Et la mer qui ne se donne pas, dans les chambres choisies parce qu’elles donnent sur elle. « On l’entend crier derrière les volets : elle est la gorge de la nuit, la voix de ce qui ne parle pas, la récitation muette des lointains, la causerie assourdie du silence, une belle alliance de mots posée comme un emplâtre sur le vide de la langue… Elle ne dit rien, n’explique rien, ne donne pas de leçon. Et pourtant il convient d’y prêter l’oreille. Écouter ce bruit vide n’est que vivre et se tenir en soi : habiter sa propre pâleur, avec ce curieux désir de couleurs... »
Voilà qu’avec des mots sonores nous prétendons le célébrer, quand en réalité nous rédigeons la mièvre apologie de notre misère…. Et pourtant cela nous occupe : l’infini est plein de périphéries, nul n’en achèvera la chronique. Tout ce bleu, en nous, est une lumière qui brûle, qui attend son jour, qui le chasse à cor et à cri, qui creuse, qui trace, qui détecte, corrompue, sans doute, et vite empiégée, déçue et décevante, mais nous n’en avons pas d’autre, pas de plus intime… »Ou : « Ce bleu n’appartient à personne.
Il n’est ni le bien des hommes, ni le royaume des dieux. Il circule et se répand, distribuant partout la matière mobile de son propre rêve… »
Seul avec les dieux, avec leur absence. La pression de leurs mains invisibles sur mes épaules. Seul à comparaître devant le bleu. Dans le grand dimanche de la mer. Buvant l’espace comme un ivrogne. Des goulées d’angoisse et de croyance. Désireux d’ajouter encore du ciel au ciel et de l’eau salée à la mer. Pleurant, baigné d’abîmes… »
Ulysse était las,
noir de soucis et désespérance, allongé dans l’oliveraie,
naissant à nouveau au souvenir du goût de la terre.
Or la longue nef noire, tirée sur le sable, gardée par ses compagnons assemblés,
unis dans une interrogation résignée, attendait sa décision..
Vertigineusement défait,
éperdu, dans le grand désir du sommeil,
ahuri de la crainte des vagues recommencées,
un sourire conciliant sur ses lèvres et dans ses yeux,
déguisant son non-vouloir sous sa parole d’or,
entre supplication et hauteur, il s’est avancé,
pour chanter le miel de la terre, son labeur, l’odeur des plantes -
« Ahimé, que reste-t-il de nos biens à Ithaque » -
refouler dans le rêve leur appareillage vers leur passé,
tendrement consentir encore à la jouissance hors de l‘épopée.
et c'est un de mes plus beaux flops
9 commentaires:
magnifique bleu et avec un clic sur la première photo, agrandie, on voit clairement un homme regarder sur le pont!
le bleu autour de nous, d'après moi, nous appartiens à tous, non pas à personne...
Rêves de ciel bleu Brig, ce ne sera pas pour aujourd'hui...mais j'aime beaucoup ton Rhône, à cet endroit précis.
Quand à Ulysse, je trouve un air textes anciens dans ton nouveau départ.J'aime beaucoup Ulysse.
et chacun cherche son chat...
et chacun cherche son bleu
d'entre les nuages..
et comment repartir quand
se voile le soir ..
persister jusqu'à l'aube qui blanchit l'horizon...
Belles harmonies en bleu, rien que du bleu, ce bleu si cher à Yves Klein, si pur.
Magnifique ton texte du dimanche bleu et tes photos l'accompagnant est superbe.
Pour le texte des Impromptus, Ulysse, j'aime bien et je ne trouve pas que c'est un flop.
De retour après un week-end prolongé et fériée de notre résidence de campagne.
Bon mardi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.
Vraiment tres chouette ce blog !! je le découvre avec un plaisir non dissimulé !! les photos sont réussies et donnent envie de venir voir de plus près cette ville O combien superbe que je connais trop peu !
Raconte-moi ta définition de "flop" brige, nous n'avons pas la même !
Merci merci pour ce bleu d'Avignon, c'est sensass...
Aujourd'hui, n'attends pas de moi une louange, un blâme.
L'un serait injuste et l'une serait une faute.
On aiguillonne le talent.
"Flop", je ne le crois guère, mais "l'un des plus beaux", assurément !
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