Qui ne gardait pas trace de la pluie tombée ni de l’orage qui ne vient pas, si ce n’est le degré qu’avait perdu notre canicule. En ce lundi où je n’avais ni perdu ni gagné le moindre grammes malgré mes efforts mais sans doute prise un peu de fermeté dans mon pas, je suis sortie aux heures encore fraiches ou relativement, un peu avant dix heures
et m’en suis allée longeant les boutiques qui se préparaient à ouvrir ou décidaient que non puisque lundi nous étions, vers le Carrefour de la rue de la République.
Retour avec des purées de pomme de terre et de courgette, du cabillaud sous vide, des crevettes, compotes, crèmes à la pistache et cookies dans l’antre… décidée à n’en plus bouger pour ce jour.
Et dans l’après-mdi de ce lundi dans l’antre je me suis promenée un peu avec des poètes de la Méditerranée, et même si certains rencontrés avant m’avaient peut-être davantage émue, charmée, mise en colère ou en joie, avaient mieux discouru ou chantée, même si d’autres, nombreux, plus loin, plus tard, se pressaient avec la promesse de leur force de leur sagesse ou de leur charme, je me suis arrêtée au Liban auprès d’Issa Makhlouf
Dis moi l’aube, ce que demain apportera. Quels seront les nouveaux espaces arrachés à la banquise et à la forêt d’Amazonie ? Que sera le nombre des tués et ceux que leurs désirs séparent ?
Parle-moi de la paix et des guerres écrites dans les gênes depuis l’âge de glace jusqu’à l’errance parmi les galaxies. Est-il une sagesse dans les armes ? Dans l’or de l’épée, dans l’explosion de l’atome ?
Aube, parle-moi de l’animal qui a peur de l’animal ; des requins rejetés dans l’océan, nageoires amputées, flottant sur l’inertie des vagues.
Parle-moi des femmes enceintes assises sur le crépuscule dans l’attente du miracle ; de leurs rêves qui voyagent avec le dernier rayon, s’y nourrissent et frémissent.
Promets-moi, aube, que tu reviendras, en compagnie de l’amant et des lèvres mouillées par les lèvres. Restitue son parfum au jardin quitté par ses senteurs. Illumine son ciel et fais briller l’astre des mélancolies.
Aube, passage de la sève entre nuit et jour, raconte-moi la lumière qui s’éparpillera dans les praires. La prodigue lumière élargit des chemins, salue le bonheur dans l’écume.
Quelqu’un te cueillera, aube, comme le cueille la rose, ou viendras-tu seule, astre étranger qui tend le firmament ?
Parle, aube… Que s’est-il passé ? Tu me regardes et ne dis rien.

















































