commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

vendredi, septembre 11, 2026

Charroi et quelques vers

 


La température maximale de ce jeudi était inférieure de un degré à la moyenne pour ce jour en Avignon, et la minimale supérieure de trois degrés… j’ai constaté que nous étions sortis de la canicule, ai constaté aussi que j’avais à nouveau perdu deux cents grammes et décidé que devais vraiment insister sur mes efforts pour engraisser. J’ai humecté les plantes, donné un coup de balai rapide à la cour, me suis douchée, ai enfilé un jean de femme qui me rappelait mon poids en menaçant de me quitter, mis un tee shirt de gros coton, bataillé pour changer mes draps, pris un quart d’heure de repos, ai décidé que j’étais en forme, ai coiffé tignasse, ai enfoncé chapeau, ai enfilé veste de toile, ai mis mon appareil photo dans sa poche, ai pendu à mon épaule le sac contenant les draps sales et une robe blanche à petites fleurs, pris ma canne, suis sortie



et je suis partie vers la blanchisserie/teinturerie d’un pas qui se voulait conquérant. En fait mes jambes avaient des idées d’indépendance que j’ai calmées peu à peu à l’aide de ma canne et un petit vent jouait à tenter d’arracher mon chapeau.



Je suis ressortie de la boutique avec deux draps propres dans mon sac. Je suis rentrée par le bout de la rue des Fourbisseurs et la rue des Marchands en m’arrêtant au magasin U pour acheter des crevettes, un plat roboratif de linguines et bouts de poulet grillés en sauce tomate aux herbes et un cookie passable… continuant par la rue Saint Agricol jusqu’à descendre vers l’antre.

Un peu d’internet, une bonne sieste. J’ai repris les poètes de la Méditerranée. J’ai lu les Maghrébins en cherchant le mot pluie que je n’ai trouvé qu’en Tunisie chez


Mohammed al-Sghaier Ouled Ahmed



J’ai maintenant à reprendre mes larmes

Du fleuve

De la mer

De sa joue

Des trente années passées sans joie

De l’épi humide


Je n’ai pas de problème

 

Les cieux 

S’ils sont sept

Ou s’ils sont cinq

La pluie viendra…


et en Algérie chez


Rabia Djelti


De  l’exil de la tendresse et de la détresse nous revenons

Ô Oran !

Des sanglots des blessures

Et des éclairs de balles

De l’apogée du ciel et des débarcadères surchargés

Sans trêve

Les palmiers de la mer sont à nous

Les bergères de basilic sont à nous

Les chevaux de l’orage sont revenus

Et nous sommes de retour…

Selles ouvragée

Pluie lactée et rivières dorées

Instants d’éclairage et d’allégresse

Edelweiss enneigé

Chefs-d-oeuvre de légendes

Baisers de chanson…


J’ai continué et comme en Tunisie et en Algérie j’ai, au Maroc, parcouru les poèmes et textes écrits en français ou traduits mais sans rencontrer le mot pluie et je me suis arrêtée au détroit face à la rive nord et à la péninsule ibérique.

jeudi, septembre 10, 2026

Marche, prétexte billets


 La température a chuté (mais si la température maximale était ce mercredi inférieure de 2° à la moyenne pour cette date à Avignon, la minimale elle était supérieure de 7° à la moyenne..) et j’avais reconquis de haute lutte 100 grammes… j’ai affirmé à carcasse que tout était au mieux… ai nettoyé un poco la cour qui gardait traces de la pluie du petit orage d’entrée dans la nuit, ai tourné relativement peu en rond, pris une douche, fait une petite lessive et un gros repassage de mon mieux pas si piteux… Un déjeuner appliqué, une sieste 


et un peu avant 16 heures ai enfilé jean et chemise bleus (que je n’avais portés qu’un peu moins de deux heures) tenté de discipliner mes cheveux avant de les coincer avec mon chapeau (et le ventilet a pour la suite joyeusement joué avec lui), hésité et renoncé à mettre une veste en place et suis sortie



dans les rues qui avaient repris vie (il est vrai que ces derniers après midi s’étaient pour moi passés dans l’antre, suivant la rue Joseph Vernet puis à sa suite la rue des Lices jusqu’à tourner au coin de ma chère Chapelle du Verbe incarnée revenue à son sommeil hivernal pour gagner les bureaux du Théâtre des Halles situés derrière le théâtre place Noël Biret



Une petite attente pendant que le gentil garçon aidait une dame à choisir, retenir, etc…avec force commentaires et j’ai pris ma carte et les sept billets auxquels je dois me limiter (les autres étant soit à même date ou presque qu’un spectacle à l’Opéra soit incompatibles avec le rendez-vous avec petit fils, soit hors les murs à La Garance à Cavaillon, soit gratuits sur réservation le jour même, et parfois | oui ça arrive | ne me tentant pas.



Retour en achetant au passage le Canard enchaîné et un cookie et reprise du cours de la journée…



Avec un petit tour chez les poètes de la Méditerranée en ne trouvant pas le mot « pluie » chez les Palestiniens mais


en Egypte, chez Mohammed Afifi Matar


Un nuage m’a fait de l’ombre de ses ailes

m’a lié au sang qui fuit de crevasse en crevasse

et posé dans une viole.


Le son d’une corde remplie de cris a ouvert mon coeur et lâché une colombe

Vêtu du duvet de sa voix j’ai retrouvé l’amont de la soif et les poèmes de la désolation.


J’attends une charnelle d’une déchirure du ciel

évitera-t-elle aux montures l’écriture de la pluie

et les récits de ruissellements…


et en Libye, chez Mohammed al-Faytouri


Il est mort

Aucune goutte de pluie ne s’est attristée

Aucun visage humain ne s’est assombri

La lune n’a pas survolé sa tombe de nuit

Aucun ver paresseux n’y a déployé son corps

Aucune pierre ne s’est fendue

Il est mort demain

cadavre sali

linceul oublié

tel un rêve…

le peuple s’est réveillé

et a traversé le champ des roses au crépuscule

comme un ouragan… à vrai dire je ne suis pas certaine que cette pluie mouille le sol.

mercredi, septembre 09, 2026

Victuailles et quelques vers

 


La température a légèrement baissé mais pas tant (maximale 33°, minimale 20° et Météo France a décrété vers seize heures un passage de pluie en début de nuit) mais ma fatigue est là qui s’ajoute à l’ancienne et j’ai constaté ce mardi matin que j’avais à nouveau perdu trois cents grammes… j’ai arrosé/humecté les plantes de la cour, l'ai débarrassée de quelques feuilles et plumes, me suis douchée, habillée (jean et nouvelle chemise), j’ai enfoncé mon chapeau, j’ai pris un tout petit sac contenant pots d’asperges, confitures, miel et ramequins) et m’en suis allée les jeter aux remparts



avant de continuer vers le Carrefour de la rue de la République (en retrouvant la jumelle familière de la plongeuse qui vient de s'installer au coin de ma place), avec une longue liste d’emplettes, si longue qu’en circulant dans les rayons je l’ai un peu élaguée malgré quoi j’ai du renoncer à mon petit sac pliant et poser mes achats dans un grand sac en papier quasiment plein



avec lequel j’ai regagné lentement l’antre avec quelques arrêts pour me reposer et pour acheter un cookie et des cigarillos. Un déjeuner absorbé avec conscience et entêtement, un peintre de ménage mais pas de repassage. J’ai repris les poètes de la Méditerranée mais mon lent survol n’a pas trouvé le mot pluie chez les Chypriotes, et pour la Turquie uniquement ceci chez


Ozdemir Ince


Mots dérobés à ma chair ;

sourciers, faiseurs de pluie,

derviches conquérants du désert.


Mots arrachés à ma chair,

fortifiez et multipliez-vous,

devenez eau pour la mer et glèbe pour la terre.


Mots empruntés à ma chair,

cape transparente qui dissimule mon corps,

devin, acrobate et bourreau.


Je n’ai rien trouvé (plus précisément pas le mot « pluie ») pour la Syrie, et pour le Liban uniquement dans ce poème écrit directement en français de


Salah Stétié


Pour toi

par-delà ton passé qui commence

et l’avenir est déjà dans les rues


par-delà la distance qui figure

une fille que sa beauté rend folle

pleine de miroirs et de bras


par-delà l’aube vierge et mère

et les feuilles


par-delà les ombres de midi

qui rendent le jour orphelin


par-delà les cercles dans l’eau

d’une larme lentement détachée


par-delà les ailes violets

pleins d’intimités de colombes


par-delà les biches de la pluie

par-delà le blé du ciel bleu…


Je n’ai rien trouvé pour Israël (même si j’ai trouvé de la neige) et je me suis arrêtée au seuil s’il y en a un de la Palestine.

mardi, septembre 08, 2026

Un petit circuit matinal

 


Notre canicule se portait encore bien (minimales +5° et maximales +10°) et j’avais repris cent grammes (sans toujours atteindre les 36 kilos)… J’ai donné un petit coup à la cour, sans trop d’application, et arrosé/humecté les plantes… J’ai tourné en rond et fait des sottises avec brio mais finalement après un peu de repassage et une lessive je me suis trouvée vêtue (pantalon souple de lin beige et chemise rayée jaune et blanc), je suis arrivée à me coiffer presque bien, j’ai enfoncé mon chapeau, vérifié le contenu du sac, suis sortie



et j’ai longé la rue Joseph Vernet puis suis redescendue vers mon but : Monoprix où j’ai racheté des paquets de serviettes et deux boites de collants (je consomme beaucoup des deux) auxquelles j’ai ajouté (pas sage mais tant pis) une chemise bleue marine.



Retour avec un trajet un peu capricieux pour l’allonger… internet, cuisine, déjeuner, sieste, as usual. 



J’ai décidé que j’étais trop lâche pour aller voir à Utopia Manutention « Trois Adieux » à 18 heures 30 et après la sieste, j’ai simplement passé le balai et le lave-pont à franges, j’ai écouté, lu, vécu tout doux et repris ma recherche de pluie autour de la Méditerranée cette fois et j’en ai trouvé des traces ou évocations en Grèce avec


Titos Patrikios


Tu as ramené ma terre.

Rouge, légère,

piétinée par tyrans et ennemis.

Tu as ramené les pluies

de l’automne marin qui lavaient

de sa poussière mon visage

et je sentais sous la chair

les mêmes vertèbres de montagnes

qui à travers les siècles

ont fait tenir la patrie debout.


Michalis Ganas


Tu te couches avec la pluie

et l’étoile est ta bride.

Ton sommeil se fissure, se construit,

on l’entend dans l’autre monde.

Les grillons pirates apparaissent

pour chanter leurs dédicaces

Kalliopi, Mihail, Eleni,

Chrysànthi, Katerina, Evthymia.

Peut-être sont-ils morts

mais ils gardent leur secret.

Au réveil tu marmonnes encore

le refrain des pluies compatissantes.


Stratis Pascalis


L’automne est entré dans la maison

comme une femme qui tient

une lampe allumée.


(Dehors il commence à pleuvoir)


Timide elle pose la lumière sur la table

et sort sans bruit, paysanne

sentant le thym et l’olivier mouillé.