lundi, novembre 02, 2009



En écoutant en boucle deux disques de pot-pourris de musique corse de tous styles, sans que cela ait le moindre rapport, nez dans deux livres « art et portfolios » de publie.net

Charmant, et vite dégusté, sauf si on s'attache à déchiffrer les pages des livres réceptacles et les lettres ou notes qui peuvent y avoir été abandonnées « Entre-Deux » de Nicolas Aiello, http://www.publie.net/tnc/spip.php?article277

« Dans une bibliothèque rurale (Frocourt), puis à la bibliothèque municipale de Montreuil (Seine Saint-Denis), enfin à la BPI (Beaubourg, Paris), il a photographié, dans la lumière ambiante, les objets, traces, griffonnages, listes laissés dans les livres. »

et c'est banal ou savoureux (mais en voulant pratiquer la même chose dans mes rayonnages, le résultat pour les quatre premiers manquait de charme - je sais qu'outre un assez grand nombre de petits tas de cendres j'aurais trouvé des brindilles - quoique généralement elle se perdent en route -, des images pieuses, des rubans, des photos ratées et déchirées, une certaine lettre et des listes de courses, si ma recherche avait été moins sommaire)

et puis, beauté étrange des images (sténopés, visions floues, fantomatiques et vides d'une ville devenue presque symbole) de Jérôme Schlomoff et méditation sur la réalité, en sa précision) de François Bon - « Hoboken, plan fixe » http://www.publie.net/tnc/spip.php?article278

Il y a l'eau qui est le nerf des villes (pas toutes), les alvéoles où nous vivons, et

« On sait vaguement encore l’orientation, et où l’artère principale, qui vous ramènera. Un carrefour a ses lois propres : à peine un coin de rue, mais c’est celui dont on se souvient de la cabine téléphonique, ou d’un accident de voiture, ou bien parce que c’est le chemin pour aller chercher le pain. Cherchez en vous-même combien vous portez de coins de rue, cherchez à comprendre pourquoi on mémorise avec tellement plus de précision le coin de rue ou le carrefour que la rue elle-même : parce qu’on y bute contre le vide ? »

vide, parce que la ville évoquée par les photos et par le texte le renvoie à Hooper, à un âge déjà ancien, qui pour ma ville est perdu dans les brumes de l'avenir.

Monde d'immeubles, de voies et de terrains vagues (de pont aussi et des plages désertes) vu dans le flou, l'indécision, le vide du sténopé.

« La maladresse apparente du sténopé c’est nous rouvrir l’écriture depuis l’amont : la possibilité même, peut-être, de gommer la ville, d’en revenir à notre seule énigme, passion du signe, passion de l’abstraction. Nous-mêmes par une géométrie définis. »

et c'est la ville, descendante très lointaine de la mienne - non, sans filiation, autre, à une autre échelle, mais où circulent, vivent les mêmes humains, façonnés un peu par cet univers qu'ils s'approprient pourtant pour y loger leur vie... jusqu'aux dernières lignes

« Nous n’avons plus qu’indifférence quant à nos routes : puisque les villes qu’elles joignent sont pareilles. Alors on s’assoit là, sur le parking. On est dans sa voiture, on a mis une musique. On attend le camion, des écouteurs aux oreilles. On a mal au monde. »

Je ferme le pdf dans ma chambre ouverte sur une cour qui pourrait être partout (avec des bâtiments bas cependant, et de la pierre), je sens ma chance de vivre dans une ville qui n'est pas comme les jeunes métropoles ou agglomérations (même si elle ressemble à des villages et petites villes de son voisinage) et d'y être sans voiture, limitée bien sûr, mais avec un écran qui pour moi rejoint le rêve.

et voyant ce billet s'afficher, je m'amuse un moment du tic qui me fait penser et écrire "nez dans...' pour une lecture sur écran. - différence mince

7 commentaires:

micheline a dit…

dieu! qu'il me manque de vocabulaire! : sténopé!!
hélas comment faire si je n'ai jamais rien vu que par ce petit trou!!

JEA a dit…

Au n°15, des afficheurs ( = des sauvages ?) ont laissé cette pancarte : "Hot House"... Plus ce commentaire : "Tu as bien fait de venir..."

pierre a dit…

Et tous les rêves laissés entre les pages, le livre refermé. N'as-tu point crainte qu'ils ne s'envolent, ouvrant ces livres? des pefums d'ailleurs, d'outre-temps.

Gérard a dit…

Tu te déchaînes après le savonnage d'hier !

Muse a dit…

la lecture sur l'ordi nous met aussi le nez sur l'écran...je trouve l'odeur moins présente.
Rentrée de Lozère, et reprise de boulot qui vont me voir un peu plus présente.Belle journée!

OLIVIER a dit…

Sur ! tu vis dans une ville somptueuse !
Impressionné de toutes tes lectures...
Belle photo !
Si je sonne, qui répond ?
Bonne semaine chère Amie !

jedaen a dit…

chère Brigitte#15 ouvre les portes de l'esprit...

merci.