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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

dimanche, février 05, 2012

C'était un grand bon vent

c'est un grand bon vent qui a rempli le vendredi, c'est un grand bon vent qui ne veut pas mourir, c'est un grand bon vent qui a peuplé la nuit d'un haut tumulte incessant, modulé, diminuant parfois jusqu'à se faire presque oublier aidé par l'accoutumance, sur lequel se ruaient des grands feulements qui se heurtaient à la fenêtre de la chambre , la faisait grincer, qui, à travers les solides volets bleus, entrouvraient les portes vitrées de la cuisine, les faisaient jouer avec des notes hautes le long de l'entrebailleur.

C'était encore un bon grand vent (pas si grand pourtant, 65 km/h avec rafales à 95 qui sont remontées à un peu plus de 100 dans l'après-midi si j'en crois Météo France) devant lequel j'hésitais, peureusement fatiguée, samedi matin.

Suis tout de même sortie pour les courses minimales dans le quartier, abandonnant toute idée d'excursion au delà de la place de l'horloge (heureusement que vous ne savez pas combien faibles sont ces distances) avec deux chandails, une parka dans le capuchon de laquelle se renfonçait ma tête, châle de fine laine noué en gros amas autour du cou et du menton, et gants très mal choisis - mes mains y gelaient plus qu'à nu - qui n'avaient d'autre utilité que de me gêner pour prendre photos... et un petit ricanement intérieur à moi adressé en pensant aux froids affrontés en Pologne, au Canada, en Suède, au nord de Valence et même en Drôme.

C'était pourtant un grand bon vent, pas homérique, pas tempétueux, mais suffisant pour que je doive lui opposer mes kilos tous neufs pour avancer, pour que journaux, papiers et feuilles dansent avec des sursauts désordonnés quelques centimètres au dessus du sol.

C'était, tout de même, à notre échelle, un vrai froid, qui gelait l'eau des caniveaux...

J'ai ramassé un sac de 20 litres de feuilles et terre bien tassés, et puis :

Brigetoun bouge pas, elle se rencogne, elle vaque un peu, pas trop, elle n'a pas d'intérêt à ça. Elle dort une petite heure et puis elle choisit, pour imaginer une sortie de l'antre, de voyager, un moment, avec Farigoule Bastard, tranquille, en amie non impliquée, elle n'est pas lui... et d'abord de se préparer au voyage, avec cette différence qu'il fait chaud, trop chaud dans le présent de Farigoule

« Farigoule se ramène, il se rassemble, et tous ses plis s’embourbent les uns dans les autres, son dos : un levier. Il fait liquide. Epais. Poisseux. Il aime comme ça s’effondrer. Tout compte fait, ce n’est pas un voyage plus pénible que la tâche du jour. C’est comme le bras mort d’une rivière qui se perdrait dans les cailloux, une pause dans une chasse, un rêve. Reste à savoir ce qu’on en retirera, pas même un souvenir, à coup sûr Jamais je ne tiens mes rêves, il pense, mais je sais qu’ils ont été, pas même un souvenir, quelques brins éméchés, quelques images émoussées, quelques rencontres trop blanches, de ces choses qu’on ne saisit pas : un soupir, un rond dans l’eau, l’épaisseur de la nuit. Un hibou plus lointain, plus aigu, semble répondre au familier. Farigoule fume, et quand il fume il n’est à rien. Ses pensées s’étiolent, son corps à nouveau se disperse, mais à présent d’apaisement. Il est en vrai, Farigoule, il est gaz, tout entier dans la pièce et la nuit, on dirait qu’il la contient tant il la seconde. Il patine sur les volutes, il s’en inspire et s’y enchaîne. Il est ce que devient l’herbe brûlée, consumée en spirales bleuissantes. Il est tant fidèle, on dirait, que la nuit. »

(Benoît Vincent) http://www.amboilati.org/chantier/farigoule-bastard-3/

Brigetoun regarde le cigare qui s'est éteint dans le cendrier à côté d'elle et décide vertueusement de ne pas le rallumer, ou pas pour le moment.

13 commentaires:

Michel Benoit a dit…

J'avais lu 55 km/h... il me semblait bien que le mistral était plus violent que ça...

JEA a dit…

un vent-dale ?

Dominique Hasselmann a dit…

Pas de fumée sans froid (hier canal en cours de gel mais pas de vent du sud).

Pierre R. Chantelois a dit…

J'échangerais volontiers un peu de votre bon grand vent contre un peu de notre bon grand froid. Me semble-t-il que vous étiez en bonne compagnie avec Farigoule.

chri a dit…

Il fait un froid à ne mettre personne dehors!

Brigetoun a dit…

et je regarde mes plantes entrer lentement dans leur mort (mais le vent s'est calmé un peu et ma fenêtre reste fermée)

arlette a dit…

Farigoule farigoulette comme ces mots chantent et sentent le soleil

DUSZKA a dit…

Nous avons eu ici en Berry grand froid (- 15°)grand vent de Nord-Est et grosse neige aujourd'hui nous en sommes à plus de 20 cm. Le grand vent avait débarrassé très vite les routes de la neige d'où belles promenades sur routes sèches, mais le vent est tombé la neige est réapparue et gèle sur place... c'est assez dur pour de vieilles personnes comme moi risquant la fracture du col du fémur. Le congélateur est plein, nous vivons en autarcie dans le hameau à 3 km du village le plus proche. Bises berrichonnes.

jeandler a dit…

Ne jamais rallumer un cigare éteint.

Brigetoun a dit…

c'est l'avantage des cigares pourtant

Duszka pense bien à vous
Ici pas de neige, beaucoup moins froid mais négatif tout de même et suis pas très loin des commerçants (tout de même pas si près non plus - et vis en autarcie pour le moment : assez de patates, yaourts, pâtes et morue pour tenir quelques jours.
Mais moins dur que chez vous.

Gérard Méry a dit…

Tu as fait un tabac en ne le rallumant pas

Lautreje a dit…

oui, une pensée pour ceux et celles qui subissent le grand froid.

Anonyme a dit…

Je suis transie en lisant votre billet :-) Et amusée de la réponse de Gérard :-)

Restez bien au chaud Brigetoun !

Flore (de retour mais provisoirement)