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Et Brigetoun assise visage enfin au soleil (mais me faudra chercher de nouvelles sandales, maintenant que les bottes doivent être abandonnées, celles de la fin de l’été dernier laissant mes pieds faire à leur surface des allers et retours qui n’améliorent pas l’élégance de ma démarche) dégustait ce plaisir, juste à la marge, loin de l’affluence
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« Partout tu poursuivis la mer…
La mer autour et dedans,en bouche, en embouchure, haussant, baissant la voix. Ses croûtes et ses gerçures,….En regardant longtemps la mer, tu compris comment bouge le visage de l’homme…
La nuit qui n’en peut plus de répéter la mer sait que ceux qui viennent là le soir, fumer une dernière cigarette, ne s’intéressent précisément qu’au fait qu’ils ne comprennent rien de ce qu’elle leur raconte… »
et j’ai levé les yeux et regardé sans voir, consciente seulement de cette eau, de la lumière et des ombres sur elle, et de ce qu’elle n’était pas la mer, et très loin du texte aussi, j’ai revu le Papé, qui fut mon Papa, exilé pendant les longues années, de la fin de l’âge mur à la vieillesse, dans les terres, arraché à cette mer à laquelle il appartenait (peut être trop en elle pour la faire parler) par amour pour les siens, et à ses promenades vers les écluses de Bougival pour voir passer les péniches, essayer consciemment ou non, et se moquant un peu de lui-même, de renouer avec son élément naturel
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6 commentaires:
Un temps gai pour les pagaies, en quelque sorte !
Dessous le Pont Bénezet, la lumière était bien belle ce dimanche, comme lavée, délavée et neuve.
Mon Amie,
tout est magnifique et émouvant !
Merci pour ce partage en mots et en photos !
Et sache que tes mots me touchent toujours.
OLIVIER
Belles photos des bords du rhône qui me rappelle une flânerie l'an dernier à cet endroit à la même époque. Bel endroit pour laisser l'esprit s'évader et rêver de choses du passé, de personnes aimées.
Le temps d'une lecture, ma pensée s'est exilée, un exil volontaire mais non contraint. Et je n'ai vu aucun paysage, ni eau, ni terre, ni bleu , ni vert. Juste une petite fille, habillée de lumière.
Des photos sublimes, et un texte qui l'est plus encore, voici un très beau billet, très ensoleillé, très... festif.
Suis aujourd'hui enfin de retour, après avoir connu quelques grosses difficultés informatiques, qui ont entrainé une absence forcée des blogs que j'aime, tel les tiens.
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