vendredi, avril 25, 2014

Chercher les deux eaux


Comme Michel Benoit m'avait rappelé, en commentaire à ma petite virée de mardi, que de ces deux eaux qui donnent leur nom à ce quartier d'Avignon hors rempart où on trouve routes, ronds-points, cliniques, laboratoires, garages, un centre commercial, des pavillons et autres, il en avait parlé http://avignon.midiblogs.com/archive/2011/11/19/li-dous-aigo-dou-pont.html#comments (vous invite à lire les commentaires toujours assez savoureux échanges entre avignonnais partis, avignonnais récents, avignonnais demeurants, pour retrouver l'histoire des lieux) je suis partie à la recherche de cette rencontre de canaux.
Il disait «en face de la clinique Urbain V», ai traversé la rue, ai regardé
Dans un nid vert entre route et petit chemin de terre bordé d'un terrain vague très nu, l'ai trouvée, l'eau, un peu sale mais bien vivante, mais elle était seule.


L'ai suivie... ai salué des ouvriers qui piqueniquaient au soleil près d'un bâtiment. J'étais bien, flânais dans cette petite incise, cherchais les trous dans les hautes herbes pour l'apercevoir, l'interroger, mais elle s'entêtait à être seule.

Suis arrivée à un petit pont de bois, me suis arrêtée un moment, accoudée comme il se doit, ai regardé l'eau, les arbres, c'était toujours le canal de Vaucluse (je crois) tout seul.

Alors suis revenue le long de l'autre rive, en compagnie d'un tout petit cycliste aux grands yeux très noirs suivi par sa mère, fine silhouette en longue robe et voile, qui gazouillait, penchée sur une poussette. 

Ai longé des pavillons, des explosions de fleurs, rejoint la clinique, traversé un rond-point, ai marché le long de branchages dans la direction du centre commercial,

et, victoire ! elles étaient là les deux eaux, la rencontre entre le canal du Vaucluse et le canal de l'Hôpital.. 

ai salué la Durance puisque c'est un peu d'elle qui coule entre parois et reçoit l'eau, enfin claire, juste le temps de cette chute, de l'autre canal (à moins que ce ne soit le contraire)


et puis, comme l'heure approchait, suis retournée, dans un petit tunnel de verdure, le long de la route, vers la clinique,

la longue attente pour les formalités, les gens à tranquilliser..

la longue attente en déguisement de malade, avec par chance, la compagnie d'une femme de mon âge, et même juste un peu plus vieille – mais plus belle allure même nue dans du bleu marine sans forme –, avec mêmes défauts et en piapiatant avons tué le temps, plaisanté, même ri un peu...
Et puis le côté extrêmement inconfortable de l'anesthésie qui vous laisse juste un peu consciente, de ce truc cherchant dans votre tube rouge (fascinant), d'entendre qu'on ne voit rien, mais comme le craignais, parce que les toubibs sont tenaces et curieux, des minuscules pinces prélevant de minuscules bouts de Brigetoun et des résultats à attendre.
Un rien vaseuse et en grande envie de partir, appelé un taxi, titubé un poco, entre les remparts où m'a laissé et l'antre

bu et mangé un peu trop tôt, avec le résultat prévisible, avant de forcer le sommeil à venir me rajeunir.
Passionnant n'est-il pas ? Mais le ciel était bleu avec de très longs nuages blancs paresseux et l'eau dans les herbes et sous les arbres charmante.

12 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Merci pour ce partage des deux eaux.

brigitte celerier a dit…

et merci pour votre passage (cela rime quelle chance)

chri a dit…

Dans l'attente des résultats des analyses... Avec vous.

Anonyme a dit…

Absolument magnifique voyage que vous nous faites faire là!

Penser que vous n'auriez peut-être jamais connu ces eaux et leur "mêlage" sans ce bazar d'examens;)

jeandler a dit…

La patience dans la recherche est toujours payante mais pas remboursée par la Sécu. Seulement le plaisir.

Françoise Dumon a dit…

Merci pour cette belle promenade, dommage pour toi qu'elle conduise à un centre de santé. Je t'espère des résultats non traumatisants.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Nous en avons également pas mal, des histoires, avec cette clinique !

Anonyme : les deux eaux, justement, ne se mêlent pas (normalement).

brigitte celerier a dit…

ben si tout de même Michel il y avait cette vanne levée et la petite cascade de l'un dans l'autre - la première de mes photos

ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ a dit…

Merci Brigitte, je viens de vérifier sur un plan moderne : effectivement, les deux canaux n'en font plus qu'un au Pont des Deux-Eaux !
Il n'y a plus de canal qui entre en ville au niveau de Ste-Marthe.
Comme quoi, à trop regarder d'anciens plans on en oublie de regarder les nouveaux !
Mais alors, pourquoi ces deux canaux parallèles en aval ?

brigitte celerier a dit…

pour le plaisir de l'interrogation ?

Gérard a dit…

...et c'est souvent à la clinique que se perdent les eaux

brigitte celerier a dit…

plus trop à l'ordre du jour pour Brigetoun