samedi, juillet 12, 2014

Avignon 7 – promener nez enrhumé dans les rues, de Lagarce à Manolis Tsipos et Ghelderode et aimer ça

réveil atchoum – une visite à la cour, les boutons semblent vouloir survivre, et j'aurai peut-être Une olive.
Suis partie dans un mistral sans violence, mais que je trouve toujours trop froid à mon goût, sous ciel de lumière.... envie de s'arrêter dans chaque flaque de tiédeur à l'abri, ronronner en passant et continuer
passer à la Fnac pour me faire rembourser le billet du 4, et à Carrefour pour yaourts, serviettes en papier, bonbons – j'étais en manque – et sauce tomate pour les jours où pas le temps..
revenir par la place de l'horloge, d'éternuement en nez qui pique profond ..
La mairie est parée pour le 14, mais je n'ai pu récupérer mon petit Quignard, l'opéra n'ouvre qu'aux heures de spectacle et je dois me résigner à l'avoir perdu, y compris les petites notes glissées dedans, avec la seconde partie de Don Giovanni.
retour pour voir le ménage à faire et ne pas le faire – il faudrait que me réserve une plage de temps – mais cuisiner, déjeuner tôt et pas trop lentement - une petite demi heure de sieste avant de partir
dans la lumière et un bon fort vent qui faisait danser vigoureusement chemises, jupes et cheveux, vers le théâtre des Halles, le jardin, la chapelle 
et Du luxe et de l'impuissance spectacle de Ivan Morane, à partir de lettres, préfaces etc... de Jean-Luc Lagarce
une attente dans un coin à l'abri du vent, baigné de soleil, avec l'ironie du sort de Didier Da Silva, le temps d'aller jusqu'à : En 1925 encore, qui vit à six mois près Boulez Pierre (dans la Loire) et Pialat Maurice (le Puy-de-Dôme) user leur première couche à cinquante kilomètres à peine l'un de l'autre, à vol d'oiseau – à comparer aux quinze mille kilomètres qui séparent les nourrissons Mishima Yukio et Deleuze Gilles...
et puis dans l'intimité de la chapelle, la scène nue, une table de maquillage, la chaise nous tournant le dos (si une chaise à un dos) et le grand corps de Jean-Charles Mouveaux dans un spectacle qu'Ivan Morane, producteur, adaptateur et metteur en scène présente ainsi : Ce spectacle est composé d’articles et d’éditoriaux commandés à Jean-Luc Lagarce par des théâtres et des revues. Cette succession d’articles est un seul récit ; qui a son unité de temps, de lieu et d’action.
Le personnage est chez lui (ou dans sa loge) ; il va sortir (ou entrer en scène) ; pour toujours (il va à l’hôpital où il sait qu’il va mourir) ; il doit se préparer à sa mort, choisir ce qu’il va emporter.
Un jeu tout en énergie, une voix près du cri.
J'ai eu du mal à trouver Lagarce (au fond je dois ne pas assez le connaître)... et puis lorsque j'y ai renoncé, j'ai aimé.. on trouve l'amour du théâtre, la politique «culturelle», les tournées, le désir, des règles de vie, la mort, le refus du troupeau, l'écriture, la fragilité – de quoi plaire aux deux grands post-ados qui m'encadraient.
Partir, dans la rue des teinturiers où cette année - chance dit carcasse, malchance dit mon esprit - on circule aisément,

attendre un moment devant la porte du jardin du gymnase Saint Joseph
puis devant la porte dudit gymnase, en écoutant – ils parlaient assez fort pour nous y autoriser – les impressions d'un groupe, avant d'entrer pour assister à nature morte spectacle monté par Michel Raskine, à partir d'un texte de Manolis Tsipos, avec les élèves de l'Ecole supérieure d'art dramatique de Saint-Etienne
photo Sonia Barcet
Dans un temps que l'on devine très proche du nôtre, une ville qui évoque fortement Athènes, occupée par une armée étrangère, est le théâtre d'événements violents. Une voix anonyme interpelle le « citoyen ». Elle l'invite à procéder à diverses interventions sur son propre corps (rasage, castration, changement de sexe...) tenant un discours où pointe une liturgie orthodoxe détournée. Des didascalies sauvages viennent traverser les scènes, convoquant un monde chaotique. Humains, animaux, objets et matériaux, mobilier urbain, abstractions et sentiments se croisent et s'agrègent. Michel Raskine entraîne un groupe de neuf élèves-comédiens dans l'aventure de cette pièce à l'écriture jaillissante et maîtrisée, distanciée et charnelle. Avec les acteurs, il propose une dimension chorale et individuelle. Pour le metteur en scène, le pays, la ville, en proie aux tourments de Manolis Tsipos, parlent forcément de nos peurs, de nos lieux. Les images qui nous parviennent de Grèce depuis deux ans – manifestations, répressions policières violentes, montée de la pauvreté et de l'extrême droite – ne viennent pas, cependant, se superposer à la parole de l'auteur. L'atelier-spectacle de la promotion 26 de l'École de la Comédie de Saint-Étienne se nourrit aussi de l'esthétique de deux poètes grecs aux extrêmes du temps : Eschyle et Théo Angelopoulos.
Spectacle qui semble fait avec des bouts de ficelle, sympathique. Un côté un peu agit-prop qui me rajeunissait, l'application et l'aisance de plus en plus nette des jeunes acteurs, l'émergence de certaines personnalités.. suis pas sûre d'avoir vraiment compris en tous ses méandres ou aimé le texte, mais beaucoup la troupe éphémère... 
et la sympathie régnait dans la salle.
Retour rapide, se changer, sortir une vieille jupe trop habillée mais assez longue et qui multiplie les épaisseurs, avec un tee shirt à manches longues et mon blouson de soie contre le mistral
mettre un moment à comprendre pourquoi Safari ne répond pas à mes demandes, et partir, vite parce qu'en retard, vers les Célestins, en me demandant si la connexion sera rétablie à mon retour... ce qui ne fut pas le cas
attente, et gradins devant les platanes qui chantaient allègrement dans le vent, et puis Huis une mise en scène de Josse de Pauw, à partir de deux textes de Michel de Ghelderode, avec une musique de Jan Kuijken, deux textes sur la mort, comme deux fabliaux avec la verdeur que cela comporte (la traduction par écran interposé ne permet malheureusement pas de transmettre la saveur de ce qui est parait-il, d'après l'entretien donné par Josse de Pauw et Jan Kuijken, un mélange de dialectes)
photo Kurt Van der Elst
sur le site du festival
la mort qui s'annonce dans Le Cavalier bizarre, ou... la mort qui a déjà fait son oeuvre dans Les Femmes au tombeau. En passant d'une salle d'hospice, où six vieux attendent qu'un guetteur leur dise ce qu'il voit, à la maison de Marie, mère du Christ, où sont réunies, le lendemain de la crucifixion, les femmes qui ont accompagné Jésus, Josse De Pauw veut faire entendre l'écriture de Michel de Ghelderode avec laquelle il entretient un lien très fort. En association avec le musicien-compositeur Jan Kuijken, ils poursuivent l'aventure du théâtre musical qui tresse les mots et les notes.
La musique que Kuijken a composée exigeant un orchestre symphonique, elle a été enregistrée, mais il est à côté de la scène pour le mixage – pour la première partie la musique ample, et les sons de cloches qui déclenchent l'action, interviennent entre les textes, ou en soutien - dans la seconde partie, le choeur de femmes chanté par les actrices, se mélange avec la musique enregistrée, et la très belle voix d'une chanteuse.
J'ai beaucoup aimé la première partie, jouée par six hommes âgés, des vieux, des comédiens non professionnels et Josse de Pauw, et la façon formidable dont, par l'éclairage, la disposition des corps allongés, leur façon de s'éveiller, les voix, une ambiance de conte, d'antan, d'autre part.. est créée, conte sur le refus d'admettre l'arrivée du grand cheval aux sonnailles chevauché par la mort, les chants et danses pour la narguer, jusqu'à ce qu'ils soupçonnent que cela est peut être vrai, la peur, la prière, le soulagement bruyant quand elle s'éloigne, sans aucun regret pour l'enfant qu'elle a peut être pris.
Beaucoup aimé la façon dont les femmes entrent en scène à la fin de cette première partie, pour former avec eux une petite troupe martelant, dansant sur place dans la nuit, cohorte compacte, pendant que l'obscurité s'accentue puis qu'un éclair-spot de lumière parcourt les pierres pour dessiner une croix lumineuse en haut du cloître, dans un crescendo de musique, avant que se mette en place le second récit – ces mots, ici, ne pouvant rendre la petite magie qui s'opère sur le cloître.
L'histoire des femmes aux tombeaux, joué par neuf actrices professionnelles, commence par un dialogue truculent entre deux femmes âgées, celle qui accompagne les naissances, celle qui prépare les cadavres, et puis interviennent peu à peu Marie-Madeleine, Véronique, la femme adultère, etc... et c'est finalement, mais en très réussi, un faux mystère moyenâgeux comme on en a déjà vu.
Salut
retour, lasse comme c'est pas possible,
pas de connexion, petite bagarre, abandon, bagarre autre pour que sorte une mouche, sans succès,

dîner, on verra quand je pourrai mettre ceci en ligne - réveil à cinq heures, tenter de joindre Numericable, rien avant huit heures – essayer, frustrée de me rendormir.

7 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Numericable joue les intermittents ?

Ce qui est bien, c'est que le spectacle est toujours aussi présent dans la rue (le premier instrument de musique tout rond, je l'ai vu dans un film kasak il y a quelques mois).

brigitte celerier a dit…

on en rencontre plusieurs ainsi - tout de même plus d'un tiers de festivaliers en moins et la rue des teinturiers tente de faire bonne figure mais on sent nervosité des petites compagnies… navrée mais pas assez de force et d'argent pour les sauver

jeandler a dit…

Merci de toutes ces images qui nous prouvent que le festival est bien vivant.

Christine Zottele a dit…

suis allée jeudi voir deux spectacles du off et en effet trouvé qu'il y avait peu de monde... Quant au mistral, il paraît que c'est un cycle de 9 jours, donc 4 à tenir encore... L'instrument est je crois le hang (inventé en Suisse)

Gérard a dit…

J'adore le joueur de luth tunisien

brigitte celerier a dit…

en plus il est charmant

cassandrae a dit…

chere Brigitte merci pour les notes des pieces c'est magnifique,oui et la ballade des rues.j'aime surtout les draps de la femme en bleu comme un mistral appaisé j'ai aime beaucoup le clown et l'acte du cycliste.on a un festival ici street performers- mais ca manque le caractere que tu presente ici. peut etre c'est parce que la france c'est un pays des celebrations de rue. j'aime le teint d'oré des derniers deux photos pour le festival desprit dans les rues.
merci.
je t'embrasse.