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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

vendredi, septembre 18, 2026

Charroi, péripéties et la mer chez Bonnefoy


 J’avais découvert en me déshabillant la nuit venue que ma jambe nue sous le collant et le pantalon avait recommencé à saigner et que le collant adhérait au bobo, l’avais ôté et posé un nouveau pansement ne serait-ce que pour éviter de salir mes draps. Au matin : un degré de moins que mercredi et deux cents nouveaux grammes de perdus malgré mes efforts… J’ai arrosé les plantes, fait un tour sur internet en petit-déjeunant, enlevé péniblement le pansement, pris ma douche, ai reposé un pansement et le collant, mis mon pantalon de lin aux jambes souples et un petit chandail de coton blanc, changé mes draps en bataillant maladroitement comme toujours, fait un nouveau tour sur internet, me suis accordé dix minutes de repos, ai décidé que j’étais en forme, enfilé ma veste de gros brocard de coton grège, me suis coiffée, ai enfoncé mon chapeau pour coincer l’indiscipline relative de ma toison et avec mon sac en bandoulière sur mon ventre et le sac contenant les draps pendu à mon épaule droite, canne en main, je suis descendue, suis sortie dans la lumière où passaient quelques petites ruées de vent 

 

et m’en suis allée pas très assurée sur mes jambes, sourire aux lèvres, slalomant un peu entre les portants et éventaires de la braderie qui s’étaient multipliés pour ce second jour malgré les panneaux « braderie à l’intérieur ». Le vent descendait vers le fleuve et à mi chemin de la rue Saint Agricol une rafale m’a heurtée et jetée à terre à plat dos sous l’oeil ahuri de bons samaritains qui se sont rués pour relever la petite veille au risque de m’écarteler, l’un d’eux a couru pour récupérer le chapeau qui s’en allait gaiment vers la rue Joseph Vernet, je l’ai enfoncé sur mon crâne, ai refusé les bras, me suis relevée sans élégance, ai remercié à la ronde et j’ai repris mon chemin souriant d’autant plus que par ma foi je ne me sentais pas si gaillarde que cela.



Avec dans le sac les draps propres et ma robe de coton gaufré écru à petites fleurs dûment nettoyée/repassée, je suis repartie en passant rituellement par la rue des Marchands, achetant au passage un drap housse (cette fois à la taille de mon lit et bradé) d’un gris pale un peu démodé parait-il dans la boutique du début de la rue puis deux plats à réchauffer et un cookie au magasin U, échangeant une plaisanterie avec le marchand de chapeau avant de continuer par la rue Saint Agricol, longeant les murs contre le vent chaque fois que le pouvais et grimpant avec joie l’escalier avant de me changer (short, barrette sur le haut du crâne), de faire nouveaux tours sur internet et de déjeuner copieusement et agréablement, de siester etc… 


Après la tisane et le cookie, j’ai repris le recueil des Poètes de la Méditerranée, m’arrêtant cette fois au tout début, à la longue et belle préface d’Yves Bonnefoy et j’ai recopié comme en une longue litanie toutes les phrases ou bouts de phrase contenant le mot « mer »


Les mers fascinent l’esprit, aux yeux duquel elles semblent à la fois une limite peut-être infranchissable et un seuil…. suit de cette évidence que c’est par leur relation à la mer que les civilisations qui ont des rivages se différencient, chacune déterminée par ce que l’eau qui les borde a de plus saisissant dans sa façon d’être… Giacometti : Au milieu de cette mer qui n’a pas de fin, qui n’a pas de nom, au milieu de cette eau noire dans laquelle je pourrais être mangé, dévoré par des poissons aveugles et sans nom...

Dante, qui rêve ainsi la dernière pensée d’Ulysse, était pourtant un Méditerranéen tout autant que lui, un lecteur de Virgile et pas conséquent d’Homère, un habitué des échanges entre haute mer et rivages… L’Atlantique d’Ulysse…. une incitation à revenir pour en percevoir le sens et peut-être la vérité, médicale, vers l’autre mer… Je vais procéder par bonds et coupes sèches pour éviter de trop longues citations s’apparentant à des pillages, étant posé que la mer ici pour Dante, Homère, Bonnefoy et moi c’est la Méditerranée la mare nostrum

Quelles invites, les rives de cette mer, à travers tant de siècles… Gong tormented comme dit Yeats dans son grand poème… elle a des tempêtes, des naufrages, on sait des ses profondeurs le remuement d’une sombre matière incompréhensible, d’une nuit. Mais le dieu de la mer s’intéresse au projet des Grecs, au sort des Troyens, il peut les servir et les desservir, on ne se sentira jamais seul quand on ira s’asseoir à la proue interrogeant l’horizon. Et voilà que je ne me tiens pas parole mais c’est parce que l’ai toujours sentie voulue et aimée ainsi notre mer et les peuples batailleurs qui l’entourent et ce fut peu ou prou vrai avant que les idéologies tranchées des continentaux ne nous contaminent (suis de mauvaise foi ? Peut-être). Restent les dauphins la preuve que cette mer où ils jouent a moins à être comprise comme la fatalité… que la médiation.

La poésie de cette mer de tant de rivages était vraie, équilibrée ses dauphins protégeaient l’esprit du gong de l’Un non médiatisé, dangereuse passion de la recherche mystique, mais la démesure appelait quand même… ainsi entre Jérusalem et Athènes la confrontation nécessaire d’agapé et d’éros, ont éclairé mais tout autant assombri… ce qui aurait du rester un échange sans préjugés idéologiques.

Et ma foi je vais reprendre le tour de ses nations à partir de la Grèce en traquant cette fois le mot mer au lieu du mot pluie, z’êtes prévenus.

jeudi, septembre 17, 2026

Mercredi

 


Le jour du Canard enchainé… ceci dit pour trouver une différence mais ce pourrait être aussi : « dans les rues le matin et recherche du mot mer », ce qui soulignerait la banalité répétitive de mes jours que pourtant je vis comme un ressac, retour du jamais même… Un degré de moins que la veille et trois cents grammes perdus… après la cour, le petit déjeuner, la douche, l’hésitation devant l’état pas superbe de ma jambe (décidé de la laisser en paix et finalement j’ai eu raison, du moins j'ai cru que cela avait cicatrisé jusqu'à quatre heures environ), mis un jean gris foncé, un tee shirt bleu marine en coton très très fin, endossé la veste bleu clair, mis mon appareil photo dans sa poche, un grand sac pliable de coton dans mon sac en bandoulière, enfoncé chapeau et suis sortie pour aller regarnir mon réfrigérateur chez le Carrefour de la rue de la République



suis tombée sur la braderie en train de s’installer alors que je croyais qu’elle débutait le 17, un court piapia souriant avec la responsable de Cotelac qui sortait un portant avec pas grand chose dessus… je lui ai dit que mes courses alimentaires me protégeait des tentations (mes talents de portefaix ont des limites)



Avec mon sac de toile presque plein en bandoulière j’ai pris le chemin de retour vers l’antre en ajoutant le Canard enchainé du jour, par les rues où la braderie se faisait cette année très discrète (boutiques réfractaires où qui avaient réservé une moitié de leur espace intérieur aux vêtements, accessoires ou objets bradés)… mais revenue dans la rue Joseph Vernet j’ai cédé à une envie qui m’avait titillé à l’aller et, parce que la chasuble achetée l’autre jour s’est avérée être une solution idiote pour couvrir le haut de mes bras frémissant dans le début de fraicheur des petits matins ou fins d’après-midi, et me suis offert un gilet mi-long en laine douce, m’injuriant intérieurement parce que malgré le rabais important il restait un rien trop cher et fragile ce que j’ai dit à mon amie de Cotelac qui pour me consoler m’a proposé une robe très « habillée », sans manche, épaules découvertes, fendue presque jusqu’à la taille, des bouillonnés d’étoffes soyeuses de divers tons pastels assurant la pudeur et sur ce rire j’ai poursuivi mon chemin.



Un gros déjeuner, une longue sieste, et dans l’après midi j’ai repris les poètes de la Méditerranée et ma recherche du mot « mer » dans les Balkans en commençant par la Serbie où je trouve


Miodrag Pavlovic


La mer s’est écartée et l’île a commencé à sombrer. Il a fallu tout enfermer dans des jarres, les graines, le feu et les animaux qui ne savent ni voler, ni nager. Il était nécessaire de trouver d’autres terres cultivables auprès d’un volcan et d’une eau courante. À qui aurions-nous pu demander conseil, si ce n’est au dieu de notre tribu ? Et il nous a dit : transportez tous vos biens et les peaux là où se lève le soleil. Vous trouverez là-bas un plateau fertile, sur lequel pousse déjà une végétation agréable. Mais la traversée sera longue. La mer n’est pas toujours étale. Et l’on ne rencontrer pas toujours en chemin un dieu qui saura nous dire pourquoi tout cela est advenu.


une mer réduite à n’être que frontière, mais rien chez Tanja Kragujevic ni Ana Ristovic.  

Rien non plus chez les Monténégrins… 

En Albanie je ne lis pas le mot mer chez Driterio Agolli mais chez


Ismail Kadaré, un très long poème « au bord de la mer » dont je garde la fin


Bonsoir la mer,

Ma route est longue,

Je m’en vais,

J’emporte tout dans ma valise, sauf cet air

Que je n’ai pu enlever

Car la chanson n’est pas une chaise longue

Qu’on peut plier pour la ramener de la plage,

Née de l’eau et du sable, 

La chanson leur appartient en propre,

Je puis seulement la visiter de temps à autre

Comme un père,

L’enfant qu’il a eu avec quelque femme étrangère,

Ses paroles finissent

Là où ma frontière hésite,

Là où viennent s’aligner à leur suite

Les rides d’un monde outremer.

mercredi, septembre 16, 2026

Deux brèves sorties et quête de mer

La température maximale du jour avait perdu ce mardi un degré par rapport à la veille et mon poids était sans changement. J’ai humecté/arrosé les plantes et nettoyé la cour, j’ai fait mon lit, une toute petite lessive, pas de repassage mais des rangements et un peu avant onze heures je me suis coiffé, ai tenté de discipliner mes cheveux avec une barrette sur le côté comme la petite fille que j’étais au Conquet 




et je suis allée, tout à côté, acheter au petit Carrefour de la place du café péruvien et six rouleaux de papier moelleux pour mon placard/toilette. 



Retour… internet (de beaux billets, de la gravité, parfois un sourire), cuisine… au moment de préparer mon pilulier du jour avant le déjeuner je me sois rendu compte que j’étais à court d’un des médicaments et mon projet pour le milieu d’après midi (voir « trois adieux » à Utopia) s’est effacé…déjeuner, sieste etc… j’ai enfoncé mon chapeau sur mes cheveux batailleurs, et suis repartie vers quinze heures




vers la grande pharmacie, en face de Monoprix avec carte vitale et ordonnance en forte lumière et bonne chaleur sans excès (cherchant sans grand succès des photos à prendre, je suis incurable.



J’ai résisté à Monoprix tant pour vêture/objets que pour l’annexe alimentation mais cédé au cookie de La Tropézienne et je suis rentrée un peu après seize heures mais, comme je l’avais deviné je n’ai pas eu le courage de repartir vers Utopia et j’ai repris les portes de la Méditerranée pour des pays maritimes qui évoquent souvent la mer, parlent de flots, de lames, de sable au sens propre ou figuré mais pensent rarement à utiliser ce mot… 


Je n’ai rien trouvé chez les Maltais, mais en Croatie chez 


Vesna Paran (à la fin d’un long poème au sujet d’un jeune homme gisant sur la plage, où revient plusieurs fois le mot mer)


…Je regarde mes bras éclatants

et mes flancs dorés d’écume de mer

où s’écoule l’huile des oliviers

Le regard tourne calme vers celui

qui dort et plonge dans le grondement

de la tempête lente, éternelle comme un agave

Je songe saisie d’un désir ardent et vague

aux oiseaux blancs qui les ailes déployées

frémissent dans les rayons bleus nuageux

de ce corps troublant à force de silence 

Je songe au bruit de la mer et aux herbes solitaires.


mais rien chez Damir Sodan. Par contre, en Slovénie chez 


Tomaz Salamun


comment le soleil se couche-t-il ?

comme la neige

de quelle couleur est la mer ?

immense

jonas es-tu salé ?

je suis salé

jonas es-tu drapeau ?

je suis drapeau

toutes les lucioles reposent

comment sont les pierres ?

vertes…

mais rien chez Erika Vouk ni chez Meta Kusar… Je passe en Bosnie-Herzégovine et je trouve chez


Dara Sekudic un long poème intitulé « Mer accueillante » dont je garde les quatre premières strophes


Toi, mer, c’est en hiver que je t’ai emportée

cachée dans mon sein, dans mes poches,

aux aguets entre mes doigts.


J’ai dû te fourrer partout,

au moment de traverser la frontière.

Et voilà ! J’ai déjà payé ma dîme

en plus des traites jusqu’à la fin de ma vie.


Ton hiver, imperceptible et noir,

me ressemble, délaissé, en attente

de son été que je ne verrai pas.


Toi aussi, la mer, tu t’agrippes à ta côte

sèche et calcinée, ta patrie à toi aussi.

Sans foyer, à ton tour, tu t’évaderais

pour regagner ce que tu es —

le large, le large…


mais rien chez Abdulah Sidran, et je m’arrête devant la frontière de la Serbie.

mardi, septembre 15, 2026

Petit circuit matinal et un peu d’Italie

 


Les températures minimales et maximales en hausse modérée (21° et 33°) et encore trois cents grammes de plus (stupidement accueillis par une grimace mienne) de quoi saluer ce jour. J’ai humecté/arrosé les plantes, retapé on lit, fait une petite lessive, et après la douche me suis vêtue après avoir pansé le bas d’une jambe maladroitement heurtée d’où suintait du sang (ma fichue circulation) dissimulée sous mon pantalon de lin, ai discipliné mes cheveux pleins de fougue, enfoncé mon chapeau et pris le sac de papiers et emballages que je suis allée jeter près des remparts 




avant de continuer vers Monoprix dans les rues paresseuses où jouait sans excès, comme pour s’occuper de temps en temps, un tout petit vent.



J’en suis revenue avec les plaques de disques dentifrice que j’avais prévue d’acheter auxquelles j’ai ajouté une courte chasuble de laine grise pour les soirs et petits matins dans l’antre, ainsi que sur le chemin du retour une boite de cigarillos. Internet, verres et verres d’eau ou de sirop d’orgeat pour tenter de calmer la soif que m’ont passé les repas de dimanche, déjeuner, une sieste… Je reprends le recueil de poètes de la Méditerranée et je me mets en quête du mot « mer » chez les Italiens.


Rien chez Zanzotto, pas davantage chez Edoardo Sanguinetti, mais chez


Giuseppe Conte


C’est chose certaine, la Ligurie s’effondrera dans la mer, et ses

hautes frontières au vent de sapins et de houx, les anciennes collines étagées, les pins, les

genêts, les oliviers, les étendues


rocheuses où poussent de cactus et l’aloès, les jardins entiers d’araucarias, les palmiers, les villas

si blanches, les églises intactes et les ruines de celles où la terre a tremblé : sur toute chose s’étendra le parfait silence.. 


Rien chez Milo de Angelis, pas davantage chez Patrizia Valduga, enfin chez


Roberto Veracini


On dit que la mer porte conseil 

et volupté, retrempe le corps

et l’esprit, rajeunit les cellules

et les rêves

          Moi qui n’ai plus de rêves

de la mer, je regarde les vagues

s’épuiser et je pense

qu’il aurait suffit d’une goutte

un jour

          pour remplir ma vie.


De nouveau rien chez Valerio Magrelli ni chez Antonella Anedda et pas davantage chez Isabella Leardini qui ne fait que l’évoquer comme cadre sans jamais la nommer aussi précisément. Je n’ennuierai pas davantage les éventuels passants.