Les températures minimales et maximales en hausse modérée (21° et 33°) et encore trois cents grammes de plus (stupidement accueillis par une grimace mienne) de quoi saluer ce jour. J’ai humecté/arrosé les plantes, retapé on lit, fait une petite lessive, et après la douche me suis vêtue après avoir pansé le bas d’une jambe maladroitement heurtée d’où suintait du sang (ma fichue circulation) dissimulée sous mon pantalon de lin, ai discipliné mes cheveux pleins de fougue, enfoncé mon chapeau et pris le sac de papiers et emballages que je suis allée jeter près des remparts
avant de continuer vers Monoprix dans les rues paresseuses où jouait sans excès, comme pour s’occuper de temps en temps, un tout petit vent.
J’en suis revenue avec les plaques de disques dentifrice que j’avais prévue d’acheter auxquelles j’ai ajouté une courte chasuble de laine grise pour les soirs et petits matins dans l’antre, ainsi que sur le chemin du retour une boite de cigarillos. Internet, verres et verres d’eau ou de sirop d’orgeat pour tenter de calmer la soif que m’ont passé les repas de dimanche, déjeuner, une sieste… Je reprends le recueil de poètes de la Méditerranée et je me mets en quête du mot « mer » chez les Italiens.
Rien chez Zanzotto, pas davantage chez Edoardo Sanguinetti, mais chez
Giuseppe Conte
C’est chose certaine, la Ligurie s’effondrera dans la mer, et ses
hautes frontières au vent de sapins et de houx, les anciennes collines étagées, les pins, les
genêts, les oliviers, les étendues
rocheuses où poussent de cactus et l’aloès, les jardins entiers d’araucarias, les palmiers, les villas
si blanches, les églises intactes et les ruines de celles où la terre a tremblé : sur toute chose s’étendra le parfait silence..
Rien chez Milo de Angelis, pas davantage chez Patrizia Valduga, enfin chez
Roberto Veracini
On dit que la mer porte conseil
et volupté, retrempe le corps
et l’esprit, rajeunit les cellules
et les rêves
Moi qui n’ai plus de rêves
de la mer, je regarde les vagues
s’épuiser et je pense
qu’il aurait suffit d’une goutte
un jour
pour remplir ma vie.
De nouveau rien chez Valerio Magrelli ni chez Antonella Anedda et pas davantage chez Isabella Leardini qui ne fait que l’évoquer comme cadre sans jamais la nommer aussi précisément. Je n’ennuierai pas davantage les éventuels passants.









































