La température a légèrement baissé mais pas tant (maximale 33°, minimale 20° et Météo France a décrété vers seize heures un passage de pluie en début de nuit) mais ma fatigue est là qui s’ajoute à l’ancienne et j’ai constaté ce mardi matin que j’avais à nouveau perdu trois cents grammes… j’ai arrosé/humecté les plantes de la cour, l'ai débarrassée de quelques feuilles et plumes, me suis douchée, habillée (jean et nouvelle chemise), j’ai enfoncé mon chapeau, j’ai pris un tout petit sac contenant pots d’asperges, confitures, miel et ramequins) et m’en suis allée les jeter aux remparts
avant de continuer vers le Carrefour de la rue de la République (en retrouvant la jumelle familière de la plongeuse qui vient de s'installer au coin de ma place), avec une longue liste d’emplettes, si longue qu’en circulant dans les rayons je l’ai un peu élaguée malgré quoi j’ai du renoncer à mon petit sac pliant et poser mes achats dans un grand sac en papier quasiment plein
avec lequel j’ai regagné lentement l’antre avec quelques arrêts pour me reposer et pour acheter un cookie et des cigarillos. Un déjeuner absorbé avec conscience et entêtement, un peintre de ménage mais pas de repassage. J’ai repris les poètes de la Méditerranée mais mon lent survol n’a pas trouvé le mot pluie chez les Chypriotes, et pour la Turquie uniquement ceci chez
Ozdemir Ince
Mots dérobés à ma chair ;
sourciers, faiseurs de pluie,
derviches conquérants du désert.
Mots arrachés à ma chair,
fortifiez et multipliez-vous,
devenez eau pour la mer et glèbe pour la terre.
Mots empruntés à ma chair,
cape transparente qui dissimule mon corps,
devin, acrobate et bourreau.
Je n’ai rien trouvé (plus précisément pas le mot « pluie ») pour la Syrie, et pour le Liban uniquement dans ce poème écrit directement en français de
Salah Stétié
Pour toi
par-delà ton passé qui commence
et l’avenir est déjà dans les rues
par-delà la distance qui figure
une fille que sa beauté rend folle
pleine de miroirs et de bras
par-delà l’aube vierge et mère
et les feuilles
par-delà les ombres de midi
qui rendent le jour orphelin
par-delà les cercles dans l’eau
d’une larme lentement détachée
par-delà les ailes violets
pleins d’intimités de colombes
par-delà les biches de la pluie
par-delà le blé du ciel bleu…
Je n’ai rien trouvé pour Israël (même si j’ai trouvé de la neige) et je me suis arrêtée au seuil s’il y en a un de la Palestine.





















































