jeudi, septembre 10, 2009

Paumée, mon pauvret, mon fils, mon frère, je sais – mais souviens toi, le ciel était clair et jeune, et puis, viens, restons dans notre paix et je te dirai des poèmes, pas trop gais, pas trop gentillets, pas torturants ou torturés, non plus, qui parlent d’ailleurs peut-être, tu veux ?
Parce qu’il est toujours là, sur le rayon le plus près de ma table, et même si cet ailleurs est baigné de tristesse, il est beau et important
« Le lieu n’avait d’autres attaches que les lilas de Chine
Lorsque les camions sont venus de la mer
Nous préparions la provende de nos vache
Nous rangions nos jours dans des armoires fabriquées de nos mains
Nous recherchions l’affection du cheval
Et nous faisions signe
A l’étoile errante

Nous aussi, nous sommes montés dans les camions
L’éclat de l’émeraude dans la nuit de nos oliviers… »
Mahmoud Darwich « Anthologie (1992-2005)
Parce que je sors de la lecture de ce petit recueil chez Publie.Net, et que je l’ai goûté : Dominique Sorrente
"Le lendemain. Dans les replis des vases
miroitant au soleil,
les barques attendent.

Autour des pieux, chacun se risque
à découvert,
faisant un tour d’adresse
avec les oiseaux morts
et les poutres aux clous rouillés.
Plus rien n’annonce
les mâchoires blanchies sous la mer,
le vieux pressentiment.

Cordages emmêlés.
Une nuit recommence la dune
."
« Pays sous les continents » http://www.publie.net/tnc/spip.php?article264
Parce qu’elle me parle, et parce qu’un de ses poèmes a été lu dans un après midi de l’Isle-sur-Sorgue, qui est un joli souvenir, où Dominique Sorrente et le Scriptorium assistaient, Angèle Paoli
« dans la mouvance du maquis
les chardons hérissent leurs piques
et toi
tu fixes le taureau à l'arène
banderilles à l'assaut des chairs de sang
insensible aux échos qui emportent ton nom
loin des Chines éternelles
rongé de pierre
cnidaires mauves
piques d'écailles sans calice »
sur Terre de Femmes http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2009/06/murale-v.html
Et puis, parce que j’aime y revenir : Fred Griot
"cargaison d'mer
ça cale à râcle dans l'
ressac

ça brise au clac du vent qui clic
carguez ça va rouille
au clac d'venteux

et les squales font grand les tours
la houle renfe et enfe
et à fond d'calle où ça rouille sec
ça siffe ça suinte
ça bête en coin ça râcle d'face
Fred Griot – « VIA » http://www.publie.net/tnc/spip.php?article210
Pourquoi ceux-là ? Comme ça, et qui s’en inquiète ?

5 commentaires:

micheline a dit…

bloquée depuis 2 jours sans internet..suis allée réentendre de vieilles rengaines de mon ado, curieux cmme ça vibre fort à travers les années...sans rime ni raison...

pierre a dit…

Un besoin de mer de terre et de sel
d'immensité le livre ouvert
et le vent du large s'y engouffre
avec ses relents d'eaux saumâtres
et le cri des goëlands

claire a dit…

Ca râcle, ça cale et ça claque, poèsie de mer forte qui requinque ! j'aime bcp la première photo avec ce fil noir qui traverse le ciel..

Gérard a dit…

Merci pour la "provende" je ne connaissais pas ce mot.

Muse a dit…

La mer...on y revient sans cesse; comme ces filets de pêcheurs et ces barques alanguies. En ce moment nous recevons au quai d'honneur les Pen Duick de Tabarly.