jeudi, janvier 14, 2010


devant ma porte, pour créer un passage, un tas exhibe un monde de souillures, de matières, en un riche dégradé, une belle franchise

que n'ont pas, les amas encore blancs qui finissent de fondre, vaguement salis, comme avec honte (je me console)

Le mur très vert et peu écologique s'ébroue, plein de couleur et santé, ayant perdu la parure qu'avait saisie Michel, http://avignon.midiblogs.com/archive/2010/01/08/muraio-d-iver.html , mais il garde, au coin, une grande pampille étincelante, comme une boucle d'oreille.

et à l'intérieur des Halles ai trouvé, peu de clients, assez peu de légumes, fort peu de pommes de terre, la terre est dure, mais la cordialité de mes poissonniers, et pour changer un peu de la morue et des harengs, le peuple frais de la mer, ou une bonne représentation, humble et goutteuse, les aristocrates qui ne m'intéressaient guère n'ayant pas daigné venir jusqu'à nous (à l'exception d'un caget de piste dont j'ai regardé l'étiquette avec respect)

Voilà, voilà

Et puis, en fin d'après-midi, luttant un peu contre la pesanteur de mes paupières et l'omniprésence du sifflement qui envahissait mon crâne, entre des reportages sur Haïti, et la désolation impuissante, j'ai, égoïstement, surfé de texte en texte, de site en sites, de poètes en poèmes, comme celui-ci, de Jean-Marie Barnaud http://freenet-homepage.de/autres-espaces/barnaud2.html

« Mais elle persiste la clarté

comme en hiver

dans les collines ou les squares

la neige de la nuit montre

les arbres nus

et la sagesse des oiseaux


Toujours juste la constante

venue du bleu lointain...... "


15 commentaires:

JEA a dit…

et plus de traces de cet ours blanc chassé de sa banquise con-fondante et venu danser sur les neiges de votre Pont ?

Mathilde a dit…

Cette fonte des neiges n'en finit plus, mais notre patience aura raison de tout ce bazar !

micheline a dit…

A cacun sa neige, le temps d'un déjeuner de soleil!

cjeanney a dit…

"et la sagesse des oiseaux", merci Brigitte

Martin a dit…

les débris de neige pour en rappeler d'autres, plus lourdes...
j'apprécie le fond blanc, met mieux en valeur texte et images

bonne journée Brigitte

arlettart a dit…

Un parfum de forte mélancolie rôde sur les débris prestigieux .....
neige ,poisson abandonné et nouvelles calamiteuses

Avignon a dit…

Même si on le mange mort, vive le poisson !

fardoise a dit…

Merci de terminer sur de la poésie, après tout ce gris et ces ordures figées par le gel qui sont notre quotidien.

Nathalie a dit…

Vieille neige entassée et ordures figées, tes photos le montrent et fardoise et mathilde le redisent, notre ville fait grise mine sous son manteau qui part en piteux lambeaux.

Pourtant je trouve une certaine grâce à ces tas vigoureux qui se refusent à disparaitre.

A la sagesse des oiseaux ( ? ) je préfère la "juste constante venue du bleu lointain".

Reste au chaud brigetoun.

Gérard a dit…

L'aile de raie pelée est plus chère que la poudre arrêt curé !

code : purai (il y a des jours comme çà)

Muse a dit…

la pluie du jour aura tôt fait de réduire ces amas en belle eau chantante qui rejoindra le Rhône voisin... beau poème...

joye a dit…

On dirait qu'Avignon a eu son propre tremblement de terre qui a fait s'entasser toute cette neige...

Pauvre poisson sans tête rappelle encore le désastre.

Mais tes mots soulagent, il n'y a rien à craindre, la vie continue, et surtout, surtout, la poésie.

Anonyme a dit…

Hihihi quel taquin ce gérard -))))

jeandler a dit…

Les poissonniers ne manqueront pas de glace!

maria-d a dit…

Il y a de quoi trouver inspiration sur ces monticules de neige et débris...