samedi, juin 23, 2018

La lumière venteuse d'Avignon matin, le calme ample de l'Amour antique chez Picasso

Matin, à la recherche de gélules de vigne rouge pour galoper presque comme une Perrette, trouvées, et de tennis toutes simples, pauvres, sans marque ni renforts ni profilage, point trouvées, en passant chez le teinturier et achetant quelques légumes, dans un air qui avait perdu, sous la caresse rude d'un bon petit mistral, de sa chaleur...
Noté en passant une idée, à transformer, pour ma contribution en réponse à
et après tentative de lecture des feuilles battantes de la Marseillaise dans la cour, après déjeuner et texte, ai tenté un texte – m'accroche comme peux
et, négligeant le tas de repassage, pendant que le grand souffle de l'air donne de la voix et malmène les plantes, avant de choisir pour http://brigetoun.wordpress.com un passage d'Angèle ou le syndrome de la wassingue de Lucien Suel (si ne l'avez lu, si vous voulez goûter la langue et vous faire une âme claire, vous le conseille), je reprends un peu de mon trajet avec Picasso.
La salle à laquelle menait la petite porte devant laquelle nous sommes restés, est consacrée à ce que les conservateurs ont appelé l'Amour antique, correspondant à la découverte par Picasso, conquis par le monde du théâtre, les nouvelles amitiés, et l'amour d'Olga, de l'Italie. Elle s'ouvre par quelques photos d'antiques... ma foi ne saurais les situer si ce n'est la porte aux lions de Mycènes
et un cliché pris par Cocteau montrant Picasso et Massine dans les ruines de Pompéi.
Et ma foi, cela va être déceptif, n'ai pas gardé beaucoup de traces de ce qu'elle montre, parce que certaines oeuvres étaient interdites de photographie, comme le portrait d'Olga au col de fourure (mais il y a, et le préfère, l'homme à la pipe de mai 1923 (huile, encre de Chine et crayon sur toile)
et, pour rester dans le classique, avant les «Junon aux yeux de vaches» comme disait Cocteau, il y a, un peu décalée comme époque, cette eau-forte du temps de Boisgeloup (septembre 1930) d'une femme nue couronné de fleurs,
au trait aussi ferme que celles de cette idole cycladique mais avec plus de souplesse et moins de frontalité que n'en ont les solennelles femmes nues, massives et intemporelles, (voir le qualificatif ci-dessus donné par Cocteau) dont n'ai pas gardé d'images parce que ne le pouvais de la très belle, passive, peut-être profonde, grande baigneuse de 1921-1922 de la collection Walter/Guillaume (musée de l'Orangerie), ni du grand dessin nommé la Source, parce que j'ai loupé la photo d'une belle étude de tête de profil pour les trois femmes à la fontaine, parce que au fond ma réaction face à ces gigantesques masses de chair est instinctivement de recul
mais il y avait mon coup de coeur pour les fins visages de ces deux baigneuses de 1920 (gouache, pastel, craie et sanguine sur papier)
et si j'ai négligé - ne sais pourquoi pourtant l'aimait, peut-être parce que si fine et haute elle tenait mal dans l'image – femme assise (haute planche, pas tout à fait mais guère plus épaisse, de sapin, si haute qu'elle semble debout) de 1930, et les deux femmes courant sur la plage (la course) monumentales, blanches et roses sur le ciel bleu, parce que trop familières me suis bornée à les saluer, il y avait, avant de sortir le plaisir de retrouver le monde grouillant, le trait gourmand et spirituel avec une eau-forte la Minotauromachie de mars 1935
et ce beau dessin (plume et encre sur vélin 1934) du Minotaure aveugle guidé par une fillette, comme introduction aux époques que j'aime d'avantage

que je trouverai après un petit trajet sous les arcades, en tournant autour de la chapelle, sur lequel je resterai aujourd'hui.

9 commentaires:

casabotha a dit…

Vous formez des titres plus longs, c'est agréable||ciel en goguette

Dominique Hasselmann a dit…

Cocteau photographe (on le connaissait plutôt dessinateur, poète, metteur en scène de cinéma ou de théâtre...), encore une des cordes de son arc.

J'ai bien aimé (outre Olga l'inoubliable, même sans son col de fourrure) les deux dernières photos dont celle avec l'alignement des pots géants : la couleur bistre est sublime !

brigitte celerier a dit…

Cocteau était ou se voyait l'élément moteur de ce renouveau des ballets russes et mise en rapport peintres musiciens et chorégraphes
et oui la grande charité est très belle (et quasiment désert brûlant quand il fait plus de 30°)… ici en avons une qui ne fait qu'un demi rectangle et n'est que de pierre, cela chante moins - par contre elle a gardé son affectation au logement populaire (je rêverai d'y habiter)

Arlette A a dit…

Chaleur et intimité avec les dessins de Picasso le lieu est inspirant

jeandler a dit…

Dominique m'a comme d'habitude devancé et suis en accord avec lui pour cette seconde visite. On joue les prolongations et pour une fois j'aime.

brigitte celerier a dit…

Pierre, heureusement parce que c'est pas fini…
disons deux, trois ou quatre fois encore

Claudine a dit…

Heureuse visite, finesse du trait de cheveux à la Magritte.

brigitte celerier a dit…

tu m'ouvres les yeux, n'avais jamais fait le rapprochement

Godart a dit…

On furète, on picore, Picasso,, Suel......un peu comme on fait son marché en regardant envieux les produits rares mais tellement savoureux.