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désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

mardi, avril 21, 2026

Il est arrivé… attend demain

 


Levée outrageusement tôt de peur de me rendormir… pendant la vaisselle du petit déjeuner un coup de téléphone annonçant le nouveau jouet entre 9 et 11 heures… Il est arrivé vers 10 heures et le livreur a gentiment grimé l’escalier avec lui. Je danse de joie en essayant de ne pas tomber… 



et je sors pour acheter à la boutique de la place de quoi bricoler un déjeuner hors conserve, surgelé ou bidule prêt… et au retour je téléphone au numéro qui m’avait été indiqué pour la mise e marche… il était chez un client, il a noté et m’a rappelé vers 16 heures pour prendre rendez-vous pour dix heures demain matin (et me laisse entendre qu’il pourra peut-être se charger de la récupération de l’ancien)




M’en suis allée un peu avant dix huit heures vers Utopia Manutention



pour découvrir un des films de ma liste de désirs qui n’a pas encore disparu des possiblement projetés chez eux : « Nuestra Tierra » (Argentine 2025) de Lucrecia Martel



`Je recopie la quasi totalité de la présentation sur le site d’Utopia d’où vient la photo ci-dessus (oui c’est paresseux mais je le suis)


2009, province de Tucumán au Nord-ouest de l’Argentine. Accompagné de deux anciens policiers, l’homme d’affaires Darío Amín tente d’expulser de « ses » terres les membres de la communauté autochtone de Chuschagasta, qui y vivent depuis des générations et des générations. Le ton monte, début de bousculade, les porte-flingues s’énervent, sortent leurs armes, un coup de feu est tiré : Javier Chocobar, le chef de la communauté, s’effondre, mortellement touché. Âgé de 68 ans, Javier tentait, avec ses camarades, de résister à cette expulsion violente – et plus largement de faire valoir la reconnaissance des droits de propriété de la tribu des Chuschagasta sur leurs terres ancestrales. Filmée et diffusée sur les réseaux, la scène de la rixe et de l’assassinat est le témoignage implacable, glaçant, d’un crime qui aurait dû être jugé et sanctionné sans délai. Pourtant, malgré ces preuves accablantes, il aura fallu neuf longues années de mobilisation et de manifestations pour que le procès de Darío Amín et de ses acolytes s’ouvre enfin, en 2018 !

Autour du procès qui sert de fil rouge, à partir des images de la fusillade et des témoignages précieux des indigènes appelés à la barre, Lucrecia Martel entreprend de remonter aux racines de l’histoire : celle du militant autochtone, celle des rapports de force coloniaux toujours à l’œuvre, celle dont on s’est efforcé de déposséder une communauté indigène en lutte. Communauté bafouée et ignorée, à laquelle, à travers son film, la réalisatrice s’efforce de redonner des visages, une culture, un récit, des images. Alternant des entretiens avec de nombreux membres de sa famille, ainsi qu’une multitude de photos historiques de sa femme et de ses ancêtres, Nuestra tierra fait revivre Javier Chocobar, ce qui l’a construit, ce qui l’a déterminé à se lever contre l’injustice, pour sa famille et sa communauté. Le film restitue ainsi toute la dimension humaine et politique de ce drame. Les archives de l’épouse de Chocobar et de ses ancêtres, les paysages grandioses des terres chuchagasta, rappellent que ce peuple, malgré les violences et les tentatives d’appropriation, n’a jamais cessé de se battre pour sa dignité et son territoire.


L’issue du procès, qui tient en haleine du début à la fin du film, importe presque moins que le racisme qu’il met en lumière – endémique, d’une rare violence, toujours présent dans la société argentine où l’histoire et la présence des peuples autochtones sont trop souvent passées sous silence.



Sur le chemin du retour, fureur légère contre carcasse qui de soulagement et de fatigue a choisi par moments la somnolence brève, souvenir du choc de la beauté des images sauf les archives moins nettes bien entendu, sympathie, peine et joie pour les Chuschagasta et autres, intérêt pour les signes plus ou moins discrets des ruptures de classes, détestation d’une juge davantage que pour les accusés…


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