dimanche, novembre 22, 2009

départ, en retard, en saluant au passage un marqueur du forum sur la culture, en fouettant carcasse et me tordant les pieds rue Peyrollerie, vers le petit contre forum qui été hébergé par Utopia

Je suis arrivée, en fait, un peu après le début de la première intervention, celle d'Alain Lefebvre, « marchandisation de la culture et créativité, ou quand la valeur d'échange supplante la valeur d'usage » - la vision de la culture telle qu'on tend à l'imposer :

« veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent les offres répondant aux attentes du public » - « des décennies de mauvaises habitudes » - « que la culture soit une réponse à la crise économique mondiale » - les liens entre l'administration et les collectionneurs privés et leur éventuelle influence sur les expositions etc...

puis, Valérie de Saint-Do de Cassandre-horschamp : « la culture invisible et asphyxiée ou comment survivent sur le territoire des équipes artistiques et d'action culturelle menacées par les restrictions budgétaires et le désintérêt des médias » - le brouillage total, l'écran de fumée qui caractérisent le débat actuel – défendre la culture en tant que bien public – la fausse « démocratisation culturelle » haut vers le bas – l'action du Ministère se limitant au patrimoine, le reste étant à la charge du marché – combat rendu difficile parce que ce qui est et que l'on défend n'est pas sans défaut etc... le tout, beaucoup plus détaillé, riche et fouillé que mes trois notes, n'ayant pas ce ton pleurnichard que je lui donne

Un échange avec la salle, expériences mais aussi ce qu'annonce la limitation et l'encadrement des financements par les collectivités locales

deux bons cours-métrages

un pique-nique offert dans la cour – une ambiance très agréable et un merveilleux rayon de soleil sur mes épaules

Et puis, des syndicalistes et les pistes pour défendre les précaires et les travailleurs isolés (le charme là aussi de l'auto-entreprise, suivis par une belle intervention (belle parce que je me sentais en accord) de Jean-Michel Lucas de Rennes 2 : « entre les productions culturelles rentables et les actions institutionnelles sous tutelle des collectivités et de l'état, comment développer une troisième voie : celle de l'économie créative solidaire » - rôle de l'éthique, de l'Unesco, refus de parler, penser, « nos » cultures face aux autres

mais je n'en pouvais plus, et suis rentrée m'allonger un moment et vaquer un minimum, après avoir noté ces repères pour ancrer mes souvenirs et achever de décourager mes lecteurs.

Tourné un peu en rond en cherchant le repos, et départ vers l'opéra pour ce qui fut un moment de bonheur.

Deux longues silhouettes minces, Susan Manoff au piano et Nemanja Radulovic, violon, pour trois sonates de Beethoven.

Lui, grande bouche souriante, paupières mobiles, crinière de cheval sauvage, silhouette dégingandéequi se plie, se courbe, jouant presque à l'excès l'image de la musique, comme un comédien, le sachant et donc désarmant, et surtout merveilleux musicien. La parfaite fusion des jeux, du dialogue.

Le concert débutait par la sonate n° 8 (vision brigitienne, chant, simplicité apparente et harmonieuse, quasi rusticité), l'attaque juvénile de l'allegro assai, la douceur (manquait peut-être un peu de tourment) du tempo di minuetto et la malice (là le coté comédien s'accordait parfaitement avec le jeu) de l'allegro vivace.

Et puis la sonate n°5, le Printemps, et leur jeu rafraîchissait sans heurt l'allegro si souvent entendu. L'accord entre les musiciens toujours délicieusement parfait, dans les petites ruptures de l'allegro molto.

Je pensais en rester à ce plaisir et rentrer, les 20 minutes d'entracte me semblant de nature à réveiller les mauvais cotés de carcasse, mais je suis arrivée à les occuper en discutant(très peu) et obtenant, choisissant, une place après la date limite de réponse pour un concert lyrique auquel j'étais invité. Ce qui m'a permis de rester pour la belle, complexe, sonate n°7.

Et je ne pense pas que cela soit dû (sauf à la marge) à ma petite fatigue, qui fait le vide, rend disponible.

9 commentaires:

Avignon a dit…

La musique reste l'expression indiscutable ! L'art presque absolu (car il y a la danse).
Côté forums je me sens noyé par des mots et, damned !, il m'a fallu aussi des mots pour ramener tout ça à des notions qui me semblent plus fondamentales...

micheline a dit…

Chez toi, qu'une petite fatigue fasse le vide il est aussitôt extraordinairement rempli.

tanette a dit…

Bon dimanche de repos après cette journée bien remplie.

jeandler a dit…

La culture, n'est-ce pas ce qui reste lorsque l'on a tout oublié? Il me semble avoir appris cela en classe de philo et je n'ai pas oublié.
C'est aussi une volonté. De se frotter à toutes les cultures. jeter les a-prioro aux orties.
C'est aussi un levier puissant, celui que peut-être Archimède cherchait pour soulever (comprendre) le monde.

Gérard a dit…

Culture, c'est plaisir du moment et pas grave si je ne retiens que peu !

JEA a dit…

2e photo : "la culture...facteur..."
allusion à Tati ???

arlettart a dit…

Parlez parlez ...il en restera toujours quelquechose!!!!
et des instants de pur plaisir pour oublier "dame carcasse"
Bravo tous ces courages

joye a dit…

Note culturelle (culture sans majuscule, bien sûr) : On peut toujours savoir que c'est un Français (ou une Française) qui parle en examinant sa façon de tenir le micro. J'ai noté cela à la télé - c'est vraiment différent chez toi ! - et aussi à un café-philo, le jour où je me suis dit que le monde serait meilleur si seulement tout le monde avait son propre micro à tenir...on se sentirait mieux écouté au moins.

joye a dit…

P.-S. : J'ai enfin lu Chéri par Colette, d'un seul trait, c'est exquis. Et je suis super contente de l'avoir découvert à l'âge de Léa et non pas celui de Fred.

:-D