mardi, novembre 07, 2017

une pour cinq

Ce fut rire de la radio qui annonçait des vents violents (à notre échelle), en écoutant le souffle s'épuiser avec ténacité dans son effort contre les pierres et en regardant les feuilles qui viennent se pâmer à bout de course devant le seuil de la cuisine
Ce fut le grand bon vent sautant avec indifférence, sans même les remarquer et mépriser, les remparts à l'intérieur desquels la ville se pelotonnait, faisant courir les grandes nappes grises du ciel, injuriant les arbres qui lui répondaient avec véhémente maladresse, peuplant le ruban d'air abandonné par les pigeons trop prudents par des escadrilles de feuilles mortes
Ce fut petite vieille arcboutée plus que nécessaire, échangeant grimaces complices avec un passant, cherchant les mots d'un poème enfui qui dit les grands vents courant le monde, et jambes molles regagnant lâchement son antre
Ce fut un grand balayage dans les hauts, des moments de calme et des bordées de grognements, le rêve d'un rivage désert et d'une mer se brisant
Ce fut tout le jour l'insistance du vent et des feuilles tentant de franchir le seuil, et puis comme rempart l'écoute de Simon Boccanegra et le plaisir, plus grand encore qu'attendu, de la lecture des premières pages de Monarques de Philippe Rahmy.

7 commentaires:

Claudine a dit…

Le vent de par chez vous est bien costaud et fait rire quand le soleil est présent

brigitte celerier a dit…

oui ben quand s'installe bien le rire est un peu crispé et le crâne vide (bon là il dort)

jeandler a dit…

" C'étaient de très grands vents sur toutes faces de ce monde,
De très grands vents en liesse par le monde, qui n'avaient d'aire ni de gîte,
Qui n'avaient garde ni mesure, et nous laissaient, homme de paille,
En l'an de paille sur leur erre... Ah ! oui, de très grands vents sur toutes faces de vivants ! "

Dominique Hasselmann a dit…

Le vent sort de cette caverne, il faudrait la faire boucher...

Penser à Philippe Rahmy en le lisant ne peut que mettre de la distance avec cette météo mauvaise.

Arlette A a dit…

Cet animal familier comme une respiration qui manque quand nous nous eloignons mais parfois aussi insupportable

brigitte celerier a dit…

Pierre un poème aimé dont les mots s'évadent quand les cherche

Dominique le vend s'endort, les mots et la personne de Philippe Rahmy à travers eux restent

Arlette, un animal qui se donne le droit de nous gouverner (malaise neurologique)

Godart a dit…

Si le mistral m'était conté, de fort belle manière.