vendredi, juin 22, 2018

Déjeuner, Bohème bleue, Afrique fantôme,

J'étais donc, un peu après midi, hier à Marseille... Suis descendue du métro à la Joliette et m'en suis allée par les rues aux jolis noms et à l'aspect banal - m'arrêtant au coin de la rue de l'Evéché et de la rue François Leca ou de cette dernière et de la rue de l'Observance, je ne sais plus, pour manger, par devoir ce qui fait que j'en ai laissé les trois quart malgré la serveuse qui voulait à tout prix que je parte avec une boite conservant le reste, de très bonnes tagliatelles sans doute maison (aspect, goût) sur un tout petit peu d'huile d'olive, parsemées de quelques fragments de basilic et de parmesan rappé auquel j'ai ajouté des lamelles d'un fromage sarde... très bon mais je n'avais pas faim – jusqu'à la Vieille Charité,
pour «Voyages imaginaires» la première et plus importante des deux expositions consacrées à Picasso et la Méditerranée (malgré son goût pour les influences venant d'autres civilisations, il n'a guère voyagé et surtout résidé hors de l'ensemble Espagne, France, Italie) dans le cadre de la série internationale des expositions qui lui sont consacrées en 2017-2019,
accueillie dans la première de trois salles dans l'aile droite par un agrandissement de sa formidable photo avec un masque de taureau en osier (destiné à l'entraînement des jeunes novilleros) prise par Edward Quinn à la villa La Californie
salle baptisée «Bohème bleue», les périodes antérieures à 1904 ne figurent pas... montrant la femme accroupie contre un enfant, la mère debout portant un enfant datant donc de 1904 son virage dans la période bleue, une lithographie en couleur d'un Arlequin avec enfant et chien (1905), la tête de fou en bronze, et pour revenir à 1904, la belle (ma bien-aimée) eau-forte «le repas frugal»
ainsi que, trace de son voyage (avec 20 francs donnés par Max Jacob) en Hollande, un carnet de dessin et cette très jolie tête de jeune fille

et, déjà (on les retrouve de salle en salle, d'époque en époque, de grands panneaux translucides portant quelques unes de sa très importante collection de cartes postales, cartes choisies par lui pour garder trace de ce qui le frappait, pouvait le nourrir, ou cartes moins directement en rapport avec l'oeuvre, envoyées par des amis, clients, galeristes…
On passe insensiblement dans la seconde salle «Afrique fantôme» qui réunit en fait autant que des traces de l'influence des masques africains exposés en 1907 au Trocadéro, recherchés ensuite, de celles de sa découverte en 1906, au Louvre, de l'art proto-ibérique, comme dans le très haut «buste» de femme (l'aime beaucoup), de Fernande en fait, de l'été 1906 en bois sculpté avec des traces de peinture rouge et des traits à la peinture noire, qui ouvre l'ensemble, montrant en outre,
la tête de femme (Fernande) en bronze de 1906 devant, dans le flou lointain de la photo, une tête de 1807 (hêtre sculpté et partiellement peint)
une tête masculine ibérique du IIIème siècle avant JC, l'une de ces sculptures découvertes par Picasso lors d'une exposition au Louvre, dont il conserva quelques exemplaires dans son atelier jusqu'en 1911 (récupérées avec l'aide d'Apollinaire) influence que l'on retrouve dans les trois femmes de gauche des fameuses demoiselles d'Avignon (la boite, pas notre ville) 
En écho à un masque Fang aux belles arcades sourcilières très dessinées dans un visage triangulaires, trois belles études pour les demoiselles...
avant une très grande gouache, étude pour le Nu debout de 1908, une petite huile, stries noires sur brun sombre et rouille «trois figures sous un arbre» et le dessin à la plume de l'hiver 1907-1908 «étude pour l'Amitié»
une statue de reliquaire Fang à côté (a déclenché un échange fervent et presqu'incompréhensible entre Brigetoun et un couple de jeunes espagnols dubitatifs) une figure en chêne de 1908
avec, au mur, bien aimé de moi, enfin pas seule, la grande esquisse au fusain, repris à l'encre de Chine et à la gouache, d'un nu assis de 1908
L'exposition ouvre, ensuite, une sous-section importante et belle, sous-titrée «Sorgues, Marseille» pour les oeuvres exécutées à partir de 1912, du séjour à Sorgues, après Céret, avec Eva Gouel (et un peu plus tard Braque et sa femme), comme (j'ai volé une photo de profil, elle faisait partie des oeuvres comme celles de la période bleue et d'autres plus tard qu'on n'avait pas le droit de photographier) la «Guitare J'aime Ewa»
et, parmi d'autres dessins, une dizaine environ, de l'été 1912, un moissonneur, 
un que j'aime spécialement, cette guitare,
une figure assiste à la mandoline
et, dans un petit couloir, avant la porte qui ouvre sur une autre section, le presque classicisme, une petite sculpture (bois peint, ficelles, clous er rehauts au fusain) «violon et bouteille sur une table» de 1915
Je le laisse ici... Pour aujourd'hui après m'être activée avec conviction, et assez de maladresse pour vider un berlingot de Javel hors de la bouteille à cela destinée, me dotant d'une tennis qui me séduirait assez si elle avait un pendant, entre autres mini dégâts, j'ai tenté, un peu trop longuement je pense, me laissant emporter, une réponse à la dernière vidéo de l'atelier de François Bon. Et puis, après lourde sieste pendant que l'été, se reprenant, recouvrait de blanc le bleu franc du matin, me suis battue avec ma machine qui me faisait des caprices, de plus en plus tentée en même temps de fermer Paumée pour offrir un peu de temps à mes derniers habitués (bon mais y a ces photos et le plaisir éprouvé à tenter pour moi de reconstituer un peu de ce que j'ai vu)
Et, comme, absurdement, malgré ma chance et la gentillesse rencontrée durant toute cette journée d'hier, j'étais d'humeur un peu maussade et me sentait minable, suis restée bien tranquillement à côté de la fête de la musique me contentant de ce qui me parvenait, pas vraiment désagréable d'ailleurs.

12 commentaires:

casabotha a dit…

Clairet le ciel marseillais

Grimard Marie-Christine a dit…

Grand merci pour cette visite !

brigitte celerier a dit…

Marie-Christine ce n'est queue toute petite partie

casabotha pesait lourd et ardent parfois le ciel mais l'était bien beau

Dominique Hasselmann a dit…

PIcasso vaut tous les détours. Beau parcours !

Au Mucem (pour un prochain saut de puce), vous pourrez voir Ai Weiwei...

brigitte celerier a dit…

je sais mais ça faisait vraiment trop pour petite vieille d'autant qu'il y avait beaucoup de choses à la Vieille Charité, belle forte chaleur, petite errance, moment perdu, alors j'au tourné à la surface du Mucem pour aller voir encore Picasso au fort Saint Jean, et puis ai flâné sur le vieux port jusqu'à une terrasse pour un thé, le métro, la gare et le retour par un TER s'arrêtant dans toutes les petites villes

Claudine a dit…

Cette porte et cette chaussures en écho à la dernière sculpture
Magnifique visite, merci bien

jeandler a dit…

Magnifiques exposition et relation. Merci pour le détour.

Raymonde Wicky a dit…

Vous m'avez emmenée avec vous, Brigitte, merci pour la visite...

brigitte celerier a dit…

c'est pas fini mes enfants… vais vous dégoûter parce que j'ai des provisions pour bien d'autres billets(avec un peu de la vie actuelle et peut être de l'atelier d'été s'intercalant… et suis lente, lente, lente, et encombrée de broutilles à faire, sauf qu"avec ma maladresse rien n'est broutille (là un grand rire)

Denis Couet a dit…

J'ai traversé cette exposition dans une vague indifférence que je me reproche aujourd'hui en vous lisant et admirant vos photos. La prochaine fois, je vous prends pour guide, si vous le permettez.

brigitte celerier a dit…

vous le déconseille un peu - suis du genre bavarde comme vous pouvez en juger… avec une tendance à dire n'importe quoi… dans le feu de l'action

Arlette A a dit…

Bien vu Merci ne pourrai certainement y aller la campagne profonde et solitaire sera mon lot pour plusieurs semaines je te suis virtuellement