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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

dimanche, septembre 20, 2026

Rite, un graine de patrimoine, deux poètes

 


La température maximale avait pris un degré depuis vendredi et j’avais repris deux cents grammes (juste en dessous des 36 kgs), ai humecté les plantes, fait plusieurs petits tours sur internet, petit déjeuné, fait mon lit et comme je ne pouvais tarder davantage enlevé avec forces grimaces et petits cris refrenés mon pansement, me suis douchée, ai mis de l’antiseptique sur ma jambe, posé avec précautions le grand pansement après l’avoir tourné et retourné pour voir comment le démailloter et le fixer, enfilé un collant la douleur se faisant sourde et mon pantalon gris sombre pendant qu’elle s’effaçait, mis un tee-shirt de coton à carreaux bleus et blanc, refait un petit tour internet, tenté de me coiffer, enfoncé mon chapeau pour coincer les cheveux, et avec un sac souple et le petit filet dans le grand sac d’osier en bandoulière, mon appareil de photo rouge dans la poche de la veste de toile bleu clair, canne en main, suis sortie



m’en suis allée vers la rue Carnot,



traversant le marché sans trop m’attarder jusqu’à la place des Carmes 



pour prendre deux photos de fleurs et, 



passant derrière les étals, j’ai fait un petit tour en hommage aux journées du patrimoine grâce auxquelles elle était ouverte dans l’église de l’ancien couvent des Carmes, église et couvent dont la construction de 1320 à 1326 avait été financée par des papes Jean XXII et Clément VI (devenue Saint-Symphorien en remplacement de l’ancienne église paroissiale de ce nom autrefois située rue de la Banasterie dont il ne reste plus qu’une tourelle d’escalier et une petite place m’apprend l’« évocation du vieil Avignon » de Joseph Girard) sur laquelle je m’attarde presque plus dans mes mots que sur place parce que ce fut finalement toute ma participation à ces journées et parce que je l’aime bien pour sa façade nue (à part le galbe aouté au XVe siècle) sur laquelle dansent les ombres, pour sa large et haute nef de sept travées couverte d’une voute simple (en 1836) qui a succédé à ce qui était vraisemblablement un simple plafond à la charpente apparente, pour quelques unes des oeuvres de modeste qualité dont les fonts baptismaux du XVIe siècle salué en sortant.



J’ai continué mon rite habituel en continuant vers la place Pie (achetant au passage deux grands et bons cookies à la pistache pour ces deux jours) et les Halles



J’ai pris un peu à la volée trois photos de fleurs sous le mur végétales avant de traverser les halles achetant ce que trouvais chez l’italien (deux portions de risotto aux cèpes, une de lasagnes végétales et une portion de légumes sautés) auxquelles j’ai ajouté chez le poissonnier deux filets de plie



Et je suis rentrée, un rien harassée par si peu, dans l’antre en me tenant à distance de la braderie. Un bon déjeuner très lentement et consciencieusement absorbé, une profonde sieste, la décision de ne pas repartir très vite pour faire le petit tour envisagé dans le patrimoine… un thé avec cookie pendant laquelle ma jambe a recommencé à se manifester juste pour me donner raison… j’ai repris le recueil des poètes de la Méditerranée.


Chez les poètes de l’île de Chypre je n’ai pas trouvé le mot « mer » du moins dans les poèmes retenus, la mer est trop présente pour être citée… Passant en Turquie, chez ses poètes, des rives ou du continent, je n’ai pas trouvé ce mot non plus chez Gulten Akin mais chez


Ozdemir Ince


Odeur de geôle de la cour arrosée.

Souffles retenus.

Murailles fripées.

Déchirées les mappemondes,…

un ami change de trottoir

dans sa lettre jamais rédigée,…

Et de la mer, il est brisé le miroir.


rien à nouveau chez Hilmi Yavuz ni Enis Batur et pas davantage chez Kuçuk Iskender, à la rigueur (si on s’en tient au mot quel qu’en soit le sens qu’on lui donne) chez 


Bejan Matur


Le glacier fond.

Je me sens me fissurer, éclats heurtés par de gros rochers.

Ils se maintiennent avec harmonie dans la mer de l’indifférence.

Chacun à la surface de la lumière, s’effondrant ainsi.

Il n’y a pas de géométrie dans la perception de l’existence…

et je doute que ce soit pertinent.

samedi, septembre 19, 2026

Petit trajet matinal et poètes Grecs


 Température résolument inférieure aux trente degrés et trois cents grammes récupérés…. Après des soins incomplets (impossible de faire mieux en vingt bonnes minutes), ai enfilé courte robe rayée bleu et blanc pour rendre aisément visible mon pansement refait avec force grimaces, mis mon appareil photo dans la poche de la veste bleue clair, enfoncé sur mes cheveux indociles le chapeau qui s’est avéré inutile sous le ciel nuageux. Avec ma canne et dans mon sac en bandoulière un sachet de pansement comme modèle m’en suis allée jeter sac poubelles aux remparts


… avant de poursuivre mon trajet par les rues où la braderie se mettait en place vers la pharmacie… La pharmacienne m’a conseillé et vendu une boite de grands pansements, y a ajouté sur ma demande un flacon d’antiseptique, le tout atteignant un total qui m’a servi à me défendre contre la tentation de céder aux éventuelles tentations de la braderie 



et j’ai continué en montant le reste de la rue Saint Agricol jusqu’à la place de l’horloge et son bureau de tabac pour une boite de cigarillos et deux petits briquets.



Retour (un arrêt à La Tropézienne pour le cookie du jour) vers l’antre, un peu d’internet, un solide et bon déjeuner pour tenter d’atteindre les trente six kilos, une profonde sieste (c’est fou ce que je dors en ce moment).


Après avoir lu le billet du jour de Christine Jeanney et les textes de Butor qu’elle a photographié, j’ai repris le recueil des poètes méditerranéen ai cherché les poètes Grecs citant le mot mer (assez rarement du moins dans ce recueil). J'ai trouvé chez


Titos Patrikios


D’abord il y eut la mer.

Je suis né entouré d’îles

je suis une île surgie le temps de voir

la lumière, dure comme la pierre

puis sombrer.

Les montagnes sont venues après.

Je les ai choisies.

Il fallait bien que je partage un peu le poids

écrasant ce pays depuis des siècles.


et chez


Kiki Dimoula


La mer à Skaramango est nouée,

compacte. Les oliviers dégagent

une fumée noire d’immobilité.
Mettons que tu existes.


Le parcours se dilate suspendu au regard.

Un nuage sale tache les routes là-haut,

en bas l’âme pure et portée encore.

Mettons que tu existes…


Je n’ai pas trouvé le mot « mer » chez Katerina Anghelaki-Rààke ni chez Michalis Ganas et pas davantage chez Athina Papadaki. Par contre


chez Yorgos Markopoulos il y avait


Mer en hiver délaissée des humains.


Asseyons nous là un instant, bien sages.


Comme dans l’enfance à la fête de l’école.


Comme les invités dans la cour aux fiançailles

de Grand-Mère, un dimanche de juin 1930.


Comme les deux étrangers à la gare de Corinthe

avant de s’aimer derrière les caisses de bières vides

et le phono abandonné, sans se rendre compte,

Une demi-heure avant leurs trains et disparaitre à jamais.


Mer en hiver délaissée des humains...


Ensuite, je n’ai plus trouvé le mot « mer » ni chez Stratis Pascalis ni chez Thanassis Hatzopoulos du moins dans les poèmes cités.

vendredi, septembre 18, 2026

Charroi, péripéties et la mer chez Bonnefoy


 J’avais découvert en me déshabillant la nuit venue que ma jambe nue sous le collant et le pantalon avait recommencé à saigner et que le collant adhérait au bobo, l’avais ôté et posé un nouveau pansement ne serait-ce que pour éviter de salir mes draps. Au matin : un degré de moins que mercredi et deux cents nouveaux grammes de perdus malgré mes efforts… J’ai arrosé les plantes, fait un tour sur internet en petit-déjeunant, enlevé péniblement le pansement, pris ma douche, ai reposé un pansement et le collant, mis mon pantalon de lin aux jambes souples et un petit chandail de coton blanc, changé mes draps en bataillant maladroitement comme toujours, fait un nouveau tour sur internet, me suis accordé dix minutes de repos, ai décidé que j’étais en forme, enfilé ma veste de gros brocard de coton grège, me suis coiffée, ai enfoncé mon chapeau pour coincer l’indiscipline relative de ma toison et avec mon sac en bandoulière sur mon ventre et le sac contenant les draps pendu à mon épaule droite, canne en main, je suis descendue, suis sortie dans la lumière où passaient quelques petites ruées de vent 

 

et m’en suis allée pas très assurée sur mes jambes, sourire aux lèvres, slalomant un peu entre les portants et éventaires de la braderie qui s’étaient multipliés pour ce second jour malgré les panneaux « braderie à l’intérieur ». Le vent descendait vers le fleuve et à mi chemin de la rue Saint Agricol une rafale m’a heurtée et jetée à terre à plat dos sous l’oeil ahuri de bons samaritains qui se sont rués pour relever la petite veille au risque de m’écarteler, l’un d’eux a couru pour récupérer le chapeau qui s’en allait gaiment vers la rue Joseph Vernet, je l’ai enfoncé sur mon crâne, ai refusé les bras, me suis relevée sans élégance, ai remercié à la ronde et j’ai repris mon chemin souriant d’autant plus que par ma foi je ne me sentais pas si gaillarde que cela.



Avec dans le sac les draps propres et ma robe de coton gaufré écru à petites fleurs dûment nettoyée/repassée, je suis repartie en passant rituellement par la rue des Marchands, achetant au passage un drap housse (cette fois à la taille de mon lit et bradé) d’un gris pale un peu démodé parait-il dans la boutique du début de la rue puis deux plats à réchauffer et un cookie au magasin U, échangeant une plaisanterie avec le marchand de chapeau avant de continuer par la rue Saint Agricol, longeant les murs contre le vent chaque fois que le pouvais et grimpant avec joie l’escalier avant de me changer (short, barrette sur le haut du crâne), de faire nouveaux tours sur internet et de déjeuner copieusement et agréablement, de siester etc… 


Après la tisane et le cookie, j’ai repris le recueil des Poètes de la Méditerranée, m’arrêtant cette fois au tout début, à la longue et belle préface d’Yves Bonnefoy et j’ai recopié comme en une longue litanie toutes les phrases ou bouts de phrase contenant le mot « mer »


Les mers fascinent l’esprit, aux yeux duquel elles semblent à la fois une limite peut-être infranchissable et un seuil…. suit de cette évidence que c’est par leur relation à la mer que les civilisations qui ont des rivages se différencient, chacune déterminée par ce que l’eau qui les borde a de plus saisissant dans sa façon d’être… Giacometti : Au milieu de cette mer qui n’a pas de fin, qui n’a pas de nom, au milieu de cette eau noire dans laquelle je pourrais être mangé, dévoré par des poissons aveugles et sans nom...

Dante, qui rêve ainsi la dernière pensée d’Ulysse, était pourtant un Méditerranéen tout autant que lui, un lecteur de Virgile et pas conséquent d’Homère, un habitué des échanges entre haute mer et rivages… L’Atlantique d’Ulysse…. une incitation à revenir pour en percevoir le sens et peut-être la vérité, médicale, vers l’autre mer… Je vais procéder par bonds et coupes sèches pour éviter de trop longues citations s’apparentant à des pillages, étant posé que la mer ici pour Dante, Homère, Bonnefoy et moi c’est la Méditerranée la mare nostrum

Quelles invites, les rives de cette mer, à travers tant de siècles… Gong tormented comme dit Yeats dans son grand poème… elle a des tempêtes, des naufrages, on sait des ses profondeurs le remuement d’une sombre matière incompréhensible, d’une nuit. Mais le dieu de la mer s’intéresse au projet des Grecs, au sort des Troyens, il peut les servir et les desservir, on ne se sentira jamais seul quand on ira s’asseoir à la proue interrogeant l’horizon. Et voilà que je ne me tiens pas parole mais c’est parce que l’ai toujours sentie voulue et aimée ainsi notre mer et les peuples batailleurs qui l’entourent et ce fut peu ou prou vrai avant que les idéologies tranchées des continentaux ne nous contaminent (suis de mauvaise foi ? Peut-être). Restent les dauphins la preuve que cette mer où ils jouent a moins à être comprise comme la fatalité… que la médiation.

La poésie de cette mer de tant de rivages était vraie, équilibrée ses dauphins protégeaient l’esprit du gong de l’Un non médiatisé, dangereuse passion de la recherche mystique, mais la démesure appelait quand même… ainsi entre Jérusalem et Athènes la confrontation nécessaire d’agapé et d’éros, ont éclairé mais tout autant assombri… ce qui aurait du rester un échange sans préjugés idéologiques.

Et ma foi je vais reprendre le tour de ses nations à partir de la Grèce en traquant cette fois le mot mer au lieu du mot pluie, z’êtes prévenus.