Sur le jour en bleu
sur la chaleur qui monte
le doux soir descend
Matinée lavage cheveux etc… Je suis sortie un peu avant dix huit heures pour aller vers Utopia Manutention pour assister (en attendais plaisir et ce fut presque mieux) à « Nous l’orchestre » de Philippe Béziat avec l’Orchestre de Paris et plusieurs chefs d’orchestre
Je fais un copié/collé d’un passage de la présentation sur le site du cinéma (comme la photo)
La caméra pénètre dans ce grand corps vibrant par l’architecture de la Philharmonie de Paris qui semble retenir son souffle. Elle en épouse subtilement les formes, les mouvements organiques, les couloirs et les coulisses, lesquelles, avant même l’arrivée d’une présence humaine, semblent vouloir nous susurrer à l’oreille quelques secrets, tels des soupirs. Ce n’est que le prélude à la brillante composition de sons, d’images et de musique concoctée par Philippe Béziat, en véritable virtuose qui part à la recherche de l’accord parfait. Il ne se contente pas de filmer les éléments, il les déstructure, les restructure, joue avec leurs rythmes, leurs textures. Pizzicato, les mots se plaquent sur les sons, les sons sur les visages, les notes répondent aux images, comme les cordes répondent aux cuivres, et vice versa, à la poursuite d’une mélodie lumineuse qui se déploie sous nos yeux. Pianissimo, le réalisateur et son équipe rendent perceptible l’invisible, transcendent les plus infimes expressions des êtres qui œuvrent ensemble, à commencer par celles de Klaus Mäkelä, le jeune chef prodige finlandais qui indique la direction, celle à suivre, celle à trouver. Un cheminement peuplé d’attentes, de doutes, de fragilités, d’espérances parfois déçues. La route est ardue, exigeante. Qu’on ne s’y trompe pas : il faut tellement plus qu’un métronome pour que 120 cœurs battent à l’unisson ! On ne peut que s’émerveiller de l’incroyable alchimie qui opère sous nos yeux, dans nos oreilles, alors qu’une vibration commune se propage de pupitre en pupitre, que crescendo montent nos frissons, un truc à faire vibrer même les pierres…
En regagnant l’antre je repensais à cette citation de Philippe Bézat reprise au début de la présentation… « Beaucoup de gens font du cinéma en adaptant des romans. Moi je fais des films en adaptant des musiques » et me disais que mieux que cela il a fait ce film comme on compose de la musique.























































