jeudi, avril 23, 2009

Immobile, là, je regardais, un peu vaguement.
On est arrivé et on m'a dit "tu viens ?".
J'ai secoué mes cheveux et j'ai suivi, doucement, lentement, les yeux voletant, s'arrêtant sur un objet, y supposant une idée - et ils me charmaient, me parlaient, ou non.
Mais ma gêne persistait, celle qui m'avait stoppée. Je marchais dans le rêve mimé d'un autre, bien trop soigné, peigné, pour être fruit du hasard, se laissant admirer et se refusant.
Un homme et sorti, nous a salué, nous a fait entrer. Nous nous sommes assis à une table, la première devant une fenêtre, et avec on et une fille ils ont parlé.
Elle et lui nous ont dit l'histoire, la leur et celle de cet endroit, et nous buvions un thé parfumé, et je ne savais à quoi, ni ce qu'ils disaient, parce que, en fait, leur réalité ne me concernait en rien.
C'était gentil à eux, simplement.
Nous sommes partis, et j'ai dit à on :
- Je crois que c'était un restaurant.
- Et bien oui
- Mais nous n'avons rien bu ni mangé, que le thé qui nous était offert
- Tu aurais voulu ?
- Non, mais.. vous savez bien.. c'est obligatoire, non ?
- Ils étaient fermés
- Pourquoi nous ont-ils reçus ? Vous les connaissez ?
- Non, et alors, est-ce que tu me connais ?
- Non, je ne crois pas - vous avez raison, nous ne sommes pas dans le vrai.

Nous avons continué de marcher, et nous sommes passés devant lui, ce mur, et j'ai pensé que, lui, je l'aimais.
On m'a dit : "pourquoi ?"
- Je ne sais pas ... il a vécu, et il respire.
- Ah ! tu crois ! A cause des trous ? C'est idiot !
- Interrogez le
On m'a dit que j'étais folle et on a disparu.
Pardon, c'est vrai, tout ceci est idiot - Mais il est sympathique ce mur, non ?

6 commentaires:

joye a dit…

Pour aimer un mur, il faut avoir eu trop de liberté.

(oui, tu peux me citer !)

(tant pis si tu ne veux pas, moi, je vais me citer !)

;-)

pierre a dit…

On fait des murs autant d'obstacles parce que c'est facile; alors qu'il y en a tant qui parlent... et qui, par leurs trous, attendent qu'on leur réponde.
La connaissance ne se fait jamais sans quelque effraction.

Gérard a dit…

" On " cet éternel " mur" inconnu .

jean-claude a dit…

...le mur protège mais le mur isole...la dialectique même du mouvement: j'avance mais je m'éloigne. L'imaginaire c'est partir tout en restant. Et si je n'étais qu'une idée? Mais de QUI?

native d'Avignon a dit…

Un récit de rêve, avec l'atmosphère propre aux rêves (mélange de questionnement et de surréalisme) fort bien rendue, raconté dans le style de Nathalie Sarraute (c'est un compliment).
Encore Brigitte, encore ! et merci.

Les murs nous parlent, mais il faut prêter l'oreille car leur voix est faible, un murmure...

chase a dit…

bonjour Brigetoun.
Oui c'est un magnifique récit,qui exprime le monde qu'on a créé avec les symboles des rêves et les objets parlent du lieu de notre esprit.

J'ai juste déménagé a un autre blog, et pour un peu de temps je me demandais pourquoi le titre de mon blog était mirage et maintenant je trouve une réponse ici pas toute les réponse......

Je connais un artiste qui fallait déménagé a cause des objets qui bougeaient dans la maison et je sais que cétait l'énergie de leur cerveau.

Un autre temps ici je vais raconter de mes experiences psychic ici parceque je suis confortable de le faire ici.

merci pour une magnifique texte et image.

et oui- c'est ma nouvelle adresse ici.
pas d'horraire de blogging couramment mais dans l'avenir oui ha ha