Après le petit déjeuner, un petit tour sur internet, une lessive, le repassage d’un jean, d’un tee-shirt bleu marine et de la chemise de même couleur achetée il y a une semaine environ, une douche, le changement de pansement, un petit tour dans la cour etc… j’ai mis le jean, la chemise, ma veste de coton bleu sous laquelle la chemise dépassait un peu, ai enfoncé mon chapeau et accroché à mon épaule le sac contenant deux draps sales qui attendaient depuis jeudi, et m’en suis allée
vers le teinturier/blanchisseur en haut de la rue du Vieux Sextier
Dans l’après-midi j’ai repris ma recherche du mot « mer », cette fois dans le recueil « Outremer - trois océans en poésie » des Editions Bruno Doucey
Ne l’ai pas trouvé en Guyane (de belles choses pourtant bien entendu) ni chez Léon-Gontran Damas ni chez Serge Patient, Elie Stéphenson, Eugénie Rézaire ou Assunta Renau Ferrer.
Pas davantage en Guadeloupe chez Saint-John Perse ni chez Paul Niger, Guy Tirolien, Henri Corbin ou Lucie Julia, mais enfin chez
Sonny Rupaire
Je suis d’outre-mer
de la mer-commère bavarde
qui met son grain de sel à chacun de mes mots,
cette mer-pleine à mettre bas
et qui jamais ne m’a donné un grain de sel.
Je suis outre-mer
de la mer boutique-atlantique
qui cèle ses poissons dans des caissons de sel,
tous ces poissons multicolores,
prisonniers des lignes privées
des poupes de transatlantiques à l’horizon tendues.
Je suis d’outre-mer :
la mer-insaisissable-poulpe
qui laisse sur les plages d’arène privée
ses tentaculaires empreintes
et s’amuse à caresser les pieds des touristes.
Je suis outre-mer :
de ce vieux cheval de trait bleu
qui traîne à l’est son lest de tonnes exotiques
dans la tempête et l’accalmie ;
cette haridelle de Troie bleue
qui de l’est ramène son lest de poissons de pacotille…
rien chez Max Rippon, Roger Toumson, le cher Daniel Maximin, Jenny Archimède, Daniel Radford ni Gerty Dambury… mais chez
Max Jeanne
Mme Marianne demeurant
dans l’Hexagone
m’a chargé d’établir pour son compte
un acte de notoriété acquisitive
s’agissant d’un triangle de sable
six en mer caraïbe,
cadastré Guadeloupe n°971
pour 1780 kilomètres carrés
elle déclare avoir
la possession de véritable propriétaire
d’une manière paisible publique
et non équivoque
continue et ininterrompue
depuis plus de trois cents ans
À tous ceux qui auraient à faire valoir
un titre de quelque nature que ce soit
crier
ou écrire
à mon poème qui transmettra
et chez Ernest Pépin
… Dis-leur que les marées
ouvrent la serrure de nos mémoires
que parfois le passé souffle
pour attiser nos flammes
car un peuple qui oublie
ne connaît plus la couleur des jours
il va comme un aveugle dans la nuit du présent
dis-leur que nous passons d’île en île
sur le pont du soleil
mais qu’il n’y aura jamais assez de lumière
pour éclairer
nos morts
dis-leur que nos mots vont de créole en créole
sur les épaules de la mer
mais qu’il n’y aura jamais assez de sel
pour brûler notre langue…






















































