J’avais envie d'avoir deux spectacles pour ce vendredi, un film avant le théâtre en entrée de nuit, mais aucun horaire des films programmés par Utopia ne le permettait et je sis restée dans l’antre le matin… Le ciel était d’un peu assez splendide sur la cour mais l’air passablement froid et me suis activée pour me réchauffer, avec des petits passages sur internet. Un déjeuner assez réussi (un peu trop salé tout de même), une lourde sieste, en émerger, vaquer, préparer tenue soir et les préparatifs du souper
et m’en suis allée dans le début de nuit vers le théâtre des halles pour voir « les Meutes » une pièce d’Eloïse Mercier mise en scène par elle et Gautier Boxebeld qui avait été programmée pour le festival off de 2024 au Château de Saint Chamand
photo © Vincent Bérenger provenant d’un article de Coup d’oeil titré « les Meutes ou comment se jeter dans la gueule du loup » et commençant par Au Château de Saint-Chamand, hors-les-murs de la Manufacture d'Avignon, c'est sur le mode du conte qu'Eloïse Mercier s'attaque au carcan de la vie conjugale… Eloïse Mercier file une métaphore pour parler des errances de la vie conjugale. Prise au piège dans sa belle-famille, son personnage se sent traquée comme un loup. Alors que la présence des chasseurs se fait de plus en plus pesante, le danger va croissant et il semble évident que la future mariée est une proie. L’idée d’une femme-loup qui s’invite dans chaque scène avec une série de jeux de mots et autres expressions communément partagées : « hurler avec les loups », « il y a un loup », « connu comme le loup blanc »… Le loup est-il victime ou bourreau ? Enlisé dans les contradictions de nos métaphores animales, le propos se trouble… C’est sans doute avec ces double sens que la proposition tend à perdre en radicalité. Sans rien taire de la complexité des relations amoureuses, sûrement est-il possible d’imaginer un message plus clair, plus universel. Si le texte vient parfois surexpliquer les situations, il tend parfois à se contredire. Cet entre-deux vient d’ailleurs se matérialiser dans les choix scénographiques. Au registre du conte et au métaphorique répond un décor plus littéral dans lequel les écrans représentent minutieusement les descriptions du texte.
Je suis rentrée vers l’antre ayant aimé, essayant de démêler ce qui avait joué, la mise en scène les vidéos lentes sur un panneau central servant de décor, les voix off par moment, les décors et le jeu des vidéos se découpant, la superbe queue touffue qu’arborait Lou la nuit dans les bois et ses fines jambes en robe courte, le jeu de son époux éperdu et tiraillé, le grossièreté pontifiante du père, mais surtout le poids de cette famille et la fragilité de Lou.








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