samedi, août 20, 2016

Avec l'ahuri


puisque j'ai la faiblesse, une fois de plus, de réveiller paumée, puisque suis encore en esprit un tantinet hors internet, après être partie, dans un Avignon qui se fait désert (mais avec des encombrements de camions de livraison le matin pour tenir son rang de ville)
vers les halles pour un petit marché auprès des étals encore ouverts, j'ai laissé le jour passer en tâches ménagères trop négligées, sommeil et première plongée, en fin de journée dans vie et destin (ma foi oui, ne l'ai jamais lu) et je recours aux portraits qu'ont publiés les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com avec l'ahuri
L'ahuri
Il regardait le monde et la société avec surprise et curiosité.
Des ahurissements répétés et affichés. Non dépourvus d'une trace d'ironie.
Et bien entendu il semblait, parfois, avoir raison, ou ce questionnement muet faisait prendre conscience de certaines incongruités, pouvait même, en en faisant ressortir l'absurdité comique, donner le désir de corriger, sans colère ni violence, des dérives, rongeait, un peu, dans les meilleurs des cas, la puissance et l'efficacité de démonstrations de force.
Dans les meilleurs des cas, parce qu'il fallait pour cela que la force et l'autorité, ou plutôt ceux qui en abusaient, y soient sensibles.
Dans de rares cas, parce qu'il fallait aussi qu'ils ne jugent pas l'intérêt qu'ils pouvaient tirer de ces démonstrations plus important que le soupçon de ridicule qui voulait les délégitimer.
La plupart du temps la réaction était une indulgence méprisante ou une colère qu'il ne semblait pas comprendre, qu'il recevait avec une faiblesse éberluée...
Et cela le rendait sympathique, aurait pu le rendre populaire, s'il n'en avait pas abusé.
Si, à la longue, la permanence de ce regard décalé n'avait pas fatigué, indisposé ceux qui en étaient l'objet, gêné tout simplement ceux qui entendaient vivre sans problème, sans se surveiller.
Et puis, à vrai dire, il arrivait, assez souvent, que cet étonnement ironique ne trouve que le néant face à lui...
Et on en revenait à la première impression, on passait outre, le trouvant gentil mais vraiment par trop ahuri.
Oui c'est cela il était sans doute un peu fada.

5 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

L'ahurissement est peut-être le début de la prise de conscience...

Il est bien que les sculpteurs sur pierre puissent exprimer de telles interrogations !

brigitte celerier a dit…

à vrai dire je ne suis pas certaine d'avoir respecté les intentions du sculpteur (sourire)

Luc Comeau-Montasse a dit…

un visage ahérien
...
soulage la pierre

Arlette A a dit…

Cet Ahuri est plutôt ...bienheureux

brigitte celerier a dit…

éh oui.. fada