commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

jeudi, février 12, 2026

Jour lent et retour sur La Grazia

 


Tremblotante et courbatue au réveil, préparation dolce, départ carcasse se prélassant dans une chaude protection kaki (la doudoune étant encore humide j’ai enfin pensé à cette vieille parka que je traine depuis des années comme un doudou où carcasse ronronne qui attendait dans une housse que je pense à elle et que j’ai défripée à la va comme je puis) ragaillardie encore dès les premiers pas dans l’air par l’air qui montait en tendresse et la jolie lumière…



Munie de trois paquets de serviettes  en papier de bonne facture, d’un nouveau collant chaud, de 200 grammes de cabillaud, de cent grammes de crevettes, d’une boite de cigarillos, du Canard enchaîné et d’un cookie de basse qualité, je suis revenue pour enchainer le jour en y incluant cuisine, un déjeuner lent en lisant un peu plus de la moitié du Canard, une lourde sieste, des petits tours internet (silencieux le plus souvent grâce à la perte de Facebook) et me suis attaquée un rien inquiète parce qu’en y pensant plus ou moins pendant tout ce temps me venaient des idées que ne savais comment dire et en quel ordre ce qui me restait de La Grazia regardée frissonnante et l’esprit ne restant à peu près éveillé et conscient que par la force des images et des idées…



Donc « La Grazia » le plus récent (2025) film de Paolo Sorrentino dont une photo (cueillie sur le site d’Utopia dont vous pouvez consulter l’article en cliquant sur ce lien).

Sans ordre, après avoir reproduit le résumé qui figure, entre autres sites, sur Wikipedia

Le président de la République italienne Mariano De Santis est désormais âgé et arrive au terme de son mandat. Veuf, ancien juriste et profondément catholique, il sera confronté à deux derniers dilemmes : accorder la grâce à deux personnes qui ont commis un meurtre dans des circonstances pouvant être considérées comme atténuantes et promulguer la loi sur l'euthanasie[2]. :

la beauté des images, leur cadrage,

l’importance donnée au temps, la lenteur, l’immobilité parfois, la caméra qui saisit les personnages plantés sous un angle puis un autre, une sensation qui s’apparente à celle du flottement (un peu comme celle de la larme en apesanteur du spationaute et qui le fait sourire)

le Président (Toni Servillo, magnifique) marchant lentement ou arrêté sur la terrasse, regardant le paysage, en fumant une cigarette comme lentement aussi pour l’économiser parce que ce sera la seule de la journée

les plaisanteries qui sont quasiment non dites comme sous-entendues et entrainent, surtout en ce qui le concerne lui qu’on surnomme (pour cette rigueur/solidité qui n’est pas que dans l’attitude) « Béton Armé »

les petits pas de côté : la larme flottant, le pape large bienveillant économe de mots inutiles avec son ami le Président personnifié par un noir aux dreadlocks qui se déplace en scooter avec dignité sa robe dansant dans le vent du déplacement, la vieille amie qui aime être juste assez déplacée dans sa tenue et son comportement pour poser sa touche de liberté

les personnages de l’entourage, les enfants du Président, les deux condamnés à mort, les politiques, celui qui se prépare peut-être à être candidat à la succession (qui est peut-être aussi cet homme dont le Président cherche l’identité, l’amant de sa femme morte et toujours régnante sur son esprit), le massif général venu des Alpini (oh les chants en choeur entonnés virilement et faux), l’amie un peu exubérante qui finit par dire que l’amant était l’amante et que c’était elle pleurant avec lui discrètement derrière le dos à la surdité affichée du chauffeur et à la toute fin du film après la démission partageant chaque jour un de ses repas simples etc…

Et nous qui partageons, guidés par des signes plus ou moins ouvertement distribués, l’évolution intime qu’il subit ou veut pendant ces quelques mois.

mercredi, février 11, 2026

Halles, cinéma, pluie et fatigue

 



M’en suis allée matin en quête de photos de fleurs.. 


Le fleuriste des halles était fermé. J’y suis pourtant entrée, reconstituant ma provision de légumes classiques et anciens (ai découvert mais non encore testé le persil long) et y ajoutant chez le traiteur italien un risotto aux champignons.




Sur le chemin du retour j’ai pu cueillir trois photos chez  le fleuriste de la rue Bonnetterie (les rares qui n’étaient pas enfermées contre la pluie pourtant encore modeste



Après un bon déjeuner (dont le risotto) et une sieste, j’hésitais un peu à aller comme prévu voir la Grazia à l’Utopia de la rue de République mais je n’avais plus de Grilletine et pas de pain quand un coup de téléphone du propriétaire m’a prévenue de son passage pour rediscuter des projets pour améliorer l’étanchéité de la cour, l’antiquaire du rez-de-chaussée ayant à nouveau des infiltrations dans son arrière boutique… mais finalement notre examen, les projets se sont terminés à temps pour que je puisse aller, en marchant vite, au cinéma et en profiter pour l’achat du pain et de mouchoirs, ai enfilé presto ma parka, enfoncé un bonnet, pris ma canne et un appareil photo et suis partie aussi résolue qu’effrayée par l’énergie de la pluie.. Je suis arrivée, ma parka gorgée d’eau et mes chaussures pourtant quasi neuves ramollies autour de mes chevilles qui se tordaient. 



Du film je ne dirai rien ce soir, si exténuée suis que je garde pour demain que je réserve à la reconstitution de mes forces.. . juste que je l’ai aimé malgré peut-être un petit quart d’heure de trop et le charme d’une séquence montrant un spationaute pleurant et souriant en voyant une larme flotter en apesanteur (séquence pas totalement choisie au hasard).

mardi, février 10, 2026

Lundi un film

 


L’attente sans fin

Oh que vienne le printemps

et sa tendresse



Pour des courses alimentaires et autres, un tour le matin rue de la République.



En fin d’après-midi, je m’en suis allée vers Utopia-Manutention pour assister à « Baise-en-ville » de Martin Jauvat un des films les plus désirés de ma liste « pourquoi-pas ? », 



(une photo copiée/collée depuis le site du festival | cliquez sur le lien si le désirez | dont je recopie des fragments

Grand trentenaire languide, accroché comme une bernique au canapé de ses parents, heureux propriétaires d’un petit pavillon à Chelles (77). Surnommé Sprite il est le dernier rejeton (j’espère que non, disons le plus récent) de la lignée de héros assurément  glandeurs… En version banlieusarde le grand frère du Petit Nicolas, le. Petit cousin du grand Duduche, le neveu de Gaston Lagache, l’arrière-petit-fils de Buster Keaton… grand dadais désarmant, fermement décidé à étirer son adolescence le plus loin possible, au delà des limites socialement admises… Il aime s’éterniser en méditant dans son bain mais sa mère confisque la bonde de la baignoire pour qu’enfin il sr bouge et se décide à trouver un boulot. Mais pour cela il lui faut une voiture et il a abandonné les cours de conduite quand, sous le coup de son désarroi(on le découvre peu à peu avec sa copine il est retourné habiter chez ses parents et a peu à peu dépensé son petit avoir… commence alors la galère pour trouver un travail pour payer peu à peu les leçons de conduite à son épatante professeur, qui multiplie les emplois pour boucler son budget, puis galope à pied ou avec des changements de cars ou trains pour assurer sa présence aux chantiers de ménage post-fêtes arrosées avec d’inénarrables péripéties…

Le site juge que Martin Sauvat signe là une facétieuse comédie burlesque et poétique… et parle de l’esthétique pop du film



En rentrant, je me demandais qu’en dire, me tordant les pieds avec une petite allégresse intérieure, puisque oui je n’aime normalement pas  la « ligne claire » mais j’ai savouré les tons acidulés, alors oui j’étais parfois gênée de rire contre le silence du public qui derrière moi occupait le tiers de la salle, alors oui les plaisanteries sont absurdes (ça c’est admis) parfois un tantinet grossières selon les canons socialement admis ou plutôt exprimées avec des euphémismes idiots… mais le rire me venait, et la tendresse pour ces « paumés » (nos frères et soeurs).

lundi, février 09, 2026

Dimanche fin des images des expos de la Collection Lambert

 


Dimanche matin, il pleuvait par intermittence et je m’en moquais, je suivais mon programme : un peu de ménage et un peu davantage de lessive, douche, lavage de cheveux, vraie cuisine par moi donc mangeable uniquement par moi (pas détestable pour moi au demeurant), petite sieste… j’avais envie d’aller au cinéma ce qui m’aurait fait marcher un peu mais je balançais en me souvenant que j’avais prévu de revenir sur la seconde artiste actuellement exposée à la Collection Lambert et c’est cette reprise qui a gagné d’autant que mes cheveux n’étaient pas vraiment secs.



Je reprends donc rétrospectivement au milieu du mur opposé aux fenêtres sur l’avenue de la dernière salle occupée par les fantômes de Gabriel Abrantes le couloir qui s’ouvre, sur les murs duquel sont exposées de petites aquarelles d’Agata Ingarden (née en 1994 en Pologne, travaillant à Paris, en plusieurs lieux en France et à Athènes, parfois en collaboration)… aquarelles qui font partie de la première de ses deux expositions dans l’Hôtel de Montfaucon, l’une d’entre elles étant co-produite par la Collection Lambert, Triangle Astéride et lae Friche de la Belle de Mai à Marseille en partenariat avec le Cirva.



En suivant le couloir : une salle sans fenêtre où est installée une clôture marquée par des montants en bois  auxquels sont suspendus de grands panneaux.



J’ai ensuite un peu tournicoté pour retrouver l’ascenseur qui me permettait d’arriver au troisième niveau dans la grande salle en L et à l’exposition « In Broad Moonlight » combinant des tronçons d’ascenseurs réemployés, industriels et froids, à des cordes d’instruments de musique tendues - comme prêtes ) émettre des notes de musique - et des moulages en bronze de vingt-cinq de nos vertèbres, dont la codification par lettres et numéros donne leur titre aux oeuvres. Ainsi au coeur de « The Shell » (T19-12, L1-5), elle même au centre de l’espace d’exposition, se trouve le sacrum, os du bassin sur lequel repose tout le haut du corps humain (ma foi, je ne comprends pas à part le bout d’un bras et une main je n’ai rien vu)

Et revenant à l’entrée de la salle ai repris l’ascenseur et m’en suis allée. Quant à ce dimanche après-midi j’ai été interrompue dans l’élaboration, avec l’aide du site de la Collection, de cette petite présentation par un coup de sonnette et la visite de l’ouvrier qui a fait les travaux et qui venait poursuivre ses interventions à l’étage au-dessus, l’ai salué, ai fait avec lui un petit tour/examen de l’antre et l’aurais volontiers maudit.