samedi, septembre 26, 2009

"S'il élevait la voix, les paroles tomberaient dans le silence. Le silence est plus large que la parole qui sonne au travers de l'air extraordinairement friable et presque totalement vide de bruits et de souffles. Car, si c'est la parole qui donne cours au couple silence et voix, dans le même temps la voix appartient au silence qu'elle rompt.

Autre est le presque silence de l'air qui permet à la parole de se produire : qui la porte un temps et qui la perd au sein de lui." Pascal Quignard

"C'est un amour pauvre et non partagé,

Calme calme, qui ne brise pas

Le verre de tes jours dévolus

Ni n'attise le feu d'une lune froide

Dans ton lit.

Tu ne devines pas sa présence si, à sa place, peut-être, une obsession te fait pleurer.

Tu ne sais ce que tu ressens, lorsque, de tes bras, tu n'enlaces

Que toi !

Quelles nuits désires-tu, quelles nuits ?

Et de quelle couleur sont ces yeux dont tu rêves,

Lorsque tu rêves ?

C'est un amour pauvre et partagé

Qui réduit le nombre des désespérés..." Mahmoud Darwich

yeux brûlés, par une envie de sommeil, blottie au creux de l'ombre, au retour de lecture de ces poèmes, pour s'en dégager, mais sans vouloir les quitter - aimer la lumière frisante, la géométrie, régularité masquée, pour ne pas blesser, l'incitation sans insistance, à une lente montée, trop pénétrée de cette douceur pour qu'elle pèse, sans que compte ce qui est quitté - quiet marasme ou pose, qu'importe si on y croit - sans que compte vers où l'on va, en gardant cette douce lueur, comme un chaud trésor, là tout au fond, avec la souvenance de ces voix.

7 commentaires:

Avignon a dit…

Je ne parle que d'une image : la petite pousse herbacée rivalise avec le ficus ascète !

micheline a dit…

NO comment
NE pas abîmer.

Gérard a dit…

admirable le texte de Mahmoud Darwich

pierre a dit…

Je viens de terminer La barque silencieuse de Quignard.
Frêle, la vie en ses débuts
plus dure, ensuite,
si dure qu'elle persiste encore.

JEA a dit…

2e photo :
"à l'ombre de vous, restera toujours..."

joye a dit…

J'aime surtout ces dernières lignes du fond, au-dessous de la fenêtre.

Muse a dit…

mon silence aujourd'hui se fera épuisement et douleur dus à un travail de l'épaule trop intensif.