mardi, janvier 18, 2022

Mistral, français, calcul, auteurs, et atelier


Matin retaper (je pensais) mon premier texte pour l'atelier de François Bon, le publier, en avoir honte presque immédiatement... et m'en aller dans l'après-midi vérifier que le bruit qui tournait dans l'au-delà de la cour et qui nous faisait ciel bleu était bien celui d'un vent en bonne forme.



Rosmerta, piapias divers et pas tout à fait deux heures de calcul puis de français avec la jeune ivoirienne, lasse et moins brillante cette fois...



et retour dans la nuit qui tombait avançant pliée en deux à partir de la rue Saint Agricol pour forcer le niet que m'opposait le souffle de l'air...

pour trouver, sans doute un des derniers livres que j'achèterai...(vais enfin relire vraiment) « je ne me souviens plus » de Philippe de Jonckheere https://www.publie.net/livre/je-ne-me-souviens-plus-philippe-de-jonckheere/ et, comme ils avaient pris un peu de retard, juger que ça valait encore la peine et rejoindre en cours le zoom avec Jacques Séréna, moment de régals... et la fatigue est revenue ensuite... alors j'en profite pour reproduire le dernier texte écrit pour la fin de l'atelier précédent de Françoise Bon (qu'à tort ou raison j'aimais assez)


Quelques fenêtres de sa vie


La croisée peinte en un blanc un peu écaillée, les dalles de la cour sur lesquelles tourne une petite voiture conduite par un garçonnet que tente de poursuivre sur ses petites jambes potelées la dernière des enfants, la fontaine et ses carreaux verts et blancs



à volutes mauresques récupérés dans des ruines sur la gauche, les marches menant au long jardin et l'allée entre deux haies de buis qui mène au portail


Une longue ouverture occupant toute la longueur de la pièce rectangulaire, ponctuée de montants de bois vernis, comme une passerelle, la terrasse de planches sur laquelle se raccordent, perpendiculaires, les quatre pontons auxquels sont amarrés les canots, les voiliers, une vedette ; le « Bleuet », sa longe coque, son nouveau gréement Marconi arrive sur la gauche, de La Pérouse, du cap Matifou, barré par son père ; L. saute sur le ponton avec le bout d'amarrage, juste à côté de la petite annexe que son père lui a donné ; s'éclipser, il devrait être au lycée.


Le hublot de sa cabine, les marsouins qui jouent entre friselis bleus et soleil avec leur petit escorteur, il attrape son fusil pour monter sur le pont jouer à les rater.


Le petit matin par la fenêtre de la cuisine, le jardin où ne poussent que deux pins dont les aiguilles tapissent le sol – tasse de café en main regarder ses deux ainées qui attendent assises sur la marche devant le seuil à côté du sac de voiles le départ pour la pêche à la palangrotte.


La fenêtre du restaurant sur la nuit qui est tombée sur le port de Port-Cros, la nuit qui devrait être délicieusement calme maintenant que la dernière navette avec la Tour Fondue est partie... regarder la pluie qui commence à tomber sur les bateaux, sur celui qui les attend en dansant sur son ancre dans le vent qui se lève...


La fenêtre de sa cabine de commandement, le gris de la mer, les radeaux qui approchent, si chargés de corps fuyant le Nord-Vietnam qu'ils coulent presque, sa rage justifiée ou non contre les ecclésiastiques qui ont poussé à ces départs.


La fenêtre de son bureau sur la rue Royale et la vue plongeant qu'on a depuis elle sur un vestiaire de manequin de l'autre côté qui lui vaut des visites.


La porte-fenêtre au dessus du talus, de la bande de gazon, de la route, de la Seine, son long exil loin de la mer, prendre sa canne, aller vers les écluses regarder les péniches.


Photo volée sur e-bay, ma mémoire semble avoir inventé des pontons, tant pis je garde, sont peut-être venus après 

8 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Le charme des cartes postales anciennes qui colorent la mémoire... :-)

mémoire du silence a dit…

la mémoire est pleine d'odeurs et d'images, parfois amputées, parfois embellies, parfois si nettes et précises... une fenêtre ouverte sur cour, sur jardin, sur mer, ou sur rien...

Brigetoun a dit…

Dominique, elle était la bienvenue parce que même si le "sport nautique"puisque c'était le nom simple de ce club existe, je crois; toujours, il est tout petit et pas facile à repérer sur les vues du port d'Alger

Brigetoun a dit…

Maria, d'autant plus fragile (mais peut être plus facile) quand il s'agit de trouver ce qui aurait pu être dans la mémoire de quelqu'un qui n'existe pas ou qui n'est plus

Claudine a dit…

il y a toujours des enfants et des bateaux dans ces souvenirs

Brigetoun a dit…

en gros sans être sans doute parfaitement exact ce sont les souvenirs d'un marin et père de famille alors...

arlette a dit…

Une certaine mémoire sélective..on ne peut y échapper .. de l'un ou de l'autre du plus profond de soi réalité ,souvenir ou page d'écriture

Brigetoun a dit…

et ion a le droit la reconstitution imaginative surtout si on ne nomme personne