lundi, septembre 21, 2009

soigner mon torticolis, en levant les yeux

miel en bouche et navette dans la main, dans l'odeur du café qui passe

sous d'autres poutres comme un écho, plus urbaines mais aussi blessées, leur âge exhibé au naturel

dans l'ombre savante de vieilles voûtes, qui se parent d'obscurité, largeurs variées au fil de la nef et des âges, pour s'épanouir dans le coeur en un superbe éventail

voûtes claires du dix septième siècle, caressées par la clarté venue par les grandes fenêtres donnant sur la cour de la Condition des soies - et je me souvenais de mon émerveillement d'enfant devant les balances à peser les fils d'or dans le vieux bureau de Lyon

et un siècle après, la perfection des voûtes plates, rappel de labeur ingrat sur la planche

la trouée baroque venue s'imposer à l'entrée de la vieille nef
les stucs un peu délabrés et les belles poitrines qui virent les Montaigü, Le Tellier et les autres ministres suivant Louis le Grand, qui dominent gracieusement les jeunes compagnons, leur réserve aimable, leur jeunesse joliment grave

les très nobles gypseries, la grâce provençale, l'orgueilleuse discrétion, la richesse tranquillement montrée du dix huitième

et l'ascension glorieuse, se refermant sous le ciel, que j'ai saluée juste avant mon antre, mains nouées sur ma nuque pour la consoler par leur chaleur.

10 commentaires:

micheline a dit…

regarder toujours plus haut, ce n'est pas forcément bon pour la nuque, mais pour le coeur, si, probablement.
pour la mienne de nuque, juste devant moi, ça va encore..je vois tes superbes photos.

Avignon a dit…

Regarder en haut mais sans être tête en l'air !
Intéressant tous ces plafonds...

Cactus homme lézard a dit…

j'adore les jeux de paume !

Cactus homme lézard a dit…

surtout quand ils ont ce jus , merci !

JEA a dit…

@ "mon émerveillement d'enfant devant les balances à peser les fils d'or dans le vieux bureau de Lyon"...
avec l'espoir que Frasby respirera l'atmopshère de ce souvenir sans pareil...

DUSZKA a dit…

Ne jamais marcher le nez baissé, certes, mais tant de voutes (magnifiques) à la fois bonjour ma colonne cervicale ! Bises, bonne journée, ici commencée dans un brouillard dense, romantique mais dangereux pour les ruraux qui vont bosser obligatoirement avec leur voiture.

Dominique Hassselmann a dit…

Et la lumière sera, toujours vers le haut : ouvertures dans les voûtes, fenêtres à barreaux, toits transparents des voitures, hublots (vers le bas ou sous l'eau), lunettes de visée de fusil de guerre, l'obscurité soudain dans l'oeil...

Beau parcours illuminé (et thérapeutique).

jeandler a dit…

Après ces beaux exercices, ton torticolis, il va mieux?
De quoi avoir le tournis!

Gérard a dit…

Ton regard vise toujours très haut, en lieu et esprit.

mirae a dit…

Chère Brigitte, merci pour la ballade des plafonds magnifiques. Oui cela en combinaison avec la lucarne peut guérir tout.J'ai aimé voyagé vos mots aussi de la poésie.

C'est une charmante présentation.Je vois que votre nouvelle machine et bien apprivoisée et elle ronronne bien{clin doeil pour cette deuxième commentaire. ha ha.)

merci. belle journée magique.