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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

mercredi, juillet 15, 2026

Fest 11 - lavage cheveux et soir au cloître des Carmes


 Sous prétexte que le spectacle de la Carrière était it plus court et plus tôt que prévu… caresse m’a réveillée nettement plus tôt que je le pensais et sans vrai repos ni vraie activité sauf un lavage/séchage de cheveux, persuadée d’avance, avec raison, que je serai incapable d’un résultat satisfaisant (cela s’est amélioré au fil des heures) en me bagarrant avec un nez qui s’obstinait à couler dès que je penchais la tête, je suis restée dans un état de semi conscience jusqu’à un profond sommeil de trois heures après le déjeuner… (copieux puisque zut j’ai reperdu deux cents grammes par rapport à au dernier gain de trois cents grammes)


un thé/cookie  et me suis plongée dans ma préparation pour le spectacle de la fin de journée au cloître des Carmes : « Che dolore terrible è l’amore » de Daria Deflorian d’après  « impossibles adieux » de Han Kang… et l’heure venue ai enfilé une vieille robe de coton blanc à petites fleurs pleine de vents coulis pris chapeau pour coincer cheveux et m’en suis allée, équipée d’un brumisateur, mon éventail et l’appareil photo (sans oublier le billet pour une pas très bonne place) vers le cloître bien aimé 


Sous deux photos de Christophe Raynaud de Lage provenant du site du Festival, je reprends la présentation du spectacle



Un jour, Gyeongha reçoit un message de son amie Inseon qui vit sur l’île de Jeju en Corée du Sud : elle se serait blessée en coupant du bois et a dû être rapatriée sur le continent. Mais elle a laissé chez elle un oiseau qui risque de mourir de faim. Dans son roman Impossibles adieux, l’autrice et prix Nobel de littérature Han Kang revient sur l’une des pages les plus sombres de l’histoire coréenne : la répression sanglante du soulèvement de Jeju en 1948. Daria Deflorian traverse et interroge ce texte troublant. La metteuse en scène partage avec Han Kang le refus de réduire les tragédies aux noms des villes et au nombre de morts. Pour approcher ce passé qui ne passe pas, il faudra éprouver la fragilité de l’humain et l’évidence de ce qui nous affecte. Peut-être qu’« alors nous serons admis parmi les fantômes ». 


à laquelle je joins des passages de l’entretien de Simon Hatab avec Daria Deflorian figurant sur le petit programme de salle

Ma relation avec l’écriture de HanKang n’est pas nouvelle. Il y a deux ans, j’ai mis en scène un autre de ses romans –La Végétarienne– créé au Festival d’Automne à Paris et qui a tourné en France, en Suisse et en Italie. C’est une autrice qui m’interpelle, par les histoires qu’elle choisit de raconter autant que la manière dont elle les raconte. Dans Impossibles adieux, qui est son dernier roman paru à ce jour, elle fait coexister avec une grande subtilité deux niveaux: l’un fictionnel et fantasmatique à travers les relations entre les personnages, et l’autre politique avec la violence dans l’histoire de son pays, la Corée du Sud. 

L’une des dimensions les plus passionnantes du roman est de poser la question de la deuxième génération: celles et ceux qui n’ont pas vécu cette histoire et qui découvrent ce passé qu’on a voulu effacer, qui découvrent que ce passé laisse des traces fantômes et affecte toujours leur vie.

  

À propos de son choix d’emprunter à Georges Didi-Huberman, pour qualifier le rapport d’Han Kang à l’histoire, l’expression «Archive d’amour » Il s’agit d’une manière non officielle et non académique de raconter l’histoire. Ce n’est pas contre le récit historique: c’est une autre manière d’aborder ou d’accueillir le passé.


et pour le choix du titre du spectacle Parce qu’en parallèle à cet apprentissage de l’empathie, le roman est rythmé par des petites ou des grandes douleurs: mal à la tête, mal de ventre, doigt sectionné en coupant du bois à la hache… Comme s’il s’agissait là encore de nous préparer à éprouver la douleur et la perte que constituera la révélation du récit de Jeju. C’est plutôt inhabituel dans nos sociétés qui cherchent à anesthésier la douleur, à la faire disparaître à grands coups d’antalgiques, sans écouter ce qu’elle a à nous dire. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de rapprocher les mots douleur et amour. Nous avons besoin de ressentir les choses, de nous laisser toucher. C’est aussi une manière d’annoncer que ce spectacle n’est pas une adaptation de ce roman-fleuve, immense et aux dimensions multiples –mais plutôt une manière théâtrale de le traverser.



Et voilà que je ne sais dire pourquoi j’ai été si captivée, émue par ce spectacle qui ne faisait pas l’unanimité (des départs et j’avais devant moi une jeune donzelle certaine charmante que l’ennui a transformé en méduse non pas tremblotante mais agitée par le flot de son inconfort, baissant outrageusement les bretelles de sa robe et remontant tout autant sa jupe, à laquelle je mourrais d’envie d’indiquer qu’elle serait certainement mieux i elle cédait à la tentation de s’en aller… Malgré quoi sauf petits moments où elle bouchait vraiment ma vie, mais restaient les voix, elle n’a pu dissiper mon adhésion?



Retour en me frayant un chemin par l’encore fort reste d’animation (ne pas oublier la coupe du monde en plus des spectacles) et en loupant irrémédiablement mes photos.

mardi, juillet 14, 2026

Fest 10 - Molière via les Belges à Boulbon

 


Matin s’efforcer à vie douce, sortir juste le temps d’acheter dans le quartier deux cookies chez « La Tropézienne » (les aime de moins en moins mais tant pis, ils restent plus qu’acceptables) et des grillotines pour mercredi matin… 

Passer le jour en douceur, me navrer de l’aspect tassé de mes cheveux mais n’y rien pouvoir… préparer l’essentiel pour mon départ du soir (et le cadre — un peu davantage en fait — de ce billet)…et après un thé avec un cookie, enfiler robe imprimée dans les ocres beiges avec des crevés beiges, mettre chapeau, enfiler veste cache coeur en gros coton façonné grège, prendre canne, sac, appareil photo 



et m’en aller vers la poste et la navette pour Boulbon, acheter ticket... Pour la première fois la navette n’avait que quelques places pour ceux qui n’avaient pas acheté d’avance un billet…. Bridgetoun révoltée a joué une si belle comédie (mettant en avant mon anniversaire toute honte bue) qu’un groupe de quatre qui avaient une absente m’a prise en charge sur leur billet collectif - suis arrivée à les rembourser - et qu’au retour les responsables m’attendaient avec un carton spécial manuscrit pour moi…



grimper lentement pour le plaisir du regard jusqu’à la clairière, chercher quelque chose de consommable pour moi (pas un succès)… attendre en lisant, parlant, et quand la sonnerie l’a décidé chercher une bonne place (trouvée sur un banc devant les rangées de sièges) puisque le plan a été bouleversé par rapport à la configuration d’origine, les tg Stan ayant choisi une disposition entourant une scène carrée, sourire à leur idée que le public doit pouvoir entrer et sortir, sourire derechef au souvenir de cette phrase de Damian De Schrijver qui résume assez bien ma décision de fêter ce changement d’âge en leur compagnie Nous avons fait par le passé des spectacles plus engagés politiquement. Maus face à la violence du monde, le rire semblait s’imposer. Et qui mieux que Molière pour nous divertir ? Le dramaturge tend sans cesse des miroirs pour nous moquer de nous-mêmes.

NB (copié sur Wikipedia) Tg Stan, souvent écrit Tg STAN ou tg STAN, voire simplement en STAN, est un collectif de théâtre belge flamand formé en 1989 à Anvers. Orienté vers la création théâtrale formelle d'avant-garde, voire expérimentale, le collectif flamand s'attache à un répertoire varié allant des auteurs classiques, aux modernes russes ou suédois du XIX siècle, jusqu'aux créations de dramaturges contemporains, en s'attachant souvent à mettre en place des collaborations avec d'autres compagnies théâtrales ou chorégraphiques.



Sous la photo de ©Juliette Valero (comme c’était le première les photos de Christophe Raynaud de Lage prises à Boulbon viendront plus tard) je reprends la présentation du spectacles 1, 2, 3 Poquelin sur le site du Festival

Retour à Molière ! Depuis Le Misanthrope (1998), tg STAN a régulièrement cheminé avec le dramaturge. Créant des assemblages insolites avec Poquelin (2003) et Poquelin II (2017), le collectif flamand a mis en scène une galerie de personnages drôles, fourbes, ridicules, avares et malades imaginaires. Infidélité, hypocrisie et faux-semblants, tout y était ou presque ! Avec 1, 2, 3 Poquelin, les tg STAN font le pari d’un troisième épisode mordant et jubilatoire, qui synthétise les aventures précédentes, pied de nez à la tragi-comédie humaine, avec huit interprètes jouant une quarantaine de personnages. Changements à vue, jeu-mitraillette, théâtre brut… Ils emboîtent le pas du maître de l’art théâtral français usant d’un dispositif proche des tréteaux spécialement créé pour eux dans la mythique carrière de Boulbon. Du XVIIe au XXIe siècle, la satire et le rire font toujours bon ménage sur fond de crise. 


Et des passages de l’entretien avec Jolente De Keersmaeker et Damiaan De Schrijver figurant sur le programme de salle


JDK Nous voulions présenter des farces burlesques et brutales, des comédies mordantes, et surtout ne pas donner de leçon moralisatrice. Nous avons donc éliminé Le Misanthrope, Tartuffe ou Georges Dandin. Pour PoquelinII, nous avons opté pour Le Bourgeois gentilhomme et L’Avare. Deux pièces brillantes et hilarantes, deux pamphlets sur le ridicule et l’avarice. Avec 1, 2, 3 Poquelin, nous revisitons les deux premiers épisodes de la série. Nous relisons, nous coupons, nous ajoutons.

DDS Nous avons pensé ajouter Le Mariage forcé. Ce qui se confirme, c’est notre volonté de conserver les mêmes ingrédients: la simplicité et la radicalité. Les comédiens porteront le génie de Molière, avec ses idées critiques sur la société et sa façon de questionner moralité, paternalisme, stupidité, infidélité, violence, égocentrisme… 


JDK Nous jouons dans un dispositif trifrontal, dans l’esprit des troupes ambulantes du XVIIesiècle. Nous sommes entourés par les spectateurs et spectatrices en permanence. Nous cherchons le contact avec eux, en descendant et en remontant sur les planches par des escaliers qui sont littéralement à leurs pieds. Nous voulons être ensemble et tout partager intensément avec le public.

DDS Et sans quatrième mur, comme au temps de Molière. Notre jeu est simple et direct, rudimentaire, à l’image des enfants qui jouent dans un grenier avec trois fois rien. Nous revenons aux règles les plus essentielles du théâtre. Pas de secret, nous ne cachons rien. Nous nous déguisons à vue, et un souffleur (également à vue) nous reprend quand nous nous trompons. Le texte doit être vivant et gai. 

JDK Et nous nous partageons toute la distribution. Huit acteurs et actrices pour jouer une quarantaine de personnages! Des hommes jouent des personnages de femmes et inversement. Tout le monde joue tout, dans la langue de Molière. Nous respectons l’écriture du grand maître avec tous ses vieux mots: Butorde: Pendard! Maraud! Fripon! Un vrai défi pour nous car le français n’est pas notre langue maternelle. C’est très compliqué et vraiment jubilatoire.



Pour le spectacle, l’avis de tous étaient qu’ils avaient voulu trop en mettre… suis pas vraiment d’accord et j’avais fait copain copain avec deux des acteurs ce qui ajoutait une petite touche de bouffonnerie supplémentaire à leurs actions… mais pour la dernière pièce (le malade imaginaire) carcasse que j’avais tenté de nourrir un peu avec des trucs qui ne lui convenaient pas et je suis sortie un peu après la moitié pour aller affronter les toilettes sèches (ces bidules que je fuis), que je suis revenue mais que je n’ai pas voulu déranger mes voisins,… 

j’ai regardé, debout, Christophe Raynaud de Lage (du moins je suis quasiment certaine que c’était lui) prendre des photos, et me suis retirée en même temps que lui, descendant lentement vers les navettes et j’ai pris la première... 




Posé ceci complété de quelques photos, un bout de dos de cabillaud et des coquillettes… au lit) - Cela n’avaient rien à voir avec les grands Molière joués par de grands acteurs (de bons souvenirs) mais c’était des pièces farcesques rendues encore plus farcesques par leur jeu et ma foi cela me convenait.

M'ont convenu également ces deux modifications par rapport aux prévisions d'origine : le spectacle ne débute pas à 22 heures mais à 21 heures et dure 4 heures 30 et non 5 heures.. jai donc gagné une heure et demi de sommeil environ


P.S.

C’était bien à côté de Christophe Raynaud de Lage que je suis revenue (je n’en étais pas sure… à ma question « Ne seriez-vous pas Christophe Raynaud de Lage, cher Monsieur ? » il avait répondu avec un sourire quelque chose que, comme nous murmurions et que les acteurs étaient au plein de leurs voix je n’ai pas compris) et ce matin je trouve sur le site du Festival, remplaçant les photos fournies par la troupe sa série d’images dont je prélève deux exemplaires


lundi, juillet 13, 2026

Fest 9 - sortie matin et lecture dans un jardin


Constat ce matin en ouvrant les yeux après le chahut décomplexé à une heure et demi du matin de mes voisins et ma mauvaise réaction (j’en ai eu un peu honte donc insomnie)… que je continue (plus lentement il est vrai à maigrir - en étais à 35kgs 100) je me fais promesse de prudence et repos, je renonce à aller écouter à 11 heures et demi au Cloître (Météo France nous promet 36 degrés à 11 heures) « Comment écrire sur la neige ? » avec Han Kang (assez facilement, ce qui n’est pas bien) mais comme je continue à ne pouvoir joindre la billetterie du Festival pour connaitre l’horaire du départ des navettes pou Boulbon où je vais souhaiter lundi soir mes 84 ans avec Molière et le joyeux traitement que lui font subir les belges du tg STAN (1, 2, 3 Poquelin) cadeau que je me fais pour faire passer cette date et auquel je tiens) je décide de tenter de poser la question à la baraque du festival place de l’horloge et d’en profiter pour faire quelques courses alimentaires au Carrefour de la rue de la République)… chapeau sur la tête, nouveau brumisateur dans le sac avec le billet pour demain à titre de preuve, l’éventail et, remontant les marches en constatant mon oubli, appareil photo en ouverture de sac à portée de main, 



je m’en suis allée vers dix heures trente me répétant tout va bien tout va bien pour lutter contre ma stupide angoisse (souvenir de samedi soir).



Après un échange comique à la caisse avec une jeune femme qui m’avait rendu humour et un peu de force, suis repartie vers la place de l’horloge, mes achats assez lourds pendue à mon épaule et l’espoir au coeur



d’où une déception coupe-jambes presque un désespoir en constatant que, dimanche étant, la baraque contrairement au Cloître était fermée… mais comme j’ai de la chance un trentenaire qui prenait repos, affalé sur la base de candélabre où je tentais de m’asseoir m’a interrogée, nous avons échangé notre désir de voir cette pièce, nos dates d’anniversaire… dans quelques jours pour lui et pianotant sur son smartphone il a consulté son billet de navette et j’ai eu ma réponse ! : 19 heures)… l’ai quittée soulagée, riant avec lui et le remerciant.



Déjeuner aussi lourd et lentement absorbé que pouvais, sieste, calme, thé… 



Et départ vers six heures quand l'air a commencé à perdre quelques degrés, et avec une robe courte, pour aller au jardin du Palais des Papes pour assister à la lecture du Souffle d’Avignon du jour, proposé par leThéâtre des Carmes sous le titre de « Pas sans l’obéissance » de Anouk Dame-Tanguille

Entre quais portuaires en grève et plateaux télé, le spectacle enquête sur ces moments de bascule. 1951, l’affaire Henri Martin, des dockers refusent de participer à la guerre d’Indochine. 1962, à l’université de Yale, Connecticut, le professeur Milgram dissèque notre capacité à obéir. 2009, en plein durcissement sécuritaire et triomphe du pouvoir médiatique, cette même expérience ressurgit sous forme de jeu télé — tandis qu’un groupe de jeunes s’interroge sur l’héritage de ces histoires qui les précèdent.



Plaisir après l’attente devant la porte fermée en haut de la rampe en donnant mon nom au garçon qui vérifiait sa présence sur a liste des réservations de l’entendre me dire attendez et de le voir plonger, attraper son sac au sol, en tirer un livre avant que j’ai le temps de m’inquiéter en me disant « j’avais ceci pour vous de la part d’une amie », ce qui m’a permis de commencer les premières pages du « Journal d’un mot - 4 » d’Emmanuelle Cordoliani assise à la place que j’avais choisi au premier rang en attendant que le public s’installe…

Un spectacle en construction au fil des représentations qui sera programmé, en sa forme achevée, à l’automne au Théâtre des Halles où j’irai certaine le voir (un écho avec Heri Martin, le souvenir des inscriptions sur des façades près du boulevard Bazeilles à Toulon, de mon envie de comprendre, du « je ne sais pas et ce n’est pas pour toi » maternel (certainement  sincère) et du début de ma curiosité me mettant en porte à faux entre une sympathie instinctive pour le condamné même si ne comprenais pas mais ressentais et ma famille, dont mon grand père général en chef et homme très admiré essaimé par moi)



Retour toute contente d’avoir supporté finalement assez allègrement cette sortie.

Mardi matin le billet après retour vers cinq heures du matin pour diner et dormir... sera posté dans le milieu du mardi.