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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

jeudi, juillet 09, 2026

Fest 5 - chaleur, Villeneuve, nouvelle gueule, jardin de Mons


 Bien vérifier les horaires et durées des spectacles du jour (marre de mes erreurs) prendre billets, canne, chapeau, appareil photo, vérifier, sortir en belle fournaise vers 11 heures quinze

et franchir la porte de l’Oulle juste à temps pour voir le bus de Villeneuve en train de charger des voyageurs majoritairement festivaliers



Flâner un peu sur un trajet légèrement différent de l’aimable troupeau cultivé (j’avais fait pipais avec un couple lui debout, nous les femmes assises, pendant le trajet)  jusqu’à la Chartreuse.



J’avais un peu trop tardé et la file d’attente dans le cloître était longue… mes voisins d’arrière file insistent pour que je m’impose dans les premiers pour avoir une place avec bonne vision (ce que nous ne savions pas c’est que de toute façon le tiens était cette fois équipé d’un gradin à belle pe net assurant bonne vision)… je refuse en me disant certaine que je me débrouillerai…

en effet j’ai inauguré un strapontin au second rang, parfait (et les strapontins suivants ont fait le bonheur d’imitateurs) et nous avons attendu le début de ce spectacle auquel je tenais tout spécialement pour raison personnelle « Mon frère » spectacle de François Gremaud…



Sous la photo de Christophe Raynaud de Lage prélevée sur le site du festival je reprends la présentation 

Pour Christian Gremaud, prendre sa place dans un monde d’entendants n’a rien d’évident. Sourd, il a grandi en faisant face aux violences et aux exclusions que cela implique. Parce que son théâtre profondément corporel doit beaucoup à son frère, François Gremaud a conçu pour lui cette pièce en forme d’hommage. D’abord porté par un désir de justice, Mon Frère dépasse le témoignage pour devenir un lieu de partage, un hymne à l’égalité, une expérience mêlant poésie, humour et puissance expressive de la Langue des Signes Française. Sur un plateau dépouillé, les deux frères entrent en résistance, partageant leur amour et leur appétit de vivre. 

Ainsi que deux passages de l’entretien donné par François Gremaud et figurant sur le programme de salle

À l’origine, il y a le projet politique. Parce qu’il est Sourd de naissance, Christian a vécu une série d’expériences professionnelles extraordinairement douloureuses. Il a grandi dans un monde qui ne lui a pas laissé la place qu’il méritait. C’est d’autant plus violent qu’il est très engagé politiquement dans la défense de sa communauté…. 

Au départ, je pensais raconter son histoire et celle de la LSF, avec leurs lots de discriminations. Au fil de l’eau, je me suis mis à écrire une troisième histoire qui est celle de ce spectacle, à œuvrer pour une égalité réelle en essayant d’éviter le regard de l’entendant «majoritaire»sur le Sourd. Mon Frère est le fruit d’une expérience qui conjugue poésie, humour et puissance expressive de la LSF et s’adresse à la fois aux Sourds et aux entendants.



Alors bien entendu la raison de mon tout particulier intérêt pour ce spectacle (ma famiglia et petite soeur bien aimée) ne correspond pas complètement à l’histoire des deux frères mais j’ai retrouvé la force; l’humour, les peines , la joie et l’amour. 



Ce qui m’a fait partir, me laissant quelques minutes pour sortir de cet état, un peu en retard sur les plus fringants et marcher seule, avançant en peinant dans la fournaise qui se faisait terrible, cherchant sans succès si un des restaurants de Villeneuve proposait quelque chose me convenant, penchée en avant avec l’impression de devoir fracturer la tôle surchauffée qu’était l’air… Partagé en riant avec une contemporaine un siège… vérifié l’heure du rendez-vous avec la coiffeuse… perdu du temps pour le déjeuner… 



le finir en me pressant juste à temps pour être à seize heures trente chez elle et me laisser persuader de couper radicalement ma toison (pas certaine d’avoir eu raison mais ma foi c’est fait… Vais bouffer mes cheveux)

Retour dans l’antre, préparer ceci, vaquer doucement, boire verre d’eau sur verre d’eau



Partir à neuf heures et demi vers le Jardin de Mons pour assister au spectacle de Gwenaël Morin (une des raisons de mon attente parce que bon souvenir) « Le deuil sied à Electre d’après Eugène O’Neill (3 heures 30)



Sous une des photos de Christophe Raynaud de Lage je recopie la présentation que donne le programme

Passionné par la figure d’Électre, Gwenaël Morin a choisi la pièce homonyme d’Eugene O'Neill pour clore son cycle avignonnais “Démonter les remparts pour finir le pont”. Dans Le deuil sied à Électre, le dramaturge américain reprend le mythe des Atrides – du meurtre d’Agamemnon à la vengeance d’Oreste – en le transposant aux États-Unis, au sortir de la Guerre de Sécession, dans un monde qui contient en germe l’Amérique actuelle. Gwenaël Morin avoue avoir toujours été fasciné par les scènes de crise – ce moment où le drame bascule. Trouvant chez O’Neill de quoi étancher sa soif, il se jette à corps perdu dans cet univers, dont l’architecture fragile et virtuose repose sur la psychologie des personnages. Jouant de la proximité anglaise entre les mots mourning (deuil) et morning (matin), le metteur en scène s’interroge sur le deuil et sur la promesse secrète qu’il recèle d’une aube à venir.

Ainsi que des passages de l’entretien donné par Morin figurant sur le programme de salle

J’avais le projet de mettre en scène la tragédie d’Électre dans les versions d’Eschyle, Sophocle et Euripide, car il se trouve que le mythe traverse les œuvres de ces trois dramaturges. D’une certaine façon, je voulais les mettre en concurrence, étant entendu que ces auteurs se sont souvent retrouvés en situation de concours à leur époque, mais le projet a dérivé progressivement et m’a amené vers ce texte pour lequel j’ai eu un coup de foudre et –chose rare– j’ai décidé de m’y fier…

Il transpose le mythe au sortir de la guerre de Sécession, dans le contexte de l’abolition de l’esclavage qui va devenir un événement fondateur de ce que sont les États-Unis aujourd’hui. Vous savez, quand Trump a été réélu, certains commentateurs y ont vu un backlash consécutif à la lutte pour les droits des minorités: cette idée selon laquelle on paierait pour être allé trop loin dans le progressisme. C’est bien sûr totalement absurde mais l’histoire de ce pays se nourrit de cet imaginaire, de luttes pour les droits suivies de réactions violentes. O’Neill écrit en 1931: c’est une quinzaine d’années après Naissance d’une nation, ce film dystopique et suprémaciste qui revient sur la guerre de Sécession en présentant les personnes esclavagisées comme une horde sauvage et le Ku Klux Klan comme une armée de libération christique du pays. 

Une place pas si mauvaise… une ambiance  : troupe, ouvreurs et ouvreuses, public, agréable… Et cette façon qu’a Gwenaël Morin de demander aux acteurs (qui de toutes façons restent toujours plus ou moins en vie même quand ils ne sont pas dans l’action, de rester plantés et de dire le texte avec un soin d’exactitude si apparent qu’u début ils semblent jouer faux et qu’une fois que nous sommes bien surs d’être devant des acteurs jouant des personnages que nous apprenons à connaitre, l’incarnation se fait peu à peu… leur jeu s’assouplissant - jusqu’à ces moments où des rires complices nous viennent…



Bon il était temps que les trois heures et plus s’achèvent parce que mon attention était là mais la courbure vers l’avant de ma nuque également.


mercredi, juillet 08, 2026

Fest 4 - marché et ma sottise

 


Confortée dans la nécessité de grossir par le constat que j’ai encore maigri (je ne pesais plus que 35 kgs 200 ce matin) et ma grande lassitude, j’ai mis une petite robe de coton très léger, non doublée, enfoncé mon chapeau auréole, enfilé petite veste de coton beige, posé mon appareil photo dans une de ses poche, pris mon sac ne contenant que le nécessaire dans lequel j’ai enfoncé un grand sac plié en coton  écru  de Monoprix et m’en suis allée, jetant un sac poubelle aux remparts et prenant chez le coiffeur de la place un rendez vous chez le coiffeur (lavage cheveux et une coupe)pour mercredi en milieu d’après-midi puisqu’il ne pouvait pas aujourd’hui 



et m’en suis allée vers le Carrefour de la rue de la République en belle chaleur et dans un air presqu’immobile, figé de chaleur, pour acheter provisions (mais sans trouver nouveaux brumisateurs, alors que je suis près de la fin de ma provision),



achetant au retour chez Subito un plat de gnocchis en sauce aubergine parfumé par de petits morceaux de céleri bien roboratif et un cookie bien épais (plutôt que délicieux) chez le petit boulanger de la rue du Limas.



Déjeuner, sieste, paresse et un départ, ayant remis robe et petite veste, vers  dix neuf heures moins le quart, négligeant toute autre tentation de spectacle, vers le Théâtre des Halles et « Kay ! Lettres à un poète disparu » spectacle de Lamine Diagne et Matthieu Verdeil (texte, dramaturgie et lecture du récit par Lamine Diagne, musiciens Lamine Diagne Win Welker et Cédric Bec, création vidéo Matthieu Verdeil, vidéo Eric Massua et lumière Thibault Gagneux) L'Enelle Cie avec un léger étonnement que ce soit aussi tôt (sauf que ça ne l'était pas)



sous la photo reprise dans l’affiche (©R.Arnaud) je reprends de la présentation qu’en donne le site du théâtre

Frappés par l’actualité des écrits de Claude McKay, figure phare de la Harlem Renaissance des années 20, Lamine Diagne et Matthieu Verdeil convoquent jazz, slam et images, pour proposer une réécriture musicale et visuelle, écho contemporain au poète noir, activiste, auteur voyageur. Une correspondance posthume entre Lamine Diagne et Claude McKay, un siècle d’écart mais des questions intemporelles : l’identité, l’altérité, l’ailleurs… le vivre ensemble et cette mobilité de l’humanité qui, à l’image de l’écrivain, devient une manière d’habiter le monde…



J’ai été accueillie avec courtoisie et une certaine surprise que j’ai mise au compte de mon avance considérable par rapport à 19 heures 30 et sur mon aspect délabré (mais comme suis chez moi dans ce théâtre en m’appelant par mon nom), installée sur un banc à l’ombre dans un endroit condamné avec recommandation de ne pas faire de bruit parce que se déroulait dans le jardin un spectacle autour du clown pour lequel j’ai un billet le 20)… je suis au bout d’un moment sortie de cet enclos et me suis installée debout à côté d’une petite table pour feuilleter le journal qui traine partout et récapitule tous les spectacles… et puis à 19 heures 30 je suis allée voir les deux jeunes qui sont derrière le comptoir à l’entrée en m’étonnant d’être seule spectatrice… ce qui, l’horaire comme le disait l’affiche et mon billet étant 21 heures 30, était assez normal… J’ai ri (mais je commence à me dire qu’il faut que je m’inquiète de ces nombreuses étourderies… la mémoire des codes divers me tranquillisant un peu) 



Et suis rentrée, sans envie d’y retourner ou de voir autre chose, juste de me reposer (et trouvant des mini bumisateurs de ma marque favorite en route... pas tout perdu)… Pour ce spectacle j’en aurai à vrai dire de très gros morceaux si ce n’est quasi la totalité grâce au Souffle d’Avignon (j’avais hésité à retenir cette lecture, je le fais) - Demain et ça je ne veux pas le manquer « mon frère » (sur une surdité) à la Chartreuse de Villeneuve et le soir dans le jardin de Mons « le deuil sied à Electre » (pas une très bonne place tant pis) 

mardi, juillet 07, 2026

Fest 3 - amitié et deux bons spectacles


 Après un réveil ahuri à quatre heures du matin en me demandant s’il est sept heures et pourquoi je me suis endormie dans ma robe noire et blanche et hors des draps (je m’étais allongée pour quelques minutes avant minuit et la mise en ligne du billet du jour… après que j’ai enfilé, mis un pyjama et me spot rendormie, je me suis réveillée comme prévu quelques minutes avant sept heures… Petit tour internet, petit déjeuner, m’habiller 



et m’en aller, passant par les remparts pour jeter cartons et papiers, vers la Civette et l’ « amie » internet (intimidée à plus juste titre encore que le pensais, elle en valait la peine). Un long piapia (j’espère ne pas l’avoir trop submergée par mon verbiage, échange de renseignements dans la mesure de nos connaissances sur des spectacles (entre autres elle m’a confortée dans mon choix pour celui de cette nuit et je lui ai dit le bien que je pensais malgré mes tribulations pour Malrodor | j’aimerais me procurer le texte |)… elle m’a pris en photo, je n’ai osé en faire autant et nous nous sommes séparées … suis rentrée un peu sonnée par les deux bons expressos et avec en poche les petits gâteaux joints aux tasses selon son désir.

Déjeuner à partir d’une partie du reste de poisson (va falloir que je refasse des courses) et du riz du vietnamien) vérifier que je me suis débarrassée des taches faites en bavant (suis une catastrophe) en buvant le second café, reprendre petite veste, chapeau



et m’en aller, en retard, renversant tout sur mon passge ou presque parce qu'en grande attente vers le Théâtre des Halles et son jardin pour voir « l’Evangile de la nature » texte élaboré d’après la traduction de De Natura Rerum de Lucrèce traduit par Marie N’Daye et Christophe Peron, adapté et mis en scène par Christophe Peron et interprété par Stanislas Nordey





Sous la photo figurant sur le site du théâtre je reprends la présentation du spectacle

Le poème millénaire de Lucrèce est une merveille de générosité, de pédagogie et d’humour, louant la connaissance, les sciences, la philosophie, l’humanisme et l’éveil de l’esprit vers les bienfaits de la nature. Il a influencé la cosmologie, la philosophie, et la littérature. Molière, Shakespeare, Montaigne ou encore Pascal, en firent leur livre de chevet. Botticelli y plongea ses pinceaux pour faire naître sa Vénus. Giordano Bruno y puisa sa science jusqu’au bûcher. Résonnant d’une théâtralité joyeuse, ses diatribes enfiévrées contre la vanité, le luxe inutile, l’obscurantisme, célèbrent la Nature, le cosmos, et l’amour de la vie, dans une langue sublime et salutaire.

Et j’avais bien raison d’en attendre quelque chose : c’est remarquable - bravo à Lucrèce bien entendu (et donc à Epicure dont il se prétendait élève), bravo à Marie N’Daye et Christophe Peron pour la traduction, un grand bravo à Christophe Peron pour la mise en scène et plus encore pour la scénographie (au centre du sol noir du rectangle limité par trois panneaux sur lesquels sont projetées des photos ou vidéos en accord avec le climat du texte quel, eau, forêts, rochers, silhouette humaine ou autre, un grand anneau posé à plat sur une estrade circulaire, et au centre un cercle qui s’y insère avec une pente, bougeant ou immobile) bravo aux compositeurs des musiques (même si mon coeur a failli y rester lors d’un brusque fracas), bravo aux lumières et bien sur bravo à Stanislas Nordey… Cela dépassait mes attentes.



Retour dans une chaleur vraiment éprouvante… aspersions, grand verre d’eau avec un peu de sirop d’orgeat pour accompagner cookie… tenter de récupérer. Préparer souper et après avoir enfilé robe blanche et bleu et la même veste bleue que l‘autre soir  



je m’en suis allée vers la Cour du lycée Saint Joseph et une assez bonne place pour un court spectacle coréen (qui avait plu à mon amie)  « 1° Celsius »... j'avaus une place au centre d'un rang, le jeune homme qui aidait les petites vieilles en détresse faisait des efforts sans succès pour effacer ma grimace... lui ai dit de n'en rien faire et je suis arrivée à rester sur mon deuxième rang à une place du bord et assez amie avec ms voisins pour que le jeune homme à ma gauche me courre après en sortant : j'avais oublié mon sac !



Une photo ©Seoul Performing Arts Festival et la présentation sur le catalogue du Festival

Avec le style électrisant qui lui est propre, et accompagnée par une musique dynamique, 1 Degree Celsius, la nouvelle production de Sung Im Her, transforme la scène en cœur battant d’un monde en réchauffement. Elle pose ainsi une question fondamentale: comment l’art peut-il inspirer l’action face aux changements de l’environnement

Avec ses sept danseurs, la chorégraphie explore les comportements humains et leur impact sur l’environnement, à partir d’un geste aussi simple qu’essentiel : la marche. À la fois origine, signature et horizon entre espaces naturels et urbains, elle se déploie au rythme d’une musique électronique vibrante. 

Le résultat est une expérience sensible et physique : une planète au bord du précipice, rendue visible et viscérale à travers une multitude de corps tiraillés entre l’espoir et la résilience. 

Sur le petit programme de salle je retiens ceci qui donne une idée assez exacte de la raison de notre grand plaisir

Retirer presque tout de la scène nous a permis de retrouver notre argument de départ : le corps en tant qu’harmonie, communauté, manifeste. Les corps des danseurs sont devenus les premiers porteurs de sens : des corps qui endurent, se heurtent, se soutiennent et se réorganisent. En retirant toutes ces couches inutiles, le spectacle a révélé son vrai sujet : l’humanité en tant qu’organisme collectif, capable de résilience même quand tout le reste a disparu.

L’idée n’est pas de faire du minimalisme esthétique pour Faure du minimalisme esthétique : c’est un geste éthique. Utiliser moins de ressources, moins d’énergie, c’est demander si nous pouvons faire face  cette crise à mains nues, sans illusions technologiques… (le fait est que ce serait bien mais n’ai guère d’illusion…)



Saluts, et comme nous les prenions en photos il se sont pris en selfie…



Départ et retour sur ce rire.