Leiris - dans "Haut Mal"
"La mère en noir, mauve, violet - voleuse des nuits - c'est la sorcière dont l'industrie cachée vous met au monde, celle qui vous berce, vous choie, vous met en bière, quand elle n'abandonne pas - ultime joujou - à vos mains qui le posent gentiment au cercueil, son corps recroquevillé....
"La mère - sa hanche : ronde ou sèche, son sein : tremblant ou dur - c'est le déclin promis, dès l'origine, à toute femme, l'émiettement progressif de la roche étincelante sous le flot des menstrues, l'ensevelissement lent - sous le sable du désert âgé - de la caravane luxuriante et chargée de beauté.
"La mère - ange de la mort qui épie, de l'univers qui enlace, de l'amour que la vague du temps rejette - c'est la coquille au graphisme insensé (signe d'un sur venin) à lancer dans les vasques profondes, génératrices de cercles pour les eaux oubliées....
"Viendra-t-il jamais à l'esprit d'une de ces innocentes salopes de se traîner pieds nu dans les siècles pour pardon de ce crime : nous avoir enfantés ?"
Le poème est beau, pour moi un creux dans l'estomac. Mais finalement la chute est un peu redondante et l'affaiblit.
1 commentaire:
Un peu redondante et affaiblie...la fin?
Je la trouve au contraire parfaitement aboutie...touchante jusqu'au dernier degré...sacrificielle.
La poésie...comme forme étoilée du crâchat.
Bien à vous, JF L.
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