jeudi, novembre 19, 2020

Un peu d'Avignon, un peu davantage du village et idées de romans


Les feuilles qui volent

contraintes à serpenter

mais bien en ordre

et des chevaux confinés

rêvent en vain de galops


Le ciel était aussi bleu mais l'air très nettement plus froid que l'autre jour, à Grignan quand j'ai offert à mes jambes un petit tour dans le village


montant, tout à côté, à la Collégiale pour savourer la vue sur la campagne que permet déjà sa terrasse, passant la porte ouverte sur le ciel pour suivre un moment le mur de la terrasse du château, ne montant pas jusqu'à lui, et redescendant par la rue de la petite porte vers les libraires d'ancien fermées, la tour, le bureau de tabac sous l'égide de la marquise, revenant tout doux jusqu'à la colombe plantée par une potière familiale sur le mur du petit jardin... et comme cet après midi, attendant le plombier, je lisais des contributions à l'atelier d'été de François Bon «outils du roman» https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?rubrique18, je me suis souvenue du plaisir (un des plaisirs ou mieux de ce livre) de la liste de romans ou autres non écrits que dresse sans pouvoir la finir Christine Jeanney, dans «les petites cosmogonies» - «et pourquoi pas un roman sur la pluie et rien d'autre», dit rater, et dont, pour donner un peu d'intérêt à ces image, je vais intercaler entre les images le début, ou la seule ligne, de certaines (avec le timide espoir qu'elle me pardonne, et le plus fervent désir que, si ne l'avez fait, vous découvriez les autres richesses du livre https://abrupt.cc/c-jeanney/les-petites-cosmogonies/)


«Un roman qui décrit jour après jour les ciels – quel travail.


Un roman qui décrit rue après rue les portes – quelle difficulté.


Un rêve, et le roman raconterait comment, depuis le rêve, on entend des couleurs se lever,...

...


La vie romancée d'un grand gaillard à la chevelure rousse plaquée et tirée sur le front, avançant calmement...


Un recueil de nouvelles avec, pour fil conducteur, des espadrilles usées à semelles de corde fossilisées...


Un catalogue des outils tranchants (couteaux, scies, lames et sabres de toutes origines) retrouvés au fond des tombes ou...


Un roman choral dont les multiples narrateurs seraient des papiers chiffonnés sur le sol d'artères... (un goût mien spécialement pour celui-ci)


Un essai méditatif écrit sur les hauteurs de l'Himalaya, avec une note en bas de page où serait mentionné le nom imprononçable... 


Une suite de textes de dix lignes écrits par une femme chilienne, coincée entre Océan Pacifique et... (rêvez la suite et la suite de cette suite)


Un livre en forme de leporello dont chaque pli déplié s'ouvrirait sur un autre livre...


Une fiction centrée sur un personnage précis qui se déguiserait sans cesse en...


Un roman qui commencerait par une interjection et un point d'exclamation, suivis de parenthèses entre lesquelles...


Un texte bâti grâce aux livres d'une bibliothèque : il sélectionnerait, dans chacun d'eux, une phrase et viendrait l'assembler...


Une thèse universitaire axée sur un territoire spécifique et qui, s'appuyant sur des strates géologiques dudit territoire...


Un roman sur la flûte, et rien d'autre.


Un roman sur une rame de métro qui suivrait en détail les trajectoires qui y mèneraient, ainsi que les sorties de métro et les tourniquets. Le nombre...


Une biographie d'un Mozart de néolithique ou du Mozart précolombien. 


Ou une biographie de n'importe qui. De toute façon peu importe, ce serait toujours une biographie faite par moi, je veux dire faussée par moi...


Une traduction de moi. Déjà, il faudrait que j'écrive un texte à la première personne, et ensuite que je le traduise en moi, ce qui est compliqué..."

Quant à moi je n'ai finalement supprimé que trois (ne saurais dire comment) idées ou débuts d'idée.

8 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Un roman entrelardé de photos au ciel bleu et de textes venus d'ailleurs... :-)

jeandler a dit…

Banal, aujourd'hui de le dire encore une fois, la vie est comme un roman. Mais devant de si lumineuses images et la romance de cette note, on ne peut que la rêver cette vie. Merci pour ce regard matinal.

Brigetoun a dit…

Dominique... il n'y a eu que le dimanche en gris avec pluie dans la nuit pour me dire adieu

Brigetoun a dit…

oui enfin Pierre le réel est bien toujours là... s'efforcer (à trois ça aide) à l'adoucir

arlette a dit…

Belle idée comme un détail qui grandit et englobe toutle bleu du ciel parfois la vie ne tient que par cet infime détail

Brigetoun a dit…

merci Arlette

Claudine a dit…

bel hommage à C.J.
... et cette palette ...

Brigetoun a dit…

bon le dimanche c'était gris