dimanche, décembre 15, 2013

Encore n'importe quoi


Ai salué mon amico assis dans le doux hiver de la rue - s'était déplacé et la porte du petit escalier qui monte vers le transept de Saint Agricol était ouverte - me suis souvenue d'un billet de Michel Benoît http://avignon.midiblogs.com/archive/2013/12/09/la-crecho-de-sant-agrico-791879.html – suis montée.
La Maïté m'a accueillie, bras ouverts, de petite vieille à petite vieille - «Té ! Te voilà !» - lui ai demandé si elle avait fait bonne route.

«oui, tu vois, je suis là, depuis plusieurs jours déjà, pour attendre le calèndo, je suis venue tirée par les jeunes à contre mistral dans le froid de pierre bleue, les arbres chantaient avec les violoneux, et à la lisière d'un bois, un peu avant la chapelle Saint-Gabriel de Tarascon, une daine est venue nous regarder passer, avec ses deux faons...»

la jeune femme : «grands yeux qui voulaient nous suivre»
le jeune ébahi endimanché : «douceur fauve contre les branches noires»
le paysan qui venait du fond, de l'étable : «mais ils ont encore leurs taches blanches»
et j'ai pris un air de comprendre – bien sûr je ne savais rien des daims, je pensais même qu'il n'y en avait jamais eu de vivants par chez nous, mais il y a Wkipédia – béni soit-il – qui pose de petites connaissances trop souvent éphémères sur l'immensité de mes ignorances, de comprendre donc, de savoir qu'en hiver ils les perdent leurs taches..

Et, parce qu'on peut faire n'importe quoi en dérivant depuis des bribes de science
«mais moi aussi j'ai rencontré des daims, un tout jeune, presque un daguet, et une femelle, l'autre jour, à côté, rue Joseph Vernet, seulement avaient tellement marché depuis la Turquie qu'ils s'étaient usés, étaient minuscules, si petits qu'une dame – ah si vous l'aviez vue, elle avait une robe d'or ou dorée, mais – peut-être qu'elle n'avait pas assez d'argent pour cette splendeur – l'était toute courte sa robe, presque comme une camisole, et elle avait des jambes nues – les piétinait presque de ses longues jambes et elle les avait habillées, ces jambes, de paillettes dorées...»
le jeune seigneur en habit vert a levé la tête en ouvrant de grands yeux gourmands comme si elle était devant lui, Maïté a eu un sourire offusqué et le sombre vieux bourgeois au gilet brodé a grommelé que le monde n'en finissait pas de courir à sa perte.
À part ça, l'Europe comme elle va
et le reste.

15 commentaires:

Pierre R Chantelois a dit…

Un beau conte de Noël à mettre sous le sapin de tous les enfants et les grands enfants... Féerie des mots et des images.

Dominique Hasselmann a dit…

La politique et nos santons, nos dédains...

arlettart a dit…

Si doux ...qui donne envie de les caresser pour oublier comment va le monde

brigitte celerier a dit…

il manquait trois e - je niais le féminin hier soir

cjeanney a dit…

Donc ils perdent leurs taches l'hiver (c'est fou, je ne savais pas non plus) (il faudrait que le monde aussi perde ses taches, mais quel travail de les effacer) (le monde comme il va, avec des dorures et des tristesses) (c'est bien compliqué de ne pas se laisser abattre) (l'idée c'est de ne pas se perdre de vue) (les parenthèses, c'est pour essayer de tenir chaud un peu :-)))

brigitte celerier a dit…

ici le froid a perdu son mordant (suis dans crainte du retour, jamais contente)

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

La dernière lettre de ton lien vers Avignon (le "l" de html) n'a pas été prise dans le lien.
Qui de ce fait ne fonctionne pas.
o_O

;D)

brigitte celerier a dit…

MMMMM décidément !
pardon te demande Michel et je corrige vite

jeandler a dit…

La première image, sans daim ni taches, est fort belle.

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Qué pardon ???
C'est plutôt à moi de te remercier pour ce lien !

brigitte celerier a dit…

et moi pour me l'avoir signalée - pas encore faite à Saint Didier l'autre jour et au Roure c'est une collection de cartes
pas essayé Saint Pierre ni la cathédrale - et Saint Symphorien ?
mais les santons de Saint Agricol sont spécialement beaux je trouve

ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ a dit…

J'ai photographié :
— celle de St-Agricol donc
— celle de l'Hôtel de ville (à venir)
— celle du Roure (oui, il y en a bien une avec pleins de santons anciens et les 13 desserts !)

Pour ce qui est de St-Pierre, elle est en cours.

À St-Didier et aux Carmes, pas (encore ?) de crèche.

(St-Symphorien : c'est les Carmes.)

Quant à Notre Dame des Doms, elle est fermée pour travaux durant... 18 mois !

Me reste à voir les Pénitents : noirs et gris.

brigitte celerier a dit…

faudra que je retourne au Roure (ll y avait une fille qui fumait dans la cour et qui est rentrée en soupirant en me voyant, m'ennuyait de la déranger, j'en suis restée à l'affiche sous le porche)
oui je sais que Saint Symphorien c'est les carmes....

Gérard Méry a dit…

Daims, crèche et petit jésus .étonnant de voir çà chez toi.

brigitte celerier a dit…

las vu de petit Jésus, d'ailleurs je crois qu'il n'est pas encore né