dimanche, novembre 02, 2014

Du blanc au bleu, vie lente

Une envie de dormir jusqu'à ce qu'on vienne me taper sur l'épaule pour me dire que c'est la fin du monde
comme ce n'est pas possible, en attendant, incapable de décision, vaquer doucement..
et après bagarres diverses avec objets, partir, sans grand but, sauf éventuellement la recherche d'un cadeau pour un bébé, le premier petit enfant de ma jeune belle soeur. Trouver dans la rue un temps absent, un air immobile et un ciel mort.
Avancer, m'arrêter un instant devant la vitrine éteinte d'une marque pour enfants dans le vent, rien qui me plaise, continuer...
Noter le nombre insolite de boutiques fermées, et lentement prendre conscience que, ma foi oui, c'est le jour où sommes tous virtuellement saints
continuer, yeux flottants, dans la ville engourdie 
et puis finalement, puisque les parents de la jolie petite créature sont presque de ma tribu, que les considère ainsi, faire fi, comme presque toujours pour les enfants de ceux que j'aime, des étiquettes prestigieuses, et comme Monoprix est ouvert, comme j'aime beaucoup ce qu'ils font pour le premier âge, faire petite moisson, juste ce qu'il faut pour un bonjour attendri..
Trouver, en sortant, sourire en tête, un ciel qui se met à l'unisson,
une très jolie voix, un air recueilli, sortant de Saint Didier pour accompagner mes pas qui se font flâneurs, cherchant un souvenir de douceur dans l'air aigrelet.
Passer par les halles, au moment où carcasse murmure vertige, éviter le bon poissonnier et l'agitation, me faire rapidement servir chez son voisin, faire un tour chez mon marchand de légumes, 
de quoi compléter mes provisions pour quelques jours, sans que cela pèse trop ; oser céder à la tentation des champignons, tester s'ils me sont enfin compatibles (expérience faite, il semble – joie - que oui, au moins pour les cèpes, et mes papilles ont longuement médité ce plaisir depuis tant d'années oublié) 
emboquer du magnésium et un bonbon pour y puiser forces, et m'en revenir sous un ciel redevenu glorieux
et puis négliger les petites corvées prévues, sauf le strict nécessaire, m'intéresser, acte gratuit, aux commissions d'examen du budget...
Nuit venue, et la vie revenue en moi, prendre, sur le dessus de la pile, un livre reçu dernièrement, le caresser des yeux et de la main – il est beau –, l'ouvrir, feuilleter, plonger, cela reste beau, cela dont je parlerai quand serai avancée dans ma dégustation, ma conversation avec lui.

7 commentaires:

omar blg a dit…

Bravo Brigitte et MERCI infiniment :) tellement j'adore tout ce que vous publier :) continuez :)

Marie-christine Grimard a dit…

Novembre, entre bleu et brumes, un temps pour lire encore plus que d'habitude, beau dimanche à vous et merci pour ce chemin que vous nous peignez au quotidien !

Dominique Hasselmann a dit…

Le ciel ne peut être toujours bleu : sinon comment apprécier son retour ?

brigitte celerier a dit…

oui mon sage ami

arlettart a dit…

Toujours étonnée de tes préoccupations du corps et de l'esprit avec autant de sagesse

brigitte celerier a dit…

Ouf ! suis tout sauf sage

tanette2 a dit…

Belle moisson pour une jolie petite créature.