lundi, avril 27, 2015

Selfie d'un piètre chauffeur de taxi

mais d'un véritable auteur, auquel j'ai rendu visite en fin d'une journée où le temps hésitait à se souvenir que le printemps nous était venu, faisant succéder à la pluie de la nuit des clins d'oeil de la lumière entre masses blanches

Après le thé de l'après midi, après un petit salut au bouton présomptueux d'un rosier, 
m'en suis allée dans la ville trempée vers Utopia pour voir Taxi Téhéran, puisqu'après les articles sortis au moment de Cannes, je rencontre ce film à tous les coins du web, puisqu'en parlaient des articles, des radios, Dominique Hasselmann https://hadominique75.wordpress.com/2015/04/21/taxi-filmeur-taxi-teheran/, et plus récemment Frank Queyraud https://flaneriequotidienne.wordpress.com qui m'a dirigée vers un billet critique http://veraicona.hypotheses.org/489#more-489 (où j'ai pris le terme de selfie, même si la prise de vue gomme un peu les distorsions inévitables dues à la proximité).
Contrairement à mon réflexe qui est de m'abstenir quand le bruit se fait un peu trop insistant, j'ai eu envie de saluer ce geste de défi, envie aussi de cueillir un peu de l'air de vivre à Téhéran, même si les passagers sont en fait des amis du cinéaste, des personnalités, et si ce n'est pas un documentaire mais un film construit.
Et, oui, j'ai aimé cette liberté née de la contrainte, j'ai ri en entendant les limites pour la création d'un court métrage énumérées par la nièce, j'ai ri des deux femmes et du poisson, de la verve du marchand de DVD (qui, seul en ce cas du moins dans la fiction du film, reconnaît Jafar Panahi, en bon cinéphile), j'ai admiré la femme aux roses, frémi devant le sang de l'homme et souri que sa femme attentionnée le soit surtout pour sa crainte de le voir mourir intestat (et de se voir jetée dans le néant) etc... souri aussi, comme demandé, de la gourderie de ce faux chauffeur de taxi pour se repérer dans les itinéraires, et j'ai admiré cette façon d'être totalement auteur/sujet de son film, omniprésent même si c'est dans l'écoute...
Ai même accepté qu'à la fin les noms de ces acteurs d'occasion ne soient pas cités pour éviter des poursuites, alors qu'il suffit certainement à des policiers-censeurs de visionner le film pour les identifier assez facilement.
Et j'ai découvert que les avignonnais s'ébattaient depuis des années en terrain dangereux.

12 commentaires:

annajouy a dit…

juste marquer lecture. no comments..rien vu

brigitte celerier a dit…

visite non obligatoire
(réponse à la pauvreté de mes commentaires ?)

Dominique Hasselmann a dit…

La municipalité de Téhéran se préoccupe-t-elle aussi bien de ses administrés ?

Merci d'avoir cité mon "post" sur ce film, comme quoi (vu sans doute à l'Utopia ?), même dans votre ville, il n'y a pas que le théâtre ou l'opéra à emprunter... !

Marie-christine Grimard a dit…

Tout le monde est unanime, vivement que je trouve le temps de partager votre plaisir !
Merci pour cette séance !

arlettart a dit…

Merci pour ton impression -film
Et admirai la prose " énarquienne " des panneaux de ta bonne ville

brigitte celerier a dit…

mais j'ai perdu l'habitude du cinéma et puis les queues me sont moment d"angoisse (bien failli repartir hier)

brigitte celerier a dit…

cette unanimité me décourageait un peu…
mon snobisme éternel.
Arlette nous avons un prof comme maire

pascale a dit…

Un petit bouton de rose présomptueux, des lichens foliacés, des selfies, des agacements à l'unanimité ... comme de nouvelles résistances qui montent, qui montent... et de partout.Merci à vous.

Denis Couet a dit…

Il y a tout de même un accent dans le mauvais sens sur le e d'accès... / Pas vu ce film mais vous me donnez envie d'y aller.

brigitte celerier a dit…

ah oui ! je n'avais pas remarqué, et je suis tellement habituée à mes fautes que je cherchais accès dans mon texte

Gérard a dit…

J'irais bien en vacances à Téhéran

brigitte celerier a dit…

moi comme suis esthète et passéiste je continuerais jusqu'à Ispahan