Matin s’efforcer à vie douce, sortir juste le temps d’acheter dans le quartier deux cookies chez « La Tropézienne » (les aime de moins en moins mais tant pis, ils restent plus qu’acceptables) et des guillotines pour mercredi matin…
Passer le jour en douceur, me navrer de l’aspect tassé de mes cheveux mais n’y rien pouvoir… préparer l’essentiel pour mon départ du soir (et le cadre — un peu davantage en fait — de ce billet)…et après un thé avec un cookie, enfiler robe imprimée dans les ocres beiges avec des crevés beiges, mettre chapeau, enfiler veste cache coeur en gros coton façonné grège, prendre canne, sac, appareil photo
et m’en aller vers la poste et la navette pour Boulbon, acheter ticket... Pour la première fois la navette n’avait que quelques places pour ceux qui n’avaient pas acheté d’avance un billet…. Bridgetoun révoltée a joué une si belle comédie (mettant en avant mon anniversaire toute honte bue qu’un groupe de quatre qui avaient une absente m’a prise en charge sur leur billet collectif - suis arrivée à les rembourser - et qu’au retour les responsables m’attendaient avec un carton spécial manuscrit pour moi…
grimper lentement pour le plaisir du regard jusqu’à la clairière, chercher quelque chose de consommable pour moi (pas un succès)… attendre en lisant, parlant, et quand la sonnerie l’a décidé chercher une bonne place (trouvée sur un banc devant les rangées de sièges) puisque le plan a été bouleversé par rapport à la configuration d’origine, les tg Stan ayant choisi une disposition entourant une scène carrée, sourire à leur idée que le public doit pouvoir entrer et sortir, sourire derechef au souvenir de cette phrase de Damian De Schrijver qui résume assez bien ma décision de fêter ce changement d’âge en leur compagnie Nous avons fait par le passé des spectacles plus engagés politiquement. Maus face à la violence du monde, le rire semblait s’imposer. Et qui mieux que Molière pour nous divertir ? Le dramaturge tend sans cesse des miroirs pour nous moquer de nous-mêmes.
NB (copié sur Wikipedia) Tg Stan, souvent écrit Tg STAN ou tg STAN, voire simplement en STAN, est un collectif de théâtre belge flamand formé en 1989 à Anvers. Orienté vers la création théâtrale formelle d'avant-garde, voire expérimentale, le collectif flamand s'attache à un répertoire varié allant des auteurs classiques, aux modernes russes ou suédois du XIX siècle, jusqu'aux créations de dramaturges contemporains, en s'attachant souvent à mettre en place des collaborations avec d'autres compagnies théâtrales ou chorégraphiques.
Sous la photo de ©Juliette Valero (comme c’était le première les photos de Christophe Raynaud de Lage prises à Boulbon viendront plus tard) je reprends la présentation du spectacles 1, 2, 3 Poquelin sur le site du Festival
Retour à Molière ! Depuis Le Misanthrope (1998), tg STAN a régulièrement cheminé avec le dramaturge. Créant des assemblages insolites avec Poquelin (2003) et Poquelin II (2017), le collectif flamand a mis en scène une galerie de personnages drôles, fourbes, ridicules, avares et malades imaginaires. Infidélité, hypocrisie et faux-semblants, tout y était ou presque ! Avec 1, 2, 3 Poquelin, les tg STAN font le pari d’un troisième épisode mordant et jubilatoire, qui synthétise les aventures précédentes, pied de nez à la tragi-comédie humaine, avec huit interprètes jouant une quarantaine de personnages. Changements à vue, jeu-mitraillette, théâtre brut… Ils emboîtent le pas du maître de l’art théâtral français usant d’un dispositif proche des tréteaux spécialement créé pour eux dans la mythique carrière de Boulbon. Du XVIIe au XXIe siècle, la satire et le rire font toujours bon ménage sur fond de crise.
Et des passages de l’entretien avec Jolente De Keersmaeker et Damiaan De Schrijver figurant sur le programme de salle
JDK Nous voulions présenter des farces burlesques et brutales, des comédies mordantes, et surtout ne pas donner de leçon moralisatrice. Nous avons donc éliminé Le Misanthrope, Tartuffe ou Georges Dandin. Pour Poquelin II, nous avons opté pour Le Bourgeois gentilhomme et L’Avare. Deux pièces brillantes et hilarantes, deux pamphlets sur le ridicule et l’avarice. Avec 1, 2, 3 Poquelin, nous revisitons les deux premiers épisodes de la série. Nous relisons, nous coupons, nous ajoutons.
DDS Nous avons pensé ajouter Le Mariage forcé. Ce qui se confirme, c’est notre volonté de conserver les mêmes ingrédients : la simplicité et la radicalité. Les comédiens porteront le génie de Molière, avec ses idées critiques sur la société et sa façon de questionner moralité, paternalisme, stupidité, infidélité, violence, égocentrisme…
JDK Nous jouons dans un dispositif trifrontal, dans l’esprit des troupes ambulantes du XVIIe siècle. Nous sommes entourés par les spectateurs et spectatrices en permanence. Nous cherchons le contact avec eux, en descendant et en remontant sur les planches par des escaliers qui sont littéralement à leurs pieds. Nous voulons être ensemble et tout partager intensément avec le public.
DDS Et sans quatrième mur, comme au temps de Molière. Notre jeu est simple et direct, rudimentaire, à l’image des enfants qui jouent dans un grenier avec trois fois rien. Nous revenons aux règles les plus essentielles du théâtre. Pas de secret, nous ne cachons rien. Nous nous déguisons à vue, et un souffleur (également à vue) nous reprend quand nous nous trompons. Le texte doit être vivant et gai.
JDK Et nous nous partageons toute la distribution. Huit acteurs et actrices pour jouer une quarantaine de personnages ! Des hommes jouent des personnages de femmes et inversement. Tout le monde joue tout, dans la langue de Molière. Nous respectons l’écriture du grand maître avec tous ses vieux mots : Butorde : Pendard ! Maraud ! Fripon ! Un vrai défi pour nous car le français n’est pas notre langue maternelle. C’est très compliqué et vraiment jubilatoire.
Pour le spectacle, l’avis de tous étaient qu’ils avaient voulu trop en mettre… suis pas vraiment d’accord et j’avais fait copain copain avec deux des acteurs ce qui ajoutait une petite touche de bouffonnerie supplémentaire à leurs actions… mais pour la dernière pièce (le malade imaginaire) carcasse que j’avais tenté de nourrir un peu avec des trucs qui ne lui convenaient pas et je suis sortie un peu après la moitié pour aller affronter les toilettes sèches (ces bidules que je fuis), que je suis revenue mais que je n’ai pas voulu déranger mes voisins,…
j’ai regardé, debout, Christophe Raynaud de Lage (du moins je suis quasiment certaine que c’était lui) prendre des photos, et me suis retirée en même temps que lui, descendant lentement vers les navettes et j’ai pris la première...
Posé ceci complété de quelques photos, un bout de dos de cabillaud et des coquillettes… au lit) - Cela n’avaient rien à voir avec les grands Molière joués par de grands acteurs (de bons souvenirs) mais c’était des pièces farcesques rendues encore plus farcesques par leur jeu et ma foi cela me convenait.
M'ont convenu égalment ces deux modifications par rapport aux prévisions d'origine : le spectacle ne débute pas à 22 heures mais à 21 heures et dure 4 heures 30 et non 5 heures)



























































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