vendredi, septembre 05, 2014

le neuf et l'ancien se rencontrent en nous et dans le monde

nous remplaçons à chaque jour
deux pour cent de notre matière
ce corps que si mal habitons
comment peut-on le dire nôtre ?

deux pour cent de notre matière
ce corps sans fin renouvelé
comment peut-on le dire nôtre
dans son invisible réseau ?

ce corps sans fin renouvelé
s'il venait à rester le même
dans son invisible réseau
sans devenir, immobile

s'il venait à rester le même
si la mort saisissait la vie,
sans devenir, immobile
qui lui ferait de nouveaux corps ?

si la mort saisissait la vie,
pour l'étreindre toujours nouvelle
qui lui ferait de nouveaux corps
où loger la lente complainte ?

pour l'étreindre toujours nouvelle
en mots sans cesse réparés
où loger la lente complainte
qui chantera ses doux malheurs

non ce pantoun n'est pas Brigetounien (le pourrait peut-être, si j'étais capable de pensée aussi ferme, de forme aussi assurée) mais de Philippe Aigrain qui m'a fait l'honneur de me proposer un échange pour les vases communicants de septembre, échange de pantouns puisque je m'y étais essayée, et en partant de cette phrase, en titre, qui lui était venue à l'esprit
pour ma part j'en ai fait ce que je pouvais (heureusement avant de recevoir ce qui précède, et de jouer avec mes complexes) que vous pouvez, si en avez désir, lire sur son atelier de bricolage (littéraire bien sûr) http://www.atelierdebricolage.net

Ah ! J'allais oublier, cette explication que Philippe a joint à son poème
L'inspiration un peu énigmatique des deux premiers vers provient de la lecture du La sculpture du vivant de Jean-Claude Ameisen, spécialiste scientifique du rôle de la mort cellulaire dans les processus du vivant. (et moi Brigetoun, auditrice fidèle de Sur les épaules de Darwin, sur France-Inter, j'ajoute poète de la science à la très belle voix)
Il y explique que chaque jour, nous « digérons » indépendamment de ce que nous ingérons, 1,2 kg de nos cellules (remplacées par d'autres toutes neuves).

Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.


Si vous êtes tentés par l’aventure, faites le savoir sur le groupe dédié sur Facebook, sur twitter ou sur le blog http://rendezvousdesvases.blogspot.fr, auquel vous pourrez vous référer, comme à la lite ci-dessous, pour partir circuler entre les vases des derniers entêtés à poursuivre cette déjà longue aventure.

9 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Merci pour ce bel échange poétique !

brigitte celerier a dit…

merci à vous

Dominique Hasselmann a dit…

L'écriture est aussi un corps à corps.

jeandler a dit…

Pour favoriser ces échanges, boire. Boire de l'eau, évidemment !

arlettart a dit…

Avais entendu ... les premières phrases avec intérêt
Merci du partage de ci de là tj agréable

brigitte celerier a dit…

ah ?

Gérard a dit…

Il m'arrive d'écouter sur F.Inter " Jean Claude Ameisen "Sur les épaules de Darwin" excellente émission.

Pantun Sayang a dit…

Merci pour ce... pantoum, et non pantoun. Les deux sont différents et, en réalité, pantoun précède historiquement pantoum. Il s’en est fallu d’une coquille et des élucubrations de nos poètes français du XIXe pour que son destin en soit changé sous nos latitudes… et ailleurs. A jamais ? Notre revue Pantouns s’attache à désamorcer cette confusion, pour rendre au pantoun, forme brève si savoureuse originaire du monde malais, ce qui lui appartient. Et en plus, il rime avec Brigetoun... ;)

brigitte celerier a dit…

c'est ma faute, je pensais bien à la forme ancienne et me suis appliquée à respecter la longueur que trouvais plus exigeante