samedi, mars 28, 2015

Nuages baladeurs, légèreté datée et bonne musique

Ce ne furent sans doute pas les 100 km/h annoncés

mais belle force me poussant à l'aller, me freinant au retour, se ruant un peu en pagaille, et ciel bleu que parcouraient vivement des nuages bonhommes venus s'égarer là
c'était aussi un fort lest qui permettait à Brigetoun d'être presque imperturbable, juste amusée par la danse de ses cheveux et des pans des manteaux
mais une pensée émue pour les deux ouvriers qui s'activaient toujours, entre ville et Rhône, en haut de la maison voisine.
Ai remis robe verbe etc... et, à la nuit, je suis allée écouter, avec une molle curiosité, la Société anonyme des Messieurs prudents, texte de Sacha Guitry (pour Yvonne Printemps) et musique de Louis Beydts, dont je l'avoue j'ignorais l'existence (l'oeuvre et le musicien – honte à moi - dont j'ai certainement entendu des mélodies sans le savoir)
une agréable surprise, et une petite leçon d'histoire d'une époque et d'un genre, parce que l'«opéra bouffe» étant une agréable petite chose fort brève (qui avait été créée lors d'un spectacle annoncé comme: «Sacha Guitry et Yvonne Printemps jouent six pièces dont un opéra bouffe» au Théâtre de La Madeleine le 3 novembre 1931, nous avons eu droit non pas à six pièces mais à une première partie composée selon le choix de Christophe Mirabeau, qui venait nous les présenter en quelques mots, de petites pièces, témoins de l'esprit du théâtre bouffe de l'entre deux guerre
- avec l'ouverture pour une opérette imaginaire de Jean Rivier http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Rivier vivacité, gaité, syncopes et saxophone
- un intermezzo extrait d'«Arsène Lupin Banquier» de Marcel Lattès http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Lattès, musique désinvolte, gracieuse, de celui qui fut déporté pour avoir giflé de son gant, chez Maxim's, lui le juif, un officier SS qui s'intéressait trop à sa cavalière
la création de la suite tirée des «aventures du roi Pausole» d'Arthur Honegger http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Aventures_du_roi_Pausole_(opérette) avec, comme final un boléro intitulé Chocolat, pourquoi chocolat ? parce que le chocolat est au lait
et le guilleret «Hue !» de Luis Beydts, l'un des courtes morceaux écrits pour s'intercaler entre les pièces le 3 novembre 1931..
un entracte et puis «la S.A.D.M.P.» «société anonyme des Messieurs pdents »... ou «société des admirateurs de Madame Printemps»
une cocotte et quatre Messieurs, de trente ans (Henri Morin/Jérôme Billy), quarante ans (le grand industriel/Dominique Dolié baryton peut-être le meilleur du quatuor, mais les rôles sont de toute façon de simples faire-valoir), soixante ans (le gros commerçant/Mathias Vidal ténor plein d'entrain, le plus petit, assez mince) et quatre-vingt ans (le comte/Thomas Dolié le plus grand, le plus jeune, bon baryton-basse) - rivalité, début d'affrontement et puis sagement partage, les règles étant fixées par elle.
Pour la musique, pour Louis Beydts j'avais consulté Wikipedia et lu
Il fait partie des derniers compositeurs d’opérette à avoir cherché à conserver la tradition française de l’opérette classique tout en essayant de la renouveler..
Son style musical a été décrit comme traditionnel, classique, clair, mélodique à l'élégance incontestable. Ses compositeurs préférés sont Fauré, Debussy, Gounod, Messager, Ravel et Pierné.
Avais pensé, au lire de ces noms, pourquoi pas ?
Et ma foi c'est la musique qui gagne, avec une belle ouverture, brillante, agréable, et une grande souplesse pour suivre les dialogues, les courtes phrases des hommes, paroles qui ne brillent guère par leur finesse, couvrant d'ailleurs un tantinet les voix sauf dans les tutti ce qui ne prête guère à conséquence, et donnant deux jolis airs écrits pour mettre en valeur la voix d'Yvonne Printemps, que Isabelle Druet chantait avec un joli brio et sans doute un peu plus d'acidité
Texte assez minimal, sans débauche d'esprit (euphémisme)
Les cartes à jouer
Sont de belles images
On peut louer
La poésie
Qui s'en dégage..
Mais quand je vois ma réussite
Dans la vie
Il me faut avouer
Que je la dois bien plus aux cartes de visite ! (de ces messieurs) 
avec un léger cynisme qui se veut de bonne compagnie,  
et ma foi le tout petit public, y compris Brigetoun, était ravi de sa soirée
de la légèreté, de la musique agréable – qui est en fait beaucoup mieux que ça - avec le petit plaisir de la découverte.

4 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Un bien joli titre que cette "Société anonyme des messieurs prudents" (le printemps est arrivé, dit-on)...

Le genre d'opéra que l'on bouffe grâce à sa légèreté !

brigitte celerier a dit…

finalement je crois que grâce à la musique, pas si simplement charmante que cela, Sacha Guitry dans sa forme la plus brute passait mieux
et c'était de la musique de comédie musicale, gaie, mais de qualité - et plaisir de découvrir
et bonne humeur de l'orchestre

arlettart a dit…

Pourquoi pas ...un peu de frivolité légère et joyeuse
et rentrer en pas légers

brigitte celerier a dit…

Arlette le mistral qui m'interdisait, ou le tentait, le passage ne voulait pas de pas léger