Tremblotante et courbatue au réveil, préparation dolce, départ carcasse se prélassant dans une chaude protection kaki (la doudoune étant encore humide j’ai enfin pensé à cette vieille parka que je traine depuis des années comme un doudou où carcasse ronronne qui attendait dans une housse que je pense à elle et que j’ai défripée à la va comme je puis) ragaillardie encore dès les premiers pas dans l’air par l’air qui montait en tendresse et la jolie lumière…
Munie de trois paquets de serviettes en papier de bonne facture, d’un nouveau collant chaud, de 200 grammes de cabillaud, de cent grammes de crevettes, d’une boite de cigarillos, du Canard enchaîné et d’un cookie de basse qualité, je suis revenue pour enchainer le jour en y incluant cuisine, un déjeuner lent en lisant un peu plus de la moitié du Canard, une lourde sieste, des petits tours internet (silencieux le plus souvent grâce à la perte de Facebook) et me suis attaquée un rien inquiète parce qu’en y pensant plus ou moins pendant tout ce temps me venaient des idées que ne savais comment dire et en quel ordre ce qui me restait de La Grazia regardée frissonnante et l’esprit ne restant à peu près éveillé et conscient que par la force des images et des idées…
Donc « La Grazia » le plus récent (2025) film de Paolo Sorrentino dont une photo (cueillie sur le site d’Utopia dont vous pouvez consulter l’article en cliquant sur ce lien).
Sans ordre, après avoir reproduit le résumé qui figure, entre autres sites, sur Wikipedia
Le président de la République italienne Mariano De Santis est désormais âgé et arrive au terme de son mandat. Veuf, ancien juriste et profondément catholique, il sera confronté à deux derniers dilemmes : accorder la grâce à deux personnes qui ont commis un meurtre dans des circonstances pouvant être considérées comme atténuantes et promulguer la loi sur l'euthanasie[2]. :
la beauté des images, leur cadrage,
l’importance donnée au temps, la lenteur, l’immobilité parfois, la caméra qui saisit les personnages plantés sous un angle puis un autre, une sensation qui s’apparente à celle du flottement (un peu comme celle de la larme en apesanteur du spationaute et qui le fait sourire)
le Président (Toni Servillo, magnifique) marchant lentement ou arrêté sur la terrasse, regardant le paysage, en fumant une cigarette comme lentement aussi pour l’économiser parce que ce sera la seule de la journée
les plaisanteries qui sont quasiment non dites comme sous-entendues et entrainent, surtout en ce qui le concerne lui qu’on surnomme (pour cette rigueur/solidité qui n’est pas que dans l’attitude) « Béton Armé »
les petits pas de côté : la larme flottant, le pape large bienveillant économe de mots inutiles avec son ami le Président personnifié par un noir aux dreadlocks qui se déplace en scooter avec dignité sa robe dansant dans le vent du déplacement, la vieille amie qui aime être juste assez déplacée dans sa tenue et son comportement pour poser sa touche de liberté
les personnages de l’entourage, les enfants du Président, les deux condamnés à mort, les politiques, celui qui se prépare peut-être à être candidat à la succession (qui est peut-être aussi cet homme dont le Président cherche l’identité, l’amant de sa femme morte et toujours régnante sur son esprit), le massif général venu des Alpini (oh les chants en choeur entonnés virilement et faux), l’amie un peu exubérante qui finit par dire que l’amant était l’amante et que c’était elle pleurant avec lui discrètement derrière le dos à la surdité affichée du chauffeur et à la toute fin du film après la démission partageant chaque jour un de ses repas simples etc…
Et nous qui partageons, guidés par des signes plus ou moins ouvertement distribués, l’évolution intime qu’il subit ou veut pendant ces quelques mois.









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