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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

lundi, octobre 05, 2026

Dimanche

 


Nuageux mais sans menace, température sans grand changement, la carcasse très légèrement plus lourde… je me suis lave les cheveux, ai déjeuné, fait une sieste et, avec ma carte de la Collection Lambert et un petit sac de courses dans mon sac, sans chapeau mais avec ma canne, je suis sortie vers quinze heures trente



et m’en suis allée vers la Collection Lambert



où j’ai commencé par « Echo » l’une des deux expositions soeurs organisées dans le cadre du Festival « C’est pas du luxe » (25 au 27 septembre) que je suis d’ordinaire, d’autant que cette année il y avait une participation de Rosmerta, et que j’ai négligé et même oublié sur le moment cette année  (le vernissage des deux autres expositions auxquelles j’étais invitée avait lieu le 25 septembre). Comme il est extrêmement difficile d’en rendre compte j’ai recours une fois encore au site de a Collection. Les deux expositions sont organisées par Émilie Rousset, Louise Hémon et Sarah Maeght qui développent des pratiques qui circulent entre le théâtre, le cinéma et la littérature. Elles travaillent régulièrement ensemble, faisant de chacune de leurs collaborations un espace de dialogue et de porosité entre leurs pratiques. Le projet mené avec la Collection Lambert, C’est pas du luxe ! et le collectif citoyen prolonge cette recherche entre écriture, enquête documentaire, dispositif performatif et filmique.

Pour « Echo » elle est le reflet du travail d’Emilie  Rousset et Sarah Maeght

Lors de la visite guidée d’une pension de famille par ses résident·es, les voix se superposent, avancent à leurs rythmes, se croisent, oublient de se répondre. Émilie Rousset et Sarah Maeght ont enregistré des heures de conversation in situ. Les artistes proposent une retranscription de ces conversations, un texte qui tente d’en saisir le flux. Les time codes rendent visibles les rythmes et les superpositions. L’écrit met en relief des détails imperceptibles à l’écoute. Des motifs et des répétitions surgissent. On lit plus que ce qui se dit, on voit plus que ce qui est décrit.

Dans la salle d’exposition, des fragments de ces paroles sont isolés, agrandis, réécrits. Ils proposent une traversée des pensions par celles et ceux qui les habitent et racontent : un chat qui circule de studio en studio, l’isolation de la salle de musique, une blanquette de veau, l’attention portée au planning, le soin porté aux boutures… la mémoire des passages, les habitudes et les usages. Tout ce qui fait collectif.

Pour accompagner ces panneaux, cahiers, feuilles isolées reprenant cette transcription (je vais recopier les quelques très rares passages que j’ai cueillis un peu au hazard, comme on les découvre) elles ont choisi quelques oeuvres parmi celles conservées à la Collection comme



Verde del bosco, primavera (1984) de Giuseppe Penone


Slide Dissolve Sequence for Toward Becoming a Scarecrow (1961) de Denis Oppenheim



une tout petite maquette d’un atelier de Quentin Lefranc (2018)



Baudelaire (2001) de Louise Lawler



Réplique (2017) de Quentin Legrand — très grand cette fois 



Orchid in my Room, Priory Hospitalisation, London (2002) de Nan Goldin



deux panneaux dont j’ignore le nom du, de la ou des auteurs




une installation qui est peut-être mais je n’en suis pas certaine de Tatsuo Ishida


Louis XVI (1974) de Marcel Broodthaers


et donc

(Enregistré à 00.19.28) Speaker 8 : Si je parle d’ici en arrivant, bon, c’était très bruyant, c’est spacieux, c’est très beau, c’est volumineux, et quand on parle du bruit, c’était surtout le bruit de la hotte. Alors moi, le bruit me perturbe. J’entends tellement où je suis. Après, bon, la taille de la pièce, elle est bien parce que, bon, même si elle est étroite, mais elle est en longueur, ce qu’il y a de bien, c’est qu’il y a le lit qui est séparé du reste, que moi je n’ai pas, qu’on n’a pas dans les studios où on est. Ça, ça me… Par moments, ça me gêne, oui. Je voudrais un peu plus d’espace et un endroit surtout plus calme maintenant et peut-être un peu plus serein, et j’ai envie de retrouver des choses plus personnelles, parce que là, où on est, c’est meublé, bon, après, on y met une télé. Après, chacun accroche peut-être quelque chose au mur. Moi, j’ai jamais rien accroché pour ne pas faire des trous dans les murs, et puis, je ne me le suis pas approprié. Je ne me le suis pas approprié. Celui que j’ai c’est le plus grand parce que j’ai un hall. Il fait 25 mètres carrés, mais j’ai un grand hall dans un coin. Après, il ya le placard, le lit, porte-fenêtre, coin télé, salle de bain et le plan de travail, mais voilà, maintenant, je me sens plus ou moins à l’aise.


ou 00.49.30

Speaker 11 C’est pas une punition, les chiens en laisse

Speaker 10 La plupart que je vois , ils n’ont pas l’air malheureux les chiens. Mais c’est à moi que ça fait du…

Speaker 11 Mais c’est la loi qui t’oblige…

Speaker 10 Oui c’est vrai, c’est sûr.

Speaker 11 … à les avoir en laisse.

Speaker 10 Et même des fois, la muselière et tout.

Speaker  4 Oui, mais je comprends ce qu’elle dit.

Speaker 11 Oui, oui.

Speaker  4 Avoir un animal en ville, c’est quand même compliqué.

Speaker 10 Moi, je n’ai pas été habitué à vivre avec des chiens comme ça.

Speaker 11 Ah ben moi non plus. Mais après, quand j’étais obligé, je les tenais en laisse.


Certains échanges étaient plus « relevés » mais difficile à photographier, et puis je suis loin d’avoir tout lu, très loin… mais nos échanges sont-ils toujours « relevés » aux oreilles indifférentes..  



La seconde des expositions soeurs, dénommée « Zéphyr » dont les responsables sont Louise Hémon et, de nouveau, Emilie Rousset

(Dans une carrière de pierre, espace brut et intemporel, des silhouettes émergent et résistent à un vent furieux. Les artistes Louise Hémon et Emilie Rousset proposent une œuvre vidéo multi-écrans qui explore les corps humains confrontés à cette force invisible et indomptable. Ce décor minéral, presque abstrait, devient le théâtre d’une lutte silencieuse entre l’ancrage et la dispersion. Filmée comme un collectif, cette famille choisie oscille, s’agrège autant qu’elle se disloque. Le vent façonne les trajectoires et les corps se soutiennent ou se séparent, révélant des dynamiques d’unité et de fracture. Le film, muet, privilégie une écriture visuelle et physique où la lumière du jour sculpte les individus, dessinant leur fragilité et leur puissance.)

se tient dans la galerie donnant sur le boulevard, aux fenêtres voilées, partagée par de grands écrans sur lesquels sont projetés des moments de corps dans le vent, écrans entre lesquels s’alignent des machines à vent que les personnes filmées, les membres du collectif sont venues actionner dans une symphonie chorégraphiée, devenant à son tour moteur du mouvement et du récit.

Le son de cette performance, enregistré, est diffusé dans ls salle et fascinée par les images de lutte contre le souffle (ça me connait) et mon échange avec la jeune gardienne j’ai négligé de tenter des photos sauf celle de la machine sur le dernier écran par acquit de conscience en quittant la salle pour aller vers les autres expositions actuelles (je garde cela pour lundi).

dimanche, octobre 04, 2026

Samedi d’automne

 


Un ciel d’opale et une humidité poissante avec passages de presqu’averses (fable obéissance aux prédictions de Météo France qui annonçait des pluies faibles), une température qui continue à diminuer, une carcasse maussade qui refuse d’émerger totalement du sommeil… jean, grande chemise bleue marine, longue veste en jean un peu trop grande pour moi, cheveux maitrisés par le chapeau de pluie, canne en main, suis sortie



et m’en suis allée vers la rue Carnot



et son marché du samedi qui, saison et temps maussade obligent, avait ce matin fortement diminué en taille, en commerçants, en clients et passants



Place des Carmes l’étal de la fleuriste était bien là, assez fourni même si c'était sans originalité et désert, ai pris quelques photos



et suis revenue vers les halles, achetant en passant deux cookies à la pistache de mon amie 



et cueillant trois photos de fleurs sous le mur végétal avant une traversée des halles. L’italien n’avait pas de gratin de courgettes, ai acheté des portions de risotto aux cèpes, une portion de lasagne et une grande barquette de légumes au four, de quoi bricoler, avec les crevettes et la morue que j’avais en provision, les repas du week-end, entassée dans un sac Monoprix accroché à mon épaule



dans lequel j’ai ajouté des petits pots de crème aux oeufs et de compotes de pomme chez le magasin U avant de reprendre le chemin de l’antre. Un jour ordinaire comportant gros déjeuner, profonde sieste etc… cookie et tisanes. J’ai enfilé une robe pour mon plaisir personnel et la courte veste de toile bleue, re-discipliné mes cheveux sous le chapeau de pluie



et suis repartie sous un ciel qui levait un peu ses sourcils vers la place Saint Jean le Vieux pour la rencontre avec petit-fils, retardée d’une semaine par  l’enterrement… un piapia, sans refaire le monde pour une fois, des gouttes d’eau, des au-revoir/retour/au revoir



et un retour dans la ville qui se préparait à dormir mais avec des chanteurs de flamenco sur la place.