dimanche, juin 09, 2013

Traversée des jours passés, images floues



Traversée des jours passés, images floues
marche jeudi matin, un peu cramponnée, pour petites courses dans la ville, cueillette d'images de verdure, dont garde, parce que les aime, ben oui, 
les photos ratées

arrêt devant un bureau que je veux, que n'aurais pas – lancer une souscription sans contre-parties ?


consolée d'avoir dû (plus de nom sur la belle plaque installée par propriétaire malgré demande) traverser la ville pour quérir un paquet – panier trouvé sur chemin du retour pour palier au plus de place dans bibliothèques...

Vendredi, vases communicants, et départ, sous un beau ciel qui commençait à se faire grumeleux, un peu après vingt heures pour l'opéra

à la rencontre de Don Quichotte
avec en ouverture la Rhapsodie symphonique de Turina, dirigée depuis son piano par Jean-François Heisser, du charme, un intérêt qui tardait à s'installer en moi
puis les danses de Don Quichotte de Roberto Gerhard, que j'ai aimé avec une légère déception, l'influence de Schoenberg me semblant limitée à quelques accents mis dans la couleur populaire (au bon sens) et donc assez classique
et un moment de très grand plaisir, avec l'interprétation des trois belles et très aimées chansons de Don Quichotte à Dulcinée de Ravel par Laurent Alvaro (voix de baryton-basse qui fait que les interprétations de grands noms, sauf José van Dam, retrouvées samedi sur You Tube m'ont semblé belles mais très légèrement trompetantes, sans la belle matité qui se coulait parmi les cuivres, surtout dans la chanson épique, la seconde, la plus rêveuse)

un entracte dans la douceur de la place... et les tréteaux de Maître Pierre de Manuel de Falla, dans le bonheur de la musique, du mime dansé des grandes marionnettes à gaine de «Bambalina-théâtre-practicable», de l'interprétation de l'orchestre en formation réduite et des voix d'Eric Huchet, ténor presque baryton, de Laurent Alvaro à nouveau et surtout (par l'importance du rôle, le charme de la voix dans ces récitatifs rythmés, ces airs doucement modulés) Chantal Perraud dans le rôle du récitant.

Une vraie bonne soirée.

Un réveil samedi matin, dans le plaisir des projets que j'avais fait pour ce jour, dans une lassitude infinie... dans un début de crachin, d'annonce de pluie (retour, à mi-chemin des courses, pour troquer saharienne de lin contre veste imperméable) – renoncé à repasser par l'Opéra pour prendre un billet pour un concert de l'orchestre et d'élèves du conservatoire au coeur de la nuit dans le charme (à mes yeux, qui y ajoutent de très bons souvenirs) du jardin de Mons..

constat, en rentrant avec petites courses, que l'homme qui rouspétait contre je ne sais quoi, dans la nuit de vendredi, était en effet très en colère...

Restait la fatigue (comment vais-je faire pour renouer avec activité normale en juillet ?) et la pluie, bien installée en début d'après-midi, restait aussi le vernissage de l'exposition, partagée entre le Palais des papes et la collection Lambert, intitulée les Papesses (Camille Claudel, Louise Bourgeois, Kiki Smith, Jana Sterbak, Berlinde de Bruyckere) et mon attente.
Papesses si l'on veut, ou si la ville décide de leur donner ce titre, plutôt princesses, passeuses du corps, de la douleur et du désir.
L'invitation portait 17 heures pour le palais, eu peur qu'avec ce temps la lumière soit très insuffisante... tardé, hésité, ai sorti une paire de sandales d'une boite, me suis demandé pourquoi les mettais si rarement, ai pensé = parce que trop laides.. tant pis, et suis partie vers 17 heures 30 dans une lumière morte


un peu triste – ai réalisé au bout de dix minutes que, oui, ces sandales sont laides mais ce n'est pas la seule raison de ne pas les porter... ai enduré,
trop, parce que suis revenue avec mes deux appareils, flash ou non, pleins de photos, ça aurait pu être pire, en ai jeté presque autant, mais vraiment c'est trop, alors essaierai d'en trier ou reprendrai tout (en espérant ne pas me tromper en attribuant les oeuvres) demain

juste ça : dans les deux expositions l'accès se fait par un escalier sous chemises pendues, et, un peu au hasard, une oeuvre de chacune (prise dans l'exposition du palais)

Camille Claudel

Louise Bourgeois (bien entendu, une araignée, mais il y a bien plus)

Jana Sterbak (peu d'oeuvres, finalement)

Kikie Smith

et Berlinde de Bruyckere (avec Louise Bourgeois celle qui est le plus présente)
L'avalanche sera pour le prochain billet, êtes prévenus (avec tout de même, ennuyeuse, l'extrême variété des teintes captées par mes appareils dans la lumière de la chapelle)

8 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

Une densité de matière qui nous fait voyager entre soleil et pluie, entre beaux arts et musique, entre les rues ensoleillées et grises d'Avignon, entre humeurs joyeuses et mélancolie, entre caractère taciturne passager et liesse. Ouf. Vous nous gâtez. Et ce brouillard des deux premières photos (ainsi je les vois) est impressionnant.

Dominique Hasselmann a dit…

Louise Bourgeois a toujours une belle araignée au plafond.

brigitte celerier a dit…

et ça finit par en faire presque une collection (mais elles se dispersent)

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Floues ?
Tes deux première photos sont très belles.

L'expo ne m'a presque rien apporté. Si, la découverte de l'amplitude des activités de Louise Bourgeois. Les magnifiques bronzes de Claudel, on les connaissais presque tous déjà et je crois que ce que j'ai préféré était l'ébauche du groupe en plâtre. Mais quand même découverte de Kikie Smith avec de superbes tapisseries. Jana Sterbak et Berlinde de Bruyckere m'ont laissé indifférent, les œures de cette dernière exagérément dégoulinants et sans âme. Pour l'autre je ne suis pas amateur de ces espèces de compositions que j'assimile facilement au "ready-made". Pourtant, je suis en demande d'art contemporain. Mais là, ce mélange hétéroclite et ces rapprochements douteux, l'installation globale de l'exposition qui ne trouve pas son âme... :( Artistes féminins + palais des papes = Les papesses. C'est un peu léger quand même... J'irai même plus loin : les différents artistes se nuisent !
La seule chose que j'ai photographiée est le reliquaire aux miroirs !!! Chargé comme objet... À l'instar de cette petite parturiente en ivoire (ou en os ?) tout à fait touchante.

Glop, glop !

brigitte celerier a dit…

ai loupé le reliquaire - pour Belinde de Bruyckere entre fascinaton, dégout, et plaisir de certaines formes fluides, pour Kikie Smith : celle qui me donne vraiment un malaise.
Titre stupide oui - quelque chose qui les lie pourtant, la féminité, pas celle qui veut "que les femmes fassent politique autrement" "soient généreuses et fragiles", quelque chose de plus essentiel

DUSZKA a dit…

Merci de porter jusqu'ici, dans mon hameau perdu de femme immobile, la Culture qui est à ta portée. Un merveilleux voyage à tes côtés.

arlettart a dit…

Des rapprochements douteux !!! exactement le malaise ressentit à Montmajour et les présentations de Christian Lacroix dont je ne sais comment organiser ma pensée et mon reportage!!!
C'est devenu la mode il me semble
n'en retenir qu'un "truc" au passage et c'est déjà beaucoup
Belles images Merci pour tes "flous" j'adore

Gérard Méry a dit…

échangerais bureau contre bonne soirée...tu as gagné