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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

jeudi, avril 02, 2026

Mistal, draps, expo


 Le mistral n’avait pas vraiment compris qu’il devait changer, s’était contenté de perdre à peu près 5 km/heure mais je m’en moquais un peu ce matin… me suis contenté de changer mes draps, avec la lenteur et les difficultés habituelles compte tenu de mon installation et de la trop grande couverture et de mettre contenant les sales de côté (sans doute jusqu’à mercredi prochain, le temps de laisser les propres devenus sales les rejoindre).


Vers seize heures, je me suis décidé à tenter, à contre mistral (s’était d’ailleurs calmé un petit peu, un tout petit peu), de maintenir mon idée d’aller à la Collection Lambert visiter les expositions qui se sont ouvertes récemment

J’en resterai pour aujourd’hui à la plus grande partie de la première  « Images, corps, pouvoir  - les années 1980 dans la collection Lambert » (selon une césure logique puisque les quelques images manquantes correspondent à la brève reprise de la visite après la seconde gardée pour demain). 



Première exposition qui démarre au premier étage par les salles donnant sur la cour, dans lesquelles ai cueilli (avec d’autres dont l’image était trop envahie par un de mes doigts pour être sauvée)



Jenny Holzer « Inflammarory Wall » 1979-1991 posters sur papier coloré



Bruce Nauman 1983 graphite et craie grasse sur papier vélin et papier d’Arche satin



Louise Lawler « Blue Nail » 1990 photographieLouise Lawler « Blue Nail » 1990 photographie



Ham Steinbach « Untituled #12 Afrikan Masks Greek Greaves » 1990



Allan McCollum 1880 acrylique sur bois



Louise Lawler « Sappho and Patriarch » 1954 photographie



Andres Serano « Red River #15 » 1980 photographie couleur Cibachrome


et dans la grande galerie sur le boulevard Raspail



Bruce Nauman « Female Masturbations » et « Male Masburtations » 1985



Miguel Barcelo « peintre devant un feu brûlant un papier » 1983 charbon fusain peinture et collage sur papier déchiré



Julian Schnabel « Miller » 1992 - peinture sur carton



Jean-Michel Basquiat - 1980 peinture, crayon de couleur, graphite sur papier



Louis Jammes « Lou Reed » 1990 acrylique sur papier 



Jean-Michel Basquiat l’un des deux chefs d'oeuvre parmi les oeuvres de lui présentes dans la collection



Jean-Michel Basquiat « Anatomy » 1992 lithograhies sur papier



Andres Serano « McKinley » 1990 photographie 



Andres Serano « The Klan » 1990 photographie



Jean-Charles Blain 1988 peinture et collage sur affiches



Barbara Kruger « Talk to me » 2000 affiche



et en sortant de la galerie, avant la seconde exposition, « Il fait le bébé Gégé » (1982) de Robert Combas.



Les expositions vues, suis sortie et rentrée en passant par la rue de la République pour marcher un peu plus et pour acheter le Canard enchaîné et  des cigarillos. 

mercredi, avril 01, 2026

Rude Sire

 


Rude Sire étais-tu ce matin Mistral, rude pour moi qui te croyais mollissant…

Rude Sire fus-tu Mistral me brinquebalant le coeur peureux quand je suis allée vers les remparts jeter des papiers, et rude étais-tu encore pour que je reste un long moment au débouché de la rue, attendant que tu te calmes pour traverser en courant l’espace qui me séparait des boites.



Rude Sire étais-tu toujours, te faisant patelin mais pas trop, juste de quoi te rappeler à mes jambes crispées, pendant que je montais vers la rue de la Petite Fustrerie et le cabinet de gérance pour payer mon loyer et je suppose que tu as triomphé en nous entendant parler de toi.



Rude Sire mais je te narguais, collée au mur en regagnant la rue Saint Agricol pour rentrer dans l’antre me réfugier en passant acheter un cookie chez La Tropézienne avant de terminer mon trajet avec grandes précautions.

Rude Sire restais-tu, secouant ma porte-fenêtre, pendant que le jour suivait son cours et quand tu calmais un peu ton chant je restais trop méfiante pour envisager de te narguer en allant par la ville. Je souhaite que le 1er avril fasse de toi un souvenir plaisant parce que je devrai sortir…


mardi, mars 31, 2026

lavage cheveux et divers

 


Matin réveil tardif et vie tranquilou, le principal étant le lavage de cheveux, un petit tour internet, la cuisine et le déjeuner avant une sieste en deux épisodes




et un départ un peu après cinq heures vers Monoprix (après être passée aux remparts pour jeter un sac d’ordures) dans une lumière forte et de faibles petits souvenir de mistral… acheté un jean avec des petites fleurs sur les hanches et des jambes moyennement larges, des serviettes en papier, du shampoing et dans l’annexe des yaourts, des oeufs et des briques de soupe avec le constat que j’avais perdu mon porte-monnaie



retour en mettant la monnaie dans la première main rencontrée… passage au bureau de tabac pour une boite de dix cigarillos, et de retour dans l’antre un peu avant sept retrouver le porte monnaie qui s’étaient blotties contre mes lunettes de sac.

lundi, mars 30, 2026

Le chant de la terre et le mistral

 


Réveil tardif, pas de lavage de cheveux à cause du programme du jour, vivre doucement, préparation pour un déjeuner à une heure incongrue pour moi afin de partir vers 14 heures 30 pour monter, avec détour pour éviter les rues où le mistral me semblait de belle force, se jetait en rafles brusques surtout et ramenait l’air bleu, en passant par la braderie qui, elle, mollissait, certaines boutiques ayant fermé leur porte, d’autres ne gardant que quelques articles à l‘intérieur avec une notice invitant à entrer … vers l’opéra et le 3ème balcon



pour entendre « le Chant de la terre » de Mahler, dirigé par Fiona Monbet et mis en scène par Chloé Lechat, avec une vidéo de Anatole Levillain-Clément, sur une chorégraphie de Jean Hostache et interprété par le ballet de l’Opéra d’Avignon et l’ensemble Miroirs étendus, avec Une Stickert (ténor), Samien Gasti (baryton) et Jean Hostache (comédien et danseur)

Je reprends la présentation figurant sur le site de l’opéra

Avec Le Chant de la Terre, Gustav Mahler mettait en musique l’éphémère et l’éternel, la joie fragile des paysages qui renaissent et la douleur du départ. Né dans le sillage de plusieurs disparitions, ce cycle de poèmes lyriques mêle l’ivresse à la mélancolie et, comme une dernière étreinte face à l’inéluctable, ménage tour à tour la fièvre et la contemplation. Aujourd’hui, Chloé Lechat transforme cette œuvre hors norme en un rituel scénique, où la grammaire du corps, la musique et le mouvement racontent ce que les mots ne suffisent plus à dire.

Sur scène, deux chanteurs errent parmi les ruines d’un monde en guerre et découvrent les souvenirs qui habitent des maisons désertées. Comment rendre hommage à ces vies évanouies ? Entre passé et présent, entre vestiges, visions rêvées et réalité, cette mise en scène d’une infinie poésie joue de ces fragments de mémoire qui hantent les vivants et tentent de conjurer l’absence.

En combinant musique, danseurs et danseuses, film d’animation et théâtre, Le Chant de la Terre invite à chercher un langage pour exorciser la perte, et à partager les peines pour mieux s’en délester. Car faire le deuil, ce n’est pas seulement dire adieu, c’est aussi apprendre à accueillir la lumière diffuse que laissent celles et ceux qui s’en vont...



En sortant suis allée faire quelques courses devenues nécessaires rue de la République

Ce faisant et en revenant contre les beaux restes du mistral (me suis trouvée coincée à quatre pattes, attendant la fin d’une rafale pour me redresser rue Saint Agricol) je cuvais le spectacle, encore un peu ahurie par le décor créé par un jeu de vidéos presque mais pas toujours abstraites entre lesquelles parfois les corps peuvent se déplacer, je faisais une grimace à la voix du ténor (ce qui n’engage que moi) et j’aimais le baryton, le choeur et bien entendu la beauté de l’oeuvre. Pour le détail des lieds inspirés de poèmes chinois et pour connaître le contexte dans lesquels Malher les a composés : perte de sa fille de 4 ans, son propre état de santé, la démission forcée de son poste, tout ce qui faisait sa tristesse et la douceur trouvée dans la contemplation de la nature, cette émotion qu’il nous transmet, on peut se référer à Wikipedia.

dimanche, mars 29, 2026

Vent et petit fils

 


J’ai eu l’impression que le vent avait molli puis j’ai pensé que non avant de trouver un grand sac plastique qui avait volé jusqu’à la bâche de la cour et finalement, vers dix heures et demi je suis sortie, harnachée pour narguer le mistral




Mes premiers pas dans la rue m’ont fait penser qu’il n’avait pas suffisamment perdu de sa violence, et, parvenue au bout de la rue Folco di Borgo, j’ai tourné le dos au chemin normal vers Saint Agricol et, tournant autour de l’Hôtel d’Europe, ai regagné l’antre, prenant dans la niche à courrier le Monde diplomatique et l’exemplaire papier du « Marginalia Woolf » de Christine Jeanney (gentiment offert et revenu vers moi après une première tentative infructueuse) que j’avais repéré en sortant (ils avaient sans doute été distribués vendredi après midi après mon retour). 

Ce court trajet m’a pris une heure, et il était temps, après un petit tour sur internet de cuisiner, déjeuner lentement, sieste profondément, vivre tranquillement en faisant des voeux pour la suite



jusqu’à dix sept heures vingt et mon départ, résolument optimiste vers la place Saint Jean le Vieux, sauf que, comme je m’appliquais un peu trop à éviter d’être en avance j’ai réalisé qu’en fait j’étais en retard et qu’en conséquence je me suis précipitée pour partir, téléphone en poche mais appareil photo oublié… j’avais quatre minutes d’avance et petit fils m’attendait, avons eu droit à un piapia à l’intérieur, à un café offert , à une dame qui portait une broche en forme de grenouille dont on pouvait faire jaillir une langue, à des petites plaisanteries pour désamorcer l’inquiétude de petit-fils devant le monde tel qu’il est (dehors vent un peu plus faible mais encore de belle force malgré le  ciel très couvert) et, sur le chemin du retour, pour marquer cette sortie, ai acheté chez Fragonard un sac qui faisait partie de  la braderie et dont je me demande un peu ce qu’en ferai … mais l’est joli n’est-ce-pas ?



Puisqu’il est à coté de moi, je prends « Marginalia Woolf » de Chistine Jeanney à la page 13 et je recopie le bloc situé au centre en haut de la dite pas (je renonce à tenter de reproduire la mise en page)

« elle dit Henri James me dévisagea de son regard vide, semblable à une bille d’enfant, et dit : « Ma chère Virginia, on me dit… on me dit… que vous… étant la fille de votre père, et même la petite-fille de votre grand-père… la descendante d’un siècle, si je peux dire… d’un siècle… de plumes et d’encre… d’encre… d’encrier, oui, oui, oui, on me dit… euh… que vous, que vous écrivez, en un mot. Cela se passait dans la rue, tandis que nous attendions tous, comme des fermiers attendent que la poule ponde on oeuf (mais le font-ils ?), nerveux, polis, dansant d’un pied sur l’autre. J’avais l’impression d’être un condamné qui voit le couperet tomber, s’arrêter, puis se remettre à tomber. Jamais femme n’eut plus horreur d’ « écrire » que moi. Mais quand je serai vieille et célèbre, je parlerai comme Henry James.