mardi, novembre 05, 2019

L'atelier d'été

Matin, me suis décidée, après avoir dimanche regardé enfin la vidéo #11 de François Bon pour l'atelier d'été «Pousser la langue» https://youtu.be/9rM1d4A--pU et tenté d'établir un ordre vaguement logique entre mes différentes contributions, ai tenté de creuser un peu, pas trop, et d'établir quelques petites notes en bas de page (plutôt finalement un mini dictionnaire très partiel et personnel)
et puis ce soir, puisque n'étais pas là pour fêter avec les amis de Rosmerta la condamnation (mais avec trois ans de délai) et les regarder répondre à France 3, comme aussi en principe il y a aide aux devoirs ou ce qui peut s'en rapprocher à 18 heures 30, 
ai repris le chemin de la rue Pasteur... pour rien, il y a assez de jeunes (enfin plus jeunes) bénévoles, et aucun de mes jeunes amis (même Mamadou) n'était là ou visible... alors ça aura été pour avoir mon temps de marche.
Et après un parcours qui n'avait rien de direct, dans la nuit qui nous vient de plus en plus tôt, en belle humidité,
paresseusement, je renoue avec l'atelier en reprenant ma contribution au #5 https://www.tierslivre.net/ateliers/ (étant entendu que toute ressemblance même éloignée avec des personnes existant ou ayant existé n'est que l'effet d'une défaillance de ma satanée imagination)
Elle

Mai 1920         Lyon         un appartement         rue des Remparts d'Ainay         Anne surveille         avec confiance         le service du dîner        répond à ses invités         mais pense         à la lenteur du courrier         à la lettre reçue de sa plus jeune fille         si jeune         qui venait d'arriver à Pékin         avec son mari ce capitaine à petite moustache         forte de ses malles cabines en bois de camphre         et de son assurance              Anne parle théâtre         se penche vers une veille amie         regarde à l'autre bout de la table son mari         en fait Anne s'inquiète et pense         à elle là-bas         au manque d'expérience         de ses dix neuf ans         elle qui doit affronter         apprendre         les autres femmes du quartier des légations         la maison assez laide qu'elle doit aménager         les anciens amis de son mari         mandarins en robes de soie brodée et tachée         au français parfait         et grande courtoisie               A Pékin         elle         elle est heureuse         elle joue à la dame         elle regarde avec respect les femmes mures         et garde ses mots d'esprit pour un auditoire sûr         elle apprend à connaître les antiquités         elle regarde         elle s'effare         ou s'émerveille         devant les panneaux brodés         venant du palais         qu'on lui a offerts         elle soigne les récits         qu'elle adresse à Lyon         descriptions         un peu de méchancetés pour amuser         mais pour le moment         elle tait son secret         l'enfant à venir         et s'effraye en silence         enfile sa plus belle robe blanche         s'assied sous sa véranda         pour attendre la voiture de l'attaché culturel anglais        sourit à sa peur         pour qu'elle se taise         regarde son jardin aride         pense à sa mère        Anne       à Lyon        aux chapeaux de paille        aux étés à La Verpillière       sent comme jamais encore la distance. 

6 commentaires:

Michel Benoit a dit…

Il y a dans la rue Louis Pasteur, au numéro 22 presque en face du 7, une statue de St-Benoît-Joseph Labre.
Je viens de découvrir qu'il est le saint patron protecteur des modèles, des célibataires, des mendiants, des sans domicile fixe, des pèlerins, des itinérants et des personnes inadaptées.
Étonnant, non ?

Brigetoun a dit…

je ne savais pas que c'était lui la statue… mais oui ça tombe assez bien...

Claudine a dit…

beau texte

Brigetoun a dit…

merci Christine

Dominique Hasselmann a dit…

Vous faites du point de croix, maintenant ? :-)

Brigetoun a dit…

plus maintenant… la broderie est une des rares taches féminines que j'aimais et pratiquais (mais un quart d'heure pour enfiler une aiguille c'est dissuasif)