7 Juillet
C’est moi qui dois battre en retraite. La chanson douce se fait trop douce, se fait l’ami du sable fin qui constamment dragué côté port descend en pente inexorable vers un fond propre à laisser passer les paquebots.
Décision ferme et provisoire : se rétracter comme crustacé dans mes anfractuosités, derrière les grilles, derrière les portes. Lieux clos et qui sentent. Parties intimes. Peut-être lui échapper.
Et puis besoin du silence des cellules pour suivre Mathilde. Ses rêves me contaminent, je ne peux plus reculer. Pas d’autres choix que d’y être à l’extrême attentif.
10 juillet
Tu es mal fagotée
ta peau est celle d’une pomme de terre
je me dis : paysanne !
Tu continues l’exploration
tu traverses des pièces et des pièces, 1086, en chantier, toutes
Tu brodes quantité de scénarios, 34567
Tu fais des plans d’avenir, 153
De l’eau monte très rapidement à tes oreilles
un canoë sort de ta bouche et tu siffles un air d’opéra
tu attends la chute 4566 4565 4564 4563 4562 etc.
Tu me fatigues un peu
Une fille s’approche et dessine sur ta paupière : un œil. Tu peux voir la totalité de l’œil, y compris l’arrière, comme sur une planche d’anatomie. On dirait la terre, bleue, le dessin est parfait, et d’une précision ! Le stylo te blesse l’œil mais tu n’oses pas bouger
Des gens te tuent, tous les moyens sont bons, ils te lapident, te piétinent, ils te tronçonnent, ils te coupent avec des ciseaux, des couteaux, des sabres, des couperets, des cimeterres, tout y passe
« Paumée » est tout fier et fringant d'accueillir Juliette Mezenc et un extrait du « journal du brise-lame, pendant que Brigetoun, sur « mots maquis », chez Juliette, s'essaie à rêver autour de ce brise-lame, ou d'un autre http://motmaquis.net/spip.php?rubrique5
Tiers Livre et Scriptopolis sont à l'initiative d'un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… "Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre."
La liste des participants, que j'espère correcte se trouve ci-dessous ou sur un blog dédié à ce seul usage http://rendezvousdesvases.blogspot.com pour simplifier les choses pour les participants
10 commentaires:
Juliette
Un texte fort et des mots et images puissants : « ta peau est celle d’une pomme de terre ».
Merci
Merci Pierre - j'espère que cela sera aimé comme nous l'aimons
premier vendredi du mois ?
les fleuves remontent vers les sources
et les étoiles prennent le maquis...
J'aime beaucoup lire ces échanges
L'oeil attire le rasoir de Bunuel, les scénarios peuvent se multiplier à l'infini, les cimeterres ont dépassé la Toussaint, la poésie ne se laissera pas enterrer.
contente des passages sur cette face de notre échange
de passage, salut joyeux et amical aux lecteurs et à mon hôte !
Juliette
Il y a pomme de terre et pomme de terre.
j'en connais de toute jeunettes à la peau douce et tendre
d'autres, un peu ridée, parfois fanée
d'autres encore de toutes les couleurs
incas ou aztèques
les yeux bridés.
Une farce dis-tu ? avec de la pomme de terre alors !
"tu attends la chute 4566 4565 4564 4563 4562 etc."
Et je songe à OPALKA...Oui on dirait un portrait de OPALKA....on dirait, que j'ai aimé ! Non on dirait pas : j'ai aimé votre texte !!!
Enregistrer un commentaire