commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

dimanche, avril 08, 2007

Dos au mur, tête levée vers le soleil, yeux mi-clos, comme un roulier attendant l'embauche pense-t-il furtivement, Vivien attend Aurélie en conférence avec le père chargé des études. Il sent toute la fatigue de son voyage rapide à Marseille peser sur lui, impression que le sang se fraie difficilement un passage dans les jambes, les bras un peu engourdis, tête vaguement pesante. Il a même cru qu'elle basculait en arrière, tendant le cou.
Et bien sûr ce n'était qu'illusion juste parce qu'il est là, vacant. Fatigue du voyage, fatigue de l'âge ?
Maurice est passionné par ses routes, ponts et montagnes, prêt à transporter femme et enfant dans tout nouveau paysage à aménager et aimer. Il y a peu de chance qu'Avignon le revoit autrement que pour de brefs passages.
Pour René - il revoit la fierté de son fils, l'autre jour, dans la lumière et la solennité du lancement de son premier bateau : "ça me change de la négociation des cargaisons" - "mais tu aimes ça, voyons !" - "bien sûr, mais, le bateau, je le vois..."
La fête le soir, dans la bastide que Simon loue à son nouvel associé - le buffet sous les arbres, l'échappée sur la campagne, l'odeur des arbres, les voix joyeuses, et Monsieur de Valérian, daignant, morgue remisée, du haut de sa dignité de chef autoproclamé de famille, faire des allusions discrètes et paternellement bienveillantes à une entente entre votre fils, dont vous devez être fier, Monsieur, et ma petite cousine Mathilde. La nuit tombée, sur la terrasse, il a dit au profil perdu de René et à son cigare : "cette maison, ce plaisir que te donne ton travail et ton début de réussite - tu devrais pour parfaire, prendre femme. Pourquoi n'essaies tu pas de faire ta demande à Madame de Cayranne ?" Et le merci souriant de son fils.
Il se redresse un peu, et dessine un salut de son bras, large courbe avec son chapeau, vers un couple de passants qu'il a deviné entre ses cils presque clos, salut qui lui revient.
Il a un petit goût triste en pensant à l'hôtel et à l'entreprise qu'il avait voulu pour eux. Construit. A-t-il construit ? ou suivi sa pente ? Mais, Dieu, qu'il s'en moque au fond ! L'image de cet homme arrivé, responsable, déterminé, sage, que les autres, disent-ils, voient en lui. Il s'en étonne toujours un peu.
Aurélie sort - et il pense qu'elle l'intimidera toujours un peu, mais que nul ne doit le savoir, sa femme, son amie, petite paysanne bagarreuse, sa dame. Ses cheveux blanchissant et la petite tête tenue fièrement et souplement, les épaules étroites et fermes, la démarche encore légère. Il se détache du mur pour lui prendre le bras, se courbe et lui sourit.
Puisque cette bande s'est installée peu à peu et pour ceux qui auraient des vélléités (moi itou) de s'y retrouver en gros, il y a un sous-blog "roman de gare" accessible par le profil, avec une liste des interventions, et en second message (pas logique mais c'est ainsi), une liste des personnages.

10 commentaires:

micheline a dit…

brigetoun, je vois que tu te lèves encore plus tôt que moi.Pour écrire ce texte plein d'humanité et d'une plume irréprochable ?.Dis ces histoires que tu racontes font partie de créations spontannées, ou sont suggérées par atelier d'écriture interposé? je n'ai pas tout suivi..
commentaire chez moi : le mot "boufface": marrant _ dont je n'ai pas le sens précis: un peu mièvre?? bon d'accord ..un peu insolite en tout cas.
autre chose :j'ai mis un comment chez Aben que je voudrais bien que tu lises, ça ma tracasse cette histoire ,tant j'apprécie Aben

Anonyme a dit…

J'avoue que des fois j'ai de la peine à saisir le contexte dans lequel sont situés tes écrits. Peut être (c'est une suggestion) que c'est mieux pour les lecteurs d'avoir une introduction en guise de préambule ?
Que ce dimanche te sois propice pour tes activités et tes introspections littéraires. :-)

Anonyme a dit…

J'imagine Vivien attendre Aurélie, et se dire que définitivement il fait chaud, avec ce soleil de plomb, mais qu'il ne peut pas etre malheureux, parce qu'a deux on n'est jamais totalement malheureux...

J'aime infiniment ton texte. Vraiment.

Anonyme a dit…

Chère Brigitte,
je vais aller voir ce sous blog !
J'espère que tu passes un bon week-end de Pâques !
Profite bien de ta belle ville !
Bises,
OLIVIER

micheline a dit…

merci pour ton comment chez moi, bonne journée.

Anonyme a dit…

merci de ta fidlité, à demain, si la route me ramène

Anonyme a dit…

fidélité

Anonyme a dit…

Je crois que j'ai suivi tous les épisodes, mais je retournerais volontiers à l'oeuvre intégrale. Gare à l'abus de chocolat !

Rosie a dit…

Merci pour ce beau texte qui me fait rêver des pays lointains.

Bisous et belle journée d'une p'tite cousine du Québec, Canada.

Anonyme a dit…

Un roman en ligne! Excellente idée. Est-il possible de faire paraître le chapitre le plus récent en dernier? J'ai un peu de nostalgie des pages d'un livre...