du maçon, je lui ai laissé un message lui demandant de me faire part si possible la veille de ses prochains passages, j’ai jeté un regard navré sur le bac, les  gravas, les outils, le bidon de revêtement et autres bidules dans ma cuisine, j’ai enfoncé mon chapeau sur mon crâne, pris ma canne et m’en suis allée,



vers le Carrefour de la place St Jean le Vieux pour changer un peu (blinis à défaut de pain grillé, confiture corse de cerise noire et café)



et suis revenue en passant par la place de l’horloge pour des petits cigares et des mentos (le tube qui était dans mon sac a fondu allègrement sous l’orage), La Tropézienne (un cookie), Subito (tomates farcies et riz)… Puis je me suis appliquée à me faire vie douce. Intéressant n’est-il pas ? Les cantonniers s’activent à nettoyer la ville (les ai salués, ai évité de les photographier)

lundi, juillet 27, 2026

Avignon après le festival et l’orage

 


Après la douche, après le lavage des cheveux, après un solide déjeuner et une sieste que je pensais aussi longue que profonde, j’ai endossé une vieille robe sortable, enfoncé mon chapeau et je suis sortie (encore une bêtise mais c’était aussi bien) vers quatorze heures 30 croyant avoir lu seize heures 30



pour marcher dans Avignon en grande partie débarrassé des traces du festival et de l’orage (je pense en ce qui me concerne que je ne récupérerai pas mes chaussures toujours gorgées d’eau ce soir et j’ai essuyé mes billets et porte-cartes) et accessoirement renouveler mes provisions (oubliant pain et cigarillos pour l’après-mardi ce qui n’est vraiment pas tragique n’est-il pas) et j’ai repris ma douce paresse avec un cocktail Homère via France Culture et des mots codés… Envie de délaisser Lucrèce ce soir pour un picorage dans l’Iliade. 

dimanche, juillet 26, 2026

Fest 23 - dernier jour et tentatives

 


Le maçon est arrivé avec un peu plus de trois-quart d’heure de retard, juste de quoi faire remonter ma tension (avec la crainte de mettre à mal la courte robe doublée de coton rayée bleu et blanc que je ne mets qu’une fois chaque année, incapable que je suis de repasser sa forme baroque au moment où je me souvenais de la menace de pluie trop tard pour que je puisse me changer). Il est intervenu avec zèle, m’a expliqué que je ne devais pas mettre un pied dans la cour pendant une dizaine de jours et qu’il reviendrait trois ou quatre fois, ce qui a transformé la tension en désespoir muet avant de me libérer trois quart d’heure avant le début des deux pièces tant désirées du dernier programme de Vive le sujet! Au Jardin de la Vierge, boulevard des Lices… J’ai enfilé sur ma robe le court bidule imperméable kaki, tenté de mettre de l’ordre dans mes cheveux de plus en plus sales et indociles et m’en suis allée, avec une allure absolument formidable (bon en temps de festival on en a vu d’autre) et grimaçant des mon effort



me persuadant que le plaisir attendu donnait à mon pas la fermeté allègre qu’il n’avait pas.



Je suis arrivée au Jardin de la Vierge un quart d’heure avant le début de la représentation juste à temps pour voir un garçon (très gentil au demeurant) en sortir et la fermer en m’expliquant avec fermeté qu’à cause du risque de pluie ils avaient décidé de commencer une demi-heure en avance… que la première pièce, celle de Laura Vasquez, était en cours et que donc il était hors de question de me laisser entrer ce que j’ai reconnu (même si j’étais moins d’accord sur la décision d’anticiper). Pour la forme je vous mets les photos préparées en les empruntant au site du Festival et la courte description qui les accompagne (me donner fugitivement l’impression que je ne vais pas en rester à un billet à jeter)



« Premier millimètre » de Laura Vazquez 

Laura Vazquez fait une lecture performance. C’est une lecture de la langue en vie dans le corps, la voix, l’espace. La poète russe Marina Tsvetaïeva écrit: «La poésie est le premier millimètre d’air au-dessus de la terre.» La parole dans et avec ce premier millimètre n’a rien d’inoffensif, n’a rien de faux, n’a rien de mort. 


 

« La pensée continuera de danser » de MazelFreten

Le duo MazelFreten allie danse et philosophie pour imaginer une forme singulière, conçue avec le philosophe et essayiste Emmanuel Leclercq. Sans chercher à expliquer le geste chorégraphique, cette pièce en révèle les résonances et prolonge leur recherche d’une danse incarnée, profonde et accessible, où le corps devient un lieu de pensée et la scène un espace de fête, de jeu et de rêve. Là où le mouvement lui-même devient une forme d’espoir.



Et je m’en suis revenue vers l’antre, avec  un détour par la rue Bonnetterie et la rue d’Amphoux pour renifler un peu de festival,  par les halles (où ne suis pas entrée, je n’avais rien pour porter d’éventuels achats) me contentant de deux photos dans le tout petit étalage installé malgré la pluie sous l'auvent pour ma provision de photos de fleurs, par le Vieux Sextier etc… ne rencontrant que quelques gouttes de pluie

J’ai enfilé mon actuelle tenue pour trainer : vieux short et tee-shirt, fait un petit tour sur internet, préparé et avalé (en entendant quelques passages d’orages) un robuste déjeuner et me suis endormie pour une longue sieste, d’où j’ai émergé vers seize heures à temps pour me préparer à partir vers l’Isle80 et « Le Cahier d’un retour au pays natal » d’André Césaire lu par Joël Lokossou et là, honte à moi, alors que l’air était à ce moment sec et frais (sous un ciel couvert) je me suis sentie si crevée, loque sans réaction que j’ai abandonné, suis restée dans l’antre où je vis dans les gravats et les trainées laissées par l’ouvrier (voyant s’éloigner de plus en plus le temps des lessives et repassages, pas faciles à négocier avec ses passages) ne gardant de mon projet du jour que « Le Pas du Monde » dans la Cour d’honneur

J"ai donc remis ma robe, enfilé par prudence le bidule kaki contre la pluie, pis mon sac et ma canne et suis sortie, écoutant le bruit du tonnerre pour assister dans la cour d'honneur à l'heure du spectacle du Collectif XY "Le Pas du monde"



Photo prélevé sur le site, et la présentation du spectacle 

S’adaptant aux dimensions de la Cour d’honneur, le Collectif XY réunit vingt-deux artistes qui interrogent notre rapport au vivant, révélant nos fragilités, mais aussi tout ce qui nous relie. Depuis une vingtaine d’années, ce collectif appréhende les portés acrobatiques dont il s’est fait une spécialité, comme un langage à part entière pour créer une forme unique de poésie aérienne. Pyramides humaines pour figurer les montagnes qui s’érodent, colonnes vacillantes rappelant le souffle du vent dans les arbres, effondrements évoquant la fonte des glaciers... Les mouvements s’enchaînent à toute vitesse avec une virtuosité devenue leur marque de fabrique, composant et décomposant un paysage en perpétuelle évolution. Les chants chorals dont ils et elles se sont emparées pour cette création rejoignent la vibration des corps pour nous placer en résonance avec la nature. 



Je garde ce qui précède et qui était préparé sous réserve de modifications mais… suis donc sortie avec robe et bidule kaki pour découvrir a) que l’orage n’attendait que cela pour s’abattre en violents torrents d’eau et b) que le bidule kaki ne semblait pas vraiment étanche, en fait si peu qu’en arrivant rue Molière il s’était mué en un fin linceul collé à ma robe et ma peau… Ai attendu avec gestes personnes sous l’abri léger d’une banne du grand hôtel et comme il semblait que cela faiblissait suis allée au renseignement et revenue avec un « c’est maintenu »… discutant avec un responsable j’ai appris qu’en fait on attendait une petite demi-heure le retour au sec, puis qu’il faudrait assurer la sécheresse du plateau (pour les voltiges cela semblait indiqué) que je disposais donc de trois quart d’heure pour rentrer chez moi et me changer;… seulement voilà retournée dans l’antre, m’étant extirpée des tissus trempés, ayant enlevé mes chaussures, m’étant bouchonné, ayant séché mes cheveux… ben je n’ai plus eu le courage d’enfiler des bidules secs, de changer de chaussures, de repartir en galopant…et suis reste minablement dans l’antre laissant le reste du public se réjouir de la grâce légère de ces voltiges… Je ne mérite pas le festival…