samedi, décembre 12, 2009

Amis j'ai eu peur, puis plaisir tremblant, vendredi soir. Suis partie dans un vent de belle force vers le palais des papes pour un concert dans le grand tinel. Bien emmitouflée parce que j'avais un début de crève.

Et Messire vent n'a pas apprécié ce minime défit, m'a prise dans une rafale comme je débouchais sur la place, m'a repoussée, affolée, sur quelques mètres, et m'a jetée par terre (je vais avoir un beau bleu), pendant que mon sac le suivait une dizaine de mètres encore.

Un couple de bons samaritains (charmants en outre) m'a sauvée, lui me ramassant et me soutenant le long du palais et des marches, elle se chargeant du sac – qui, vérification faite dans le calme de la salle d'entrée, s'était débarrassé de mes clés.

Un ouvreur m'a accompagné, nous les avons retrouvés, il m'a persuadé de revenir vers le concert.

Un peu honteuse de l'embarras que j'avais causé, un peu trop tremblante pour que ma photo soit nette, mais les yeux contents, j'ai suivi le trajet de cour en cour,

pour me mettre à trembler très fort, à retardement, jambes coupées, au bas de l'escalier que j'ai fini de monter presque à quatre pattes, tout souci d'élégance enfui avec ma force.

Me suis bien entendu, du coup, retrouvée au fond de la salle, sur dure chaise, avec un médecin, légèrement inquiet de mon vertige, et le concert a commencé,

avec la « Siegfried Idyll » de Richard Wagner, merveilleusement adaptée à l'acoustique de ce long vaisseau dans le noir, et à mon reste de faiblesse, la musique s'épandant en longues vagues parsemées d'éclairs sous la voûte – juste ce qui pouvait me faire apprécier cette oeuvre.

Peu à peu, je reprenais pied, et ça a été le martèlement polyphonique de la marche, entame des « danses concertantes » de Stravinsky, et le plaisir de cette musique, en regardant les embrasures et la lumière qui effleurait les lattes au dessus de nous, jouant sur leur blondeur.

Seulement j'ai préféré profiter de ma forme renaissante, et à l'entracte j'ai renoncé au concerto pour violon de Dvorak, et au soliste, et suis rentrée, après un jeu de piste avec les jeunes ouvreurs pour trouver la sorte programmée, dans un petit souvenir de vent. Me suis ruée sur des biscuits pendant que patates cuisaient.

Voilà, voilà, je sens que mon programme d'aujourd'hui va être fonction de la force du vent.

16 commentaires:

jedaen a dit…

chère Brigitte, magnifique présentation de renaissance j'adore la photo du passage d'oré surtout et la lumière d'orée de la musique. HUGS. je suis contente que vous soyez bien.

Ici il faut éviter le froid! c'est -40c ce soir!

brigetoun a dit…

si j'ai l'air d'aller bien, tout est cool

micheline a dit…

quitte pour l'aventure qui se termine bien!! mais pourquoi diable te promènes-tu avec un sac??
depuis que le mien me fut arraché( pas par le vent!!) -sans gros dégats d'ailleurs- je n'en porte plus dans les rues!!
Rien dans les mains tout dans mes profondes!!!
pour les courses : petit filet transparent sans tentation!!!
mas ici est un autre lieu!
bonne journée

Mathilde a dit…

Mais pour qui il se prend le mistral pour avoir cru qu'il pouvait décourager notre Brigetoun d'aller voir son concert ? S'il avait envie de l'entendre lui aussi, il n'avait pas besoin de faire une telle crise de jalousie et de violence et il pouvait tout aussi bien se cacher dans un petit coin pour écouter lui aussi. Autrefois il aurait été plus courtois, mais ma petite dame toutes les valeurs foutent le camp de nos jours !
J'aime beaucoup votre dernière photo où j'ai l'impression avec toutes ses fenêtres blanches que le palais vous sourit pour être mieux à son avantage lors de la prise !

jeandler a dit…

Le vaisseau est beau et éclairé a giorno.
Tes clés se révoltent et ton sac, avec malice, te joue des tours en ces temps venteux. Heureusement qu'il y a encore des gens vertueux. Offre leur, à tes clés, un petit Bip-bip pour Noël ou un joli porte-clé qui s'allume tout en couinant lorsqu'il tombe.

Avignon a dit…

Le Mistral nous oblige à la lutte !
Il nous rends plus combatifs !
Il nous gonfle... mais d'air pur.

Et quelle belle déambulation que traverser cour et cloître pour grimper au promenoir et au grand tinel.

brigetoun a dit…

le vol plané (une grosse dizaine de mètres) était tout de même impressionnant et ma faiblesse me fait peur - renonce à la station cercle du silence sur la place Py et vais me contenter de courses dans mon quartier, sans manteau cape et dans vent moins violent, et ventre bien lesté - tant pis pour le vrai poisson, vais me contenter du carré et des légumes grande distribution

Avignon a dit…

J'avais oublié : nous avons chacun photographié un cul-de-lampe aujourd'hui !

Qu'est-ce que "la station cercle du silence sur la place Pie" ?

Mathilde a dit…

Oui Avignon a raison, en quoi consiste ce rituel Amérindien ? Doit-on si l'on va faire ses courses aux Halles, se peindre le visage ?

brigetoun a dit…

soutier à Réseau Education sans frontière (en fait on est incapable de faire silence et pas assez nombreux pour faire un cercle, et ils auront eu un élément de moins ce matin) nous tournons pour faire nombre et essayons de motiver les gens intrigués. Officiellement nous devrions être en noir avec un masque blanc mais nous sommes anarchistes, tels que nous sommes - c'était à 11 heures - j'ai fait des courses au petit casino de la rue Saint Agricole

brigetoun a dit…

soutien pas soutier, ce n'est pas si terrible

Elisabeth.b a dit…

L'échelle de Beaufort, vite l'échelle de Beaufort ! Du plus bel effet dans un jardin.
Il existe de ravissants modèles miniatures pour cour ou balcon. Et même pour le sac. Façon bijou, pour les dames.

JEA a dit…

Le vent vidant votre sac dans l'espoir d'y trouver la clef des chants et vous, sur le sol...

joye a dit…

Oh brige, tu es si petite, une feuille qui flotte dans le vent !
Très joli texte en dépit des bleus qui vont venir en beauté, comme toi.

Bisou.

brigetoun a dit…

pas de bleu finalement, mais une obsession de nourriture pour prendre pois - tiens vais siester pour digérer

brigetoun a dit…

pour prendre poids