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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

dimanche, septembre 13, 2026

Le rite du samedi et des vers


Minimales et maximales des températures en petite hausse sur la moyenne pour cette date en Avignon et cent grammes reperdus par carcasse… je suis sortie pieds nus et avec un petit châle tricoté sur ma chemise de nuit pour humecter les plantes de la cour, ai salué amis et autres sur tweeter, lu quelques billets sur la toile, parcouru le Monde (surtout les titres) tout en petit déjeunant, ai fait mon lit, ai fait une petite lessive, me suis douchée, me suis vêtue : pantalon de lin beige chandail de coton blanc,  et veste en épais coton grège façonné, ai fait un dernier tour sur internet, ai mis mon appareil photo dans une poche de la veste, ai enfoncé chapeau sur cheveux coiffés à la va comme puis et avec ma canne, mon sac de paille et cuir en bandoulière et accroché à mon épaule à toutes fins utiles le sac de coton fleuri de Leonard contenant le petit filet blanc et bleu et suis sortie.



J’ai pris le chemin de la rue Carnot, piapiatant un instant avec la responsable de la boutique Cotelac qui me prétendait belle (sourire ironique) et pas uniquement grâce à la veste venant de chez eux.



Le marché atteint j’ai continué le long des étals qui se raréfient jusqu’à la place des Carmes… 



J’ai pris trois photos de fleurs un peu à la volée



et je suis revenue, selon ma coutume vers les Halles en achetant au passage pour ce samedi et dimanche à la marchande des meilleurs (à mon avis) un cookie à la pistache et un cookie au citron avec une grosse pastille de chocolat.




J’ai pris trois nouvelles photos de fleurs sous le mur végétal avant de traverser les Halles d’où je suis sortie avec des nouilles sautées et du poulet thaï (un peu trop fortement épicé), des filets de merlan et chez l’italien deux gratins de courgettes, un peu de salade de pâtes au basilic et des lasagnes « végétales ».



Le tout bien réparti dans le sac Leonard maintenant bien rempli je suis rentrée vers l’antre. Internet, déjeuner, sieste et avant de rédiger (un bien grand mot) ce qui précède et de boire une tisane de l’après midi avec cookie j’ai repris les poètes de la Méditerranée et les Espagnols (je copie des bribes de poèmes aussi brèves que elle peux pour éviter que ce billet prenne une longueur honteusement démesurée)


Antonio Gamoneda


Ta voix en dattes sanglantes surgit des substances éparses sur la mer


et son métal vole en cercles, vole avec des ailes vénéneuses sur ce corps doré déjà, aveugle déjà dans des fruits trop sucrés…


Francisco Brines


C’est l’heure du retour des choses

où la mer et la campagne se couvrent d’une ombre lente

et les temples s’évanouissent, troubles, dans l’espace.

Sur cette ile mystérieuse, mon pas tremble.


Leopoldo Maria Panero


Et j’ai trouvé une femme en face de moi,

et je lui ai dit : je n’ai pas de poils,

je suis un poisson. Et elle m’a dit :

tu connaitras la mer, cette vaste tombe

où nage le Kraken

où s’égarent les bateaux.

Et c’était comme découvrir, sur un bateau la nuit

à la lumière des étoiles

que l’on étreint le diable,

Cette femme, cette aumône

Que lui seul peut m’offrir…


Jaime Siles


Aiguilles plantées

— coeur de l’après-midi —

Il souffle un vent très las,

extase de quatre heures ;

août endormi.

Toute une mer s’égrène :

sans vagues, sans nul sens.

Plage de Dieu

qui dans l’air poursuivi

vainc sur le sable,

un cheval d’or, 

d’agreste azur, d’oubli.


Luis Antonio de Villena


Je jouirai de ta peau brune, et du vent obscur,

de ton duvet blond. Le matin nous irons

À la mer, nous chercherons des coquillages et des galets,

Et quand sortant de l’eau nous serons las,

nous mangerons couchés des raisins et la pulpe carmin de la pastèque. Parmi l’éclat du soleil,

je promènerai ma main sur l’eau délicieuse

de tes jambes...


Blanca Andrea


Mer tu es une rose

tu es la rose verte.


Le vent nous pousse comme des nuages

comme des nuages véloces

sur toi

et nous enivre

de pétales de sel

de parfums argentés. 

samedi, septembre 12, 2026

Ce vendredi

 


Ce vendredi la température maximale avait un peu augmenté, la température minimale, avait un peu diminué et j’avais regagné cent grammes. J’ai balayé la cour, humecté les plantes, me suis douchée, ai fait une petite lessive, coiffé avec un résultat juste un peu moins satisfaisant que la veille, coincé mes cheveux sous le chapeau, mis appareil photo dans la poche de ma veste, suis sortie 



et j’ai pris, mes jambes toujours légèrement indociles et le petit vent jouant encore un peu avec mon chapeau, par des rues sans grande animation, le chemin du Carrefour de la République 




d’où je suis revenue, achetant au passage un cookie chez La Tropézienne, dans l’antre. Des tweets de Dominique Hasselmann (entre autre le lien menant vers la reprise rituelle d’un texte de François Bon) et la radio m’ayant rappelé (honte à moi) le 11 septembre 2001… avec instantanément une pensée au New York et aux USA de Trump, j’ai non moins rituellement pensé au Santiago du 11 septembre 1973 mais (honte à moi de nouveau) j’ai du faire appel à Google pour savoir ce qu’est le gouvernement élu au début de cette année par le Chili puis pour découvrir ce qui se cache sous le nom de Jose Antonio Kast et sous le sigle de son parti (PR Partido Republicano soit extrême droite populiste et conservatrice). Je me suis confirmé que nos temps pour être moins violemment tragiques ne valent guère mieux. 

Après un bon déjeuner bien fortifiant, après une bonne sieste, j’ai repris, encore et encore, le même recueil de poètes de la Méditerranée et entrepris de reprendre le tour de notre mer depuis sa rive nord mais en retenant pour chaque poète quelques vers avec le mot « mer » (ma pêche sera plus facile et abondante) en commençant par le Portugal (qui bien entendu est compris dans le recueil même si en fait ses côtes sont presque totalement baignées par l’Atlantique)


Antonio Ramos Rosa


… quand les drapeaux s’inclinent

quand les hommes se taisent

quand l’esprit se meut lentement dans le silence

quand la mer et le soleil se conjuguent dans la nuit

à travers les timbres qui respirent

quand la lumière efface en toi

la dernière lueur du jour

et que tu entres dans le silence de la nuit

avec le soleil sous les eaux

dans le silence de la nuit.


Casimiro de Brito


Je m’assieds  au bord de la ville et j’entends

La rumeur du sang l’érosion de l’argile 

Comme si tout ce mystère n’était rien d’autre que

La mer

Devant mon corps assis

La musique la lumière matérielle

où tout est moi où tout m’est donné 

Et rigoureusement refusé…


Castão Cruz


La mer où ton corps

reposait

comme si chaque vague édifiait


une grotte protectrice

est un champ relu Voilà ce qui reste

semblable au silence


Des corridors

me mènent à un autre temps parcourant

l’océan des lieux


Nuno Judice


…Et quand ces navires arrivent, les voiles gonflées

comme les ailes d’une migration d’oiseaux aveugles, je les célèbre, corbeaux échoués dans une hémoptysie de pétales, vomissant des coquilles, tandis que tu m’entraînes

vers la tempête du lit défait, où les marins

ont laissé les empreintes de minuit, et nous embarquons, sachant qu’aucun port n’offrira d’escale pour souffler les bougies de qui n’a jamais fêté d’anniversaire, maintenant

qu’une navigation de draps démontés agite la coque,

et tu m’ouvres l’écoutille sur tous les corps immergés dans cette mer, sur lesquels plane un oeil de libellules d’albâtre suspendues au cou d’une déesse… 


Ana Paula Inãcio


que fait la femme de dix-sept ans

dans une maison de campagne

le dos tourné à la mer

là où la nuit tombe la pluie

sinon de considérer de bon matin cette pellicule 

comme une photographie

non révélée 

de sa vie

vendredi, septembre 11, 2026

Charroi et quelques vers

 


La température maximale de ce jeudi était inférieure de un degré à la moyenne pour ce jour en Avignon, et la minimale supérieure de trois degrés… j’ai constaté que nous étions sortis de la canicule, ai constaté aussi que j’avais à nouveau perdu deux cents grammes et décidé que devais vraiment insister sur mes efforts pour engraisser. J’ai humecté les plantes, donné un coup de balai rapide à la cour, me suis douchée, ai enfilé un jean de femme qui me rappelait mon poids en menaçant de me quitter, mis un tee shirt de gros coton, bataillé pour changer mes draps, pris un quart d’heure de repos, ai décidé que j’étais en forme, ai coiffé tignasse, ai enfoncé chapeau, ai enfilé veste de toile, ai mis mon appareil photo dans sa poche, ai pendu à mon épaule le sac contenant les draps sales et une robe blanche à petites fleurs, pris ma canne, suis sortie



et je suis partie vers la blanchisserie/teinturerie d’un pas qui se voulait conquérant. En fait mes jambes avaient des idées d’indépendance que j’ai calmées peu à peu à l’aide de ma canne et un petit vent jouait à tenter d’arracher mon chapeau.



Je suis ressortie de la boutique avec deux draps propres dans mon sac. Je suis rentrée par le bout de la rue des Fourbisseurs et la rue des Marchands en m’arrêtant au magasin U pour acheter des crevettes, un plat roboratif de linguines et bouts de poulet grillés en sauce tomate aux herbes et un cookie passable… continuant par la rue Saint Agricol jusqu’à descendre vers l’antre.

Un peu d’internet, une bonne sieste. J’ai repris les poètes de la Méditerranée. J’ai lu les Maghrébins en cherchant le mot pluie que je n’ai trouvé qu’en Tunisie chez


Mohammed al-Sghaier Ouled Ahmed



J’ai maintenant à reprendre mes larmes

Du fleuve

De la mer

De sa joue

Des trente années passées sans joie

De l’épi humide


Je n’ai pas de problème

 

Les cieux 

S’ils sont sept

Ou s’ils sont cinq

La pluie viendra…


et en Algérie chez


Rabia Djelti


De  l’exil de la tendresse et de la détresse nous revenons

Ô Oran !

Des sanglots des blessures

Et des éclairs de balles

De l’apogée du ciel et des débarcadères surchargés

Sans trêve

Les palmiers de la mer sont à nous

Les bergères de basilic sont à nous

Les chevaux de l’orage sont revenus

Et nous sommes de retour…

Selles ouvragée

Pluie lactée et rivières dorées

Instants d’éclairage et d’allégresse

Edelweiss enneigé

Chefs-d-oeuvre de légendes

Baisers de chanson…


J’ai continué et comme en Tunisie et en Algérie j’ai, au Maroc, parcouru les poèmes et textes écrits en français ou traduits mais sans rencontrer le mot pluie et je me suis arrêtée au détroit face à la rive nord et à la péninsule ibérique.