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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

mardi, septembre 29, 2026

Charroi, un peu de mer


Après le petit déjeuner, un petit tour sur internet, une lessive, le repassage d’un jean, d’un tee-shirt bleu marine et de la chemise de même couleur achetée il y a une semaine environ, une douche, le changement de pansement, un petit tour dans la cour etc… j’ai mis le jean, la chemise, ma veste de coton bleu  sous laquelle la chemise dépassait un peu, ai enfoncé mon chapeau et accroché à mon épaule le sac contenant deux draps sales qui attendaient depuis jeudi, et m’en suis allée



vers le teinturier/blanchisseur en haut de la rue du Vieux Sextier



d’où suis revenue avec dans le sac deux draps propres auxquels j’ai ajouté, en faisant comme souvent un petit tour par le bout de la rue des Fourbisseurs, la rue des Marchands, la rue Saint Agricol… des serviettes en papier à grandes fleurs bleues, un plat trop épicé (ce que j’ai constaté en déjeunant), des crevettes et un cookie au chocolat. 

Dans l’après-midi j’ai repris ma recherche du mot « mer », cette fois dans le recueil « Outremer - trois océans en poésie » des Editions Bruno Doucey


Ne l’ai pas trouvé en Guyane (de belles choses pourtant bien entendu) ni chez Léon-Gontran Damas ni chez Serge Patient, Elie Stéphenson, Eugénie Rézaire ou Assunta Renau Ferrer.

Pas davantage en Guadeloupe chez Saint-John Perse ni chez Paul Niger, Guy Tirolien, Henri Corbin ou Lucie Julia, mais enfin chez


Sonny Rupaire 


Je suis d’outre-mer

de la mer-commère bavarde

qui met son grain de sel à chacun de mes mots,

cette mer-pleine à mettre bas

et qui jamais ne m’a donné un grain de sel.

Je suis outre-mer

de la mer boutique-atlantique

qui cèle ses poissons dans des caissons de sel,

tous ces poissons multicolores,

prisonniers des lignes privées

des poupes de transatlantiques à l’horizon tendues.


Je suis d’outre-mer :

la mer-insaisissable-poulpe

qui laisse sur les plages d’arène privée

ses tentaculaires empreintes

et s’amuse à caresser les pieds des touristes.

Je suis outre-mer :

de ce vieux cheval de trait bleu

qui traîne à l’est son lest de tonnes exotiques

dans la tempête et l’accalmie ;

cette haridelle de Troie bleue

qui de l’est ramène son lest de poissons de pacotille…


rien chez Max Rippon, Roger Toumson, le cher Daniel Maximin, Jenny Archimède, Daniel Radford ni Gerty Dambury… mais chez


Max Jeanne


Mme Marianne demeurant

dans l’Hexagone

m’a chargé d’établir pour son compte

un acte de notoriété acquisitive

s’agissant d’un triangle de sable

six en mer caraïbe,

cadastré Guadeloupe n°971

pour 1780 kilomètres carrés

elle déclare avoir

la possession de véritable propriétaire

d’une manière paisible publique

et non équivoque

continue et ininterrompue 

depuis plus de trois cents ans


À tous ceux qui auraient à faire valoir

un titre de quelque nature que ce soit

crier

ou écrire

à mon poème qui transmettra


et chez Ernest Pépin


… Dis-leur que les marées

ouvrent la serrure de nos mémoires

que parfois le passé souffle

pour attiser nos flammes

car un peuple qui oublie

ne connaît plus la couleur des jours

il va comme un aveugle dans la nuit du présent

dis-leur que nous passons d’île en île

sur le pont du soleil

mais qu’il n’y aura jamais assez de lumière

pour éclairer 

nos morts

dis-leur que nos mots vont de créole en créole

sur les épaules de la mer

mais qu’il n’y aura jamais assez de sel

pour brûler notre langue…

lundi, septembre 28, 2026

Dimanche

 


Un matin dans l’antre où vaquer, lire, écouter, vivre en douceur et sans trop d’étourderie dans les taches ménagères… cuisiner un simple et assez bon déjeuner, une sieste, enfiler veste de coton-faux-brocard, prendre sac y poser un sac pliable, accrocher canne à mon poignet, oublier chapeau tant pis, et sortir pour aller acheter au Carrefour de la rue de la République quelques victuailles (qui ne furent pas si presque que cela)



dans la lumière

et l’air qui nie l’automne

la vie ralentie



charge tordant corps

les pieds suivant la canne

vers un doux repos

dimanche, septembre 27, 2026

un peu de Grignan

 


Nous sommes arrivés à Grignan  en début d’après-midi vendredi… le temps de profiter un peu du jardin, le temps pour moi de tenter sans grand espoir qui était qui parmi les plus de quarante êtres présents sans compter les presque nouveaux-nés (surtout mais pas uniquement parmi les créatures de moins de soixante dix ans)



et puis, en voiture (comme moi) ou à pied avons gagné la jolie chapelle Saint-Vincent où je n’ai pas essayé de deviner ou me souvenir de l’identité des nombreuse personnes qui nous rejoignaient, si ce n’est la très gentille femme de ménage dont je suis très fière de me croire un peu la copine et d'avoir réussi à retrouver le prénom…



Sous leș belles lumières des vitraux qui jouent de leurs couleurs pures, émotions et recueillement… un mélange d’organisation et d’improvisations bienheureuses



avant le départ vers le cimetière familial de Montélimar de ceux qui trouvaient place dans les voitures disponibles



et de notre retour dans le jardin pour attendre leur retour en préparant la collation/dîner froid (je n’ai même pas ou à peine joué les mouches du coche) et, regroupement effectué, une soirée cordiale avec l’ajout d’un peu de pagaille gentiment loufoque du bain improvisé des moins de vingt et quelques années 



ainsi que mon petit tour dans le village, retrouvant mes anciens trajets, vers le bureau de tabac parce que j’avais infligé à mon petit briquet un bain dans un verre de sirop avec ma sottise habituelle ce qu’il avait détesté

et, avant que chacun regagne chambre ou hôtels, l’arrivée de deux énormes tartes pour les deux anniversaires à fêter…



Nuit en tentant et ma foi réussissant une harmonie fraternelle entre les rythmes nocturnes des deux BC, l’ainée et la dernière de la tribu A Célérier, dans l’assez charmant hôtel « Instant Sévigné » 



d’où chacun est parti à son heure pour regagner le jardin, ce que j’ai fait à pied en oubliant mon chapeau que j’ai cherché partout ensuite 



pendant l'appéritif/pétanque/bain des jeunes et le déjeuner par petites tables (mes hommages aux jeunes femmes de la famille pour leur organisation presque invisible… nous étions cinquante cinq ou sept convives)… des adieux et re-adieux et un départ dans une voiture (avec un détour pour récupérer le chapeau) … 



voitre qui m’a déposée vers seize heures trente porte de l’Oulle, passablement crevée malgré mon inaction entêtée pendant ces deux jours.

vendredi, septembre 25, 2026

Intermède 3/3

 


Pour ce jeudi, rien de spécial : une température maximale de 30° et 100 grammes de plus pour carcasse… vingt minutes pour une tentative de nettoyage appliqué de la cour en me gardant de penser que cela ne fera de l’effet que pendant deux ou trois heures, internet, douche, pansement (plus guère de trace mais douleur faisant de petits et brusques assauts) et lavage de cheveux… sèchage des cheveux vers onze heures, un peu de cuisine, déjeuner, sieste… je le disais bien : rien de spécial sauf ce lavage de cheveux anticipé sur mes habitudes.




Vers seize heures j’ai enfoncé mon chapeau sur mes cheveux qui étaient propres mais passablement indisciplinés et m’en suis allée sous un ciel voilé et dans un air agréablement tiède vers « le Pavé noir » mon chocolatier préféré du moins à Avignon 



d’où je suis revenue avec un sachet d’olives en chocolat pour la voiture et une boite d’assortiment de confiseries à abandonner sur une table du salon de Grignan… repassage du pantalon acheté pendant la braderie entre autres (mais il reste une petite pile à faire) et rassemblement de tout ce que je dois emporter (en espérant que n’ai rien oublié)

Départ demain un peu après onze heures pour une escapade si courte qu’elle n’en est presque pas une : retour prévu dans l’après-midi de samedi… 

jeudi, septembre 24, 2026

Intermède 2

 


30° annoncés comme chaleur maximale, cent grammes reperdus,  plus guère de marque sur le pansement mais douleur inchangée si ce n’est augmentée.. humecter plantes, internet, repasser un jean et un tee-shirt bleu, douche, nouveau pansement, cheveux coiffés comme puis et chapeau pour les maintenir, (original n’est-il pas ?).. J’ai pris en main ma canne et un sac d’ordures, je suis allée le jeter près des remparts 



et j’ai continué dans la splendeur bleue et l’air calme par les rues tranquilles à dix heures du matin vers le Carrefour de la rue de la République d’où je suis ressortie avec de la purée, un cookie, un plat à réchauffer, un paquet de café et des crevettes 



auxquels j’ai rajouté sur le chemin du retour des cigarillos et le Canard enchainé… internet, cuisine, déjeuner lentement, une longue sieste… rassemblement de ce qui doit être mis dans mon valison en tentant de ne rien oublier et après  la tisane d’orange et curcuma, j’ai repris le recueil des poètes de la Méditerranée et, en Israël, j’ai trouvé chez


Avrom Sutzkzver


La lune chevauche un chameau de granit bossu.

Écoute :

Des frémissements traversent la terre

Comme des nuées.

Un éclair aux cornes violettes

Plonge dans la mer, allumant

La courbure d’une vague.

Mais la lune méfiante regarde

Comme un vieux fossoyeur qui voit un nouveau-né.


et chez Nathan Zach


Nous sommes montés de la mer comme du fond du brouillard

continent perdu parsemé d’ossements humains de vestiges archéologiques : habitation provisoire, cinq couches

de tombes et par-ci par-là un temple et un bureau de placement. Nous avons lu

les inscriptions en écriture cruciforme : elles parlaient de nous

aussi n’avons-nous pas compris…


Je n’ai pas trouvé le mot « mer » chez Israël Eliraz ni chez Nurith Zarchi, Ronny Somecket Haviva Pedaya.

Franchissant une des frontière séparant en principe les « deux états » je n’ai trouvé en Palestine le mot « mer » ni chez Taha Mohammed Ali, ni chez Ghassan Zaqtan mais chez


Walid Khaznadar


La nuit redoute d’attention

Les autobus, lentement, s’éloignent

Les petites filles, qui sont si jeunes, disparaissent en hâte dans l’obscurité

Et les fenêtres, comme des navires

L’une après l’autre ont allumé leurs lanternes

Et pris la mer

Les cafés sont désormais hostiles

Et les rues, où il a égaré ses clés

Ferment leurs carrefours

Les pierres l’ont vu et l’ont renié

Le long banc de bois peint en fer, face à la mer lui aussi l’a renié

Le vendeur de châtaigne l’a renié


Pourquoi les oiseaux perdent-ils leurs plus belles plumes

Dans le chant des capitales ?

Et que fait l’étranger dans une ville qu’il connait ?


Je me suis arrêté au seuil de l’Egypte et de l’Afrique.