mardi, juin 16, 2015

se réchauffer avec Velasquez, et puis rien que la musique

 
 dans ma rue de quelques jours, une dame souriante comme à Avignon, un olivier comme à Avignon, mais une Brigetoun frigorifiée
avec une envie, un peu baroque pour la saison, de trouver quelque chose d'un peu plus chaud, de léger
etc... il y avait bien des vestes de cuir et des chandails chez Gucci, mais ma foi, comme j'étais en avance,  j'ai préféré délaisser l'avenue Montaigne, remonter les populaires Champs Elysées et  Monoprix, ou bien entendu n'y avait que légers corsages, sauf un bidule bordeaux, un peu mochaillou, mais pas trop, à manches longues et munie de cette couche supplémentaire,  comme il était dix heures et demie, comme j'avais attendu dix minutes sur un banc près du théâtre, baignant dans un rayon de soleil à moi réservé, ou presque


m'en suis allée voir l'exposition Velasquez, passant le long des rosiers sans faire la queue... seulement scarcasse, à l'intérieur, m'a rappelé que les expositions foule, même modérée et hautement courtoise et civilisée, ce qui était le cas, n'était pas de son goût/// crispations, souffle haché etc.. sans virulence grande mais suffisamment pour qu'à la sortie, près de deux heures plus tard, le coup d'œil dans les miroirs près de la librairie, me confirme que j'avais une Gueule hautement ravagée...
alors ma foi ai pas fait grand chose de mon après-midi, cuisiner avec des appareils bien trop modernes pour moi, et une seule petite casserole, qui les cantonne au rang de décor, dormir, renoncer à parler de l'exposition à partir de mes gribouillis - je dirai juste vite et sommairement en restant à la vision qui est en accord avec la fin d'après-midi, maintenant, que j"ai aimé une fois de plus surtout les esquisses, ou les toiles qui présentent des repentirs, comme le très beau cheval du Palais royal de Madrid qui clos l'exposition, une petite toile qui met les jardins de la Villa Médicis dans une lumière argentée, et deux saints dans un désert avec une ouverture dans le coin supérieur gauche sur un merveilleux paysage bleuté... il y a beaucoup de toiles d'imitateurs, disciples, compagnons, nettement plus cruelles pour les infantes, par faute de la touche qui nous fait déguster une mèche de cheveux ou des manches de dentelle...-
m'interroger une fois de plus sur ce que j'avais dans le crâne en faisant ma valise, me battre avec le comportement surprenant du mini PC (m'y suis prise à sept reprises pour mettre mes tites photos, et pour une j'y ai renoncé, ne voulait surtout pas aller là où je l'avais décider), boire un thé, me donner un coup de peigne, me dire que mon aspect n'a aucune importance,



et m'en aller, joie anticipée, qui n'avait presque pas besoin de se révéler fondée, l'attente était déjà lumière, vers les Bouffes du Nord, un concert du festival Manifeste 15
plaisir, déjà, de retrouver la décrépitude savamment entretenue des Bouffes, plaisir de retrouver le quatuor Diotima (quelques bons souvenirs)

une première partie avec deux œuvres de 2014, dont les auteurs étaient dans la salle
- de Stefano Gervasoni, Clamour son troisième quatuor à cordes (avais entendu, une œuvre de ses tous débuts lors de son premier passage à l'rcam, dont j'ai un souvenir à la fois vague et positif - et il a de belles admirations/références Nono, mais aussi, un peu moins Sciarrino et Berio, Lachnmann, et aussi un peu Griset) - à propos de ce quatuor Dire en retenant les mots.
Dire le silence, sa puissance et le faire sans recourir à  des moyens de silence... exprimer son mystère et sa justesse, son ineffable, en les proclamant ouvertement... inventif, lyrique et parfaitement rigoureux
- de Rune Glerup, le plus jeune, dont n'avais jamais rien entendu (ce qui ne veut rien dire, suis très coupée de ce monde depuis plusieurs années, et n'en connaissais que la frange auparavant) Carinet Quintet avec Alain Billard comme clarinettiste, pour instruments électrifiés - une œuvre dense, bourrée de références selon le compositeur, références assimilées, sources, que l'on peut fort bien ignorer
et en seconde partie
- le court, dense, beau Pentàlogon quartet d'Ivan Fedele re-écriture pour quatuor d'une œuvre pour la radio construite sur un défi : bâtir un drame musical à partir du paradoxe de Zénon (Achille et la tortue) en cinq parties pour cinq tortues, dix minutes structurées, riches, complexes
- et puis le cinquième quatuor de Bartók que je n'avais jamais entendu, que suis bien aise, ou plus, de connaître dorénavant un peu

2 commentaires:

jeandler a dit…

Paris sans musique ne serait pas Paris.

arlettart a dit…

Froid??? dis -tu
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