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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, juin 02, 2007

Quel reste de perversité légère me pousse, moi qui pense avoir presque aussi peur de violer la vie privée des autres que j’aime ne donner accès à la mienne que si j’ai le loisir de la maquiller, à cette envie instinctive de franchir toute grille fermant un jardin ou une cour, envie qui ne se manifeste pas devant une porte ? la vue de ce bout de vie entraperçu ? (à vrai dire cela ne s’applique guère aux grilles photographiées ici qui semblent ne rien recéler)
Un saut - Le printemps pourrait-il cesser d’hésiter sur son statut ? Champs de tournoi entre le vieux froid et l’espoir de chaleur, ou pré baigné de tiédeur et de parsemé de fleurettes ?
Comme beaucoup, mon corps proteste. Et, sur les cinq représentations d’Ubu au Théâtre des Halles, j’ai renoncé encore à celle de vendredi. Ne reste qu’aujourd’hui. J’évite de regarder le programme du Festival
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Entre deux assauts de la migraine installée en terrain conquis, j’ai cheminé à la suite de Monsieur de Montaigne en voyage en Italie, en sympathie avec son malaise physique et sa curiosité (l’avantage de mon Pléiade détrôné par la nouvelle édition) . Je me suis amusée de son ébahissement devant le nombre des dames de Venise « qui en font traficque » et leur richesse, j’ai tiqué devant son dédain des italiennes et du confort des maisons (je suppose que pour ce dernier point la Provence, et sans doute le Bordelais, étaient très italiens) et je suis entrée avec lui dans Sienne : « C’est une ville inégale, plantée sur un dos de colline où est assise la meilleure part des rues ; ses deux pentes sont par degrés remplies de diverses rues, et aucunes vont se relevant contre mont en d’autres haussures » (et mes jambes s’en sont souvenu, débâtant entre la rudesse de certaines petites traverses et celle de rues de Lisbonne) … « Le dôme, qui ne cède guière à celui de Florance, est revestu dedans et dehors quasi partout, de ce marbre ci ; ce sont des pièces carrées de marbre les usnes espesses d’’un pied, autres moins de quoi ils encroutent, comme d’un lambris, ces bactiments faicts de briques… » que ce soit de Montaigne ou du secrétaire, je trouve cela sans doute anodin mais fort goûteux.
Oh ! et je vois avec ravissement ces cheveux blancs, enfin, assez nombreux pour commencer à donner un semblant de caractère à ma tignasse queue de vache (Aubrac, je crois)

7 commentaires:

marie.l a dit…

serions-nous bientôt aussi jumelles (cf. l'expression que tu as utilisée récemment chez moi) par la couleur de la tignasse ? quant à Monsieur de Montaigne ce sera peut-être dans Les Essais que je retrouve quelque peu ce qui commence à me manquer et notamment dans : "De la constance"
Bon samedi Brig, il ne vient que de commencer mais là aussi je sais que nos débuts de nuit se pavanent souvent sur un même registre

Anonyme a dit…

Très beau ce texte, passes un bon samedi avec beaucoup de bisous
Françoise

Muse a dit…

Je relis en ce moment les essais, version vieux français et j'en reste quant à moi à la lecture "de l'amitié" qui 'ntraîne beaucoup trop loin dans sa réalité...
Je n'arrive malheureusement pas à masquer comme toi ma vérité.Est-ce un manque de pruderie?

Brigetoun a dit…

hum, touchée. Pruderie j'espère que non. Pudeur je crois que je n'en manque que trop/ Le problème est que je n'ai pas grand chose à cacher

Anonyme a dit…

Les essais de Montaigne est le "livre de chevet" de mon beau-père.
j'aime bien ce passage


" Sur la connaisance de soi "

[Contre ces gens "qui n'ignorent rien, qui gouvernent le monde, qui sçavent tout"]
"Tout philosophe ignore ce que faict son voisin, ouy et ce qu'il faict luy-mesme, et ignore ce qu'ils sont tous deux, ou bestes ou hommes." Essais, II, XII.

tanette a dit…

Merci de ton commentaire chez moi aujourd'hui, Brigetoun. Par contre si une de nous deux doit parler de "manques inombrables" en ce qui concerne nos lectures, je pense que ce sera plutôt moi. Je lis quelques auteurs contemporains que tu ne connais pas, dis-tu, mais je ne connais ni Montaigne, ni René Char, ni beaucoup d'autres "grosses pointures" de l'écrit que tu cites pour le plus grand plaisir de tes lecteurs etlectrices.

Anonyme a dit…

Sienne est une ville superbe. la piazza del campo, en forme de conque est particulièrement belle