commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

vendredi, octobre 09, 2026

Orages, charroi, un Italien

 


En début de nuit pendant près d’une heure un orage plus proche, plus fort que n’en avais souvenir, l’impression de m’emplir d’une odeur de souffre, de voir les lampes faseiller comme un foc arraché, de n’avoir pas le temps de redescendre de mes sursauts en entendant un nouveau fracas… une accalmie me permettant de dîner un peu après minuit et au moment où je me détendais, ayant dîné, m’étant couchée, m’étant dé-pelotonnée, un retour de l’orage et dans la déroute de mon crâne une idée : le plomb est conducteur ; je me suis levée, j’ai ouvert la fenêtre de ma chambre, bataillé pour récupérer mes plombs (un de mes rares souvenirs, déformés, abîmés, tordus et maintenant très poussiéreux d’une époque heureuse) que l’ouvrier avait coincé entre grille et bois, de les transporter, d’ouvrir les volets sur la nuit où la pluie venait de cesser et d’aller en pieds nus pataugeant dans le lac-cour les appuyer au mur mitoyen, avant de me frotter énergiquement les mains au savon de Marseille en me répétant « c’est un poison »… Réveil au matin qui selon la Météo devait être pluvieux avant une journée de pluie fine obstinée… Un bon café et le retour d’un peu de raison, un salut souriant aux plombs nettoyés, un petit coup à la cour, la douche, le changement très lent des draps parce que je voulais faire correctement mon lit et que j’étais crevée, un morceau de chocolat sucé en massant mes jambes… j’ai enfilé ma grande veste en jean,, mis l’appareil photo dans ma poche, enfoncé mes cheveux dans le chapeau de pluie, hissé sur mon épaule le sac contenant draps sales et la robe rayée bleu et blanche si travaillée que ne saurais la repasser (et que le teinturier n’arrive que presque à lui restituer sa forme) suis sortie dans la rue bien fraiche



et, avançant jambes raides sur le sol presque sec où subsistait des petites mares, suis allée chez le teinturier, 



achetant en rentrant avec la paire de draps propres deux pots de confiture (melon de Cavaillon à l’orange et pastèque!que au citron, mes préférées) aux « Délices du Lubéron » et pour mon déjeuner (flemme et besoin de regagner les 36 kilos) un gratin dauphinois et des acras chez Subito… 

Dans la paresse vague de mon après-midi j'ai repris les Poètes de la Méditerranée et me suis arrêtée chez un grand Italien, Eduardo Sanguinetti


où sont passés les vikings et les aztèques,

les hommes et les femmes de Cro-Magnon?

où sont passés les anciennes et les nouvelles Atlantides,

la Grande Porte et l’Armée invincible,

la Loi Salique et les Livres Sibyllins,

Pépin le Bref et Ivan le Terrible ?

Tout est tombé en ruine et en lambeaux, là,

dans les molles mâchoires du temps ;

Ici, s’il est une chose à laquelle une guerre ne pense pas,

il est une autre guerre qui tient prêt le remède…


…

Où êtes vous, guerres de pourceaux et de roses,

guerres de sécession et de successions ?

dîtes, où êtes-vous, guerres de cent ans,

de six jours et de sept semaines,

vous, grandes guerres long éclair sans fin ?

Vous êtes tombées en ruine et en lambeaux, là,

dans le néant du néant de tout néant ;

ici, s’il est une guerre à laquelle ne pense pas une paix,

il est une autre paix qui tient prête la guerre ;


princes, présidents, éminents exemptés puisants,

érigeant exigeants des monuments indécents,

guerre aux guerres est une guerre qui requiert,

la lutte des classes est la guerre à faire 

Traduction Jean-Baptiste Para

jeudi, octobre 08, 2026

Cigarillos, Canard et Italiens


L ‘orage prévu dans la nuit a cessé plus pot que je pensais… je suis sortie pour perfectionner comme pouvais le nettoyage qu’il avait effectué dans la cour, mais quand me suis habillée au moment d’entamer mon programme du jour j’ai pris, outre le chapeau de pluie/mainteneur de cheveux, ma vieille petite veste de chasse de garçonnet qui me rend encore plus bossue que nature, 




que j’ai ouverte en montant vers la place de l’horloge puisque la pluie que je supposais prête à revenir n’était à ce moment plus que souvenir



Canard enchainé, cigarillos et mentos dans mon sac, je suis partie vers la place du Palais




et le marché de « La Bella Italia »  ouvert depuis dix minutes qui n’avait guère que quelques visiteurs à part un groupe un peu étonné de touristes et encore moins d’acheteurs… J’ai fait un petit tour, j’ai repéré un sac dont j’ai eu envie pour cet hiver chez mon habituel maroquinier de Campanie mais comme je n’étais pas certaine d’en avoir besoin et qu’il était d’un prix modéré mais encore trop cher pour mes résolutions d’économie je me suis abstenue, au moins pour ce jour, et récompensée en achetant le petit plat en barbotine vert sombre qui me tentait (moins irraisonnable mais qui était encore achat irréfléchi) et cinq petites galettes à la pistache pour mes thés 



et suis redescendue vers l’antre… la façade de l’ex conservatoire en cours de restauration, superbement ravalée, m’a arraché une rapide grimace par sa blancheur (il me semblait que ls reliefs perdaient de leur acuité… dois aimé la saleté)



J’ai cherché que faire du plat, ai trouvé un coin de placard où l’enfouir (espérons que l’oubliant je ne lui infligerait pas de contact trop violent avec ustensiles, boites ou autres plats, l’espace est très exigu et le rangement si on peut dire remodelé selon les besoins du moment sans trop regarder, car au ras du sol)

Du reste du jour ne vois rien à dire… si ce n’est que reprenant les poètes de la Méditerranée, j’ai retenu chez


Valerio Magrelli


La fonction prophylactique

du langage politique

consiste à empêcher

tout contact direct avec les choses

Grâce au développement des nouveaux matériaux

le code est désormais réduit comme un voile

imperceptible (je dirai même sans couture)

qui permet d’éprouver ce qui se passe

là où il ne se passe rien.


et Isabella Leardini


Toutes mes années qui se ressemblent

je les aligne dans les cours et sur les balcons

comme à la fin de l’après-midi des jouets

qui restent là pour chavirer dans la nuit

puis passent des matinées entières à sécher

et perdent peu à peu leurs couleurs.

Chaque fois que je m’arrête j’établis ma demeure

Et dans chaque maison je façonne une cour

avec ce qui reste des choses à l’abandon.

Mais peut-être n’est-il possible de vivre

qu’en l’un ou l’autre de ces états inapaisés

celui qui habite toute chose et celui qui passe

depuis toujours, celui qui ressemble au vent et celui qui tient le rôle du mur.


PS La pluie a eu des retours en force en début de nuit avec l'accompagnement du tonnerre et cela a tourné à l'orage... J'étais petit animal tremblant.

mercredi, octobre 07, 2026

Les éléphants dans l’après midi


 Ciel vaguement couvert (la pluie est annoncée pour cette nuit et demain, température au dessus de la moyenne mais annonçant l’automne, carcasse capricieuse sans trop de virulence - douche, lessive, repassage réduit à un rafraîchissement du pantalon et la chemise du jour, aspirateur dans la cour (du moins dans la limite de la longueur du fil) sans pouvoir nettoyer malgré mon insistance toutes les saleté : certaines crottes, un partie des , ers Utoia et mon but du jour « lgravats solidifiés par l’humidité passée… je considère que c’est suffisant, j’arrose les plantes et rentre pour passer l’aspirateur à l’intérieur et ma foi c’est presque tout… un déjeuner rapidement préparé et mangé avec application, une courte sieste, brossage des cheveux, renoncement à la barrette qui ne veut trouver place, appareil manteau dans la poche de la veste, canne en main, je suis sortie à quinze heures vingt cinq


et m’en suis allée, saluant au passage les tentes du marché italien qui doit ouvrir mercredi, vers Utopia et ce qui était mon but du jour,



arrivant juste à temps pour grimper en salle 3 et m’installer au premier rang quelques minutes avant le début du film, « les Eléphants dans la brume » précédé par l’annonce de la version restaurée de « l’Eclipse » que je ne verrai pas pour ne pas abîmer mon souvenir.



Sous la photo volée au site du cinéma je puise des passages de la présentation sur ce même film de ce film d’Abinash Bikram Shah (Népal 2026) qui a obtenu au dernier Festival de Cannes le Prix du Jury Un certain regard… passages qui rentrent à mon avis bien compte de ce que j’ai vu fascinée, étrangère, émue, interrogative, perdue parfois, et sous le charme de la photo, et de la bande son (le concerto des timbres de voix, des petits bruits du village, des murmures et hurlements, des bribes de musique)


La brume du titre de ce film magnifique ne cache pas seulement des pachydermes sauvages qui traversent les forêts du sud du Népal, elle enveloppe aussi toute une communauté, ses rites, ses secrets… Pour son premier long métrage, Abinash Bikram Shah nous plonge dans l’univers des kinnars, personnes transgenres reconnues par les traditions d’Asie du Sud depuis des lustres : vénérées autant que craintes pour leurs pouvoirs spirituels, pour leurs dons de bénédiction ou de malédiction, elles sont néanmoins encore largement rejetées par la société, qui les tolère à la marge de ses frontières, tout en prenant bien soin d’en verrouiller les échanges.


Ceci qui donne au film sa note thriller Tout va basculer lorsqu’Apsara, une des filles de Pirati, disparaît au cours d’une battue nocturne organisée pour éloigner les éléphants. Dans le village, personne ne semble vraiment pressé de retrouver cette jeune femme kinnar.


Les éléphants de cette brumeuse forêt, vénérés tant qu’ils se tiennent dans leur milieu, redoutés dès qu’ils s’approchent des cultures, des hommes et des plaines, composent un miroir troublant de la communauté kinnar : eux aussi sont sanctifiés et indésirables, admirés et chassés, admis tant qu’ils restent à leur place, tant qu’ils ne franchissent pas les limites tacites que la société leur impose, tant qu’ils ne viennent pas bousculer l’ordre établi.

Mais les personnages tant les villageois, policiers, que les kinnars (et surtout pas Pirati) ne sont des symboles Ces femmes vivent, s’aiment, se jalousent, se déchirent, se protègent. Leurs claquements de mains, loin de toute curiosité folklorique, deviennent tour à tour une langue de solidarité, de défi et de colère. Et le film navigue avec une liberté virtuose du drame social au polar, avec une pincée de conte mystique… Singulier, hypnotique, Les Éléphants dans la brume finit par brouiller les frontières qu’il s’attachait justement à questionner.  



J’étais heureuse d’être enfin arrivée à le voir mais comme pendant le dernier quart d’heure carcasse se manifestait (une taquinerie de sa part, ça a cessé dès que suis arrivée dans l’antre) je suis sortie la première et suis revenue, allongeant le trajet malgré ces protestations (la pluie risque de me dissuader de trop marcher mercredi) par la rue des Escaliers Saint Anne, la rue Banastrerie, la rue des Marchands, la place de l’Horloge etc…

mardi, octobre 06, 2026

Deux petites expositions

 


Ce lundi matin un ciel nuageux en train de se dégager, un air tendre mais avec un peu d’aigreur automnal, un réveil avec presque deux heures de retard après une nuit quasi calme, un petit nettoyage de la cour (le calamondin s’est paré de deux petites fleurs blanches), douche, la grosse lessive d’hier ajoutée au tas de repassage auquel je dois à bientôt (promesse non respectée), j’ai mis une barrette pour retenir mes cheveux à gauche, enfilée la veste bleue claire sur une chemise de garçonnet rayée bleu clair et blanc, pris mon sac et suis sortie pour une très court circuit vers le tabac de la place de l’horloge



et un retour vers l’antre avec une boite de cigarillos, marchant dans les rues qui s’ébrouaient à peine.


A l’heure du thé j’ai repris les quelques photos prises dans les deux petites expositions en cours



En commençant, après avoir prix le petit dégagement vers l’aile latérale, et en jetant un regard amical à la salle carrée aux murs peints par Sol Lewitt pour gagner la longue salle également intérieure occupée à cette exposition vouée à Richard Long  

Dès 1967, alors qu’il est encore étudiant, il réalise l’œuvre fondatrice A Line Made by Walking, où il trace une ligne droite dans l’herbe par le simple piétinement répétitif de ses pas. Pionnier incontournable du Land Art et de l’art conceptuel britannique, il redéfinit la sculpture en faisant de l’acte de marcher dans la nature le cœur même de son travail artistique. Sa démarche s’articule autour d’expéditions solitaires à travers des paysages isolés du monde entier, restituées en galerie par des photographies, des cartes, des poèmes-textes ou des installations composées de matériaux bruts prélevés sur place, tels que des pierres, du bois flotté ou de la boue. (emprunt au site). L’expositon intitulée « Au delà du paysage » comprend 



« Ardenne Slate Line » (1978) ardoise traçant vers la sortie une ligne au centre de la salle



et sur le mur de droite une série de photos de pierres en Bolivie et Ecosse (1981)



Face à elles, sur le mur de gauche, en contrepoint ou parenté sont exposées des photos de son cadet d’un an Hamish Fulton

Depuis le début des années 1970, Hamish Fulton parcourt le monde à pied, effectuant des marches - qu’il appelle des artistic walks - au travers de différents paysages de tous horizons. L’implication physique de Fulton incorpore l’artiste à la nature, engagée à l’intérieur même de son processus de création. Dans son texte intitulé Into a Walk into Nature, Hamish Fulton évoque le potentiel de « transformation » de la marche, qui, par l'expérience du trajet parcouru, « optimise la perception et la réceptivité au paysage ». À la différence des artistes représentants du Land Art, Hamish Fulton ne laisse aucune trace sur les paysages qu’il traverse, ni ne rapporte aucun objet à proprement parler. Seule la marche fait œuvre, constituant une « expérience artistique » qui ne peut pas, selon lui, rivaliser avec les notions traditionnelles de peinture ou de sculpture. (emprunt à Wikipedia)


Pour rejoindre la seconde des petites expositions, consacrée à Richard Tuttle 

Né le 12 juillet 1941 à Rahway, dans le New Jersey, Richard Tuttle étudie les beaux-arts et la philosophie au Trinity College de Hartford jusqu’en 1963. Il s’installe ensuite à New York et commence sa carrière artistique en tant qu’assistant à la prestigieuse Betty Parsons Gallery, qui lui offre sa première exposition personnelle dès 1965. Très vite identifié comme une figure clé du mouvement post-minimaliste, il remet en question la rigidité du minimalisme classique en introduisant une approche poétique, intime et axée sur la fragilité. Tout au long de sa démarche, il utilise des matériaux modestes comme le papier, le carton, le tissu ou le fil de fer pour explorer les frontières fluides entre dessin, peinture et sculpture. (emprunt au site)



je suis, à la sortie de la salle, descendue par le petit escalier en colimaçon vers la grande galerie vitrée donnant sur la cour d’entrée (décorée elle aussi par deux grands chevrons de Sol Lewitt) pour trouver, sur les murs de la salle carrée obscure une série de petites et délicates aquarelles



rejointes dans les salles ouvrant sur le boulevard par des petites oeuvres en relief.



Je me suis attardée un peu dans la salle centrale où l’on peut prendre un café et acheter des « produits dérivés », des albums à colorier et de beaux livres d’art pour le plaisir de résister à la tentation, puis suis sortie et partie vers l’antre par la rue de la République admirant au passage une exposition de machines endormies.