Réveil… endormissement… réveil et récupération. Ai mis vers seize heures passées comme une fois par an (ou moins) une robe de tissu fin légèrement glacé, large et avec petits parements plissés, noire avec de petits impressions blanches, vaguement ethnique, parfaitement ridicule pour laquelle j’ai un goût que n’ose défendre, mis tout ce qui me semblait utile dans mon grand sac, coiffé mon vieux et increvable chapeau auréole ; m’offrant ainsi le plaisir du ridicule j’ai franchi ma porte vers dix sept heures quinze
et m’en suis allée en belle chaleur et dans petit vent à rafales qui se voulaient brusques le long de la rue Joseph Vernet puis un morceau du boulevard Ranelagh, en marge de la vie du festival, vers le gymnase du Lycée Mistral pour assister (un peu inquiète parce que le programme indiquait comme langue coréen avec traduction anglaise) à un court spectacle (55 minutes) de la Corée, pays invité « Cuckoo » de Jaha Koo
Photo ©Bea Borges et présentation du spectacle sur le programme
Un jour, tandis que son autocuiseur sonnait pour lui annoncer que son riz était cuit, Jaha Koo a éprouvé un profond sentiment de solitude. En coréen, le mot golibmuwon (고립무원) qui désigne ce sentiment d’isolement et d’impuissance renvoie au mal-être de toute une génération. À la fin des années 1990, la Corée du Sud est touchée par une grave crise économique qui aboutit au placement du pays sous administration du Fonds monétaire international. Jaha Koo appartient à cette génération qui a connu l’explosion du chômage, des inégalités sociales et du taux de suicide chez les jeunes. Ces vingt ans d’histoire coréenne, l’artiste les revisite à travers un improbable dialogue avec trois cuiseurs à riz, entremêlant étroitement les récits politique et intime.
Un podium souvent dans l’ombre ou carrément dans le noir avec trois autocuiseurs de riz posés au sol et au dessus un panneau où sont projetées des vidéos (beau montage) de l’histoire de la Corée, des hommes encravatés, des colloques internationaux, des protestations; des émeutes, du sang, des cérémonies avec la voix de Jaha Koo ou directement le son d’origine (mais heureusement sous titres en anglais et en français) et puis de temps en temps la lumière vient sur les autocuiseurs qui se disputent comiquement, qui commentent et finalement Jaha Koo pétrit des disques et des boulettes avec un soin amoureux… Cela parait un peu dictatique, pas très fin, c’est très très bien et j’a beaucoup aimé.
Un retour en achetant chez le vietnamien qui s’est ouvert près des ailes du théâtre 11 de riz et de poulet à la citronnelle (mal empaqueté ai du faire du ménage en rentrant, jeter une partie trop importante du poulet poulet, garder les trois quart du riz dans un boite au frigidaire.. Demain une rencontre qui m’intimide, un spectacle au Théâtre des halles et un spectacle de danse dans la cour du Lycée Saint Jospeh dont à tort ou raison j’attends plaisir.

















































































