mardi, août 01, 2017

nous reste la chaleur

Ai commencé la journée en relisant, mais cette fois vraiment, lentement, le billet de François Bon donnant indications pour 3 – tout Mauvignier en une seule phrase http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4441, ai cru avoir une idée sous la douche, ai pensé qu'elle n'avait pas assez de corps, de force, de contenu... ai tourné autour, ai voulu qu'elle s'en aille, ai pris les photos de juillet, les ai enfilées les uns après les autres, telles que, l'idée tournait encore, ai tenté, mal, sans vraiment le vouloir, parce qu'il était évident que ne ferait pas ça correctement, que ça ne convenait pas, mais qu'il était indigne de partir de ce sentiment pour bâcler... (enfin l'éternelle idiotie, ne murirai jamais, mourrai blette) et puis il y avait trop de temps gâché, alors on enregistre (et on fait la sieste pendant ce temps) pour obtenir cette vidéo qui n'a d'autre intérêt que de m'avoir fait retrouver des moments...
et, avant qu'il soit cinq heures, dans la fraîcheur de l'antre aux volets entre-baillés, ai ouvert un fichier, ai très vite écrit dix lignes pour l'atelier de François Bon, trop vite, ai remisé pour un sort incertain ce début, et m'en suis allée, dans la ville, saisie au sortir de l'antre par la main de feu pesant sur la ville désertée (enfin relativement désertée – et presque de feu 38 ou 39 degrés selon les avis)
en empruntant petites rues pour monter dans l'ombre vers la rue de la République, le bureau de tabac et le pharmacien, ai rencontré un petit poteau égaré loin de tout théâtre, seule trace restante du festival.
Et puis, comme voyais devant moi une femme d'âge moyen, au pas las, enfiler le passage de l'Oratoire avec son chariot de courses, l'ai suivie pour aller, comme l'avais projeté, comme je commençais à y renoncer à la pensée du désert de terre blanche brûlante qu'il fallait traverser, vers le marché des producteurs.
Ils n'étaient pas très nombreux mais présents au rendez-vous, suis allée vers un des premiers, le plus rustique, parce que de son côté il y avait un filet d'ombre devant l'étal et que la jeune marchande et le vieil homme étaient souriants, ai pris les moins gigantesques de leurs courgettes blanches (ou vert pale), deux fines et longues jaunes, un peu moins d'un kilo de petites tomates vertes... et m'en suis revenue
Les images tremblaient de chaleur 

et l'ombre du rempart longé pour rejoindre ma place était un tel délice que l'ai savourée à pas lents. 

7 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Votre phrase "les images tremblent de chaleur" pourrait presque se suffire à elle-même : il est vrai que le festival remballé doit laisser un vide bizarre et "les producteurs" ne sont plus que de légumes !

C'est d'un autre passage qu'il s'agit pour vous maintenant - le parquet de "l'antre" va remplacer plus longtemps "les planches"...

brigitte celerier a dit…

le parquet de l'antre est de terre cuite (plus frais aux pieds si la lumière ne rentre pas...) et sauf peut-être aujourd'hui la canicule annoncée va nous occuper ou nous dissuader de toute occupation
Les gens croisés hier avaient visages rouges et trais tirés...

Alf a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
brigitte celerier a dit…

même si à Avignon ce ne sont pas des tomettes mais des dalles carrées

Claudine a dit…

38 degrés ! Ici orages depuis hier soir jusqu'à cet après-midi. Je n'ose même pas faire ma vaisselle

brigitte celerier a dit…

oui j'ai entendu ça, vous et tout l'est au nord de chez moi... mes pauvres
ici légère baisse aujourd'hui et peut être pluie (quoique quand je regarde le ciel ? vois pas d'où elle viendrait
et puis fort retour de la canicule jour et nuit jusqu'à fin de semaine en principe

Godart a dit…

Heureusement, il y a de la fraîcheur dans vos propos et vos écrits, un peu comme une climatisation littéraire.