samedi, janvier 30, 2016

Un pantin

Le bleu revenu, pour affirmer sa présence, exagérait sa force.
Matinée active.. ferais au reste du jour la charité de l'oublier.
Des nuages sont venus en fin de journée, très haut au dessus de mes pas quand suis partie, un peu après six heures, 
pour le théâtre des halles, retirer mon billet, attendre en regardant, écoutant, les adultes jeunes et vieux, les enfants dans le jardin, la chapelle, l'entrée, qu'il soit temps d'assister à un spectacle «pas que» pour enfants – les aventures de Pinocchio, production de l'Autre compagnie, mis en scène par Frédéric Gabe (un toulonnais) d'après Collodi,
(trailer trouvée sur le site du théâtre)
Histoire dont Gabe dit, dans sa note d'intention, que lors de sa découverte, enfant:
Les mésaventures de ce pantin, ainsi que les châtiments et punitions qu'il subissait, me paraissaient d'une cruauté intolérable. Animé par une curiosité maladive, un appétit de découverte et une recherche permanente du plaisir, je le voyais foncer tête baissée vers des déboires toujours plus grands. L'humour de l'auteur s'amusant de la morale de son époque et de la crédulité de son personnage m'échappait alors et je gardais de la lecture de ses aventures une impression durable, mélange de peur, de tristesse et de fascination.
Disant également que, parmi les multiples interprétations données à ce conte, il cherche à mettre en avant la force de l'imaginaire, le caractère impressionniste, émotionnel de évènements et des thématiques qui constituent cette épopée.
Le spectacle ne reprend pas tout le livre, découpe l'histoire en séquences rythmées, terrifiantes, comiques, oniriques qui se succèdent, se répondent, mettant en jeu le mime, la danse, le cinéma muet avec ses panneaux, la farce, des improvisations comme lorsque le caniche de la fée bleue, en réaction à l'attention, qu'il juge excessive, portée par elle au pantin blessé, emprunte les mots et les expressions de l'actuel racisme ordinaire.
Et l'artificialité du récit, le théâtre, sont mis en évidence, pour contribuer à la musicalité de l'ensemble – différence d'échelles – dessins projetés en fond de scène – manipulation des éléments de décor par les acteurs - personnages, étapes de l'évolution du pantin, prenant la parole directement, donnant leur version, colorant le récit.
Cela marche presque toujours. Reste que je me demande un peu ce que les enfants présents, sauf les plus jeunes qui avalent les images sans chercher à les déchiffrer, ont compris à certains moments
et une mère devant moi, dans la rue, promettait à sa fille que la prochaine fois elle lui raconterait l'histoire avant.

3 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

La surmultiplication des approches théâtrales devait sans doute désorienter les enfants : oui, retourner au livre et laisser l'imagination mettre en scène.

brigitte celerier a dit…

certaines allusions aussi, et la poudre blanche reniflée ou mangée..

Arlette A a dit…

Souvent l'enfant a un regard plus direct et remet les choses en place plus prosaïquement