jeudi, juin 12, 2014

Frères humains


des nigérians apprenant l'enlèvement de nouvelles jeunes filles, des jeunes filles perdues pour tous et elles-mêmes qui s'effacent des mémoires, une jeune femme mince et souple en jean repassé et chemise blanche cheminant dans la fange d'un des «jardins» de Sao Paulo, les corps sublimes sur la plage, le mépris et la futilité, les bonnes consciences qui s'opposent, les valeurs qui sonnent métallique...
mais le jour enfançon, ouvrant son souffle, l'air se souvenant de la fraîcheur, la lumière jeune derrière les petites fleurs blanches de ma voisine du dessus

les tricheurs du soutien de la laïcité... les biens foulés aux pieds, jetés, après l'évacuation de ceux dont on ne veut pas, et les vertueuses justifications, et les vertueuses protestations... le nouveau Président d'Israël, la nouvelle campagne de construction et, promis juré, la paix est désirée, le silence du monde qui se réveillera au premier attentat, une israélienne de la Paix maintenant qui a peur pour ses enfants et des palestiniens humiliés et effrayés..
mais la tendresse qui me sourit chaque matin dans les teintes pastels des chemises de très fin coton dans une vitrine de boutique hors de prix, 

une famille libyenne, une famille irakienne, une famille afghane, désireuses de paix, simplement de paix, qui ont été délivrées par les puissances occidentales, et une famille syrienne au ceur de tous les affrontements, les victimes de catastrophes qui font pleurer un temps, juste un temps, ceux qui viennent chercher l'espoir d'exercer le métier qu'ils ont appris et se heurtent au mépris, parfois la violence, ceux qui ne peuvent venir et chez qui nous allons nous prélasser au soleil, et les bénéficiaires des politiques sociales qui entendent les mots des journalistes et économistes penchés à la radio sur leur problème... et l'ignorance cynique des médias
mais le sourire retrouvé d'un macaron sous lequel n'étais plus passée depuis longtemps 

un parmi les premiers députés socialistes qui ont tenu bon par leur refus, leurs votes contre, aux mesures gouvernementales contraires, parfaitement contraires au programme, Gilles ... devant servir de fusible et figer le conflit entre le Medef et les intermittents, comme la Ministre, pendant que le ministre du travail, dans la lignée de son prédécesseur, s'apprête à signer la convention... un directeur de petite compagnie entre son intermittence, sa solidarité sincère et l'argent versé pour financer, comme peut, son passage dans le off, et les directeurs de grands festivals qui s'émeuvent devant la menace (silence de Py)
et mon geste magique de ce matin, acheter ma carte qui, de toute façon, ne me servira peut-être qu'une ou deux fois (récompense, j'ai, sur celle-ci, une moins sale gueule que d'habitude)
et je suis en train de réussir avec brio mon opération effacement (même si je dois pour cela freiner parfois mes impulsions de recuicuis ou RT) en perdant environ trente visiteurs chaque jour...

8 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

"Le jour enfançon ouvrant son souffle" nous montre ses couleurs et nous donne envie d'aller voir le bleu de notre ciel. Il nous manquerait vraiment si cet "effacement" programmé nous tombait sur la tête!

Dominique Hasselmann a dit…

@ brigetoun : Je ne comprends pas que l'on nomme à tour de bras des "médiateurs" (pour les taxis, pour le théâtre...) à la place de ministres dont le boulot serait de trouver une solution aux problèmes des professions qu'ils ont en charge.

La pièce vire au comique. La mise en scène par le Medef est pitoyable. Mais Py s'est exprimé, je crois.

Tenez bon la rampe !

arlettart a dit…

Pas d'effacement tu le sais bien , tu es toujours là à roder dans notre entendement comme une conscience persistante par tes mots solides "trempés à l'encre rouge "comme dit Nathalie Sarraute

brigitte celerier a dit…

a j'avais loupé... ça m'étonnait un peu tout de même
Mais si Rebsamen signe... incompréhension, comme avec choix dernière conseillère, comme.. Hollande arrive à m'étonner

brigitte celerier a dit…

merci Arlette !

Marie-Hélène Fauveau a dit…

sans importance que je sois là...
mais j'aime votre écriture, j'aime Avignon et j'aime le théâtre
merci

Françoise Dumon a dit…

Comment soutenir les intermittents? Je ne prendrai pas ma carte du OFF pour autant, mais cela n'a aucun rapport et cela les aiderait-il ?

brigitte celerier a dit…

on ne peut pas... en croisant les doigts ?