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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

lundi, mars 08, 2010

Plusieurs livres, recueils sont proposés actuellement pour aider Haïti, et j'en ai commandé un, dont les bénéfices vont à la Croix Rouge (je croyais qu'il s'agissait d'écrivains haïtiens, ce qui n'est pas le cas, mais ce sont des textes offerts par de jeunes écrivains français ou suisses) - une façon de donner un peu en en tirant honteusement parti, et, justice, une légère déception devant une bonne part des textes ici rassemblés, mais plaisir d'y trouver trois des «ceux qui» de Jean Louis Kuffer, dont j'aime l'écriture et qui tient un blog que je lis régulièrement, dont le billet du 21 février http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2010/01/21/ceux-que-la-mort-surprend.html - humain tendrement et grinçant.

«... Celui qui vocifère dans les ruines qu’il avait annoncé le Châtiment / Celle qui défendait trois jours plus tôt la légitimité d’une Justice divine devant la classe des lycéennes qui sont toutes restées sous les décombres / Ceux dont le voyagiste cynique qui-en-a-vu-d’autres dit qu’au moins ils ne crèveront plus la misère..... Celui qui veut absolument que le staff du journal se réunisse pour établir le Top Ten des photos de sinistrés qui frappent sans choquer / Celle qui dit qu’elle a déjà donné pour les tsunamis / Ceux qui ont un concierge haïtien dont ils n’ont jamais eu à se plaindre... Ceux qui ont vu passer l’écrivain Frankétienne en larmes et qui se sont réjouis de le voir bien vivant du fait qu’il pleurait / Celui qui prétend dans son émission God is your gun que le pacte avec le Diable des Haïtiens leur vaut cet avertissement qui vise directement les Cubains auxquels il prédit l’engloutissement prochain de leur île impie sous une vague jamais vue ici-bas depuis le Déluge du Très-Haut / Celle qui a décollé les paupières du garçon rescapé au visage entièrement plâtré...»

On nous annonçait une neige qui a hésité, est venue en minuscules flocons qui fondaient, a disparu, pour revenir, presque sérieuse, dans l'après-midi (rien à voir tout de même avec les plus de trente centimètres de cet hiver). Le sud devient fou.

J'étais fort paresseuse pour les taches ménagères, et me suis promenée dans la nouvelle mise en ligne des « anticipations » d'Arnaud Maïsetti, qui depuis ma première lecture en mai 2008 http://brigetoun.blogspot.com/2008/05/rencontre-de-deux-formes-sur-un-mur.html , après un premier accroissement en janvier 2009 http://brigetoun.blogspot.com/2009/01/pendant-que-les-enfants-djeunaient.html, est passé de 7 à 39 textes, restant, s'enfonçant dans ce monde parallèle ou futur, extrêmement proche, du notre, monde de propriétaires, de village morts devenus prisons, de villes, de sécurité, de communication, où l'homme était

"Coupable d’être fautif, coupable d’être coupable : coupable d’être avant tout, un pas dehors, sorti de chez-soi, et mêlé au grand ensemble mouvant du réel. Coupable d’y avoir participé, d’avoir troublé, comme on plonge un orteil dans l’eau d’un lac de montagne, et ébranlé pour toujours l’immobilité de l’air : une respiration tranchée dans l’innocence. »

et puis, comme quelques lignes brigitiennes avaient rejoint le convoi des glossolales, http://leconvoidesglossolales.blogspot.com je recopie mon précédent envoi :

Les coudes sur la nappe, ou redressés, dos appliqué fermement contre le bois de leur chaise et les jambes allongées, un pied jouant avec un escarpin, ils se souvenaient, se disaient, cherchaient à retendre les liens presque imperceptibles, amenuisés, mais si invraisemblablement solides qu'ils en étaient surpris. Et, bien entendu, Fabienne s'était levée, et débarrassait les verres, les assiettes, toutes les traces du dessert, et, avec des petites phrases qui tranchaient, redressaient des erreurs, réelles ou supposées, portait tout cela, en un va et vient si régulier qu'ils n'en avaient pas conscience, jusqu'au comptoir de la cuisine, au fond de la salle. Et Jean, debout derrière, la regardait venir, finissait à petites cuillerées gourmandes le vacherin glacé, à demi-fondu, effondré, couleurs mélangées, et il riait, et puis il racontait, et les autres, retournés vers lui, et Fabienne en ralentissant légèrement, l'écoutaient et disaient que : oui, il avait raison, oui, c'était comme ça, et souviens-toi, au fond du jardin il y avait le fouillis d'arbres derrière les palmiers nains – non, pas des arbres, des bambous – tu crois ? - oui, c'étaient des bambous, et touffus – échevelés – et nous nous creusions des chemins, entre eux – jusqu'à un trou rond, une clairière – et les parents ne le savaient pas – et Fabienne disait qu'ils le savaient bien, les parents, mais que ça les arrangeait.

11 commentaires:

JEA a dit…

Le sud devient-il fou ou se maquille-t-il un peu en nord ???

Michel Benoit a dit…

Ton jardin ressemble bien à mon jardin !

tanette a dit…

Ici aussi le jardin a revêtu son manteau blanc, la neige fine enveloppe la moindre brindille, le jardin, les arbres me semblent encore plus beau que lors des précédents chutes.

arlette a dit…

"LIGNES BRIGITIENNES "
Titre d'un recueil à paraître absolument.... je souscris!! que de mots perdus dans le désert des écrivains qui se disent "écrinains"
Tiens! une faute que je ne corrige pas c'était inconscient !!!!
Belle journée glacée ici aussi

jeandler a dit…

Le temps d'écrire ses mémoires...

"De mémoire de femme, on ne vit hiver semblable en cette ville -
de la neige par trois fois - aussi loin que remonte sa pendule. Des provisions, elle en avait, de pain et de lectures; elle en avait ensuffisance pour soutenir un siège qui dans les remparts la tenait enfermée. Et si le frimas venait à persister, sa plume alerte sur le papier l'aiderait à s'évader et faire fi du climat..."

joye a dit…

Je pense que je vais piquer "écrinains" à ta lectrice d'en haut.

:-)

Gérard Méry a dit…

Les lignes brigitiennes sont loin d'être prises par les neiges...

micheline a dit…

Ceux qui.....
et ceux qui sont coupables mais non reponsables...


"Ceux qui pieusement
Ceux qui copieusement
Ceux qui tricolorent
Ceux qui inaugurent
Ceux qui croient
Ceux qui croient croire
Ceux qui croa-croa
...................
J Prévert

Lautreje a dit…

Quand je viens chez vous, je retrouve un mélodie ancienne, entendue il y a longtemps ou peut-être dans une autre vie, je ne sais pas, mais je me sens bien ici dans vos histoires.

DUSZKA a dit…

Moi aussi, je me sens bien ici, dans tes histoires rêveuses, tes mots ciselés, tes images en vols légers... surtout quand j'ai le moral au plus bas. Bises et merci.

Brigetoun a dit…

moi c'est la plume de Pierre que je piquerais bien