vendredi, novembre 05, 2010

Elle


C’est en descendant le boulevard Raspail

Depuis Sèvres Babylone, là où se trouve ce faiseur

Où il achetait ses costumes, aux soldes d’hiver,

Un voyage à Paris, en descendant,

Après la librairie, et celle qui a fermé, les arts et le théâtre, le cinéma

C’est en doublant le boulevard Saint Germain,

Au coin duquel, le café, l’Escurial où le dimanche matin

Vers 7 heures croustillaient les croissants, la rue du Bac,

Là, à droite, les deux palaces, où elle a vécu quelques années, avant d’aller sur le quai s’installer, en face des péniches, des arbres qui jaunissent à l’automne,



les années qui passent, elle avait trente deux ans en quarante sept,

C’est là, en face, la mère du mari de sa sœur, sur sa cheminée avait une panthère,

Loin de là, presque à la porte d’Orléans

Non loin du lion, qui la garde,


Non loin de là, mais sur l’autre rive du fleuve,

Plus tard, sur cette place emménage son frère,


Sur la rue de Rivoli, sa sœur, veuve, non loin de là,

Elle, ses cheveux teints, greige, son mètre soixante, elle et le bus qui la mène

à Clichy, ce soixante huit,

Elle qui y achète ses tissus,


Là, dans la chambre quinze, les années soixante dix, le concours de Vaugirard,

Au coin de la rue de Beaune et du quai, ce restaurant, cette librairie où travaillait qui déjà,

Le fleuve, les bateaux-mouches, la nuit orangée, les voitures, toute la journée,

Que demander de plus, un toit, un réchaud, du saumon fumé,

« On vit le moment et l’instant présent» dit-elle en riant,

Des aiguilles à tricoter, la télé, les fauteuils du bureau de son père,

La cage à oiseaux en forme de lustre, ou l’inverse, les fleurs,

Les roses qu’on achète près de la boulangerie, non loin du croisement Saint Germain Raspail, à droite, en allant vers l’assemblée vivait François Périer,

Maria Casarès, Orphée, et en marchant, on rejoint le quai d’Orsay, le fleuve, la Concorde et

Paris au mois de mai, « tu ne peux pas imaginer »…


C'est Piero Cohen-Hadria qui offre à « Paumée » ce voyage dans le temps, les rues de Paris, les objets, et Brigetoun laisse ses souvenirs rêver sur ces lignes et divague aimablement accueillie par lui sur http://www.pendantleweekend.net/2010/11/divagation/

« Tiers Livre et Scriptopolis sont à l'initiative d'un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »

une liste des vases communicants de ce mois, qui s'espère complète, ci-dessous :

14 commentaires:

koukistories a dit…

pfff, il est magnifique ce texte !
il cahote comme on marche.

Avignon a dit…

Ça pourrait se passer à Avignon (il y a un boulevard Raspail d'ailleurs, et des portes et des bateaux moches)​​​‍!

Mathilde a dit…

jolie promenade parisienne ! ça donne envie d'y retourner pour s'y balader !

jeandler a dit…

Et je pense - je crois deviner - que ce cadeau, cette balade en demi-teinte, te plaît comme elle me touche, moi, le parisien d'adoption devenu... comme un second pays.

brigetoun a dit…

et oui, beaucoup même et chaque rue a fait tilt, même si je ne fréquentais pas, moi, le Marché Saint Pierre et ses abords

brigetoun a dit…

mais, soyez bons, allez me lire, même si baclé ce fut, sans que j'ai le courage de reprendre à zéro

micheline a dit…

et à chacun ses petits coins souvenirs..dans cette grande capitale

joye a dit…

J'adore, j'ai tout revu, tout reconnu, tout revisité.

C'est la meilleure des Paris, celle qui vit encore dans mes souvenirs.

brigetoun a dit…

relu et oui Paris au mois de mai, tu peux pas imaginer

Anonyme a dit…

Merci à tous ceux qui sont passé ici, merci à vous, Brigitte de votre accueil, et que ces vases communiquent encore, et souvent, et qu'ils entretiennent nos relations (virtuelles, certes).. Avec vous
PCH

tanette2 a dit…

Un petit coucou rapide pour te souhaiter une bonne soirée.

brigetoun a dit…

courtois jusqu'au bout - Paumée n'a jamais été à telle fête (avec moi, le pauvre)

Gérard Méry a dit…

j'y vais demain à paris salon de la photo oblige

arletteart a dit…

L'escurial n'existe plus et l'odeur des croissants , du café pique le coeur en passant