la salle était à moitié vide, beaucoup d'enfants, sans doute une classe joueuse avant, respectueuse pendant l'écoute. Je me suis déplacée au bout du balcon et je surplombais l'orchestre ; je voyais les belles robes des violonistes, la longue corniste presque aussi étique que l'était ma petitesse à son âge et je me demandais où se nichait sa force, dans sa taille ?
L'effet
Lacombe a joué ; dans Appalachian Spring de Copland, l'orchestre était souple, allègre et le plaisir m'a inondée, même si dans le dernier mouvement la musique devient un rien facile. La vedette de la soirée une jeune violoniste Isabelle Faust ferme walkyrie sculptée dans un plissé rose, nous a joué le 2ème concerto de Mendelssohn et l'orchestre répondait, accompagnait parfaitement son superbe violon.Après l'entracte, pendant lequel mon so-british voisin et moi, dans nos tweeds plus ou moins authentiques, avons choisi chacun un disque et commenté notre choix dans nos langues, hermétiques plus ou moins mais souriants, le premier mouvement de la première symphonie de Beethoven, sans doute trop connue par eux, a permis aux violons de retrouver leur jeu pâteux (non pas la pâte à pain mais la pâte servant à réparer les joints). Et puis ça s'est amélioré.
Je tourne un peu en rond chez moi, pendant que mes nerfs, mon corps, mon esprit, font la transition vers leur état casanier et que mes patates cuisent et je découvre que je n'ai quasiment pas de texte évoquant la musique. Je ne trouve que Sollers d'une banalité désarmante "Ph.S : Oh ! tout est musique. - D.H. : Qu'est-ce qui est musique ? - Ph.S : Comment te dire ça ? C'est pour moi, l'image même de la positivité que je vise. Rien n'est plus positif que la musique. Non ?"
Et en remontant dans le livre, en écho à Lysistrata "Contrairement à ce qui, en général, est dit devant tout le monde, ce n'est pas du tout avec mon père que les conflits ont eu lieu ... les femmes m'ont toujours paru avoir un caractère plus autoritaire... Là je suis à contre-courant sans doute, mais je suis intimement convaincu que la délégation de pouvoir aux hommes n'est qu'une pure apparence". Parfois ? souvent ? il m'énerve immensément.
4 commentaires:
Inconsistance et "blabla" de Sollers. Vu un documentaire passionnant sur Julia Kristeva "Etrange étrangère" dans lequel, face à cette femme pétillante d'intelligence et de finesse, il apparaissait bien pédant à côté d'elle, enchaînant des platitudes d'un ton docte...
le fait est que leur style est hautement différent
je me demandais si dans mon commentaire d'aujourd'hui j'allais vous répondre sur la musique américaine et Copland ou sur Sollers, ou encore à propos d'autre chose puisqu'il y a matière... et j'ai relu votre note.
Heureusement car j'ai failli faire une gaffe monumentale hi hi ! dans ma première lecture ce passage là : "la pâte servant à réparer les joints" m'avait frappée ! il faut dire que j'avais lu : "la pâte servant à préparer les joints"...
Finalement mon commentaire est fait sans avoir parlé ni de l'une (la musique) ni de l'autre (Sollers).
Je file à la cuisine Brig... retrouver d'autres pâtes.
Il est certes brillant, ce Sollers, mais imbu de lui-même. Julia Kristeva a dû se demander s'il avait un « insight »... Il m'énerve aussi. C'est sans doute la faute de François Mauriac, qui n'aurait pas dû se montrer si admiratif devant sa jeunesse douée.
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