et j’ai pris le chemin, tout doux, dans les rues qui s’ébrouaient lentement, vers le distributeur de billets de ma banque puis le Carrefour de la rue de la République…
Retour en ajoutant un cookie dans le sac pendu à mon épaule qui contenait des purées de pomme de terre et de courgettes en portions, un peu plus de trois cents grammes de cabillaud, cent grammes de crevettes, de la salade de concombre à la crème et six pancakes… Nettoyage quasi parfait (elle se salit si vite que la perfection est impossible même pour plus doué que moi) de la cour, un peu d’internet, cuisine, déjeuner appliqué et sieste d’où je me suis réveillée avec un grand désir de faire grève au programme prévu, désir auquel, honte à moi, j’ai cédé… pour l’oublier j’ai cherché des allusions à la pluie dans le premier livre qui m’est tombé sous la main, le recueil « Outremer - Trois océans de poésie » des Editions Bruno Doucey mais en le feuilletant je me suis arrêtée sur un poème de Serge Patient (Guyanne) sans aucun rapport avec ce thème
Cayenne est désolée que déchire un canal
et sur le pont Cugnot
jeté
entre les sous-marqués et la misère noire
comme si la
ville en rive droite
avait son
cul en rive gauche
les négrillons nombrils-boudins
faisaient pieds nus
autour des chiens-collés
la ronde à bleue-pistache
et les pêcheurs riaient
ou bien froissaient
entre leurs mains-batouèles
les décrasseux
et les billets de monnaie-singe
et sur le pont Cugnot passait
indolemment créole
et pas encore catin
la fille au madras rouge
comme coiffée du sang de sa virginité.
Le pauvre correcteur de Pages a beaucoup souffert et désapprouvé.









