La température maximale du jour avait perdu ce mardi un degré par rapport à la veille et mon poids était sans changement. J’ai humecté/arrosé les plantes et nettoyé la cour, j’ai fait mon lit, une toute petite lessive, pas de repassage mais des rangements et un peu avant onze heures je me suis coiffé, ai tenté de discipliner mes cheveux avec une barrette sur le côté comme la petite fille que j’étais au Conquet
et je suis allée, tout à côté, acheter au petit Carrefour de la place du café péruvien et six rouleaux de papier moelleux pour mon placard/toilette.
Retour… internet (de beaux billets, de la gravité, parfois un sourire), cuisine… au moment de préparer mon pilulier du jour avant le déjeuner je me sois rendu compte que j’étais à court d’un des médicaments et mon projet pour le milieu d’après midi (voir « trois adieux » à Utopia) s’est effacé…déjeuner, sieste etc… j’ai enfoncé mon chapeau sur mes cheveux batailleurs, et suis repartie vers quinze heures
vers la grande pharmacie, en face de Monoprix avec carte vitale et ordonnance en forte lumière et bonne chaleur sans excès (cherchant sans grand succès des photos à prendre, je suis incurable.
J’ai résisté à Monoprix tant pour vêture/objets que pour l’annexe alimentation mais cédé au cookie de La Tropézienne et je suis rentrée un peu après seize heures mais, comme je l’avais deviné je n’ai pas eu le courage de repartir vers Utopia et j’ai repris les portes de la Méditerranée pour des pays maritimes qui évoquent souvent la mer, parlent de flots, de lames, de sable au sens propre ou figuré mais pensent rarement à utiliser ce mot…
Je n’ai rien trouvé chez les Maltais, mais en Croatie chez
Vesna Paran (à la fin d’un long poème au sujet d’un jeune homme gisant sur la plage, où revient plusieurs fois le mot mer)
…Je regarde mes bras éclatants
et mes flancs dorés d’écume de mer
où s’écoule l’huile des oliviers
Le regard tourne calme vers celui
qui dort et plonge dans le grondement
de la tempête lente, éternelle comme un agave
Je songe saisie d’un désir ardent et vague
aux oiseaux blancs qui les ailes déployées
frémissent dans les rayons bleus nuageux
de ce corps troublant à force de silence
Je songe au bruit de la mer et aux herbes solitaires.
mais rien chez Damir Sodan. Par contre, en Slovénie chez
Tomaz Salamun
comment le soleil se couche-t-il ?
comme la neige
de quelle couleur est la mer ?
immense
jonas es-tu salé ?
je suis salé
jonas es-tu drapeau ?
je suis drapeau
toutes les lucioles reposent
comment sont les pierres ?
vertes…
mais rien chez Erika Vouk ni chez Meta Kusar… Je passe en Bosnie-Herzégovine et je trouve chez
Dara Sekudic un long poème intitulé « Mer accueillante » dont je garde les quatre premières strophes
Toi, mer, c’est en hiver que je t’ai emportée
cachée dans mon sein, dans mes poches,
aux aguets entre mes doigts.
J’ai dû te fourrer partout,
au moment de traverser la frontière.
Et voilà ! J’ai déjà payé ma dîme
en plus des traites jusqu’à la fin de ma vie.
Ton hiver, imperceptible et noir,
me ressemble, délaissé, en attente
de son été que je ne verrai pas.
Toi aussi, la mer, tu t’agrippes à ta côte
sèche et calcinée, ta patrie à toi aussi.
Sans foyer, à ton tour, tu t’évaderais
pour regagner ce que tu es —
le large, le large…
mais rien chez Abdulah Sidran, et je m’arrête devant la frontière de la Serbie.





















































